SCR PLACE ET A DOMICILE
Nota. I.cs dames sont pri!vcnucs qu'elles seront servies par des liommcs.
il y aurait émeute ; il ne se trouverait pas une compagnie assez hardie
pour assurer les carreaux
, '/ftça. •^^ et les robinets de l'élablis-
^^^ .f^^- - •'^^âÊm%t ~y sèment.
^ M. le préfet de police
[ — - recevrait dans la journée dix mille lettres anonymes par lesquelles on lui demanderait de faire mettre immédiatement le cadenas sur les robinets éhontés.
Il n'y aurait pas une
épouse de sergent de ville
assez eiccntriquc pour se mettre en tête de la caravane des
baigneuses.
Eh bien, ce qui n'est pas de mode intra-muros, ce qui paraî-
trait un attentat aux mœurs de l'enceinte continue, est une cliosp toute naturelle, d'un usage familier, d'une pratique normale sur le littoral maritime.
Sous prétexte que l'eau de l'Océan ou de la Manche est salée et que les baigneuses pourraient en boire , il s'est établi une classe amphibie dont le mandat est d'empêcher les dames de se livrera ce genre de libation.
Le bain de mer est desservi par des hommes, et jamais un mari n'a songé à se plaindre au maire de Dieppe ou à celui du Havre de voir emporter sa moitié dans les flots. Au contraire le mari parisien, à peine arrivé aux eaux de mer,
se met en quête pour trouver un baigneur à sa guise, ou plutôt à la guise de sa femme.
Jamais conseil de révision n'a été aussi sévère dans ses examens pour l'adoption ou le rejet d'un conscrit.
Le baigneur qui sollicite la pratique d'un nouvel arrivé se présente presque toujours dans le costume natif, qui atteste que la Providence lui a donné mission de passer sa vie dans l'onde.
Quand le choix est fait, le mari achète une table des marées, qu'il apprend par cœur; .^w-m-^rx)
et chaque jour il avertit son épouse, afin qu'elle soit exacte.
Le mari remet sa femme au marin , et monte sur une falaise ou sur une simple roche à fleur d'eau ;
il suit son épouse de
l'œil , et votjs l'entendez dire:
— Maître Jacques , serrez bien ma femme.
— Ma bonne amie , mets les bras autour du cou de maîlre Pierre...
laisse-toi aller... laisse-loi aller... Et comme il pourrait bien arriver qu'un moderne comte Ory se substituât aux fonctions du baigneur, et que, sous les yeux du chef de la communauté , il se procurât un tête-à-tête nautique, nous engageons nos contemporains à se faire les baigneurs de leurs moitiés, à moins qu'ils n'aiment mieux persuader à leurs compagnes... qu'une poignée de sel de cuisine dans une baignoire-Vigier produit exactement le même en"et d'hygiène que les caresses des flots de la Manche.
Autrefois on avait fait une école de natation d'hiver dans une des chaudières de la pompe à feu du Gros-Caillou. Personne ne s'y est noyé, mais on a trouvé deux nageurs cuits....
Pourquoi les Bains-Chinois ou les Néoihermes-Chantereine ne feraient-ils pas une concurrence à l'Océan î
Alors on lirait sur les omnibus : « On va pour six sous aux bains de mer. »
Ppril. . ■ Typ. (iaiUf^t, rue Gît-Ie-Cxor, 7.
FI.N DU VOYAOKO»^