TYPE DE 187V
Caserne suivant le type rie 1874-1S79. — Coupe transversale. — Coupe développée : (2 X 12) + ("2 X 9) = 42 m. q. — Longueur du bâtiment : 130 mètres d'où 130™ X 42™ = 4,460 m. q.
SYSTÈME TÛLLET.
Coupe transversale .
Caserne système ïollet. — Coupe transversale. — Coupe développée (780 hommes) : 1 pavillon 16™ X 40 = 6-iO m. q. ; pour 13 pavillons =8,320 m. q.
Fig. 122 et 123. — Comparaison entre le casernement du tvpe de 1874-1879 et le casernement d'après le système de M. Tollet.
Plan : Echelle 0™003 p. m.
Fi<j. 124. — Casernement, d'après le système de M. Tollct. — Plan d'un pavillon
de troupe.
des députés et au Sénat, ainsi qu'à l'Institut et à l'Académie de médecine, à la suite de plusieurs pétitions et rapports.
Les différences entre les casernements actuels et celui de Bourges, telles que les définissent ces conclusions, sont nettement accusées par la comparaison des figures 120 à 124. Quant à l'influence du système de construction de M. Tollet sur l'état sanitaire des troupes, elle n'a pas cessé d'être aussi heureuse que notre collègue M. le D" Chassagne l'a fait connaître par les statistiques de son livre intitulé : Hôpitaux sans étages et à pavillons isolés (Paris, Dumaine, 1878).
Il faut remarquer aussi, d'après les figures 126 et 127, avantages que fournit, au point de vue de la capacité intérieure et de la ventilation, l'angle dièdre curviligne du faîtage de la forme ogivale, qui remplace avec simplicité et commodité le lanterneau, dit Reiderdrach, des baraques ordinaires.
M. Tollet a, dans ces dernières années, modifié quelquesuns des détails de ses projets, et il adopte aujourd'hui ccdui que représente la figure 130 (page 136), dans les conditions suivantes :
Casernement de cavalerie, pour un régiment a 5 escadrons.
— Conditions principales d'établissement. — Surface du terrain : 250 mètres X 260 mètres — 6h50a,00m2. Surface bâlie : logements d'hommes et accessoires 7,000; écuries et accessoires 7,700, soit 14,700.
Surface des cours et rues 50,300m2 au lieu de 5h20a,00m2 de terrain occupés par les anciens types.
Principes. — Emplacement : A proximité de la ville, sur un terrain perméable ou drainé. Altitude dominante : Eloignement du thalweg des vallées des eaux stagnantes et autres causes d'insalubrité. Communications faciles; eaux potables, abondantes; exposition choisie suivant les climats. Inclinaison maximum de la ligne de plus grande pente 20° pour l'infanterie, 10° pour la cavalerie.
Fractionnement des groupes par unités d'effectifs.
Pavillons de troupes logeant un demi-escadron d'hommes placés en face de leurs chevaux, écuries, logeant un escadron de chevaux.
Suppression de la superposition des dortoirs, car l'expérience
Route Nationale N91S3 de Bourges à Dun le Roi
Fig. 12o. — Plan général des casernements de la 8e brigade d'artillerie, à Bourges. Echelle à l/oOOlK
a, b, pavillons d'entrée. — c, cuisines. — d, infirmerie des hommes. — e, latrines. — /■, locaux disciplinaires. — g, cantine. — h, écuries Tollet. — i, écuries Dock. — /, selleries. — A', écurie-infirmerie. — /, hangar aux manœuvres. — m, abreuvoir. — n, lavoir. — o, manège du château. — p, magasin d'habillements de réserve.
Fig. 126 et 127. — Comparaison, au point de vue du faîtage et de la ventilation entre les baraques à lanterneau et le plafond à angle dièdre curviligne du système de M. Tollet.
a démontré que le méphitisme s'élève des étages Inférieurs aux étages supérieurs et y augmente la morbidité. La superposition rend d'ailleurs les nettoyages difficiles, il faut balayer de marche en marche les malpropretés et la boue transportées par les hommes, les poussières s'introduisent dans les parquets et il est impossible de faire des lavages, caries liquides s'infiltrent dans les planchers et dans les murailles inférieures, entraînant avec eux les matières organiques qui s'y accumulent et rendent les générations successives tributaires des causes d'infection apportées par leurs devancières.
Espacement des bâtiments d'une largeur égale à une fois et demie leur hauteur (10 mètres entre les pavillons, 12 mètres entre les pavillons et les écuries.)
