LITS MILITAIRES
L'intérêt de ces économies, 10,000 francs à 20,000 francs, est bien plus que suffisant pour payer le supplément de combustible nécessaire pour chauffer des salles où l'air se renouvelle à raison de 70 mètres cubes par heure et par tête. Celte économie résulte notamment de la réduction des cubes énormes de matériaux, de la suppression des plafonds, des escaliers, des corridors, des cloisons et des refends, lesquels occupent dans l'ancien système le quart des surfaces bâties et servent de réceptacles aux miasmes et à toutes les malpropretés. Il est une autre économie qui ne se chiffre pas, mais qui a bien aussi sa valeur; c'est la diminution des malades et des décès.
Lits militaires. — L'administration de l'armée a mis récemment au concours la construction d'un lit militaire ; elle demandait un lit tel que le soldat put, pendant le jour, le relever et l'appliquer au mur, de façon à prendre le moins de place
Fig. 128 et 129. — Lit militaire, système du lieutenant Bertillon. — En haut, le lit étendu ; en bas, le lit relevé contre le mur.
possible ; elle exprimait en outre le vœu que ce lit, ainsi relevé, pût présenter au soldat une petite table où il pût manger, écrire, etc; enfin, comme elle a en magasin un grand nombre de châlits du modèle actuel, elle demandait un lit tel que ces châlits pussent y être utilisés.
Parmi les systèmes proposés en assez grand nombre, celui que nous représentons (figures 128 et 129), d'après un cliché que nous devons à l'obligeance de M. Georges Masson, éditeur du journal la Nature, a été particulièrement remarqué; nous en empruntons également la description à ce journal. Dans ce lit, inventé par M. le lieutenant Bertillon, les anneaux de fer par lesquels passe la corde destinée à tendre la toile du lit de camp classique sont supprimés ; la corde tourne autour d'une tringle en fer passant dans un des œillets de la toile, puis, revenant à la tringle de support, de telle sorte que la résistance à opposer au poids de l'homme se répartit dans toute la longueur de la corde sans que jamais une de ses parties soit plus chargée que l'autre.
Pour faciliter le relèvement du lit, les pieds de chevet sont remplacés par deux patins en fer ayant la forme d'un quart de cercle ; une planche maintient leur écartement. A l'autre extrémité du lit, les pieds sont remplacés par un petit tréteau en fer ayant la forme d'un banc et qui reste indépendant du lit. Les patins a a font l'office d'une roue, et leur courbure a été calculée de façon qu'au commencement de l'opération, l'effort du petit doigt est suffisant pour souleverlelit;àlafin, ce faible effort est même inutile, la pesanteur du lit suffit à le redresser. Une fois debout, on le fixe pour plus de sûreté, par un crochet à la muraille, et alors la planche qui maintenait l'écartement des patins présente l'aspect d'une table ; le tréteau qui portait le pied du lit devient une banquette. Si l'on ne fait pas usage de la table, on la replie sur le cadre autour de ses points d'attache, et les patins se rabattent contre le lit, qui occupe alors aussi peu de place que possible. C'est là, on le voit, un modèle des plus intéressants au point de vue de l'aménagement, de la propreté et de la salubrité des chambrées.