LA MESURE DE LA MÉMOIRE
nalurel, mème en supposant les deux jeunes filles douées de mémoire égale, que la copie de la première se rapprochät plus du modèle que celle de la seconde. Toutes les fois que les conditions précises d’un phénomène ne sont pas données — comme c’est iei le cas — ce n’est plus de lexpérimentation, ce n'est que de l'observation. Mais l’observalion a bien son prix. Voilà deux enfants qui certainement font de leur mieux pour satisfaire un professeur dont elles redoutent la sévérité. Quel que soit le temps qu'elles mettent à leur travail, ce temps leur paraît suffi- “sant.etelles sontsatisfaites du résultat qu'elles obtiennent; elles sont satisfaites, l'une de donner le sens général du morceau en laissant Lormber beaucoup de détails précis, autre de s’astreindre autant que possible à ce délail pré- “is. Ce n’est qu'une observation, soit, mais elle a une “valeur suggestive des plus neltes, et depuis que mon atention se porte sur ce point, je retrouve cette différence detype intellectuel non seulement dans beaucoup de rédac- Lions écrites, mais aussi dans les leçons orales d'histoire ét de géographie. Marguerite, très souvent, s'arrange jour savoir presque par cœur une leçon de géographie ont on ne lui demande cependant que de retenir le sens. mande n'emploie jamais la mémoire littérale, quand elle n’y est pas expressément forcée,
Le lecteur ne manquera pas de remarquer qu'il y a quelque analogie entre celte orientation de l'attention 5 la mémoire et l’orientation de l'attention des deux mes sujets pendant une description, Nous avons vu Marguerite, en décrivant, s'attache aussi à la lettre, -dire au caractère matériel de l’objet, tandis nande déerit plutôt sa signification et les idées qu’il le. Enfin, ce que donne pleine valeur aux obserprécédentes, c'est qu’elles se trouvent tout à fait d'avee des expériences, méthôdiques rappelées plus
LA MESURE DE LA Mi it pas à ce qu'Armande apprit 8 ‘vers dans un Le en apprend 16. | it que je poursuivisse celte longue série de # pour arriver enfin à ee que je crois étre la soluie. Cette solution est Ja suivante: Armande a unee moire qui, comme force plastique, n'est pas neltement | ble. que celle de Marguerite ; ce qui est plus faible, ‘elle, c'est le pouvoir d'attention volontaire. Je n’en- » k pue parler de sa bonne volonté el de son zèle, mais force d'attention volontaire au sens strict du mot. ion volontaire, ai-je dit plus haut, consisie à faire n’intéresse pas, ce qui rebule, ce qui exige un eeu-. ‘effort. Or, au point de vue dl l'attention volon- nos.expériences sur la mémoire se nt.en deux catégéries distinctes ; il y aeu, t, des épreuves où le sujet n'avait aucun effort à faire, passif, à l'état de réceptivité, mémoire ouverte; uvenirs qu'on lui proposait étaient assez intéressants, res lermes, pour éveiller son attention spontanée, … ion machinale et bète du badaud ; il en élait ainsi la mémoire des mots isolés ; chaque mot a un sens * pe l esprit et qui le fait maNEe on n’a point d'efre, puisque l'expérience estecaduits de telle sorte ‘a pas le loisir de répéter mentalement les mots. Il mème pour Les objets fixés sur le carton, et que doit retonir dans Le petit détail ;ces objets forment au pilloresque intéressant pour les yeux el quientre » t dans l'esprit ; il en est encore de mème pour it qu'on écputeet dont on se rappelle ensuite le sens, récit est écrit en style familier et rapporte des ntéressants, Point d'effort d'attention volontaire dans ces épreuves, du moins point d’eflort vigoureux el. e; aussi Armande est-elle à la hauteur de sa sœur: co trs catégorie d'expériences esl toute autre: il s’agit endre par cœur un Lexte ; il faut donc graver dans.
son esprit une foule de mots et de tournures rien d'intéressant pour le sujet, et qui, par exigent l'intervention de son attention rolostairé C plus de la mémoire spontanée, de la pure force pl aussi je comprends très bien que Marguerite, qui
grand pouvoir d'attention que sa sœur — des épre! j ciales nousl'ont montré — donneunrésultat bien supérieur.
