‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 16 sur 30 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

pupré achevant de poser une draperie j Louise assise h droite et achevant de coudre uo lideaudc mousseline.)

DUPRE, LOUISE.

DUPRÉ , regardant ce qu’il vient de faire.

Si on ne donnait pas soi-mème le coup d’ceil du maître, ces gens-là n’ont rien d’artiste... ça ne fera jamais que des tapissiers et pas antre chose. ( S'approchant de Louise .) Eh bien! qu’est-ce que lu faislà?.. tu pleures!

LOUISE. Non, mon père.

dupré. Parbleu! je le vois bien... et ce n’est pas pour cela que je t’ai amenée avec moi...

Ara : Dr sommeiller encor, ma chère.

C’est ponr travailler sans relâche,

C’est le remède en pareil cas !

Par amour, j’ai doublé la tâche ;

Car c’cst le travail ici-bas Qni nous fait oublier, ma chère ,

Nos ennuis, nos chagrins, nos maux.

( Avec un soupir. )

Aussi va! du temps de ta mère,

J* u’ai pas pris an instant de repos.

Je travaillais! ah! c’est elle qui est

cause de ma fortune. ( Regardant Poivrage que tient Louise.) Eh bien ! ce rideau n’est pas même commencé?

LOUISE. C’est que vous avez beau dire , mon père, je suis sure qu’il m’aime.

dupré. Et qui donc?

LOUISE. M. Ferdinand.

dupré. Encore lui !... Je ne veux plus y penser.

LOUISE. Ni moi non plus.... mais si cependant il n’était pas coupable?

DUPRÉ. Pas coupable... quand on trouve une femme enfermée chez lui !

LOUISE. Mais alors convenez que c’est bien mal. . . que c’est indigne !

dupré. Je suis de ton avis.

Louise. Et qu’après un trait pareil il faut détester tous les hommes.

dupré. Certainement. . . excepté ton père, et le mari que je te destine, ma notabilité.

LOUISE. Quoi ! vous pouvez déjà penser à un nouveau gendre?

dupré. Dis donc à l’ancien... comme par bonheur, je n’avais pas retire ma parole.... il est inutile de lui dire maintenant qu’il y a eu un laps daiu notre

L’ÊTÜDIANT et la grande dame.

fidélité ; j'irai le voir aujourd’hui eu sortant de cet hôtel. (Regardant autour Je lui.) Voilà l’entresol terminé, sauf les petits rideaux à mettre dans ce boudoir... cela te regarde; je monte au premier, surveiller mes commis, parce qu’il y a là, un salon à se faire une réputation... une tenture en velours blanc.

LOUISE. Quel est donc le propriétaire de ce bel hôtel ?

dithé. Une mylady, qui est arrivée depuis hier dosa campagne d’Auteuil... une grande dame une parente de l'ambas-

sadeur d’Angleterre.

looisf. . Est-elle jolie?

DUPRÉ. Je ne l’ai pas encore vue, mais jC l'ai entendue , car elle sonnait ce matin à briser tous mes cordons, qui sont beaux, mais pas trop solides. . . elle attendait une lettre qui n’arrivait pas. Du reste, je n’ai eu affaire qu’à son intendant, un galant homme qui aime le grandiose, et je tâcherai que tout soit dans ses goûts!., tout, jusqu’au mémoire.

LOUISE. Est-ce que mylady habite ce côté de l’hôtel ?

duprê. Du tout, il est préparé pour des amis à qui elle l’a loué et qui doivent même l’occuper dès ce soir ; ainsi dépêchetoi.

Air : Hardi coureur ( da Lorgnon).

Va, mon enfant!

Et dans l'instant

Reprends l'ouvrage

Avec courage.

LOCISB.

Je ne salirais...

A mes regrets

Comment m'arracher dusorrnuîs !

(Pleurant.)

Je ne pourrai supporter mon malheur.

DliFRB.

Dans le commerce il faut qu'on se retranche

Et les tournions, et les peines du ctrur ;

Car, pour pleurer, on nu que ic dimanche.

ENSEMBLE

Borna.

Va, mon enfant !

Et dans l'iustant

Reprends l’ouvrage

Avec courage.

Plus de regrets!

Je ne saurais

Te les pardonner désormais.

LOCISB.

Que de tournions!

Ah ! je le sens,

Je perds l'espoir et le courage ;

A mes regrets

Je ne saurais

H&u! ta arracher désormais.

(Elle entre dans le cabinet à gauche.)

dupré , lui parlant toujours. Et pense à ce que tu fais ; on a bien vite perdu une aune de mousseline à douze francs , qu’il faut faire payer vingt-quatre, pour s’y retrouver, et ça ne m’arrange pas, car je n’y gagne rien. ( Prenant des papiers sur la table.) Voyons, où sont mes dessins et mes échantillons !

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