‹ L'étude expeŕimentale de l'intelligence (volume 2)Chapitre 5 sur 19 · ÉE ET L'IMAGERIE VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

ÉE ET L'IMAGERIE VOLONTAIRE

age ne change pas, elle reste fixe et Mar- D Dies Hounée ques Jui parle de transformations n . Voici le dialogue, Elle choisit comme images présentation du jardin voisin et de ce qui s'y passe. —

a construction des T à côté?— D, Bien. — R.Le è sepromène dans le jardin et surveille ses ouvriers. pu! s tapisseries au fond. Mais ce n'est pas une scène qui peut changer beaucoup. Jo vois toujours la même chose. Un ouvrier qui tient une grande planche. Ur plus quoi dire. — D. Regarde Lon image. — ne change pas. — D. Veux-tu en prendre une. ] R. La foire de S...— Je ne vois pas ce que à : dire. Que veux-tu que je dise de plus? — D, Est lacée par autre chose? — R. Mais non (un peu . ), pas du tout. — D. Alors elle reste toujours —R. C'est plutôt dans les rèves que çachange.… quand an y pense, ça ne change pas beaucoup. — e me suis pas bien expliqué peut-être. En pensant comme la fête de S..., n'y a-t-il pas une une autre image qui vient la changer, l'effaplacer? — R. Non, pas du tout. — Enfin, de la comprends? — R. Qui, mais il n’y en a pas. — ‘en prendre une autre? — R. La promenade à Ury. Mais c’est difficile. Le pont de... — et dis-moi ce qui se passe dans ton esprit, — ie changer. eh bien, je vois le trolet, les:

ä vont et qui viennent. — D. Est-ce que ça — R. Mais c'est Loujours la mème chose... Jene s pourquoi lu me demandes ça... C’est toujours nebleau. »

ite exerce uneaction volontaire très forte ; mais en revanche ses images n'ont pas e ; ellesne changent poinl,tant que Margueent pas elle-même pour les modifier, i précède peut se résumer simplement en,

- disant que ce qu'il y a de plus développé chez Armande,

c'est l'imagerie spontanée,et chez Marguerite l'imagerie volontaire, Armande a la conscience très nette que lorsqu'elle pense, lorsqu'elle fait un travail deréflexion, ce travail peutse composer de deux parties, une partie image, qui a lieu involontairement, et une partie de réflexion, qui es Lout à fait son œuvre. Voici en effet comment elle trouve. les 20 mots à écrire dans une expérience que j'ai décrits longuement : « Je cherche et je vois des images qui dèlilent devant moi comme quand je n'ai rien à faire. Alors je vois une image, et je réfléchis que je peux prendre un mot qui s’y rapporte. Je vois un œil, et j'écris regard, Si je vois une forêt avec le ciel, un ensemble, j'écris, paysage, ol s’il y a de l’eau j'écris liquide — « D. Alors! l'opération se compose de deux parties — R... (interrom= pat). D'une partie qui m'apparaîit sans que je cherche et j'arrange ça avec des réflexions pour en tirer des mols.— D. De ces deux parties, y en a-t-il une qui est plus volontaire que l'autre ? — R. Mais il y en a une qui est invo= lontaire, puisque c'estmalgré moi que les imagesarrivent, L'autre est naturellement la plus volontaire. » J'aurais’ pensé qu’il en est de même pour les images audilives, el” qu’Armande pouvait bien entendre des paroles; commen cela arrive, par exemple, à Curel quand il compose (4), mais Armande m'a assuré qu’elle n’entend rien, que c'est

« elle qui parle pour ses images ».

Les explications données par Marguerite pour ses imas ges visuelles sont toutes différentes : elle a, dit-elle, pendant un travail intellectuel, des réflexions imagées (le mot est d'elle), mais ces images lui paraissent toujours volontaires : elle a conscience de les chercher, de les provoquer, elle n’est point étonnée de leur apparition, Sa personnalité psychique paraît donc plus cohérente, mieux

(1) Année psychologique, 1, p. 119, x

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