SCENE XII
Les Mêmes, CORBINEAU, entrant en chantant :
Quand on sait aimer et plaire, etc.
FERDINAND, à Corbincau qui entre. Hé!
arrive donc...
DL'PRÉ, regardant Corbincau. Je ne croirai jamais qu’un physique pareil puisse valoir ce prix-là ! c’est exorbitant.
corbineau. Tu étais impatient! sois tranquille, nous ne coucherons pas dans la rue. {Narguant Dupré.) Nous avons un appartement, mon cher.
Ferdinand. Il ne s’agit pas...
cobbinf.au. Et un appartement un peu soipnc! pas au cinquième! pas de mansardes’! un hôtel magnifique, où nous aurons un entresol charmant.
FERDINAND. 11 faut d’abord...
CORBINEAU. C’est un monsieur très-obhgeant qui me l’a indiqué... cent cinquante francs de loyer.
FERDINAND. Niais...
CORBINEAU. Salon , salle à manger, deux chambres à coucher, cabinet avec des déeapemens, office, salle de bain...
FERDINAND. Es-tu fou ?.. cent cinquante
corbineau. Oui... mais il sera meublé!
on est en train.
DUPRÉ , se récriant. Oh .
CORBINEAU , le regardant arec malice. 11 parait que les loyers tombent beaucoup.
FERDINAND , impatiente. Va-l en au diable ! .... z
CORBINEAU. Je 1 ai arrête.
FERDINAND, en culire. Je n’en veux pas.
CORBINEAU. Eb bien 1 je le garde pour
moi. . . A .
FERDINAND , arec ironie. Oui... ça ira
bien avec le reste. ,
CORBINEAU, étonné. Quoi donc... quel
FERDINAND. Eh parbleu!... tout ce que l’on t’a apporté, et ce qui depuis un quart d'heure me fait tourner la tête , ce neccssaire-ci , une pendule, une montre , que
ois-je ? . ,
CORBINEAU , arec l'oie. Comincnt . une aonirc! elle s’y est donc mise, Dorolhcc, lein!.. quand je te le disais... Voila ce lue j’appelle une femme !
LOUISE, à son pire, Nous l entendez...
FERDINAND , à Ou pré . Là !..
DUTRÉ, étonné. Jenepeux pas en revenir CORBINEAU , cuurant d'un objet à l autre.
Tu ne voulais pas me croire ! les blondes sont très-sensibles. Pauvre femme ’
Dieu ! quelle richesse , quelle élégance !..
Créature céleste, et celte montre {la mettant) , toujours là sur mon sein une
chaîne d’or : je porterai toujours les tiennes.. enchanteresse!...
FERDINAND, à üupré. J’espère que vous ne doutez plus...
LOUISE , mec joie. V ous voyez que ce n’est pas pour lui , qu’il était innocent...
dupré. Je suis pétrifié.
CORBINEAU , se carrant et mettant les mains aux entournures de son gilet. Voilà, mon cher Dupré , voilà ce que c’est que d’être aimable! {A Ferdinand .) Tu verras que le cabriolet viendra aussi , et alors tu ne m’éclabousseras plus dans ta calèche...
dupré et LOUISE. Sa calèche!..
CORBINEAU. Ou celle de sa maîtresse...
c’est 1a même chose... une femme charmante qui l’adore !..
dupré et LOUISE. Sa maîtresse !
FERDIN AND , à demi-voix , à Corbincau.
Te tairas-lu ?.. devant mon beau-père et ma prétendue?
corbineau. Sa prétendue !
FERDINAND , regardant Louise. Dieu !...
elle pâlit!
DUPRÉ, effrayé. Elle va se trouver mal, il ne me manquait plus que ça !..
corbineau, la soutenant Sa prétendue .
il fallait donc m’en prévenir. {A Dupré.) Ce que j’en disais , c’était pour le vanter, pour le faire valoir... parce que cette autre dame... la calèche. ( Bas à F erdinand .J Je vais la prendre sur mon compte, qu’estce que ça me fait? {Haut.) La calèche...
C’est moi qu’elle aime...
DUPRÉ. Celle-là aussi...
corbineau. Corameune folle. (yT Louise.) Oui, mademoiselle Louise, c’est une passion qui est à moi seul, qui m’appartient , je vous le prouverai... (Aux autres.) Cela lui fait du bien... elle revient...^ Dupré.) Un peu d’eau de Cologne , là , dans cette chambre...
DUpnÉ. J’y cours...
(Il va pour entrer; lady Wilton paraît.)
SCEÎNE XIII.
Les Mêmes, LADY WILTON.
dupré , surpris, jette un cri Ab !