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VINS ET ALCOOLS

de la consommation, à Paris, de l'alcool pur, de l'absinthe et des liqueurs, alcools dénaturés knon compris; tandis que la consommation du vin y restait à peu près fixe à 4 millions d'hectolitres, celle de ces boissons y a passé, en dix années (de 1872 à 1880), de 60,000 à 132,000 hectolitres. Ajoutons que, dans le même temps, pour la France entière, nos récoltes en vin se sont réduites de 60 à 30 millions d'hectolitres.

Nous avons parlé plus haut et nous parlerons encore pi us loin d'un certain nombre de falsifications qu'on a fait subir industriellement au vin dans ces derniers temps. Divers moyens ont été proposés pour porter remède à cette situation par des procédés propres à faciliter davantage la consommation des boissons saines à défaut du vin. D'autre part, le danger de l'alcoo. lisme a été nettement mis en lumière par les recherches expéri mentalesjet cliniques de MM. Dujardin-Beaumetz et Audigé sur la puissance toxique des alcools.

La falsification des boissons, nous venons de le voir, a une grande importance sur le développement de l'alcoolisme. M. Lunier (1) a récemment fait remarquer que l'alcoolisme n'est apparu d'abord que dans les pays qui ne connaissent ni vin, ni bière, ni cidre, et que c'est la falsification de ces substances qui lui a donné naissance ; aussi la Société de tempérance (2) se rallia-t-elle volontiers et à peu près sans réserve aux conclusions d'un rapport de M. Pascal Duprat à la Chambre des députés.

La commission dont M. Duprat était rapporteur proposait de supprimer les droits multiples qui frappent les vins, bières, alcools, cidres, poirés, hydromels, et de les remplacer par une

(1) Lunier, rapport à la Société de tempérance (In Bulletin de cette société, t. III, 1882, n° 2).

(2) La Société française de tempérance a son siège à Paris, rue de l'Université ; le bureau est actuellement ainsi composé : MM. Dumas, de l'Institut, Laboulaye (Edouard), de l'Institut, sénateur, administrateur du Collège de France, Wallace (sir Richard), propriétaire, présidents d'honneur ; Passy (Frédéric), de l'Institut, président ; Dr Roussel (Théophile), sénateur, membre de l'Académie de médecine, Duverger, professeur à la Faculté de droit, Levasseur, de l'Institut, professeur au Collège de France , Bouchardat, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine, vice-présidents ; Dr L. Lunier, inspecteur général des établissements de bienfaisance et d'aliénés, secrétaire général ; Dr Decaisxe, Dr Vidal, médecin des hôpitaux, secrétaires généraux adjoints ; Dr Goyard, Guignard, directeur honoraire d'asiles d'aliénés, secrétaires des séances ;Dr A. Motet, bibliothécaire archiviste; Rohyns (Jules), trésorier.

Il existe une autre Société de tempérance qui ne s'occupe que du tabac, c'est la Société contre Vabus dv tabac dont le siège est à Paris, 38, rue Jacob. — MM. Bouley% président ; Dr Bossu, Bourrel, Dr Hache, Petibon, vice-présidents ; Rassat, secrétaire général ; Dr Bédié, de Lavalette, Dr Pasteau, Potin, secrétaires des séances ; Birmann, secrétaire pour l'étranger ; Raveret, trésorier; Collaux, archiviste.

Il y a également une Société consacrée à empêcher l'abus du tabac et des boissons alcooliques.

taxe unique de fabrication de 220 fr. par hectolitre d'alcool, et le doublement des licences et patentes.

M. Jean David, député, a fait de son côté une proposition de loi qui a pour but de soumettre à l'impôt sur les spiritueux tous les excédents au-dessus de 10 degrés d'alcool contenu dans les vins.

Dans un très remarquable rapport présenté le 17 mai 1882 à la Société nationale d'agriculture, consultée à cet effet par M. le ministre des finances, sur le sucrage des vins avec réduction de droits, M. J.-B. Dumas vient de rappeler que déjà, en 1879, on avait proposé à la Chambre des députés de réduire de 10 francs par 100 kilogrammes le droit des sucres employés au vinage des vins à la cuve avant ou pendant la fermentation. Le projet actuellement soumis au Parlement ajoute à cette première disposition les conditions suivantes : ces sucres seront préalablement dénaturés, soit dans les fabriques, soit dans les entrepôts. Il laisse à un règlement, d'administration publique le soin de déterminer les conditions de cette dénaturation.

M. Dumas conclut : 1° Qu'il y a lieu de favoriser le sucrage des vins ; 2° Que ce sucrage exige l'emploi du sucre cristallisé de la canne ou de la betterave ; 3° Que la dénaturation de ce sucre présente des difficultés qui ne permettent pas de recourir à cette pratique, en l'état de l'expérience acquise ; 4° Qu'une réduction du droit des sucres à 25 francs nets par 100 kilogrammes permettrait au sucrage de prendre une grande extension, donnerait un nouvel élan à l'industrie sucrière et serait un grand bienfait pour la population tout entière, sans causer, dans ces limites, un dommage sensible au Trésor.

Jusqu'au mois d'août 1880, les vins plâtrés ont joui d'une immunité absolue, aux termes mêmes d'une circulaire ministérielle en date du 21 juillet 1878. A cette époque, le Comité d'hygiène publique, consulté par M. le ministre de la justice, a été d'avis, sur le rapport de notre collègue, M. le Dr Gallard, que cette immunité ne doit plus être officiellement admise et que la présence du sulfate de potasse dans les vins du commerce, qu'elle résulte du plâtrage du moût, du mélange direct du plâtre ou de l'acide sulfurique au vin, ou qu'elle résulte du coupage du vin non plâtré avec des vins plâtrés, ne doit être tolérée que dans la limite maximum de deux grammes par litre. Sur l'observation que les quatre cinquièmes de la vendange de 1879 étaient encore entre les mains des marchands, un délai d'un an fut accordé ; mais M. Jarlaud, président de la chambre syndicale des vins et spiritueux en gros de Paris et du syndical général des chambres syndicales vinicoles de France, reconnaît dans un rapport récent que les vendanges de 1880 et 1881 se sont faites d'après les anciens errements ; on a continué à plâtrer comme par le passé.

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