DESTRUCTION AU CONTACT DES HUMEURS DE L'ORGANISME
contre la rage tics injections préventives avec du virus rabique affaibli par l'action du suc stomacal.
En [892, Centanni a repris la méthode italienne: il a soumis un cerveau contenant le virus fixe à une digestion artificielle à la température de 87° cl a cous taté qu'après douze heures la virulence étail seulement atténuée, les animaux prenant la rage au boni de six semaines; une digestion de vingt heures assurai! la «les truction totale du virus.
On pouvait donc à volonté préparer des virus pins ou moins atténués , et il s'agissail bien, en l'espèce, d'une vraie atténuation, puisque les animaux inoculés en série présentaient toujours la même incubation prolongée.
Babes et Talasescu ont repris ces recherches en utilisant le suc gastrique d'un chien à fistule stomacale. Ils mélangenl 1 gr. de moelle rabique avec :h) ce. de suc gastrique; après quatre à cinq heures de séjour, à l'étuve à •><)". le virus aurait perdu tout pouvoir pathogène.
Vallée (886). Lesieur (5o4) ont étudié l'action exercée sur le virus rabique par la bile d'animaux normaux et enragés.
Franzius avait pensé que la bile des animaux rabiquejs était capable de neutraliser le virus; pour cet auteur, il s'agissait d'un véritable pouvoir antimicrobien acquis., puisque la bile des animaux sains, mélangée au virus et inoculée dans les même conditions, n'entrave nul lemenl l'évolution de la rage..
\ allée, reprenant les expériences de Franzius, arrive à des conclusions tout à fait opposées. D'après lui, la bile des lapins morts de rage ne renferme pas d'anti-
m ACTION DES ÏTDME0BS
toxine rabique mais elle joue à l'égard du virus m le rôled™ antiseptique énergique, puisqu'il
suffit de son contacl pendanl quelques bistante avec un vo umo eKal de bile pour détruire la virulence d'une dll*tlon bulbaire. I ne émulsion de cerveau rabique dans de Ja bile d animal enragé ne tue pas les animaux, non plus que dans eelle d'un lapin normal; mais il esl impossible de donner la moindre immunité avec la bile Salomon! est arrivé à des conclusions analogues.
Lesieur opère avec un mélange de virus rabique fixe et de bile d'animaux divers, normaux el rabiques (moù ton, homme, chien), ou bien de sels biliaires (glycocholate et taurocholate). L'inoculation était faite dans lœil du lapin, en raison de la grande toxicité de la bile quand elle est introduite dans 1rs centres nerveux.
L'auteur a vu ainsi, comme Vallée, que la bile, même celle d'animaux normaux, neutralise in vitro le virus rabique. et qu'il en est de même des sels biliaires en solutions de concentration semblable à celle de la bile. Les animaux qui ont résisté n'ont acquis aucune immunité.
Application des données précédentes à la destruction du virus rabique sur les parties infectées. — La longue durée de l'incubation dans la rage a depuis longtemps lait songer à la possibilité de détruire sur place le virus rabique. On supposait qu'il devail rester vivant dans la morsure, où on pourrait l'atteindre et le détruire avant qu'il n'ait infecté le blessé. De là l'emploi des lavages à l'eau chaude, des
agents destructeurs, le feu, le fer rouge, des caustiques chimiques.
APPLICATION 1)KS DONNÉES PRÉCÉDENTES 1 :i l
E \ pér imen la I em en l , pourrait-oD se foire une idée précise de la valeur de ces différents procédés, si souvent cl si généreusement employés?
Heiman inocule du virus rabique dans la queue chez des chiens et des lapins, puis il fait la section de cet appendice. Il trouve ainsi qu'à la condition de pratiquer cette opération sanglante dans les douze heures qui suivent l'injection, on peut préserver les animaux contre 1 infection rabique, preuve que le a! rus a séjourné au moins ce temps-là au lieu de l'inoculation.
Bômbici et Calabrese opèrent différemment : ils injectent le virus rabique dans la chambre antérieure de l'œil chez des lapins, puis 'pratiquent l'extirpation du globe oculaire. Les animaux survivent si elle a été faite dans les vingt-quatre heures qui suivent l'injection virulente; après vingt-quatre et trente-six heures, une partie seulement des animaux échappe à l'infection; la trente sixième heure passée, ils succombent tous à la rage.
Le virus resterait donc au moins un jour el demi au point où il a été déposé. Mais les recherches de Pasteur, Galtier, Babes, ont montré qu'il pouvait cul tiver avec plus de rapidité que ces expériences ne semblent l'indiquer.
Pasteur résèque l'oreille chez le lapin, après avoir piqué la pointe avec (lu virus fixe; il trouve que s'il attend au delà de quinze minutes pour pratiquer l'ablation de l'oreille, il voit la plupart des lapins succomber à la rage.
Galtier opère sur des chiens, qu'il peut encore protégé Contre la maladie trente minutes et même deux heures après l'infection.
lfa CAUTÉRISATIONS
Babes procède autrement : il fait à dix chiens et à quinze lapins des blessures graves do La face, qu'il •souille ensuite avec du virus fixe! Chez huil chiens el chez treize lapins, il pratique alors des cautérisations profondes au thermocautère, à des temps variables. Les quatre témoins succombenl à la rage entre le qua torzième *t le vingt et unième jour. Des chiens caulé risés, trois seulement restent en vie. ceux qui l'avaienl •Hé dix-sept, vingt-cinq minutes et vingt-quatre heures après l'infection* des lapins, quatre échappent à la rage, ceux traités par le fer rouge, cinq, dix et vingt minutes après l'infection. Les autres animaux succombèrent à là maladie; leurs blessures avaient été cautérisées entre dix minutes et .vingt-quatre heures après avoir été souillées par le virus rabique.
De ces expériences on ne saurait donc rien conclure louchant l'efficacité des cautérisations, puisqu'on voit des animaux prendre la rage malgré la précocité (cinq minutes) du traitement et d'autres résister bien qu'il ait été appliqué seulement à la vingt-quatrième heure.
Trop de facteurs interviennent dans la gravité d'une plaie souillée par le virus rabique. ainsi que dans la dissémination de celui-ci, pour qu'il soit possible d'établir aucune règle dans le traitement de semblables blessures.
Est-ce. à dire qu'il soit inutile? Nous ne le pensons pas; s'il est des cas de morsure, malheureusement trop fréquents, où le virus, au lieu de cultiver lentement le long des filets nerveux, parvient rapidement aux centres, peut-être par les voies lymphatique ou sanguine, il faut, pratiquement . compter aussi avec les blessures dans lesquelles s'attarde le virus rahique. que