CHAPITRE XHIL La mesure dela Mémoire
itre sur la mémoire est un de ceux que j'avais us faciles à écrire ; en réalité, c'est celui qui TA plus de poine. J'avais comme idée directrice
” mémoire inférieurs e; le promier Lest, sur la recherche des ait le démontrer, ou du moins le faisait.
l'organisai done quelques expériences, |
‘des vers par cœur, confirmèrent, ion ; sans attacher trop d'imp que je n'emploie pal RoUr, que la différence de mémoire Alans le rapport du simple au double, D'aupet genre, faites dans le cours d'une t dans le même sens ; et la question res lorsqu'une épreuve toute nouvelle mon édifice de conclusions; il m'apparut, ion possible, que, pour certains genres de : deux sœurs étaient sur un pied d'égalité. La n pliquait. En oulre, je rencontrais beaucoup ions qui me troublaient complètement. A] ngue période d’indécision, enfin la lumière se fit. ris que mes expériences étaient mal conçues, Au
patfaitement bien les leçons que je leur donnais dre, je n'étais pas curieux de rechercher si l'une pe de peine et meltaitplus de temps que l'autre à apprendre Ja leçon. Mais les tests de psychologie que je venais des faire ayant éveillé mon attention sur ce point, je m'adres. sai à la mère des jeunes filles pour lui demander en qu'elle avait remarqué. Elle me répondit aussitôt, et sans hésitation, que Marguerite avait la meilleure nu el qu'Armande éprouvait beaucoup de peine à par cœur. Cette observation confirmait jusqu’à un. certain point mes précédentes expériences, et il ne m'en falluls pas davantage pour me persuader qu'il y avait réellement, une grande inégalité de mémoire entre les deux sœurs, Les expériences méthodiques que je fis d'abord eonûrs mèreni entièrement celte vue.
1 Je commençai par une épreuve qui m'a toujours donnés des résultats très nets, et que j'ai pris plaisir à répéter un grand nombre de fois; celte épreuve consiste tout sims plement à faire apprendre par cœur un morecau de prose ou de vers, en fixant le temps nécessaire pour céttelétude, ou bien en fixant la longueur du morceau à apprendres, dans le premier cas, le nombre des motsappris donneune mesure de la mémoirc ; dans le second cas, lu mesurcest fournie par le temps dépensé pour apprendre. OnMwoït combien cette méthode est simple; son mérite ësb reproduire, en le précisant, un travail avec lequel tout écolier est familiarisé par un exercice quotidien. Qui donc n'a pas tous les jours, quand il est élève; une leçon à apprendre par cœur ? Si la méthode esb simple, \ elle n’en est pas, pour cette raison, plus employées J'ai. eu, ces temps derniers, l'occasion de m'entretenir avec beaucoup d’instituteurs qui ont adopté l'excellente prati= que des dossiers d'élèves, et qui ont grand soin de consigner dans chaque dossier une appréciation sur la mémoire
L nm
nt, Dans les écoles normales d’inslituteurs, où l'on cherche à donner aux élèves-maitres des des d'observation psychologique, on fait décrire à de rôle à chacun de ces élèves le caractère intellecet moral d'un enfant qu'ils ont eu en observalion ni une semaine à l'école annexe ; dans le petit plan qui est tracé d'avance pour guider les pas de aitre novice, on a eu soin de faire une place à moire, mais on n'indique point comment cette fonce doit être étudiée. J'ai parcouru une centaine … études de caractère ; l'appréciation de la mémoire | ralement donnée en termes très vagues ; elle. lorsqu'on a senti le besoin de lui donner un appui sur les notes de récitation, C'est bien chan= M
quelle mesure l'élève sait sa leçon, mais elle ne nous … ne pas sur la quantité d'effort que l'étude de la. exigé ; un paresseux à mémoire facile peut avoir
s bonne note de récitalion qu’un enfant studieux,. ioire rebelle ; il serait bien inexact de ses
up d'objections. Le plus simple, et le plus sûr, Le # t connaître la mémoire d'un enfant, c'est de lui — endre la leçon devant soi, en notant le temps, tant suffisamment l'amour-propre du jeune sujet, [donne un bon effort (1).
rniment fâcheux qu'une expérience qui présente au point de que un si grand intérêt soît faite si rarement. Dernibrement professeur dans une école primaire supérieure de Paris, à bien ma demande, faire apprendre des vers pendant 10 minutes, de s4 clusse ; los élèves devaient en Sn le ne Re ossible, et ensuite les écrire de mémoire, après les forme, l'expérience peut être faite collectivement a 5 ee sur une classe entière. Les résultais ont ëté PRE pour , qui a eu lu révélation d'inégulités imprévues de mémoire, élèves à pu en 40 minutes retenir 40 vers. Rien ne la signalait mme ayant une mémoire remarquable,
et Marguerite; je leur donnais devaient'en apprendre le plus gr.