Du moment où je me suis trouvé en possession, cette idéedirectrice, j'ai pu imaginer beaucoup d'expériens ces de mémoire dans lesquelles j'introduisais des dosesdit-« férentes d'attention volontaire, et d'avance j'étais capable de dire quel résultat j’obliendrais. Ainsi, j'ai faitreproduire aux deux sœurs des dessins qui n’ont aucun sens; leurs repro= ductions sont de valeur bien inégale : on devine que celles d'Armende sont les moins bonnes. J’en citerai quelques exemples que j'emprunte à une expérience du 27 octobre 41904. Chacun des modèles est laissé sous les yeux dusujel pendant 15 secondes; il le reproduit ensuite sur du papier quadrillé. Bien que je sois très embarrassé pour doser L& quantité des erreurs commises, il est évident que les" reproductions de Marguerite sont supérieures à celles d’Armande; cela se voit du premier coup d'œil.
Plusieurs mois auparavant, Le 25 août 1901, je leurfais apprendre une série de mots qui sont complèlement wides de sens pour elles, et qu'elles doivent reproduire lextuel® lement; c’est la phrase suivante: ou will not come torsee me to morrow, because 1 shall go tothe townwith my He dog. Deux minutes d'étude sont accordées. Marguerité écrit de mémoire 44 mots, bien qu’elle n’ait pas compris, Ja phrase, elle ne sait pas du tout l’anglais; Armande n'en, écrit que 9 ; de plus, Marguerite ne fait qu'une faute d'orthographe, et Armande en fait deux. Voici du reste leur reproduction: Marguerite : You will not cometos see ne Lo morrow because shall go Lo town. = Armande You will not come Le me murraw... go the.
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perçois cet objet, c’est me meltre à un point de vue sub- … jectif, c'est faire de l’introspection.
1] existe une expérience de psychologie où la distinction ie ces deux points de vue apparaîl très clairement, C’est une expérience de toucher. Je l'ai étudiée très longuement, ét puisen donner le détail, On pose sur le dos de notre -main deux pointes de compas, en dehors de notre vue, el nous demande : Combien de pointes? Voilà une ques- “ion qui paraît très précise ; non, elle est tout à lait équi- ; oque; ellea deux sens différents ; ou bien on veut deman- Combien de pointes existe-t-il en ce moment qui tou= nt votre peau ? on bien : combien de pointes distinctes, htéz-vous? Il ne faut pas croire que celte distinction Soit une subtilité ; elle est au contraire fort importante.
La première question porte ‘sur un fait objectif, visible älœil : le nombre de pointes qui piquent la peau; la de question porte au contraire sur un fait subjeclif : “ombre de pointes qu'on sent distinctement, Ce n'est Su tout la même chose. 11 ne faut pas croire que l'on et comme fait objectif tout simplement ce que l’on 1, et qu'il se fait une traduction littérale et servile du éctifen objectif; il ne faut pas croire que si on ne lislingue pas les deux pointes, on répondra nécessaire- Dbqu'il n’y en a qu'une. Les psychologes l'avaient eru, la fut cause d'une erreur qui a duré plus de cinqoante En réalité, voici ce qui se produit, Lorsque les les de compas sont suffisamment distantes, relalive-
à Ia finesse locale de la région, on sent les pointes nctes, et on affirme qu'il y a deux pointes : dans ces 3 le subjectif et l'objectif s'accordent ; mais si l'expéri= ateur rapproche graduellement ses pointes, alors il e que, pour un certain écartement, les pointes donnent impression de contact unique, mais ce contact es épais; à la lettre, le sujet ne sont qu'une pointe; s'il est intelligent et avisé, il se rend compte que ce
contact épais ne peut pas être pointeunique, car il sait que la se
que est plus fine ; interprétant sa qu'elle doit ètre produite par deux poi <onséquemment, il répond : deux po subjective et la réponse sur le fait obje pas: il y a une grande différence.
