APPAREILS A DÉSINFECTION
surer au fonctionnement des appareils de désinfection une efficacité et une sincérité aussi complètes que possible.
Ces conclusions furent acceptées par la Société qui, en outre, émit le vœu qu'une étuve à désinfection fût installée dans tous les établissements hospitaliers.
Au rapport de M. Herscher était joint un plan d'étuve que nous reproduisons ici (fig. 217, 218 et 219) et dont la description détaillée se trouve dans le Bulletin de la Société, tome IV, et la Revue d'hygiène, 1881.
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Fig". 219. — Intérieur d'une étuve-type pour la désinfection par l'air chaud, d'après les plans de M. Herscher.
Fig. 217, 218 et 219. — Étuve-type pour la désinfection par l'air chaud des vêtements, des linges, des objets de literie et de tentures ayant été en contact avec des personnes atteintes de maladies infectieuses ou contagieuses.
A la même époque, dans sa dernière séance de décembre 1880, la Société française d'hygiène recevait, de MM. Sabourdy et Félix Julien, communication des plans d'un appareil mobile de désinfection à domicile et d'un établissement public de désinfection par la vapeur d'eau surchauffée. On en trouvera la description et la reproduction dans le Journal d'hygiène, n° 225.
On consultera aussi dans les travaux du Comité consultatif d'hygiène de France le rapport de notre collègue M. le DrFauvel, surla désinfection appliquée aux provenances maritimes (mai 1881), dont nous parlons plus loin au chapitre VIII, en examinant les mesures prophylactiques proposées pour les affections contagieuses.
A Marseille, M. le Dr Albenois, directeur du Bureau de démo-
graphie et de statistique médicale, a fait construire une étuve portative pour la désinfection des hardes de varioleux à domicile, afin de détruire les germes sur place et à peu de frais. Au Havre, une étuve à désinfection est en construction à l'hôpital.
Au mois de septembre dernier, c'est-à-dire au moment où la variole sévissait avec intensité à Bordeaux, la municipalité de cette ville, sur la sollicitation de M. le Préfet de la Gironde, eut à s'occuper d'urgence de la désinfection des varioleux. L'installation qui fut alors faite offre un intérêt tout particulier, qu'on retrouvera dans les renseignements que nous transcrivons ici grâce à l'obligeance de M. le Dr Layet, secrétaire général de la Société d'hygiène publique de Bordeaux.
Les blanchisseuses de Bordeaux et de la banlieue refusant le plus souvent, et avec raison, de nettoyer les linges contaminés, l'objectif était de préserver absolument celles qui auraient pu recevoir à leur insu des linges infectés, d'assurer à la fois le blanchissage et la désinfection sans détériorer les tissus et de centraliser tous les linges des varioleux dans un seul local. Par ce résultat on avait chance de diminuer considérablement, sinon de supprimer, le nombre des foyers d'infection et d'empêcher leur propagation par l'entremise des blanchisseuses ou autres colporteurs, ou simplement par le séjour prolongé dans les habitations des linges infectés.
De grandes difficultés existaient dms la pratique qui n'ont pas été toutes résolues. D'abord, l'impossibililé, en l'absence d'un règlement coercitif, d'obliger les familles à livrer exactement tous les linges contaminés. En second lieu, l'énormité des frais nécessaires pour une installation permettant de traiter tous les objets, non seulement de lingerie en toile ou en coton, mais aussi ceux de literie comprenant laine, plume et crin.
La question s'étant posée desavoir comment on arriverait à sécber le linge après lavage et désinfection, par tous les temps, question qui pourrait augmenter démesurément les frais, M. le Dr Plumeau, adjoint au maire, directeur administratif du service de préservation de la variole, pensa qu'on devait se borner pour le moment, à désinfecter et remettre le linge aux familles avec un certificat de désinfection, sur le vu duquel les blanchisseuses auraient accepté ce linge sans difficultés pour en assurer tout au moins le séchage.
Cette idée qui procurait un résultat pratique et immédiat, ayant été adoptée, un emplacement fut choisi au bord du fleuve, loin de toute habitation.
Le plan d'un hangar conforme au modèle de la figure 220 fut exécuté par les services de la ville.
Les appareils adoptés furent ceux employés par la blanchisserie à vapeur de la Gironde, dont M. leDr Plumeau et M. le Dr Layet, chargé du service médical de la vaccine, avaient été appelés à reconnaître l'efficacité.