‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 114 sur 238 · LE PARASITE DE LA RAGE EST- IL UN PROTOZOAIRE · texte numérisé non relu

LE PARASITE DE LA RAGE EST- IL UN PROTOZOAIRE

que personne n'est parvenu à le cultiver, de même que beaucoup île protozoaires P

Comme oit le voit. l'argumentation de Heller repose sur une pétition de principe, à savoir que certaines figures, dans les corpuscules de Negri, représentent les formes visibles d'un microorganisme. Nous avons vu, au contraire, qu'il n'est pas possible d'admettre sein blablc interprétation de ces lésions, qui, jusqu'à un certain poinl. sont çependanl caractéristiques delà rage;

Là où se rencontrent les formations de Negri, se. trouve aussi le microorganisme de la rage, mais sous une forme invisible, ullramicroscopique : telle est l'explication que l'on doit donner de certaines expériences, notamment de celle d'Amalo. Cet auteur inocule, sous la dure-mère de plusieurs lapins, des fragments de corne d'Ammon riches en corpuscules de Negri, puis il sacrilie ces animaux à des intervalles variés. Il constate que les formations de Negri persistent au sein des fragments déposés à la surface du cerveau vivant, mais que les parties sous-jacenles de cflui rl "'<'" contiennent pas. tout en étant 'néanmoins virulentes. D'Amalo en lire celle conclusion (i3) que l(> microorganisme représenté par certaines formations de Negri offre dans son cycle évolutif plusieurs stades, dont une forme, très petite, commence l'infection.' interprétation défectueuse, pensons nous. Le corpuscule de Negri contenait les parasites, invisibles, du microorganisme, et ce sont eux qui oui infecté le cerveau sous-jacent, pour y reproduire plus lard les lésions corpusculaires décrites par le savant italien.

Heller, après avoir interprété ces formations comme des -manifestations de stades différents du parasite

ï'&b NATURE DU VJUCS RÀBIQUE

cherche à expliquer aussi les modifications dans la virulence de là rage par l'hypothèse de cycles évolutifs.

D'après lui, le parasite de cette infection aurail deux stades de développemenl : l'un, celui qui assure la perpétuité de la rage dans les conditions naturelles, c'est le virus des nies; l'autre, celui qui se développe à la suite de nombreux passages par le cerveau du lapin, c'est le virus fixe.

Eïeller n'hésite pas d'ailleurs à admettre pour le parasite de la rage une troisième inconnue, un refuge mystérieux dans la nature, puisque l'organisme du chien ne posséderait pas tout ce qui esl indispensable à la vie de ce mferoorganisme.

Nous avons déjà étudié celle question et montré (p. 2f\) (pic les expériences sur lescpielles s'appuie Heller n'autorisent pas semblable interprétation- Loin de perdre sa virulence en passant par l'organisme du chien, le virus des rues tend au contraire à l'exalter, en se transformant •en un virus fixé, tout comme après de nombreux passages par le cerveau des rongeurs. Nos recherches sur celle question oui démontré encore que la l'orme furieuse de la rage due à l'inoculation au chien d un virus des rues ne se perdait pas . mais se conservai! pendant un grand nombre de passages.

Nous avons suffisamment développé les raisons pour lesquelles on ne saurait voir dans les corpuscules de Negri le parasite de la rage.

Toul récemment, M. Manouelian1 s'est demandé si normalement certaines cellules en voie de dégénérescence ne présenteraient pas des formations internes

' Note sur l'existence des produits de dégénérescence cellulaire rappelant les corps de Negri. (C. B. Ac. Se. 24 février 1908.

LIS PARASITE DE LA RAGE KST-II. tJN PROTOZOAIRE? 231

rappelant les corps de Negri, Il s'est adressé à l'étude de la spermatogénèse chez le rat, le cobaye, le lapin, et voici les résultais de ses recherches :

« On sail que, lors de la transformation des spermics de la forme spermatide à la l'orme spermatozoïde, le reste du corps cellulaire ne prend pas part à celle transformation ; il est destiné à disparaître. On y observe alors des corpuscules très lins et pâles, qui deviennent de plus en plus volumineux et se colorenl mieux. Bientôt ces lobes protoplasmiquès eu train de dégénérer perdent la netteté de leur contour e-i linissenl par se détacher des spermatozoïdes. On les désigne alors sous le nom de corps résiduels. Ces corps sonl enveloppés d'une substance incolore el contiennent, parmi une masse homogène, une ou plusieurs sphérules qui. à leur tour, renferment de tout petits corpuscules. D'autres corps résiduels renferment parmi leur masse simplement de tins corpuscules.

Comme les corps de Negri , qui eux aussi sont entou rés par une masse incolore, ces corps se colorent en rouge par la méthode de Mann, quelquefois aussi en bleu. Comme ceux de Negri. dans la méthode à l'hématoxyline au 1er. ces corps se laissent décolorer liés difficilement, cl ils présentent comme ceux-ci une coloration brunâtre après la fixation au Flemming.

Le processus dégénératif se poursuivant toujours, chaque corps présente un grand nombre de dépressions à sa surface el des vacuoles dans son intérieur. Et comme en ce moment le syncytium serlolicu commence à se rétracter, lescorps résiduels, qui se trouvenl incorporés dans ce syncytium. sont entraînés vers la couche génératrice du tube séminifère. \insi phago-

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cytés, ils se colorent encore on ronge par [a méthode de Nl;mn- «m« "» grand nombre se cobrenl en rouge ou bl«a de pks en plus pâle. En ce tnomenl I acide < >sm kjuc les noircii plus complètement.

Enfin ces corps cessent à'ètm colôrabies par la méthode Mann. On peu! les colorer en unir par I acide osmïque* en même temps que d'autoes substances que le syncvlium élabore. La phagocytose de ces éléments es1 terminée.

Or les petites formes du déferai qui apparaissenl dans Le lobe protopbsmique des spermatides rappellent par Leur forme et les réactions histo-chimiques les corpuscules lins qu'on observe dans la rage des rues e1 surtout ceux que nous avons décrits clans la rage à virus fixe. Quant aux corps plus volumineux, ils rappellent ceux de Vgri dans la cage des rues. »

4. Le parasite de la rage est-il une bactérie? — Pour d'autres savants, le microbe rabique apparaît comme un microorganisme idtmmkroscopiq&e, voisin par conséquent de ceux de la péripneumonie. de la peste bovine, de la elavelée. de la peste aviaire, de la harse sickness, de la fièvre jaune, etc.. microbes qui tous ont une épaisseur leur permetlanl de traverser les bougies. De plus ces auteurs pensent que le parasite de la rage n'est pas un protozoaire, niais doit être rangé parmi les bac/éries. Voici les considérations principales qui leur permettent de défendre celte hypothèse.

Les protozoaires jïatnogènes connus sont limités à un

petil n bre d'espèces animales: le microbe de la

rage, au contraire, s'étend à un très grand nombre

il espèces, pour lesquelles il se montre pathogène,

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