MATERNITÉ DE PARIS
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Fig. 193. — Diagramme indiquant la mortalité de 1853 à 1881.
à la Maternité de Paris,
0 123^5 6 78.9 lOMètres
8 9 10 Mètres
Fig. 191 et 193. — Ta, Ton Tarnicr « la Malernité de Pari?; plaos'du rez-de-chaussce (eu b;s) et de l'étage (en haut)
PAVILLON TARNIER.
mortalité n'est pas tombée au-dessous de 3,38 pour 100, mais qu'elle s'est élevée jusqu'à 11,13 et même 20 pour 100; que dans la série des douze années suivantes, elle n'a jamais dépassé 3,90 pour 100, et qu'elle s'est abaissée jusqu'à 1,37 pour 100. De plus, pendant les neuf dernières années, elle oscille autour de 2 pour 100 et tend sans cesse à s'abaisser; on est alors maître du fléau.
Or, lorsqu'en 1864, M. le professeur Ulysse Trélat prit le service chirurgical de la Maternité, la mortalité dépassait 20 pour 100; convaincu que les salles étaient infectées, il fît ouvrir les fenêtres, ventiler et aérer largement pendant une grande partie du jour; la mortalité tomba aussitôt à 6 pour 100.
M. Tarnier prit ensuite la direction du service chirurgical en 1867 ; contagioniste convaincu, il s'efforça de prendre les mesures nécessaires pour remédier à la contagion ; en 1870, il obtenait un arrêté du directeur de l'Assistance publique créant deux personnels distincts, l'un pour le service d'accouchements et l'autre pour les infirmeries ; la mortalité s'abaissa à 2 pour 100. Il voulut montrer que ce chiffre peut être encore moins élevé, lorsqu'on fait une sélection, lorsqu'on n'admet que des femmes enceintes en bonne santé ; dans ce but, il fit construire ce pavillon, déjà décrit dans bien des ouvrages, et que nous reproduisons néanmoins (fig. 194 et 19o), afin qu'il puisse être ^lus aisément comparé avec les autres Maternités que ce livre
i Fig. 196. — Lit en usage au Pavillon Tarnier de la Maternité de Taris. — M. Sibillat, constructeur.
fait connaître. Ouvert en 1876, ce pavillon a déjà reçu 1,223 accouchées ; il ne s'y est produit que 6 décès, soit une mortalité de 0,5 pour 100. Depuis le 29 mai 1880 jusqu'au 1er juillet 1882 on y a enregistré 743 accouchements sans un seul décès ! M. Tarnier met en outre en pratique, et fa il aussi pratiquer à la Mater-
Boulevard de Port -Royal
Fig. 197. — Projet soumis au Conseil municipal par l'administration de l'Assistance publique pour la reconstruction de la Maternité de Paris (M. Gallois, architecte). Les bâtiments actuels sont ceux sur lesquels il n'y a aucune indication de lettres; ils forment un quadrilatère massif presqu'au milieu des constructions projetées. Parmi les bâtiments du projet, le seul existant actuellement est le pavillon isole en haut et à gauche ; c'est le pavillon Tarnier reproduit fig. 194 et 195.
MATERNITE DE PARIS.
Fig. 198 et 199. — Plans d'un pavillon de femmes en couches (en bas) et du pavillon d'accouchements (en haut), d'après le projet soumis au Conseil municipal par l'administration de l'Assistance publique pour la reconstruction de Maternité de Paris (M. Gallois, architecte).
nité depuis plusieurs années toutes les précautions de la méthode antiseptique.
Parmi les améliorations récemment apportées dans ce pavillon, nous devons noter l'adoption d'un lit dont le modèle est représenté fig. 196 ; on remarquera la simplicité de ses bandes métalliques tendues aux deux extrémités par des écrous et l'absence de tout sommier à ressorts, c'est-à-dire la moindre surface possible et l'appropriation la plus aisée.
L'état de vétusté et de délabrement de la Maternité, les besoins de -plus en plus grands de ses services ont engagé l'administration de l'Assistance publique à la reconstruire; M. le Directeur nous a fait l'honneur de nous permettre de reproduire le projet actuellement soumis au Conseil municipal, projet pour lequel M. l'architecte Gallois a bien voulu rédiger la note suivante :
L'administration générale de l'Assistance publique reconnaissant les inconvénients que présente l'installation des services de la Maternité, malgré les améliorations apportées à différentes reprises, et considérant que le mauvais état de plusieurs des bâtiments qui remontent à plus de 200 ans nécessite des travaux considérables et urgents, a décidé qu'au lieu d'entrer dans la voie des restaurations, il serait arrêté un plan d'ensemble général, dans lequel n'entrerait aucune des constructions actuelles, et qui pourrait être réalisé par parties et sans que le bon fonctionnement de la maison ait à en souffrir.
Ce plan général se divise en cinq parties distinctes :
L'école pour les élèves sages-femmes.
Le service des femmes enceintes.
Le service de l'infirmerie et du traitement des maladies spéciales.
Le service de l'accouchement et des femmes accouchées.
Enfin les services généraux.
D'après le plan d'ensemble (fig. 197), l'entrée serait maintenue sur le boulevard de Port-Royal, et un vaste bâtiment en façade sur cette grande voie renfermerait : la consultation, l'admission, les bureaux, les salles de garde, des parloirs, et les logements des employés.
A droite, serait la cuisine et ses dépendances.
A gauche, et à l'angle formé par le boulevard de Port-Royal et la rue du Faubourg-Saint-Jacques, se trouverait le service des morts.
Enfaçade sur une grande cour centrale, se trouveraient, à gauche, trois bâtiments isolés, mais reliés par des galeries légères et ouvertes formant de simples abris.
Celui placé vers l'entrée recevrait les femmes dont l'état réclamerait un traitement spécial (services de gynécologie et de dislocie). Il n'aurait qu'un rez-de-chaussée et un premier étage.
Le bâtiment situé vers le sud et de même importance serait destiné à l'infirmerie.
Le bâtiment du milieu, comportant un étage en plus, serait occupé oar les femmes enceintes.