un temps qui était indiqué d'avance, 40 minutes, soit de 5 minutes seule:
mème qui mesurais le temps d'étude e signal du commencement et de la fin. À toujours pris chacun à part, et isolés bien Lranquille ; je ne leur Ces en et jé de les regarder pendant l'étude, de peur de:
je notais leur alilude, j'appréciais leur d d'attention, en un mot j'essayais d'établir complète, Quaad le temps était écoulé, el vait de mémoire lout ée qu'il se rappelait. P6 l'émotion si fréquente de la récitation orale. » Les expériences surla mémoire ne font poin "psychologie amusante ; elles rebutent les rages ; aussi, dans mes recherches sur mes suis-je appliqué à espacer les épreuves, autan sible ; celles dont je pourrais rendre:
sur une année entière. [| me paraît inutile deles r loutes, à cause de leur conformité. Dans aueune exception, le nombre de vers que apprenail par cœur, et écrivait exactement de été supérieur au nombre de vers appris par :
différence a été constamment très grande, égale près à la différence du simple au double. Naturell c'était le même morceau de vers que les deux jeunes apprenaient par cœur, el ce morceau élait choisi de nière à ne pas présenter une difficulté spéciale de st Les morceaux ont élé empruntés le plus souvent àu tragédies de Racine. La reproduction des passages,
les deux sœurs apprenaient par cœur était fai mentsans faute; par conséquent, nous n'avons pas des calculs sur les erreurs, dont l'appréciation est lou
er ementquelques exemples. En octobre 1900 le el Armande apprennent la première scène » à partir des 4 premiers vers, qu'elles connaisle temps d'étude est de 10 minutes. Marguerite apprendre 16 vers et Armande en apprend seulemémoire des deux sœurs est aussi persistante; elles récitent sans faute les vers appris: 8jours novembre, il en est de même, sauf qu'Armande hésitation el commet une faute, Marguerite rs hésitations él 2 fautes. Le B août 1901, six je leur fais écrire de mémoire le mème morile a un peu de peine, je suis obligé de ues mots, qu'elle souligne eu rouge dans sa ur qu'ils restent reconnaissables; le nombre nés est de 25 : ils occupent presque tous le t d’un vers ; el un vers entier est oublié:
lis, los 16 vers sont présents. Armande, de sa sœur, est invitée à écrire de mémoire ce ppelle, elle écrit ses 8 vers, etje ne suis obligé que deux mots. Dans l'intervalle d'oubli qui | mois, les deux sujets n'ont pas pu lire la tragéer, car celte œuvre ne fait pas partie de leur ‘de livres scolaires. Je leur ai demandé à plus si, dans l'intervalle, elles avaient songé à ersüppris. Armande ne l’a jamais fait. Margue- | eulement, a récilé lus vers un soir en se D'après ce résullat, je me croyais en droit de” si Marguerite a une plus grande vitesse d'ace sa sœur, celle-ci a en compensation une - Ars Sur ce second point, je doute ques elusion soil juste ; du moment que les morpar cœur en un même temps présentent une alité de longueur, Les sujets se sont placés
‘trop inégales po parer la lénacité de Le mémoire.
… rôserve, c'est la manière dont sont d de.mémoire dans le morceau écrit par M:
n'a que 2 mots soufllés dans les 8 premiers même nombre de mots qu'Armande ; et le soufflés sont dans les 8 vers suivants, q eule temps d'apprendre pendant les 10 m j'avaisaccordées.Le nombre absolu de mots Marguerite est donc beaucoup plus grand bre absolu d'Armande.
Vers le mois de mars 4901, j'ai fai maine, avec les deux jeunes filles, des e Jeures méthodes pour retenir par cœur; j'empl terme de comparaison la méthode naturelle fai encore qu'en un même temps Marguerite bien plus grand nombre de vers qu'Armande, points de délails, car ce serait Lrop long, el étude d’un caractère tout différent.
