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CHAPITRE PREMIER

Délinition.

Qu'csl-cc qu'un ciiiiiloyû? A quel raii^ coniiuciice, ou ûiiil l'employé?

S'il fallait adup-

les idées polidc 1830 , assc des enijiloyés coni|)reu drait 'e concierge d'un niinislcrc et ne s'airêtcrail pas au minislic. M. de Coimeniu semble affirmer que le roi des Français était un employé à douze millions d'appointements , destiluable ù coups de pavé dans la rue par le Peuple , et à coups de vote par la Chambre.

Toute la niacbine puliii(iue se trouverait ainsi comprise entre les trois cents francs de traitement des cantonniers ou des gardes champêtres et les douze cents francs du juge de paix ; entre les douze cents francs du concieigc et les douze millions de la Liste Civile. Sur celte échelle de chiffres seraient groupés les p;)uvoirs cl les devoirs, les mauvais et les bons trailemcnls, ciiQu toutes les considérations.

Voilà le beau idéal d'une Société qui ne croit plus qu'à l'argent et qui n'existe que par des lois fiscales et pénales. Mais la haute moralité des principes politiques de celle Physio-

logie ne permet pas d'admclire une pareille doctrine. M. de Cormenin est tui homme de cœur et d'esprit mais un très-mauvais politique, et celte l'hysiulogie ne lui pardonne ses pamphlets qu'à cause du bien imuieuse qu'ils ont fait: n'ont-ils pas prouvé que

rien n'est plus incivil qu'une liste civile?

La meilleure définition de l'employé serait donc celle-ci :

Un homme qui pour vivre a besoin de son traitement et qui n'est i)as libre de quitter sa place, ne sachant faire autre chose que paperasser !

La question n'csl-elle pas ■~ soudainement illuminée? Cette délinilion cx|ilique les plus douteuses combinaisons de l'homme et d'une place.

U'aprés celte glose, ua emjiluyé duil élre un homme qui écrit, assis dans un bureau. Le bureau est la coque de rem|)loyé. Tas d'employé sans bureau , pas de bureau sans employé. Ainsi le douanier est, dans la matière bureaucratique , un être neutre. Il est à moitié soldat , à moitié employé ; il est sur les confins des bureaux et des armes , comme sur les fronlières: ni loul à fait soldat, ni tout à fait employé.

Où cesse remployé? Question grave!

niBLiOTiiKQur poun rire.

Un préfet est-il un cmployéî Celle rli\siologie ne le pense pas. 1" AXlOMi:. — Où finit l'employé, comincnco l'Iinninic d'Élat.

Ci'iiciulaiit il y a pou iriiomnics d'Élat parmi les piéfils. Concluons de ces subtiles disliiiciions que le préfet est un neutre de l'ordre supérieur. Il est entre l'honiuie d'État et l'employé, comme le douanier se trouve entre le ci\il et le militaire.

Continuons ii débrouiller ■ . s liantes questions. Ceci ne )(iit-il passe fonnnler par un axiome?

2" AXIOME. — Au-dessus de\ingt mille francs d'appoiiiloments, il n'y a plus d'employés.

1" conoLLAiRE. — L'bomme d'Liat se déclare dans la sjibère des traiictnenis supérieurs,

2' conoLLAiRE. — Les directeurs généraux peuvent Olrc des faonimes d'Étal.

Peut-être esl-cc dans ce sei!s que plus d'un député se dit : — C'est un bel état que d'être

directeur général !

Quatre directeurs généraux fonl la monnaie d'un niinislrc.

Ainsi l'employé finit inclusivement au chef de division. Voici donc la question bien posée , il n'existe plus aucune incerlilude, l'employé qui pouvait paraître indéfinissable est défini.

Être employé, c'est servir le gouvernement. Or, tous ceux qui se servent du gouvernement l'em ploient au lieu d'être ses employés. Ces habiles mécaniciens sont des Lonunes d'Élat.

DansTinlérèt de la langue française et de l'Académie, nous ferons observer que, si le chef de bureau est encore un employé, le chef de division doit être un bureaucrate. Les Bureaux apprécieront celte nuance pleine de délicatesse.

Un juge étant inamovible et n'ayant pas un traitement en harmonie avec son ouviage, ne saurait être compris dans la claise des employés.

Cessons de définir ! Pour parodier le fameux mot de Louis XVIII, posons cet axiome.

5' AXIOME. — A côté du besoin de définir se trouve le danger de s'embrouiller.

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