REPRÉSENTATION GRAPHIQUE
Nous avons vu les avantages de la notation en dévia-tions proportionnelles des données anthropométriques, ainsi que leur intérêt pour l'appréciation des formes corporelles. .
MM. Jean DELAY et Paul NEVEU ont schématisé les résultats obtenus par des procédés graphiques qui permettent d'envisager d’un seul coup d'œil les similitudes et les différences de structure, facilitant ainsi la recherche de leur liaison avec les facteurs constitutionnels psychotiques ou endocrinologiques.
Les schémas utilisés par ces auteurs sont de deux types : analytique et synthétique. Les uns mettent en évidence des caractères isolés d’un ensemble complexe, les autres groupent un certain nombre de ces caractères pour exprimer la structure globale du sujet examiné.
1°. — Les profils analytiques.
Ils sont figurés selon un procédé graphique analogue à celui que RossoLIMo a imaginé pour les profils psy-
“Ur
chologiques. Ce sont des schémas représentatifs construits en portant sur des abscisses équidistantes, correspondant au caractère envisagé, la déviation en plus ou en moins du degré 0 figuré par un axe médian. En joignant les divers points obtenus on obtient un graphique dont l’aspect significatif est reconnu par une lecture rapide. £ pe
Voici les groupements de caractère étudiés : profii vertical, profil transverse, profil antéro-postérieur, profil des périmètres, profil des rapports anthropométriques. -
Le profil vertical indique des proportions entre les segments verticaux, les hauteurs et lès distances selon qu'il s’agit du tronc, du membre inférieur ou du membre supérieur. Sa lecture permet d'apprécier, par l'inclinaison du profil, le rapport du buste à la stature (indice skélique de MANOUVRIER), les rapports des trois étages du tronc (thoracique, thoraco-abdominal, abdominal) et de la hauteur du bassin, enfin les rapports des divers segments du membre inférieur et du membre supérieur, la prédominance d’un segment rhizomélique, intermédiaire ou acromélique apparaissant immédiatement.
Le profil transverse, figurant les diamètres bi-acromial, thoracique, hypocondriaque, bi-iliaque et bi-trochantérien, représente la forme en quelque sorte caricaturale du contour du tronc.
Sa lecture apporte des données endocrinologiques importantes car on sait la signification qui s'attache à la variation des diamètres bi-acromial, bi-trochantérien et, pensons-nous, bi-iliaque.
Le profil antéro-postérieur qui figure les diamètres thoraciques hypocondriaques et pelviens, exprime également l'allure de l'épaisseur du tronc.
Le profil des périmètres au lieu d'exprimer comme les précédents des mesurations sur des points osseux, donne une appréciation de l’état des parties molles, en particulier de la musculature et .de l’adiposité dont la
répartition est ainsi schématisée par la grosseur relative du cou, du thorax, de la taille, de la cuisse, de la jambe, du bras et de l’avant-bras. Les mêmes types de profil caractérisent des types similaires d’adiposités pathologiques qui apparaissent sans netteté à l'examen direct.
Le profil des rapports anthropométriques donne une image de leurs rapports respectifs et une appréciation assez juste, étant donnée la notation employée, de leurs différences. Il met en évidence la concordance ou la discordance de rapports anthropométriques de signification endocrinologique voisine, par exemple le rapport bi-trochantérien tibial
et le rapport bi-acromial fémoral
II°. — Zes profils synthétiques.
C'est un mode figuratif originai mis au point par MM. Jean DELAY et Paul NEVEU qui l’adoptèrent après avoir abandonné les autres modes classiques en coordonnées cartésiennes ou polaires. La théorie de ce procédé graphique est déduite de celle des déviations proportionnelles. La réalisation.en est très simple : à partir d’ordonnées correspondant aux valeurs relatives des étages et segments du normotype, on porte en abscisses, les déviations proportionnelles des diamètres transverses, antéro-postérieures (ou ie double de périmètre) et des hauteurs ou distances en figurant leur somme algébrique. Le chiffre obtenu est la déviation cubique du segment considéré. Une table permet la transformation de ce chiffre en pourcentage du segment du normotype. L’aire comprise entre les axes d’abscisses figure approximativement l'importance respective des déviations des volumes.
La lecture de ce profil donne au premier coup d’œil une vue d'ensemble de l’hyperplasie ou de l’hypoplasie des divers segments selon qu’ils se trouvent à droite ou
07 er
à gauche de l’axe vertical correspondant au degré 0. L'importance relative de la variation des divers segments est indiquée par celle des aires correspondant à ces segments.
Cette variation est d’ailleurs chiffrée en regard de : sa figuration. La lecture de ce profil met également en évidence la valeur relative des proportions transverses antéro-postérieures et des hauteurs. *°* à
En somme à un premier examen, nous voyons qu’il existe des types hyper-plasiques et hypo-piasiques correspondant, semble-t-il, à la classification en deux types, pycnique et leptosome. Mais les procédés que nous avons exposés permettent une appréciation beaucoup plus nuancée des structures corporelles.
Les classifications jusqu'ici proposées se fondent généralement sur un nombre très restreint de facteurs. C’est pourquoi elles ne définissent qu’un petit nombre de combinaisons qui étaient, semble-t-il, contenues à l'origine dans la manière dont le problème était posé. C’est ainsi que, si l’on considère la stature seule, il est évident que l’on observera des individus grands et petits, si l’on considère les seuls diamètres, on aboutira à des types larges et étroits ou ronds et plats. Mais si l’on associe un nombre assez grand de ces caractères, le nombre des combinaisons possible devient considérable. Il est alors possible de mettre en évidence non pas des types hypothétiques qui pourraient exister, mais ceux dont l'observation expérimentale prouve l’existence.