Infirmeries éloignées des logements.
Bains-douches tièdcs avec lavoirs et séchoirs, et bassin de natation, réfectoires à côté des cuisines. Selleries et magasins à fourrages séparés des écuries mais placés près d'elles.
Orientation mixte des bâtiments (N.-O., S.-E) afin que le soleil puisse en visiter toutes les faces.
Facilités du service -par la suppression des escaliers et des parcours verticaux (on sait que l'ascension d'un étage de 5 mètres équivaut, en travail mécanique, à un parcours horizonial de 60 mètres et qu'en réalité la fatigue qui résulte de parcours verticaux multipliés est de beaucoup supérieure à l'équivalence des formules mathématiques).
Les hommes consomment leurs rations chaudes dans les réfectoires, au lieu de traverser les cours et de monter les étages leur gamelle à la main pour arriver dans les chambrées après avoir renversé une partie de leur nourriture, ce qui est une cause de plus d'infection, ajoutée à tant d'autres; ils n'ont qu'une rue de 12 mètres à traverser pour se rendre aux écuries.
Une piste de o00 mètres de parcours, un gymnase couvert, des gymnases découverts, des écoles, un bassin de natation, un cercle pour les sous-officiers favorisent les exercices et les études.
L'étendue de ces accessoires donne une division des espaces logeables en salle de jour et en dortoirs qui pourront être alternativement aérés.
Les latrines sont disposées avec toutes les précautions possibles, le sol de leur emplacement ou de leurpourlour estimperméabilisé. Les fosses fixes sont supprimées, et remplacées par des récipients mobiles contenant des matières absorbantes et désinfectantes. La valeur de cet engrais paye le service des vidanges.
Des logements sont prévus pour les réservistes, afin d'éviter une augmentation de l'encombrement des locaux ordinaires, qui a trop souvent pour résultat une recrudescence dans les maladies. Les dortoirs offrent un cube d'air de 25 mètres par homme, et il se renouvelle régulièrement, tandis que dans les casernes ordinaires il n'est que de 12 à 14 mètres, et il reste stagnant, ce qu'on peut constater par les mauvaises odeurs qui régnent dans les chambrées, surtout la nuit. Les lavabos sont soigneusement disposés et imperméabilisés de façon à éviter toute propagation d'humidité dans les logements.
Les sous-officiers ont des chambres et lavabos séparés avec entrées particulières. Les adjudants sont loges dans la partie culminante du quartier, au-dessus de l'entrée du manège couvert.
Les constructions sont composées de matériaux de la plus grande durabilité (ossature en fer, briques, ciment) ; elles sont impénétrables aux rongeurs et aux parasites; on peut les laver à grande eau et même les assainir par flambage. L'épaisseur des parois varie suivant les climats, et si' es briques sont employées de préférence, cVst à cause de leurs propriétés résistantes et hydrofuges.
On sait d'ailleurs que le pouvoir conducteur de la brique est bien moindre que celui du moellon calcaire, d'où il résulte qu'un mur en briques de 0m,25 d'épaisseur est un isolateur de températures extérieures aussi puissant qu'un mur en moellons calcaires de 0m,50 c. d'épaisseur, qui se salpêtre et conserve l'humidité. La forme intérieure est ogivale, afin de donner le maximum de capacité intérieure (élément de salubrité) pour le mininum de surface enveloppante ou d'absorption des miasmes (coefficient d'insalubrité). Cette forme (fig. 127) combinée avec une ossature en 1er, permet d'arrondir les angles, de supprimer les charpentes saillantes, les tirants, les contreforts et autres points d'attache des poussières; elle a en outre l'avantage de remplacer très simplement et très économiquement le lanterneau qu'on place toujours audessus des salles collectives lorsqu'on peut les dégager d'étages supérieurs (fig. 126). Malgré les sujétions de ces lanterneaux, on les a toujours conservés, l'expérience ayant démontré la nécessité d'une ventilation de faîtage; dans la forme ogivale, cette ventilation se fait naturellement par l'angle dièdre curviligne du faîtage ouvert sur plusieurs points. La construction est des plus simples, les ossatures remplissent le rôle des cintres et couchis mobiles, elles dispensent des arcs, doubleaux et autres combinaisons compliquées, employées jusqu'ici pour la construction des voûtes et pour leur consolidation.
Enfin, économie de 400,000 francs par caserne régimentaire surles anciens types d'artillerie, de 300,000 francs surles anciens types d'infanterie, de 200,000 francs sur les anciens types de cavalerie.