INOCULATION SOUS -CUTANÉE
Inoculés à la lèle. dans le lissu cellulaire et avec d'assez fortes doses, les chiens ne prenaient pas la maladie, au contraire des lapins qui. inj-ectés dans les mêmes conditions, succombaient à la rage.
En pareil cas. chez le chien cl d'après les travaux de Helmau la rage éclate très rarement, les extré-
mités nerveuses n'ayant pas été touchées par le virus, et Je tissu adipeux n'étant pas un bon milieu d'absorption, ce cpii fait que les chiens gras présentent plus de résistance cpie les maigres à ce mode d'infection.
Sur huit chiens injectés sous la peau, chacun avec 1 ce. d'émulsion virulente, Hogvès a mi la rage éclater chez un seul. Vu contraire, les lapins succombaient ,à la maladie clans 7") p. 100 des cas. après l'inoculation sous-cutanée.
Helman attribue encore ces résultats à des différences anatomiques : les chiens ont entre la peau et les muscles un assez riche réseau graisseux; chez les lapins, les I issus sont tendus, manquent de graisse. Pour le chien, on peut donc dire que l'inoculation est faite récllcmenl dans le tissu cellulaire sous cutané, tandis que, chez le lapin, les muscles se trouvant ordinairement soulevés avec le pli de la peau peuvent être infectés par l'injection virulente; de plus, les tissus liés délicats du lapin sont lésés et parfois déchirés par le liquide injecté qui peut ainsi être absorbé par les filets nerveux.
En opérant chez le lapin, entre les deux veux, là où le lissu sous cutané esl le moins délicat, el où il n'existe pas de muscle peaucier, Helman réussit, de même que chez le chien, à inoculer sans danger pour l'animal une énmlsion virulente. Il semble donc que le virus ail besoin d'être mis assez rapidement au contact des Qlets
nerveux, sans quoi il demeure inoffensif pour l'animal, on même, comme nous le verrons pins loin, il peut lui conférer un certain degré d'immunité.
Remhnger (733) a éludié systématiquement l'action du virus fixe sur le chien : tandis que sur quarante-cinq animaux inoculés clans la chambre antérieure el même dans le nerf optique, trente- si \ ont pris la rage, un chien seulement sur cinq a succombé à l'inoculation dans les muscles de la nuque; enfin l'injection sous-cutanée est toujours demeurée sans effet.
Il est assez difficile d'établir la valeur absolue de tel mode d'inoculation virulente, surtout rbez les chiens. Ces animaux ont pu avoir été mordus par d'autres atteints de rage et ainsi immunisés contre elle.
Après avoir, nous aussi, constaté les insuccès partiels que donne chez le chien l'inoculation sous-cutanée, nous avons repris l'expérience sur des animaux nés au chenil.
Six chiens ont: ainsi reçu sous la peau, et dans les muscles de la ceinture abdominale, des quantités variant entre 2 et 20 ce. d'émulsion décimale virulente; la moitié, c'est-à-dire trois animaux, ont pris la rage, après une incubation d'environ un mois.
La fréquence avec Laquelle les chiens prennent la rage après l'inoculation sous-cutanée de virus rabique est donc variable suivant la race des animaux, et suivant les séries. En fixant à /|0 p. tOO les réussites par ce mode d'inoculation, il nous semble qu'on reste plutôt au-dessous de la vérité.
Les petits rongeurs, le rat, la souris , prennent avecune fréquence variable, la rage à La suite d'injection sous-cutanée du virus. D'après Remlinger (727). ils
ABSORPTION PAR LES MUQUEUSES i;>
contractent la maladie une fois sur deux, après une incubation de douze jours (virus fixe). La forme paralytique est précédée, chez la souris, d'une conjonctivite séreuse; la mort survient an quatorzième jour '.
Des recherches personnelles nous ont donné pour la souris nne proportion moins élevée de réussites ; enlaçante-quatre souris ont reçu, sous la peau de la patte et dans les muscles, des doses variant de 0,10 à o,5o ce. d'une émulsion de virus fixe à i : 5. Sur ce nombre huit seulement ont pris la rage, ce qui donne 18 p. 100 de réussites.
r>. Absorption par les muqueuses. — L'absorption par les muqueuses' est très aléatoire ; la piluitaire seule parait constituer une surface propre à l'infection rabique. C'est ainsi que Remlinger (726) a pu donner la rage à quatre jeunes lapins sur six et à trois lapins adultes sur six en déposant, avec les plus grandes précautions, sur la pituitaire, du virus rabique fixe. Les résultats ont toujours été négatifs avec un nombre égal de lapins jeunes ou vieux que l'expérimentateur essayait d'infecter par la muqueuse conjonctivale.
Beaucoup de facteurs, tous mal connus, entrent en jeu dans l'absorption par les muqueuses, ce qui explique suis doute le désaccord qui règne suc celle
question entre les savants qui l'on! traitée expérimentalement. .1 priori, il semble bien qu'une muqueuse saine doive se comporter à ce point de vue comme le revèlc- .ment épilhélial de la peau, et on ne peut expliquer que par des lésions de la conjonctive les faits anciennement relatés par Galtier, qui avait vu la rage éclater chez le lapin onze fois sur quinze après le dépôt de matière
virulente sur La pitùitaire, el trois fois sur dix après la souillure tic la conjonctive, faits confirmés par Conte.
Bien qu'il soit impossible d'affirmer l'innocuité des souillures de la muqueuse oculaire par le virus rabique, L'infection par celle voie doit être très rare. Est-il besoin de rappeler combien de fois il est arrivé aux travailleurs de recevoir dans l'œil un jet d'émulsion virulente?
Les autres muqueuses sont-elles plus propres à servir de porte d'entrée au virus rabique ?
Galtier préparc une émulsion de bulbe rabique dans un corps gras et pratique avec elle des ouclions sur la muqueuse génienne : sur Irentc lapins ainsi traités, quatre prennent la rage. Dans une autre expérience, le même auteur donne la maladie, dans la moitié des cas. ;'i des animaux infectés par la muqueuse respiratoire. Enfin, sur trente essais d'infection par la muqueuse urogénitale, Galtier obtient trois résultais positifs.
La conclusion, c'est qu'il semble qu'une eflraction très légère de l'épithélium soit indispensable pour qu'il y ait infection expérimentale par les muqueuses, ce qui s'accorde bien avec les notions écologiques. Pace (635) ne cite- 1- il pas l'observation d'un individu qui, pour prouver à ses amis que son chien n'avait pas la rage, se fit introduire le plus profondément possible dans le nez L'extrémité pointue de La langue de l'animal : un mois plus tard il succombai! à la rage, vérifiée par l'inoculation. 11 n'est pas douteux que la langue ait lésé la muqueuse pitùitaire.
Galli-Valerio el Yera Salomon (786) onl montré qu'il suffit de traumatiser Légèrement La pitùitaire avec un tampon de coton imprégné d'émulsion virulente pour infecler à coup sûr les animaux.