LA MESURE DE LA MÉMOIRE
mémoiretextuelle, littérale — dansl'autrecas on avait rendre des mots sans suite, dont l'ordre n'avait pas nce; d'autre part, l'étude de la pièce de vers était vie jusqu'à ce que celle-ci fût sue par cœur, tandis dans l'épreuve des mots, on se bornait à retenir tout ui restait d’une seule audition ou d'une lecture hätive. jomme type intermédiaire d'expérience, je choisis de de morceaux de prose facile, pris dans des romans, fis deux essais différents ; l'un consistait à lire à une à fois le morceau, puis à faire écrire de mémoire ce l'on se rappelait, l'autre consistait à faire faire l'étude li morceau de prose, comme si c'était une pièce de vers, c andant à ce qu'il fût appris littéralement par cœur. ne de suite le résultat que j'ai obtenu, Après une» udition, les deuxsœurs en écrivant de mémoire font ies qui sont sensiblement équivalentes; elles en isent exactement lo sens. Au contraire, lorsque demande d'apprendre le morceau par cœur, Mar= seule parvient à une reproduction à peu près tex- Armande, malgré ses efforts, substitue constampropres expressions à celles du texte.
Wais donner un exemple type de chacune des ces périences. Les deux expériences, pour ètre plus ables, portent sur des morceaux de prose ems au même roman, le délicieux Vico/es Nickleby ckens.
©type d'empérience. — Rédaction après une seule on. Le morceau que je lis aux deux jeunes filles est at ; avait fait sa Loilette, Newmans Noggs lui-même avait fait (ques frais. Son habit, qui ne s'élait jamais vu à pareille tait un ensemble de boutons presque complet, et les “qui faisaient l'office de reprises perdues, étaient Len rérment, I portail son chapeau d'un air coquet, ave,
, dans le fond de la forme ; seulement, ily en avait un Monné, qui pendait par derrière comme une queue, et dont
Le
È ls cercle autour d'un jeune homme auquel on 'après sa mine, deux ou trois ans de plus qu'l Nicolas, et nt s'être contenté des provocations dont nous tout à l'heure; il fallut qu'il eût poussé bien plus ation, car il m'avait plus à ses seulement, non loin de là, une de la tête d'un personnage inconnu, 4 de son un coin vis-à-vis, et qui avait tout l'air d'avoir été pre toouché par
terre par un coup de pied bien appliqué, l soufileté Pere avec les pantoufles, ri
lemps d'étude accordé est de 5 minutes ; les prévenus d'avance. Les sujets sont avertis t reproduire mot à mot, Chaeun est pris is
Reproduction de mémoire, écrite par Marguerite. or du café de l'hôtel était le théâtre du désordre et l'on.
rassemblé tout l'établissement, habitués et pq à deuxou trois cochers et valetsd'écurie. [ls formaient ur d'un jeune homme auquel on pouvai À pas con où 3 ans de plus qu'à Nicolas, il ne s'était pas 0 ë RUE Qi ML pe parler tout à RES .
eût poussé bien loin l'indignation, car il rer eR pieds que ses bas, et ses pantoulles se trouvaient non loin L hauteur de la tête d'un personnage couché tout dé son
t les mots à voix basse, selon son habitude. Elle | d'écrire les derniers mots du texte, parce qu'elle
s'en rappelait plus le mot à mot, mais seulement le.
Reproduction de mémoire, écrite par Armande.
du café de l'hôtel présentait le théâtre du désordre
s qui montreratoutau moins que ce problème est bien . J'ai remarqué, poudant que je donnais mes leçons es à ces deux jeunes filles, que Marguerite a plus oire littérale que sasœur.
leur donne souvent un exercice de littérature et de qui consiste à écrire de mémoire 3 ou 4 pages d'un auteur qu’elles doivent d'abord lire et étudier avec leur rédaction est d'ordinaire un résumé, dans elles doivent mettre seulementles idées essentielles e ; or, les rédactions de Marguerite sont constamplus longues, plus copieuses que celles d'Armande, et outre elles contiennent ua beaucoup plus grand aomde phrases et d'expressions littérales; elle est-portée oduire textuellement le mot ou la phrase, tandis” ade se contente d’endonner le sens général ; il en que la rédaction de Marguerite est précise, Landis celle d'Armande reste vague. J'en veux citer un exem- 6. Un des sujots de rédaction donnés tout récemment pour objet la lettre dans laquelle Mw de Sévigné à safille La mort de Turenne ; cetteleltre a 81 lignes e livre de Morceaux choisis publié par Colin (p. a rédaction d'Armande a 52 lignes de 6 mots, soit , celle de Marguerite 48 lignes de 9 mots, soit 405 Jé signale en passant qu’Armande a l'écriture plus moins serrée que celle de sa sœur, etaussi plus penplus exactement, l'écriture de Marguerite est tout à oite, et celle d'Armande est un peu penchée. Ainsi, pie de Marguerite est plus copieuse, elle est environ
ngue d'un quart.
our rendrecompte que La mémoirelittérale de Marguesupérieure à celle d'Armande, je découpe un pas= pris au hasard) dans la lettre do Mme de Sévigné, et. uis en dessous le passage correspondant dans la ction dés deux jeunes filles.
: — Vraiment, ma fille, je m'en vais bien encore vous par-