Il n'est pas douteux que certains esprits pour l’externospection, tandis que d'au par exemple, sont caractérisés par l'i intérieure : cette différence d'aptitude être très importante, et je suis heureux de m'est fournie de l’étudier ici. Mes deux tent assez exactement les deux types 0p dit de Marguerite qu'elle tient de l’obse maude qu'elle tient de l'imaginatif; c’est vrai, nuance près : on peut être un imagine À développement de vie extérieure ; Armandi appartenir à une catégorie spéciale d'imagi nation des subjectifs.
Comment ai-je été mis sur la voie de ce D'abord par beaucoup de petits faits. Jusqu' b descriptions du monde extérieur, nous avons | | précision de Marguerite, le soin avec lequel
compte de chaque chose, le clair regard qu'elle. | * Je matériel ; c’est Armande qui restait dans le dans le rot ses descriptions d'objets et du reste, dans leur existence de chaque jour, nent la preuve de celte différence d’aptitudes. | S'il s'agit d'un renseignement de monde ext | surtout à Marguerite qu'il faut s'adresser. Ile
autrement pour le monde invisible, c’est-à-dire, psychologique danslequel vil notre pensée. La d’un état de conscience est beaucoup mieux fl mande que par sa sœur. J'ai longtemps eu des e
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de ce failsans m'en apercevoir ; j’aidonné à chacune de mes leties environ 150 mots pour lesquels il fallait décrire phénomènes subtils d’idéation; dès le début, Margueile se montrait embarrassée, ennuyée, ou bien elle ne pondait pas exactement à mes questions, ou bien elle iSait une réponse très brève; elle qui est si abondantes détails quand il s’agit de décrire un objet qu'elle a sous yeux, a tout de suite fini quand on lui demande de lécrire uu état de conscience. L'introspection l'ennuie: et Lon prolonge un peu l'examen, elle se désole de ne pas avoir répondre. En relisant des notes prises il y adeux s, j'y trouve la trace de cet état d'inquiétude et d'énerment, qui se produit presque toujours chez Marguerite qu'on lui demande de l'introsg@ction; d'abord je met- A is cet embarras sur le compte d'un caprice, d'une dison particulière au moment mais je suis bien obligé nt d'admettre que Marguerite a peu d'aptitude à pection; elle est donc toute observation extérieure, dis que chez Armande il existe vraisemblablement une iéintérieure beaucoup plus intense.
si, nous devons ajouter un nouveau trail au portrait nous avons fait des deux sœurs; nous avons dit que emière appartient à la catégorie des imaginatifs. iste plusieurs types d'imaginatif : lous ne sont pas essairementdéveloppésdans le sensde la vie intérieure; peut être un imaginatif à imagination pitloresque, me Victor Hugo, et Théophile Guutier, où un imagiifde la vie intime et émotionnelle, comme Sully-Prume; il semble qu'Armande appartienne à cette der= ère calégorie.
Des documents plus précis vont nous permettre de préiser ce contraste.
Jetons un coup d'œil sur les 300 mots écrits au hasard le la pensée par Marguerite et par Armande. Presque tous ës mots écrits par Marguerile sont des noms d'objets
Jogues, ou une simple
Si ce n’est qu'une Soineidèneé, Relations gr e et Ms
thème d’un nombre infini de variations .
logie individuelle n’est pas encore in études.
Je signale les faits suivants :
4° L'écriture d'Armande devient irrég es tracée les yeux fermés ; celle de Marg coup moins modifiée par l'occlusion des rence est tout à fait évidente au seul &
Je moindre essai méthodique m'obligerail celle question plus d'importance qu'elle n'en exposé; |
2 L'orientation dans un endroit inconnu. J'ai très souvent que, dansune promenade en se rappelle mieux que sa sœur la direction départ, etse rend aussi mieux compte de la d points cardinaux. Je n'ai pris aucune note; celle observation très souvent;
3° L'orientation dans un endroit counu.
lettes habitent la campagne et ne vont qu’ semaine à Paris, qu'elles connaissent peu. Je derm’indiquer par écrit le chemin de la gare. à l'Opéra. La réponse de Marguerite est © indique un chemin par le Palais-Royal; Armai en roule, elle confond, comme position, la plac corde avec le Carrousel;
4° Dans beaucoup d'expériences, Margue tenlion sur l'ordre spatial des objets, et Ari gligé ; ainsi pour décrire les objets décorant les.
