‹ L'étudiant et la grande dameChapitre 15 sur 28 · DUPRÉ, LOUISE · texte numérisé non relu

DUPRÉ, LOUISE

DUPRÉ, regardant ce qu'il vient défaire. Si on ne donnait pas soi-même le coup d'ceil du maître, ces gens-là n'ont rien d'artiste... ça ne fera jamais que des tapissiers et pas autre chose. (S' approchant de Louise.) Eh bien I qu'est-ce que tu faislà?. . tu pleures î

LOUISE. Non, mon père.

DUPRÉ. Parbleu! je le vois bien... et ce n'est pas pour cela que je t'ai amenée avec moi...

À» : De sommeiller encor, ma chère.

^esî pour travailler sans relâche , C'est le remède en pareil cas J Par amour, j'ai doublé la tâche ; Car c'est le travail ici-bas Qui nous fait oublier, ma chère , Nos ennuis, nos chagrins, nos maux.

(Avec un soupir. )

Aussi va ! du temps de ta mère, Je n'ai pas pris un instant de repos.

Je travaillais ! ah I c'est elle qui est

cause de ma fortune. (Regardant l'ouvrage que tient Louise. ) Eh bien ! ce rideau n'est pas même commencé?

LOUISE. C'est que vous avez beau dire , mon père, je suis sure qu'il m'aime.

DUPRÉ. Et qui donc?

LOUISE. M. Ferdinand.

dupré. Encore lui I... Je ne veux plus y penser.

LOUISE. Ni moi non plus.... mais si cependant il n'était pas coupable ?

DUPRÉ. Pas coupable... quand on trouve une femme enfermée chez lui !

LOUISE. Mais alors convenez que c'est bien mal. . . que c'est indigne î

dupré. Je suis de ton avis.

LOUISE. Et qu'après un trait pareil il faut détester tous les hommes.

DUPRÉ. Certainement. . . excepté ton père, et le mari que j# te destine, ma notabilité.

LOUISE. Quoi ! vous pouvez déjà penser à un nouveau gendre ?

dupré. Dis donc à l'ancien... comme par bonheur, je n'avais pas retiré ma parole.... il est inutile de lui dire maintenant qu'il y a eu un laps dans notre

L'ÉTUDIANT ET LA (iKAJNDE DAME

fidélité ; j'irai le voir aujourd'hui en tant de cet hôtel. (Regardant autour dé lui.) Voilà l'entresol terminé, sauf les petits rideaux à mettre dans ce boudoir... cela te regarde; je monte au premier, surveiller mes commis , parce qu'il y a là , un salon à se faire une réputation... une tenture en velours blanc.

LOUISE. Quel est donc le propriétaire de ce bel hôtel ?

DUPRÉ. Une mylady, qui est arrivée depuis hier de sa campagne d'Auteuil... une grande dame une parente de l'ambassadeur d'Angleterre.

LOUISE. Est-elle jolie?

dupré. Je ne l'ai pas encore vue, mais je l'ai entendue, car elle sonnait ce matin à briser tous mes cordons, qui sont beaux, mais pas trop solides. . . elle attendait une lettre qui n'arrivait pas. Du reste, je n'ai eu affaire qu'à son intendant , un galant homme qui aime le grandiose, et je tâcherai que tout soit dans ses goûts!., tout, jusqu'au mémoire.

louise. Est-ce que mylady habite ce côté de l'hôtel ?

DUPRÉ. Du tout, il est préparé pour des amis à qui elle l'a loué et qui doivent même l'occuper dès ce soir ; ainsi dépêchetoi.

Air : Hardi coureur ( du Lorgnon) .

Va, mon enfant!

Et dans l'instant Reprends l'ouvrage Avec courage.

LOUISK.

Je nesaumis...

A mes regrets Comment m'avracher désormais !

{Pleurant.)

Je ne pourrai supporter mou malheur.

DUPRli.

Dans le commerce il faut qu'on se retranche Et les tourmens, et les peines «lu cœur ; Car, pour pleurer, on n'a que le dimanche.

EN SEMBLE

DUPRE.

Va, mon enfant !

Et dans l'instant

Reprends l'ouvrage

Avec courage.

Plus de regrets !

Je ne saurais

Te les pardonner désormais.

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