‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 5 sur 174 · ENFANTS ABANDONNÉS · texte numérisé non relu

ENFANTS ABANDONNÉS

de l'enfance, comme la Société protectrice de l'enfance (1), la Société pour la propagation de l'allaitement maternel (2), etc.

Enfants abandonnés . — Secours pour prévenir V abandon. — La loi de protection des enfants du premier âge exerce uniquement son action sur les enfants élevés, moyennant salaire, hors du domicile de leurs parents. Elle n'a rien modifié à la situation des enfants trouvés ou abandonnés, et la question des tours, si bien exposée au Congrès d'hygiène de Paris, en 1878, par MM. Bergeron, Bertillon, Marjolin, Lagneau, Vacher, etc., étudiée de nouveau par M. Penard (de Versailles) dans une communication à l'Académie de médecine, n'a pas fait un seul pas depuis ce temps.

Toutefois il serait injuste d'oublier les généreux efforts faits par l'Assistance publique de Paris. Les secours donnés par cette administration pour prévenir l'abandon des enfants deviennent progressivement plus considérables ; ils consistent en allocations de nourrices et de layettes, en secours mensuels aux mères qui allaitent leurs enfants et secours une fois donnés, en pensions faites à des orphelins jusqu'à douze ans. Nous emprunterons quelques chiffres au dernier rapport de M. Charles Quentin, directeur de l'Assis ance publique.

Le nombre des enfants nécessiteux auxquels l'administration a accordé des nourrices, en 1880, a été de 264. — Les secours en argent et en layettes aux mères qui allaitent leurs enfants ont été bien plus nombreux. Le nombre des enfants qui ont été appelés à bénéficier de ces secours était, en 1878, de 1,727; — en 1879, de 2,050; — en 1880, -de 2,771 ; — il s'est encore élevé depuis, mais nous n'avons pu avoir les chiffres officiels que mentionnera le prochain rapport.

L'administration de l'Assistance publique de Paris s'occupe aussi, comme on sait, des orphelins et, dans la mesure de son pouvoir et de ses ressources, elle cherche à les confier à des ascendants, à des parents ou même à des amis, moyennant une petite pension. L'imporlance actuelle de ces secours ressort du chiffre suivant qui est celui de 1880, et qui peut être

(1) Le siège de la Société est 4, rue des Beaux-Arts ; le bureau est composé de : M. le Dr Marjoiin, prés dent; M. Bebtin (Henri), avocat, et M. Boudet (Henri), avocat, vice-présidents; M. le L)r Voisin (Auguste), secrétaire général; MM. le Dr Gibert et le Dr Grenet, docteurs -médecin s, secrétaires des séances; M. Petibon, trésorier.

(2) Le siège de la Société est 45, rue de Sèvres. — Cette année, le bureau se trouve composé comme il suit : M. Le Blond, sénateur, président ; M. Edouard Lévy, avocat, secrétaire général ; M. Gaston Hozérian, secrétaire général adjoint; MM'nes Léon Bequet, née de Vienne, et de Bourellle, vice-présidentes ; MMraes Auguste Glaize et Edouard Lévy, secrétaires des séances ; Mmo Paul Gossar^t, archiviste ; MM. Schoelcher, sénateur, et Forest, avocat, vice-présidents ; M. Eugène Hureau, avoué au tribunal de première instance de la Seine, trésorier.

considéré comme un chiffre moyen pour les quatre années dernières : les subsides ont été accordés à 1,579 orphelins non abandonnés, et la dépense s'est élevée de ce chef, en 1880, à 102,081 francs. Les mesures prises par l'administration pour prévenir les abandons tendent à s'élargir chaque jour; le chiffre actuel du crédit destiné à cette branche du service des enfants assistés est de 772,000 francs.

Publications destinées à vulgariser les notions $ hygiène des enfants du premier âge. — Une des causes de la mortalité du premier âge est, comme on sait, l'ignorance absolue des règles d'hygiène applicables à l'enfance, et les préjugés stupides de la plupart des gens en cette matière. C'est rendre un service véritable que de vulgariser les notions d'hygiène de l'enfance. Au Havre, le Bureau municipal d'hygiène a publié des instructions populaires (Conseils aux mères de famille, etc. — Précautions contre V ophtalmie des nouveau-nés) , sortes de petits tracts qui sont libéralement distribués par la municipalité à toutes les personnes qui viennent à la mairie déclarer une naissance. — C'est aussi dans un but très louable de vulgarisation que la Société française d'hygiène a fait rédiger par MM. Blache, Ladreit de Lacharrière, Ménière (d'Angers) une intéressante brochure intitulée : Hygiène et éducation de la première enfance, qui a été répandue par elle à un grand nombre d'exemplaires, et qui en est à sa douzième édition; elle a été de plus traduite en un grand nombre de langues. La Société vient d'ailleurs de donner un pendant à cette publication dans une brochure nouvelle, rédigée par MM. Blache, Houles et Le Coin, intitulée : Hygiène et éducation physique de la deuxième enfance, période de 2 à 6 ans.

On trouve dans les rapports annuels faits par M. De Villiers à l'Académie de médecine, au nom de la Commission de l'hygiène de l'enfance, le relevé des mémoires les plus importante, adressés chaque année à l'Académie sur ce sujet. — Consulter encore dans les Bulletins de la Société de médecine publique les discussions sur l'ophtalmie des nouveau-nés (t. IV, p. 6o), et dans le Journal d'hygiène une étude de M. le Dr B. Blache sur les biberons (n° 156), ainsi qu'un rapport de M. le D1' Depasse sur le biberon de M. le Dr D'Ardenne (n° 304).

Enfants moralement abandonnés. — II est toute une classe d'enfants que les lois protectrices ne sauraient atteindre jusqu'à présent, ce sont ceux qui, abandonnés au hasard par des parents insoucieux de leur devoir, ou maltraités par des beaux-pères ou des belles-mères sans cœur, sont livrés à tous les hasards et à tous les dangers du vagabondage. Ils errent par les rues, couchent sous les arches des ponts, dans les carrières, à la

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