ns, «
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“quenous avons trouvée chez Armande et Marguerite (1). Armande est donc une subjectiviste, et Marguerile une robjectiviste. Rien dans les apparences ne révèle la diffé- “rence profonde de ces deux esprits ; les apparences sont même trompeuses. On pourrait croire qu'Armande, sub -jectiviste, aime l'isolement, la vie contemplative, et dédaigne les exercices du corps ; ce serait une erreur; elle est plus exubérante que sa sœur, se passionne pour l'exercice physique, aime la société et a de grands besoins de vie active. On pourrait croire encore qu’elle ferme les yeux au monde extérieur, et préfère les arts qui détournent des choses matérielles ; ce serait une seconde erreur: elle a des aptitudes incontestables pour le dessin, la peinture, la déclamation, et abandonne la musique à sa sœur. Comment expliquer ces contradietions ? C’est que n05 Sujets ne sont pas des Lypes idéaux, d’une perfection schématique ; ce sont des exemples concrets, mélangés. Il'est à peine besoin d’ajouter combien il serait intéressant d'étudier chez les adultes ot à l’état de perfection ces “ormes particulières du caractère qui s'ébauchent seulement chez nos fillettes. La tendance à vivre dans le monde extérieur, ou l'objectivisme, de même que la tendance à Serenfermer dans sa propre conscience, ou le subjectidisme, caractérisent des types mentaux bien différents, et ünt. donné lieu à des conséquences bien curieuses pour histoire psychologique de l'humanité.
{1} Doux auteurs italiens, MM. Ferrari et Guicciardi, ont étudié le pro- B par lequel des personnes se rendent comple de la longueur d'un alle de temps: et ils ont constulé vément de l'aiguille sur le cadra ps en termes d'espace, tandis que d'autres perçoi s'écoule. 1 faut ajouter que, daus l'expérience des auteurs italiens, un not une aiguille étaient présentés aux sujets, vue do cet ins
nt devait les encourager à se représenter visuellement la marche du Colle existence de deux typos de perception pour l'évaluation du pa és bien d’accard avec notre propre description,
Ce sont les subjectivistes, qui ont créé en philosophie l'idéalisme métaphysique; ce sont eux aussi qui, en se développant dans une autre direction, ont créé le mysticisme.
Lorsque je me His cette méth:
ma peine. J'ai fait pour des questions cherches sur des enfants d'école pri nem'ontpris que quelquessemaines ; seule ligne, parce que je trouve que l'an assez approfondie (1).
- Nou seulement il faut rejeter toute 6 dés anonymes, mais encore on doit pré riences que l’on peut faire sur des pe raclère et l'existence nous sont connus. Ni gie n'est pas encore assez avancée pour que droit de dédaigner toutes les sources de qui nous proviennent d’ailleurs que des général, dans les recherches les plus m qui ont été faites par exemple dans les Js mands, on à pris presque exclusivement pèce d'individus qu'on appelle des élèves d Ce sont, à beaucoup de points de vue, des tion ; mais en général on connaît mal leur cara Jectuel et moral, et on sait surtout que leur sée est une complaisance excessive pour le p | sera un jour leur examinateur. Sans rejeter ll ° qu'on peut faire sur des élèves de laboratoire, que lorsqu'on éludie des fonctions supéri s'adresser surtout à des personnes qu’on ment, à des parents, à des amis.
(4) J'aurais eu plaisir 4 contiauer encore mes expériences! fillettes si je ne m'étais pas aperçu que l’âgo a amené qu | ments dans leur caractère, Les portraits psychologiques d'elles sont devenus aujourd'hui moins réssemblants qu'ils: a trois ans ; et il me paraît probable que dans une disnine di tres changements plus importants encore se seront produit
, c’est la Misposition d'esprit que le sujet apporte à ence, ce que j'ai appelé plus haut son adaptation
le. Pour bien comprendre le sens des réponses, ile
ir dans quel esprit elles ont été faites, si Le sujet FA sérieux ou moqueur, s s'il a pris une allitude passive vou contrainte, ou critique; il serait à souhaiter que dans toute expérience de psychologie, l'attitude mentale du "sujet fût décrite avec soin.
