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APPAREILS A DÉSINFECTION

Cours de la Garonne

Plancher

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Entrée des linges

Emplacement de locomobile

Dépôt de charbon

Fipr. 220. — Établissement de désinfection pour vêtements et linges, installé su le bord de la Garonne, à Bordeaux, pendant la récente épidémie de variole.

Fig. 221. — Cuvier à désinfection de l'établissement de désinfection pour vêtements et linges, installé sur le bord de la Garonne, à Bordeaux, pendant la récente épidémie de variole.

M. Le Guay, directeur de la blanchisserie, fut chargé de son installation.

L'objectif étant d'éviter tout contact entre les linges désinfectés, la disposition adoptée semblait la meilleure, étant donnée surtout l'économie qui devait présider à la construction du hangar.

L'eau était fournie par les tuyaux de la ville, et son écoulement, après emploi, ménagé au moyen de canaux couverts jusque dans les eaux mêmes du fleuve.

Le linge pris à domicile dans une caisse en bois fermant hermétiquement et contenant une dissolution légère d'eau de javelle (chlorure de soude), était disposé dans une cuve à lessiver semblable à celle dont voici la description :

Une cuve A, B, C, D (fig. 221) percée dans le fond pour permettre l'établissement d'un tuyau E, F, destiné à amener la vapeur au centre de la cuvette et à la projeter au moyen du bec G dans le tube vertical T; une armature en tôle percée dans sa partie inférieure recouvre le tuyau T et la cuvette pour les protéger ; de plus, une grille en bois pour recevoir le linge, tel est le système à lessiver Decaudun qui est appelé à commencer l'opération de la désinfection. Le linge étant disposé dans toute la hauteur du cuvier, et la dissolution alcaline préalablement introduite dans le fond au moyen de l'intervalle libre entre le tuyau T et son armature protectrice, on fait arriver la vapeur par le tuyau E F ; elle se projette avec force dans le tube T, agit comme un piston de pompe aspirante, fait le vide et entraîne après elle vers la partie supérieure du cuvier une certaine quantité de lessive. Cette lessive se répand sur le linge au moyen d'un tourniquet horizontal percé de trous H, I, vissé sur le tuyau T et tournant par conséquent sur l'axe vertical X. La force de projection du liquide suffit pour obtenir le mouvement du tourniquet.

La vapeur, pendant le trajet dans le tube T et le tourniquet, se condense et cède sa chaleur à la lessive avec laquelle elle est en contact, celle-ci filtre à travers du linge, s'égoutle par la grille en bois, se trouve de nouveau projetée et réchauffée par la vapeur que ne cesse de fournir le bec G, et il s'établit ainsi un mouvement continu automatique en même temps qu'une graduation lente de la température dont les résultats saponifiants sont considérables, chaque tache du linge s'accommodant suivant sa constitution du degré de chaleur qui lui convient le mieux.

Toutefois ce système employé pour la désinfection des linges contaminés est insuffisant. Il ne fonctionne plus en effet dès que la température de la lessive atteint 90°. Or, en consultant les tables de Regnault qui constatent une température de 144° centigrades pour la vapeur à quatre atmosphères, il semble possible d'atteindre dans une cuve à lessiver en rapport avec un générateur de vapeur une température de 120°. Pour cela il suffit d'établir un nouveau tuyau de vapeur J, K, en serpentin dans le fond'du cuvier et percé de trous, afin de produire dans la masse du liquide, déjà à 90°, une projection considérable de vapeur à 140°. La température augmente bientôt sensiblement et le liquide surchauffé s'élance bouillonnant par l'intervalle compris entre le tube T et son armature protectrice. Pour le faire répandre sur le linge on fixe à l'ar-

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