HOPITAUX D'ENFANTS
l'hôpital thermal de Forges-les-Bains, qui appartiennent à l'Assistance publique, ce n'est qu'à Nice qu'a été fondé, depuis 4 ans, une maison de santé spéciale aux. enfants, analogue aux Hospices marins si florissants en Italie.
Établissement Friedland, à Nice, pour les enfants malades. — Cet établissement est installé à environ 1 kil. 1/2 de Nice, sur le versant ouest du mont Alban, dans une partie de la propriété appelée Fort-Thaon, et dont on a conservé le nom. La propriété de l'établissement contient 6,000 mètres. La maison n'a guère que lo mètres environ de façade sur 10 à 12 mètres de profondeur. Elle est également exposée à l'ouest, mais elle reçoit le soleil de tous côtés, puisqu'elle est située au milieu de la propriété qui est elle-même entourée d'autres jardins plantés d'orangers, de citronniers et d'oliviers.
Le bâtiment n'est pas neuf; c'était une villa qu'on a appropriée le mieux possible aux besoins actuels. En voici les dispositions principales : Rez-de-chaussée : au milieu, un salon ; à droite, réfectoire un peu petit contenant 4 tables recouvertes de toile cirée ; à droite du réfectoire, une petite cuisine très proprette avec un joli fourneau économique ; à gauche du salon, une classe ; derrière la classe, une salle de bains (2 baignoires, une douche) ; derrière le salon, salle de récréation ; à droite du bâtiment, un jardin potager; à gauche, une cour de récréation ombragée par de jeunes platanes ; sur le devant, une petite cour d'entrée, avec grille sur le chemin.
1er étage : 2 petits dortoirs de chacun 6 lits (1 couchette enfer, 1 sommier, 1 matelas, couverture de laineet couvre-lit en coton blano. Ce dortoir est réservé aux plus infirmes ; à côté du dortoir, la chapelle et la sacristie occupent l'emplacement de l'ancien Fort-Thaon ; au fond du dortoir, sur le côté est, donnant du côté du mont Alban, une terrasse fait communiquer ce dortoir de plain pied avec un jardin bien fleuri. Cette terrasse, bien garantie du soleil du midi, sert de cour de récréation pendant les grandes chaleurs du jour.
Au 2e étage : 1 dortoir de 12 lits, même mobilier qu'au 1er ; à côté de la lingerie, devant le dortoir, du côté ouest, un balcon d'où la vue embrasse un splendide panorama ; l'horizon est borné par toutes les montagnes qui entourent Nice et les environs depuis le Mont-Boron jusqu'au cap d'Antibes ; au fond de la vallée, Nice, le château et la mer.
Il ne peut contenir qu'un maximum de 24 enfants, qui sont tous du département. Ces 24 enfants y restent toute l'année.
L'établissement vit sur un fonds de réserve constitué par des donations et des allocations uarticulières.
Les malades sont tous internes et l'internat est absolument gratuit.
La nourriture se compose : au déjeuner, de café au lait ou soupe; au dîner à midi, de soupe, bœuf bouilli, plat de légumes, petit dessert de fruits; le soir à souper, de potage gras, viande rôtie, le plus souvent du veau, 1 plat de légumes, 1 petit dessert ; 0,25 centilitres de vin par enfant et par jour pour les deux repas ; à 4 heures, goûter : pain et 1/2 verre de vin. Lorsque les parents envoient aux enfants quelques friandises, on les leur donne au goûter.
Les malades ont 4 heures de classe par jour — peu d'études; — on leur enseigne le français, l'anglais et l'italien. Ils reçoivent des douches 2 ou 3 fois par semaine suivant la saison. On les conduit l'été aux bains de mer.
Dispensaire pour enfants malades au Havre. — Au Congrès international d'hygiène de Paris en 1878, notre collègue M. le Dr Gibert (du Havre) présentait un plan du dispensaire (fig. 214) qu'il a fait élever dans cette ville et faisait en peu de mots comprendre son fonctionnement. Mettre entre les mains du médecin un outillage complet pour lui permettre de soigner toutes les maladies de l'enfance, — supprimer la consultation externe qui ne donne que des résultats sans importance, qu'elle se fasse aux bureaux de bienfaisance, ou dans les salles de consultations des hôpitaux, en la remplaçant par un traitement effectif, complet au dispensaire, voilà quelle a été l'idée du fondateur, et l'événement a dépassé son attente. — Si nous récapitulons les résultats, nous voyons en effet qu'en :
1875-1876, on a soigné 580 enfants.
1881, 1er semestre, 1,241 —
C'est-à-dire que la progression est constante et que l'établissement devient trop exigu pour les soins à donner à un si grand nombre d'enfants.
D'après le dernier rapport 1880-1881, on y a donné 4,624 bains, 995 séances d'électricité, 1,519 douches froides, 308 séances de massage, 26 douches de vapeur, 1,660 douches nasales, 1,710 pulvérisations diverses, 93 opérations diverses faites le jeudi, soit un total de 10,895 actions médicamenteuses indiquant par leur nombre et leur variété la nature exacte des soins donnés au dispensaire.