. Il faut aussi non seulement répéter un grand nombre de une expérience sur la même personne pour bien com= e ce qu'on fait, mais encore analyser beaucoup tres expériences, un peu différentes, qui puissent les promières. Le résultat d'un seul genre d’exnces est souvent équivoque, car il prète à plusieurs lerprétations entre lesquelles on se trouve incapable de Gisir. Ainsi, dans le test des 20 mots à écrire, nous élabli des coefficients, et nous avons moniré que dé ces coefficients a un nom qui implique au moins hypothèse ; c'est par Je concours de plusieurs recher- ‘indépendantes qu'on peut arriver à l'interprétation “Tel résultat peut s'expliquer tout aussi bien par la lé de la pensée que par un défaut de réflexion ; tel peut provenir autant de l'esprit d'observation que ‘pauvrelé dans les idées. L'expérience unique et iso- Le équivoque: c'est l'accord de plusieurs recherches
lèles qui fixe l'interprétation juste.
s les détails accumulés dans les pages précédentes éront comment je comprends le rôle de l'introspecen pyschologie, et comment je crois qu'on pout applila méthode expérimentale à des phénomènes aussi complexes que ceux de l’idéation, Si on n'y regarde pas le près, on croira peul-ètre que, dans la plupart de mes expériences, comme loul se passe en conversations, la méthode ne diflère pas beaucoup des anciennes méthodes
CONCLUSION
ambition de Taine : connaître la faculté maîtresse de individu, et en déduire toute son organisation mentale. On se rappelle les tentatives si curieuses qu'il a faites pour dégager la facullé maïlresse d'un Shakespeare, ou | d'un Michelet. C'est très intéressant, au point de vue de “a critique lilléraire, mais ce n’est nullement de la psy- “chologie, au sens tout récent où nous prenons ce mol. “Taine, du reste, malgré la puissance de la pensée, n'est amais parvenu à saisir nellement la dif'érence entre le “scientifique el le littéraire; je me permets d'adresser | “celle critique à son œuvre si suggeslive el si attachante, | “sans manquer, je l'espère bien, à sa mémoire, pour laquelle “jar autant d'affection que d'admiration, «Il est vrai que nous avons eu plus d'une fois la ten- “lation de résumer le caractère intellecluel de nos deux eujels par un mot unique; mais aucune de ces tentatives” pu nous salisfaire pleinement ; aussitôt que nous ayions i un de ces mots-synthèses, un autre s'évoquait, qui primait une autre face des caractères à diagnostiquer, puis un troisième, et ainsi de suite, el aueun n'avait une ssCz grande pléoitude de sens pour embrasser l'ensemble. , Lour à tour, nous avons accepté el rejeté les mots bles de constance el variété, bon sens etcaprice, observation et imagination, vie intérieure et vie extérieure; parmi toutes ces formules, la plus vaste, la plus abstraite est peut-être celle-ci : stabilité, pour Marguerite, ot varia= fé pour Armande. À stabilité se rapportent les qualifions suivantes: esprit pratique, réfléchi, ordonné, conser= eur, équilibré, uniforme, sérieux, régulier, précis, etc. variabilité donne également un lien à une série de ualités opposées : esprit idéaliste, peu pratique, mobile, inal, iaventif, capricieux, etc. Il y a dans tout cela caucoup de vrai, mais ce sont des étiquettes el non des explications ; c’est un jeu littéraire plutôt que de la science. Pour trouver la clef de voùle de ces organisalions men-
pel
titudes, mais “aller demander un primitives de l'esprit; voilà ce qu'il dre : pour faire une bonne synthèse, thèse qui soit explicative. Mais alors,
difficultés on s'engage! Croit-on que no!