Le 10 août 1901, je leur fais apprendre des leur recueil de morceaux choisis ; le temps d'é duit à 8 minutes, Marguerite apprend 16 vers et seulement 8 ; la première commet erreurs el seulement 3. Leur mémoire, à en juger par et Jon, est devenue plus rapide que l'année précéd 4 la différence reste la mème entre Les deux sœurs, | de citerai une dernière expérience, qui se d
autres en ce que j'ai obligé les deux sujets à répéter à haute voix, au liou de le faire mentalem \ dant l'étude du morceau. C'est la méthode pi Miss Steffens (1); méthode qui a l'avantage de montre ment, par quels procédésune personne apprend par Le temps accordé a &té de 6 45. Marguerite à
(1) Voir l'article de Larguier, déjà cité,
LA MESURE DE LA MÉMOIRE 267 40 vers, et Armande en a appris seulement #, qui ne se entpas, plus deux hémitisches détachés. Probablement a été génée par la nécessité de répéter à haute voix, qu’elle ait prétendu le contraire. Marguerite, qui s'est “vivement plainte de cette nouvelle méthode, a donné des ésultats bien meilleurs.En regardant de près le graphique récilations et des répétitions mentales que j'ai éerit dant l'expérience, on voit qu'Armande et Marguerite ‘appris, comme presque Lout le monde, par le procédé es pelits paquets ; elles lisent un vers ou deux, puis le èlent mentalement, recourent au livré quand la répétion mentale est hésitante, lisent ensuite un troisième vers Lienchainent au précédent, dans la lecture et dans la ‘pétition mentale; je n'iosiste pas davantage, trouvant ce n’est pas là ce qui fait la différence entre les deux s. La différence caractéristique, c’est qu'Armande, qu’elle apprenne plus lentement, se donne plus de mal, fait un plus grand nombre de lectures que sa sœur. isi, sans entrer dans le détail, on peut compter Le nomtotaldes lectureset le nombre totaldes répétitions menez Marguerite les lectures montent à 49 vers et les r ns mentales à 60 (ce qui ne veut pas dire, bien en éndu, qu'on a lu 49 vers différents, ou identiques; le nombre calculé, sans tenir compte de J'individualité des vers; une personne qui, pour apprendre 2 vers, lit lepremier et le second 2 fois, aura fait, d'après la règle de calnous adoptons, des lectures se montant à 5 vers); Armande, les lectures montent à 76 et les répétitions ces chiffres sont supérieurs à ceux de Marguerite ; blement ils sont encore trop faibles, car Armande Let répétait si vite que j'avais peine à la suivre, el que je n’ai pas eu probablement le temps de noter toutes slectures ct répétitions. Or, comme Armande n’a réussi &apprendre qu'un bien plus petit nombre de vers que Mare, tout en les répélant un plus grand nombre de fois,
ur. Or, le nombre ae nt) même de part et d'autre, et les différences en 1e
en moins étaient tout à fait insigniliantes.
. Voici des exemples. is faile le 5 mars 1904
is les 20 mots suivants :
, mouchoir, corbeau, en Ce Le » Statue, canon, lilas, soucé, & Mon folie, parfum, chapeau, fumée, regard, police. dé écrit de mémoire, aussitôt après les 12 mots s : police, regard, chapeau, chagrin, fusil, mouthéâtre, tendresse, souci, parfum, fumée, canon, uerite écrit 12 mols, ce ne sont. Rev les mêmes : tendresses, prairies, chapeau, police, fusil 4 oùr, quignol, canon, folies, lilas, théâtre. Les pro nployés pour se rappeler me paraissent analogues, » dit qu'elle a tâché de se rappeler les mots les | les autres en les répétant, ou bien en trouvant n rapport entre les mots. L'explication de Marest à peine différente. « J'ai lâché, dit-elle, quand mot, de me le représenter comme un objet que is. » Malgré plusieurs interrogations, je n'ai si à savoir siles deux sœurs emploient un procédé férent. Ce qui mo parut plus important, c'est
ade se rappelle un aussi grand nombre de mots. gucrite. Je m'aitendais à ce que Marguerite en
double.
e encore: une expérience de 20 mots faite le 48 A900 ; ces mots ont été lus par moi exactement ondes, Marguerite en relient 11, Armande 14 ne autre fois (24 août 1901) je ne lis pas La série de je la laisse sousles yeux de mes sujets, quidoivent pendant 1 minule. Marguerite en relient 41 et Ar= a retient 11 aussi. Dans celle expérience, Armande plusieurs fois qu'elle n'ose pas écrire tel ou Lel mot, l'elle craint que ce ne soit pas celui du Lexte.
Lab 8 minutes ayant de Les de
Mine résultat le lndemsia, que je leur Lis, chaque sœurenr xat On sera sans doute surpris | dede ré
ce deruier effort de mémoire, lee supérieure, elle se rappelle 25 mots, tan ne peul en écrire que 49.
2 Ilest évideut que cette série d'épreuves 8 des mots détachés donnait des résultats avec la série précédente, où les sujets d des suites de vers. Les contradictions de ce pas rares en psychologie individuelle ; et, estubligé de Les abandonner sans les ré fait ces recherches par exemple sur des:
me serais probablement arrêté devant la d temps pour l’étudier de près. Ces échecs coup les débutants. Heureusement pour moi, le nes filles qui me servent de sujeis ont été à ma disposition pendant les loisirs de leurs, je suis arrivé, par de longs tâtonnements, à comment il se fait que Marguerite, bien qu’elle meilleure mémoire que sa cadelte, ne réussit que celle-ci à retenir des séries de mots.
Le procédé auquel un doit avoir recours pou deux séries d'expériences qui, quoique de apparente, sont contradicloires, consiste que donneraient des expériences intermédiai transition entreles deux extrèmes.
Le procédé est long, il exige quelque patience, le crois très sûr.
La différence entre les deux épreuves à eo tait principalement en ceci : dans un cas on prendre des vers, c'est-à-dire des mots qui
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