CHAPITRE VI
Xie Bourgeo!* artiste.
Il existe encore plusieurs variétés de Bourgeois non moins tristes que la première. L'amateur qui prétend s'y connaître est certainement une des plus curieuses mais aussi une des plus désolantes de l'espèce. C'est une plaie devenue incurable , l'ennui de tous les instants, un cauchemar perpétuel et insupportable. Les charges, et les plus mauvaises, ne sauraient les atteindre ; elles glissent sur eux comme les balles sur le dos du crocodile , ils sont invulnérables et bons à rien.
Les artistes ont vainement appelé 5 leur aide les moyens les plus doux et les plus énergiques, rien n'a pu les faire déguerpir ; on a essayé de les rendre utiles, sinon agréables; on les a chargés de commissions , ils s'en acquittaient si mal qu'il a fallu immédiate- , meut y renoncer ; on les a fait poser , ils ne pouvaient rester en place; on les envoyait au diable, ils ne bougeaient pas.
Celui qui s'érige en protecteur est d'une digestion beaucoup moins facile encore, c'est le nec plus ullrlt de la sottise, de rinipcrlinence et de l'inutilité. Il tranche du grand seigneur , ne parle pas français et vous répond : Mon cher, quand vous êtes assez bon pour l'appeler Monsieur. Il donne à dîner, aime à recevoir, possède des chevaux et des équipages, et n'achète pas de tableaiu. Madame, assez insignifiante, ne parle pas, ce qui la fait passer aux yeux de certains convives pour une femme d'esprit. C'est tout bonnement la fille d'un gros boucher du carreau des Halles qui va aux bals de la préfecture, comme attachée à la garde nationale en la personne de son mari, chef de bataillon audit corps.
Le commaudiuit possède de beaux tableaux, des sculptures, un