moderne soit capable de donner des caractères? Elle a déjà fort à faire de priétés mentales. Lorsqu'elle établit que € il existe une grande variation psychologi
là une tendance au changement, elle peut thétiquement à ce fait tangible beaucoup dl mais elle n’est sûre d'aucune. La tendanceaü peut provenir, dira-t-on, d'un caractère - volontaire, qui facilement change de di première ;explication, empruntée à la dance à la variation tient aussi, pourra-t-01 n priélés des images mentales; chez tel suji associations de contraste et de ressemh
l développées que les associations de conti ces premières associalions sontévocatrices È tandis que les secondes sont des forces et
| on s'explique que la prépondérance des pre à l'individu de l'instabilité mentale. Cette 8 cation fait donc intervenir, non la volonté, de l'intelligence proprement dite. D’après
| explication, la tendance à la variation état instable de la sensibilité et du tonus En suivant celle troisième hypolhèse, on" que les varialions ne dépendent point d'une faible d’une incoordination de l’altention, pas plus que du d'éveil des images, mais de ce fait élémentaire que se dégoûte vite de ce qui lui plait, s'ennuie de ce amusé, méprise ce qu'il a admiré, ou souffre de
te
a d'abord trouvé agréable. Voilà, ce me semble, la trinité d'explications pychologiquos qu'on peu tmettre en avant, “el'cela sans préjudice d'autres explications qui n'ont pas moins de vraisemblance que les trois précédentes, et qui feront intervenir la physiologie; par exemple, l’état do la ulation, les réactions des cellules nerveuses, l’histohimie de ces cellules, les phénomènes de désagrégalion physiologique, ete. etc.
» Suivant les préférences de chacun, tel cherchera son explication dans la volonté, tel dans l'intelligence, tel dans l'émotivité, tel dans les propriétés physiques de l’orfanisme. Quant à nous, nous refusons de choisir.
Mais ce qui nous semble hors de doute, c'est qu’il existe continuité mentale entre les modalités des fonctions ue nous avons explorées.
IC'est sur ce point décisif que nos recherches ont fait la ière; ot comme la question est d'importance, je me nets d'y insister un peu, en terminant ce livre,
-Une des causes qui, selon moi, ont arrèté dans ces deres aunées le développement de la psychologie indivile, c'est que les recherches les plus approfondies lon poursuivait dans ce domaine rencontraient ua ob 8 invincible. Taat qu'on se bornait à dresser des pro» mes, à proposer des expériences, on ne connaissait ce de difficulté, Il était aussi très facile d'imaginer des mentaux inédits, et de les appliquer sur une cenlaine ndividus, et de mettre ces résultats sous la forme de bles’et de graphiques. La littérature s'est enrichie, pennbces dernièresannées, de quelques articles de ce genre, uin'ont pas fait faire un grand pas à la science ; je rappéllerai en passant, comme Lype de cette littérature inutile, Hu arlicle qui a été publié sur « Lout ee qu'on peut faire M'expériences avec une tache d'encre ».
Les esprits sérieux n'ont pas lardé à comprendre que a psychologie individuelle doit être cullivée selon des
Er mit one relation entre le sonnes et la manière dont elles “encore, il faut chercher si, lorsqu'on à une mème personne, les résultats de présentent quelque rapport logique. Or, dans l'esprit que je viens d'indiquer n'on rageanls; et notamment, quandon a osur les mêmes individus, et qu’on a vo thèse, on n'a trouvé qu’incohérence, soit q lisés eussent été mal choisis, ou mal interprétés.
C’est sur ce point spécial que j'ai apoliqué : et j'ai la pleine conscience que l'étude que je toute nouvelle pour la psychologie. Profitant di j'avais à ma disposition, d'une mani [ sujets dont je connais la vie privée, j'ai tests avec la préoccupation de trouver un:
entre les faces de caractère que j'étudiais 8: et avec des tests différents. Ce lien existait patience je l'ai trouvé,
Voici en effet, àtitre d'exemple, quelque latations que nous avons pu faire sur nos sujels; résumé Lrès sommaire des conclusions aux expériences indépendantes nous ont amenés.
d'abord la liste des expériences, et ensuite les cone avec l'indication, par un numéro, des expérience: appuient.
LISTE DES PRINCIPALES EXPÉRIENCES. nn
1. Recherche des 20 mots. 5. Thème à développées 2. Suggestion par des mots. 6. Evocation de sou