FIXATION SUR LE VIRUS R. DE LA SUBSTANCE IMMUNISANTE
sur le virus de la sensibilisatrice, entraînée ensuite par les lavages.
Si, au contraire, on répète la même expérience avec un mélange de sérum antirabique et de cerveau de lapin neuf, ou peut, en faisant a^ir ensuite ce sérum sur une émulsion virulente, se convaincre qu'il n'a rien perdu de ses propriétés neutralisantes.
Voici ces expériences :
MÉLANGÉS
ANIMAUX
RESULTATS
1 ce. V. F. 1 p. 100 -j- 1 ce. sérum
1 ce. Y. F. 1 p. 100 + 2 ce. eau, après extraction du liquide surna-
l ce. V. F. 1 p. 100 + 1 ce. sérum
1 ce. V. F. 1 p. 100 + 1 ce. sérum traité par cerveau normal. . . .
Cobaye noir Lapin n° 20 Lapin n° î8
OC
R. 8e jour R. 9« jour
OC
Donc, pour instable qu'elle soit, celle fixation de la substance spécifique du sérum sur le virus fixe est bien fonction chi microbe rabique et ne paraît pas dépendre des éléments nerveux au sein desquels il a cultivé; puisqu'une émulsion de cerveau neuf de lapin ne parvient pas à dépouiller le sérum de la substance immunisante qu'il contient.
Nous verrons plus tard l'importance de cette propriété fixatrice de la sensibilisatrice sur le \irus rabique, et qu'elle joue un rôle considérable dans l'immunisation des animaux par les mélanges virus sérum.
Nous avons vu que normalement certains oiseaux, la poule, par exemple, peut donner un sérum doué de
188 ACTION Ull SÉRUM SANGUIN SUU LE VIRUS RABIQUE
propriétés antirabiques. Par contre, il est impossible de développer celles-ci chez d'autres oiseaux : on peul traiter un pigeon par les injections sous cutanées ou intrapé ritonéales les plus copieuses de virus fixe sans fair apparaître le moindre pouvoir rabicide dans son sérum. Nous avons inoculé de la sorte différents oiseaux sans obtenir aucun résultat : quatre pigeons notamment onl reçu, dans l'espace de vingt-cinq jours, une douzaine d'injections de cerveau virulenl dans le péritoine : leur sérum s'esi constamment montré dénué de toute activité aussi bien vis-à-vis du virus des rues que du virus fixe. C'est à une conclusion analogue qu'a bon tissent les recherches de Kraus et Maresch, qui n'ont pu reconnaître la présence de propriétés antirabiques dans le sérum de pigeons à la suite d'un traitement prolongé par des injections virulentes très épaisses.
A quelle, époque apparaît dans le sang- des mammifères la substance immunisante antirabique:1 Si. à l'étal normal, ceux-ci paraissent bien ne jamais donner de sérum actif, en est-il de même au cours de l'infection, et la rareté de la virulence du sang ne tiendraitelle pas en partie à ce crue, chez les animaux rabiques. l'organisme se défend contre l'infection en produisant une substance immunisante, de même que chez les typbiques on voit apparaître, en signe d'une réaction de défense, des agglul inities spécifiques dans le sérum?
Pour le savoir, nous avons recueilli le sang de nom breux lapins inoculés avec le virus fixe, et cela à toutes les périodes de l'infection depuis le jour de la trépana lion. Charpie fois une double expérience était faite avec le sérum de l'animal : une partie, i ce. était inoculée dans le cerveau d'un lapin, pour savoir si le
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sang- était virulenl ; une autre partie était mélangée en proportions varices avec L'émulsion centésimale de virus fixe. Ornons n'avons jamais constaté, au cours de nos 1res nombreux essais, la moindre propriété aeutralisante dans le sérum des lapins infectés par le virus.
Si le sérum des animaux rabiques ne contient jamais d'anticorps, peut-être en cxisle-l-il dans le tissu nerveux, là où prolifère le virus, les réactions de défense devant, semble^t-.il, s'exercer au siège même de la culture du microorganisme pathogène el de la production de ses poisons.
Recueillons chez un lapin rabique la totalité du sang, puis enlevons l'encéphale et la moelle. Après avoir été broyés soigneusement, ces organes sont émulsionnés dans cinquante parties d'eau physiologique, et filtrés sur papier ainsi qu'à travers une bougie Chamberland, après vingt-quatre heures de séjour de -la macération à la glacière.
Une quantité déterminée de ce filtrat esl mélangée avec son volume d'une émulsion virulente centésimale. Après un contact cle quarante-huit heures au frais, le mélange est inoculé clans le cerveau : d'ordinaire les animaux prennent la rage. Toutefois nous avons Observé des cas où ils présentaient une survie plus on moins longue.
Le sérum de l'animal (fui avait fourni le cerveau cl la moelle n'exerçait par -contre, aucune action neutralisante sur le virus.
Peut-on conclure à la présence d'une substance immunisante dans les cerveaux rabiques, analogue à la suhslance vaccinale supposée par Pasteur? Nos expé
190 ACTION DU SÉRUM SANOUB1 SUK LE VIKI S RABIQUE
rien ces sont trop peu nombreuses et devraient être reprises, après avoir déterminé d'abord combien de temps peut se conserver la virulence d'un volume connu d'émulsion rabique préparée dans l'eau physiologique.
Il n'est pas douteux que si nous possédions la culluxe m vitro du microbe de la rage, non seulement la préparation d'un sérum antirabique serait facilitée, mais celui-ci serait plus actif et sans doute doué d'autres propriétés: il ne faut pas oublier, en effet, que la présence de la substance nerveuse doit modifier les propriétés du sérum antirabique.
Si l'on (4n) cherche à appliquer le procédé Bordefr Gengou au virus rabique, on constate qu'en préparant un mélange de sérum antirabique et d'extrait de bulbe virulent, on peut fixer l'alexine jusqu'à un certain degré; mais cette fixation n'a rien de spécifique, car elle se produit identiquement lorsqu'au lieu de moelle rabique ou se sert, de moelle normale.
D'autre part, si au lieu de sérum antirabique on ajoute à de l'extrait bulbaire du sérum neuf du même animal, il ne se produit plus trace de fixation de la cytase.