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VETEMENTS DES MARINS

le feu des objets de literie et des vêtements ayant servi à des victimes de la fièvre jaune a nécessité le renouvellement d'objets mobiliers, et pour éviter de tels ennuis dans l'avenir il* a été décidé que les hôpitaux de celles de nos colonies qui sont exposées à l'invasion du vemito seraient munies d'étuves à désinfection.

La Martinique vient de soumettre à l'approbation du ministre un projet et un plan conforme à celui qui a été proposé à la Société de médecine publique, et adopté par elle sur le rapport de M. Herscher dans sa séance du 22 juin 1881 (1).

Le conseil supérieur de santé a émis un avis favorable à l'adoption de ce plan, à la condition de substituer la vapeur d'eau à l'air chaud. Le conseil supérieur de la marine admet l'action plus sûre de la vapeur d'eau, son efficacité à une température sensiblement inférieure, et tient compte aussi de l'impossibilité d'employer actuellement le gaz comme moyen de chauffage, nos colonies ne possédant pas d'usines à gaz en général.

Alimentation. — Tenant compte des observations faites par le service médical, l'administration de la marine, par le décret du 12 juillet 1880, a réduit de 6 centilitres à 4 centilitres la ration de spiritueux délivrée au repas du matin ; cette réduction a été compensée par l'augmentation de la ration de café. Cette mesure utile a été complétée depuis par la substitution, dans la ration des équipages, de tafia d'origine authentique aux eauxde-vie de qualité inférieure livrées par le commerce.

Pour empêcher le vin de s'acidifier dans le transvasement, on a installé dans ces derniers temps, à bord de la plupart des navires, des pompes du système Laburthe qui permettent de le puiser directement dans les barriques au moment même de la distribution. M. le capitaine de vaisseau Roux, chargé des essais de ce système, a proposé de mettre en usage des bidons en tôle émaillée pour remplacer les bidons en bois si difficiles à nettoyer, remplis d'ailleurs de ferments qui déterminent pour ainsi dire l'acidification immédiate.

Vêtements. — Le casque en liège, revêtu de dril et semblable au modèle usité dans les troupes anglaises, a été mis en essai le 31 mars 1878, et, après une expérience de deux années, il est devenu réglementaire pour les troupes de la marine et pour les officiers embarqués à bord des navires en station dans les pays chauds et dans la Méditerranée. Ils doivent toutefois éviter de le porter dans les ports de France, où il est remplacé par une casquette en toile blanche.

(1) Voy. Revue d'hygiène du 20 juillet 1881, p. 592.

Une décision ministérielle du 13 janvier 1881 a rendu réglementaire, pour les troupes de la marine, le pantalon de lîanelle bleu foncé. 11 est également question de remplacer le paletot de molleton, pour les matelots, par le paletot de flanelle.

Ces quelques notes ne donnent qu'un aperçu très incomplet des progrès accomplis en hygiène navale. Pour compléter cette étude, pour se rendre compte des travaux considérables entrepris par les officiers du corps de santé de la marine, il faut se reporter à la collection des Archives de médecine navale (1) publiée sous la savante direction de M. le Dr Le Roy de Méricourt, notre collègue et l'un de nos anciens vice-présidents.

Hygiène militaire. — Nous serons forcément très brefs sur l'hygiène militaire; les travaux des médecins de l'armée sont très nombreux; et l'on en peut prendre une suffisante connaissance dans le Recueil des mémoires de médecine et de chirurgie militaire, dans la nouvelle Revue militaire de médecine et de chirurgie et dans les rapports annuels des concours de l'Académie de médecine, qui chaque année compte parmi ses lauréeats un très grand nombre de médecins militaires. La nouvelle organisation du corps de santé qui règle définitivement son autonomie a reçu en grande partie sa solution législative à la suite des désastres si meurtriers causés par les maladies épidémiques pendant la campagne de Tunisie ; on y a vu, en effet, la preuve plus grande encore de confier aux médecins militaires le soin de veiller et de régler l'état sanitaire des armées en campagne. C'est au chapitre des maladies épidémiques que nous aurons le plus à nous occuper des travaux des médecins de l'armée ; nous ne parlerons ici que des principales améliorations réalisées dans l'hygiène du soldat depuis 1878.

Depuis 1878, les conseils de revision apportent un soin beaucoup plus grand dans l'examen de la vue au point de vue de l'aptitude militaire. Dorénavant, la myopie de 1/4 exempte du service armé, la myopie de 1/4 à 1/6 entraîne le versement dans le service auxiliaire. L'hypermétropie entraîne l'exemption quand elle est inférieure à 1/4 à droite et à 1/2 à gauche. Les soldats ayant un degré de myopie, élevé, mais cependant plus faible que 1/6, sont munis de lunettes qu'ils portent dans le service. Cette mesure améliore singulièrement les conditions de la vision dans l'armée ; avant 1878, les sujets ayant une myopie de 1/4 à 1/6 n'avaient pas le droit déporter de verres, et étaient aussi incapables de tirer

(1) Doin, éditeur à Paris.

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