‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 4 sur 174 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Hygiène «le l'Enfance.

F II n'est pas pour l'hygiéniste de plus graves questions que celles qui touchent à l'enfance. Les législateurs, les administrateurs, les municipalités, les particuliers bienfaisants ont, depuis quelques années, donné la preuve des sages préoccupations que ces questions leur inspirent en France. Les quelques pages suivantes mettront en pleine lumière les principaux progrès réalisés de ce côté depuis 1878.

Protection des enfants du premier âge. — Une loi du 23 décembre 1874 a assuré en France la protection des enfants du premier âge. Cette loi porte communément le nom de son promoteur, le sénateur Théophile Roussel, membre de l'Académie de médecine et notre collègue à la Société de médecine publique. Cette loi exige que toute personne, qui veut se procurer un nourrisson ou un ou plusieurs entants en garde ou en sevrage, doit se munir au préalable d'un certificat indiquant son état civil, justifiant son aptitude et constatant qu'elle n'a ni infirmité, ni maladie contagieuse, qu'elle est vaccinée, etc. Ces personnes sont soumises à des inspections médicales aussi fréquentes que possible, qui portent sur la santé de l'enfant et de la garde, sur la salubrité et la propreté du local, etc.

Ce service a été assez vite organisé dans la plupart des départements. Les progrès réalisés dans ces derniers temps ont

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été exposés à l'Académie de médecine par M. le Dr Roussel luimême, le 28 février dernier, en présentant le deuxième rapport officiel sur l'exécution de la loi :

« Le service de protection des nourrissons, dit M. Théophile Roussel, a fait de notables progrès pendant les exercices 1879 et 1880. Ces progrès peuvent se mesurer par les chiffres du budget du service.

« En 1877, après le décret qui mettait en vigueur le règlement d'administration publique, soixanle-cinq conseils généraux volaient des crédits dont l'ensemble s'élevait à 330,000 francs. Le gouvernement ouvrait, au budget du ministère de l'intérieur, un chapitre spécial à la protection (chapitre XXVI) ; ii y inscrivait un crédit de 200,000 francs. Vingt et un départements, à cette époque, refusaient toute allocation en faveur des nourrissons. A la fin de la période dont s'occupe le présent rapport, la somme des subventions départementales était plus que doublée. Le chapitre XXVI du budget de l'intérieur portait un crédit de 500,000 Ir.mcs pour l'année 1879 et neuf départements seulement se montraient rcfractaires à la loi. Enfin, s'il m'est permis d'anticiper sur le troisième rapport, je dirai qu'à la fin de l'exercice qui vient d'être clos, on ne comptait que cinq départements (Ardèche, Corrèze, Corse, Ille- et- Vilaine, Orne), persistant dans un refus désormais sans excuse. Les Conseils généraux, à la dernière session d'août, votaient des crédits dépassant 971,000 francs ; et le gouvernement de son côté, faisant droit, il y a deux jours, dans la mesure du possible, aux réclamations formulées dans le présent rapport, a élevé de 500,000à 1,000,000 de francs le crédit du chapitre XXVI du budget de l'intérieur.

« Je n'ai pas à donner de meilleure explication de cette progression remarquable qu'en la cherchant dans l'efficacité de la guerre que la loi fait partout non seulement aux abus de l'indu trie nourricière, mais encore aux préjugés, aux craliques vicieuses encore si répandues et si funestes au premier âge de la vie. C'est à mesure que l'importance des services rendus ainsi à notre population s'est révélée que, dans les départements, les crédits se sont élevés, comme d'eux-mêmes, au niveau des besoins. »

Malheureusement la statistique de la mortalité des enfants du premier âge n'est pas encore faite avec une rigueur absolument scientifique; mais c'est un vœu de la loi qui, chaque jour, tend à s'accomplir. Là où elle a pu être faite, dans la Seine-Inférieure par exemple, le préfet peut affirmer que la mortalité des enfants soumis à la surveillance de la loi ne s'est élevée. qu'à7,76 pour 100, inférieure du double et. même du triple à celle qui frappe les enfants nourris au sein ou au biberon chez leurs parents.

Les intentions de la loi, le zèle des médecins inspecteurs et des commissions locales de surveillance continuent à trouver d'obligeants auxiliaires dans les Sociétés libres de protection

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