‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 95 sur 238 · Immunisation de la cellule nerveuse · texte numérisé non relu

Immunisation de la cellule nerveuse

L'étude de la vaccination et des propriétés antirabiques des humeurs chez les animaux immunisés soulève une question très intéressante dans le problème général de l'immunité : la cellule sensible à l'action d'un virus spécifique pour elle, en l'espèce la cellule nerveuse, est-elle susceptible d'être vaccinée contre lui. ou bien conserve -t -elle, après comme avant l'immunisation.

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sa sensibilité originelle, ainsi que cela se passe dans l'immunité anti toxique ?

Celle-ci va nous servir d'exemple.

"L'affinité de la cellule nerveuse est considérable pour le poison tétanique : pour donner le tétanos cérébral à un animal aussi peu sensible que le lapin, il suffit de lui injecter dans le cerveau une quantité de toxine cent Pois inférieure à celle qui lui donnerait un tétanos léger par inoculation intramusculaire.

En outre, on a pu s'assurer que l'immunisation active pas plus que l'immunisation passive ne paraît intéresser les cellules de l'encéphale. Ainsi, chez, les animaux inoculés sous la peau avec des quantités considérables de sérum antitétanique, le cerveau réagira à des doses aussi faibles de toxine que celui des témoins; chez les lapins activement immunisés, et donl les humeurs charrienl de aombreuses unités antitoxiques, la cellule cérébrale n'aura rien perdu de son affinité pour le poison du tétanos.

En esl-il de même dans la vaccination antirabique; ou bien, au contraire, la cellule cérébrale participe t-elle à l'immunisation?

Nous savons déjà qu'il existe des animaux naturellement réfraclaires à la rage; on peut introduire dans leur encéphale autant de virus rabique qu'il peut en contenir, sans parvenir à infecter l'organisme. Chez le pigeon. Kraus (^3) a retrouvé dans le cerveau le virus rabique qu'il avait injecté douze et même vingttrois jours auparavant. Il peut s'y conserver ainsi sans provoquer le moindre trouble nerveux chez l'oiseau.

De même nous n'avons jamais réussi à donner de paralysie rabique en inoculant dans l'encéphale des

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pigeons âgés soit Le virus fixe, soi! le virus des rues Voici donc un exemple d'état normalement réfractaird de la cellule nerveuse à la rage.

Chez les mammifères, la résistance naturelle du cerveau à l'infection rabique es! excessivemenl rare; cependant plusieurs observations en onl été rapportées.

Hôgyès a vu des chiens résister à la trépanation] Rémlinger (722) cite aussi le cas d'un lapin neuf qui résista à trois injections virulentes sous la dure-mère.

La vaccination antirabique, qui permel aux animamj de subir sans danger une épreuve intraoculaire avec le virus fixe ou le virus des rues, ne les met pas toujours en état de supporter une trépanation. Pour pouvoir introduire impunément le virus rabique sous la dure mère, il faut que l'immunisation ait été poursuivie pendant très longtemps.

Or. chez tous les mammifères sans exception qud nous avons vus résister à l'injection intracérébrale du virus, le sérum était doué d'un pouvoir antirabique notable, et l'on peut se demander si celte inoculalion d'épreuve, en provoquant au sein de l'encéphale un afflux leucocytaire, n'aurait pas simplement pour' résultat d'amener la rencontre du virus avec les plia gocytes accoutumés par la vaccination à le digérer, ainsi qu'avec la substance immunisante dé\erséc par eux dans les humeurs qui baignent les élémenls cellulaires cérébraux.

Dans cette hypothèse, il ne s'agirait pas vraimenj d'une immunité de la cellule sensible, niais celle ci resterait protégée contre l'action du \irus par les mêmes agents de défense que s'il avait été inoculé loin dul ce rveau.

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