SCENE XL
Les Mêmes, LOUISE , entrant par le fond.
LOUISE, aa ourant essoufflée et le cceur gros. Mou papa ! mon papa!
DUPRÉ , Las à Ferdinand. Chut! c’est Louise... nous en reparlerons quand elle ne sera plus là.
LOUISE, apercevant Ferdinand et d'un air froid. Ah ! vous voilà, monsieur! c’est heureux. ( Regardant autour d'elle.) Vous étiez seul ici?
Ferdinand. J arrive avec monsieur votre père.
Louise, de. même. C’est bien! {A part.) Elle est partie! (Bas à Ferdinand. ) Plus tard ? quand mon père n’y sera pas, nous nous expliquerons là-dcssus.
FERDINAND, plus étonné. Comment?
LOUISE, appu > ant. Et sur d’autres choses que j’ai vues ici...
FERDIN AND, suivant scs regards et voyant les gants sur le bureau, D’autres choses?., ah ! je devine... ces gants que vous avez trouvés..,
LOUISE, soupirant , à elle-même . Si je n’avais trouvé que ça...
Ferdinand. C’est une cliente qui est venue...
LOUISE. C’est possible!., les clientes, c’est très-commoae pour les avocats...
dupré. Oui... c'est comme les malades pour les médecins.
LOUISE, d’un air composé. Mais vous en avez qui prennent un bien vif intérêt à tout ce qui vous touche, monsieur... qui sont fort curieuses, fort indiscrètes!
dupré. Bah !
FERDINAND. Que voulez-vous dire ?
LOUISE , à son père. Que tout-à-l'heurc cet homme qui vous a apporté de l’argent, vous n’avez pas eu le dos tourné qu’il s’est approche de M. Moquette.
dupré, à Ferdinand. Mon premier commis, un garçon intelligent.
LOUISE. Et lui a fait des questions sur notre jeune locataire du cinquième.
Ferdinand. Sur moi?
LOUISE. S’il sortait souvent ? s’il rentrait tard? s’il recevait beaucoup de visites?
Quelles personnes il fréquentait?
Ferdinand. Par exemple !
dupré. Qu’est-ce que ça lui fait?
LOUISE. M. Moquette a cru que c’était un espion.
dupré. Cela en a tout l’air.
Louise. Il l’avait déjà saisi au collet et allait lui faire un» mauvais parti...
DUPRÉ, à Ferdinand. C’est qu’il est fort comme un Turc, Moquette!
lolise. Lorsque cet homme lui a avoué que c’était sa maîtresse qui l’avait chargé de prendre ces renscignemens.
Ferdinand. Sa maîtresse!
dupré, se récriant. Sa maîtresse !
LOUISE, toute en larmes , à Ferdinand, Oui, une grande dame !
dupré, d part. Là ! je l’avais deviné.
LOUISE, pleurant plus foH. C’est elle qui a fait payer vos loyers, c’est elle qui vous a envoyé tous ces cadeaux , c’est elle qui vous a fait suivre, surveiller en secret.
Ferdinand. Mais...
Louise, rivement. Ne le niez pas... j’étais là... j’ai tout entendu.
dupré, à part. C’est quelque vieille femme qui se ruine pour lui... et qui en est jalouse!., une marquise italienne...
elles n’en font jamais d’autres.
LOUISE, s’essuyant les yeux. Et maintenant, monsieur, parlez.... justifiez-vous si vous pouvez. Quelle est cette dame? d’où la connaissez-vous ? Je -veux tout savoir, d’abord .
Ferdinand, hors de lui. J’en deviendrai fou... c’est un complot! une infâme calomnie pour me perdre, pour m’en lever Louise!
mais je saurai confondre... ( Comme frappe d'une idée subite.) Ab! attendez ! quel trait de lumière... (Courant à Louise.) Cet homme a-t-il affirmé qu’il venait pour moi, pour M. Ferdinand ? m’a-t-il nommé?
Louise. Non! il a dit le jeune homme du cinquième.
Ferdinand, rivement. Je l’aurais parié...
c’est pour Corbineau.
dupré. Pour Corbineau?
LOUISE. Pour M. Corbineau?
Ferdinand. J’en suis sûr, maintenant.
(A part.) Celle blonde dont il me parlait ce matin! cette folle qu’il a ensorcelée.
{Haut.) C’est Corbineau, vous dis-je, et les questions, les loyers, les cadeaux, tout est pour lui.
Louise. Il serait vrai?
dupré. Ca n’est pas possible.
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