CHAPITRE III
Pensées et aphorismei.
a Parisienne n'aime pas ; elle choisit.
— Les fautes d'orthographe des femmes do Paris ne ressemblent pas h celles des feiiinics de la province.
— Les femmes de province ont la politesse de manières , celles de Paris ont la politesse de l'espiit.
— On aime une Parisienne pour f ses défauts, une provinciale pour
ses qualités.
"* — Ce qui serait une naïveté dans
la bouche d'une provinciale devient un bon mot dans la bouche d'une Parisienne.
— La simplicité vient du cœnr; la na'ivcté de l'esprit : voilà pourquoi il n'est pas rare de rencontrer des Parisiennes na'ives, même parmi les plus coipiettes.
— Avec une Parisienne on trouve toujours des paroles pour exprimer ses sentiments, alors même qu'on est le plus timide des hommes. C'est qu'auprès d'elle le cœur ne parle jamais trop haut pour empêcher de s'entendre.
La provinciale allie la dévotion à l'amour; la Parisienne opte.
— Les femmes de Paris ressemblent au voyageur revenu ; les femmes de province au voyageur (|ni n'est point parti : les unes ont l'expérience, les autres rinnocence.
— La provinciale laisse échapper son secret ; la Parisienne le confie.
— Les amours de province laissent un remords ; celles de Paris, un ennui.
— La Parisienne est amoureuse sans amour; elle aime sans être amoureuse.
LA PAUISIENNE.
— (>e qu'une l'arisienue ngrcttc le plus , c'est de ii'éirc pas née lioinnie.
— Souvent l'anirurr naît à (juaraiitc ans chez une Parisienne. C'est l'àjjc (III aiilrcl'iiis venait la clrvolioii.
— La femme ilf l'aris, comme l'enfant païen , devrait Oire placée sous l'invocation de quatre divinités : la piiissanee , l'ainour, la fortune, la iiécesMté. Ille passe en elfet sa vie à conuuaiider , à obéir, il désirer, à poursuivre.
— I.ais trahit .Xiisiiiipe pour Oiogénc : ce caprice est encore celui de la plupart île leuinies de l'aris.
— La Parisienne n'est jalouse que lorsqu'elle cesse d'aimer.
— Klle a |iour h,d)itu(le
de faire peser sur l'aniaiit du présent tous les ennuis qui lui sont venus des amants passi's. tlle comprend l'aniour coiiiine une vengeance.
— l ne l'aiisienne trompe un iiuiuiiK' |)ar un feint attachement , |)ourvu qu'elle n'en ait pas d'ailleurs un véritable.
— L'histoire do la vie d'une Parisienne est toujours l'histoire de son esprit , Jamais colle de son ca'ur.
— Kn province , ce sont les passions qui poussent la femme vers recueil; àPaiis, t'est la roiiuetteric.
— (;'est par faiblesse (lu'unc |)rovincialc renonce h se venger; c'est par paresse (lu'iiue Parisienne ne se venge point
— Comme il n'y a pas de douleur au fond des plaisirs que l'on goùie avec une Parisienne, il n'y a pas non plus de charmes dans ks souffrances qui viennoiii d'elle.
— Les feinmes de l'aris écrivent des billets; enpro- JX-^ vince seuluneui lesaniou- y/,''''' rcux s'adres^'. ni des le tires.
— C'est en vain qu'une Parisienne cherche à s'égarer dans les hautes régions du sentiment ; ou ne voit jamais le jeu libre de ses ailes, et on n'en entend |)aj le bruit.
— A Paris c'est toujours la position de l'amant qui fait l'amour de la maîtresse.
— Quand une femme de province reçoit une lettre de son amant, elle la cache danssun sein : la Parisienne la renferme dans sa poche.
— Si une Parisienne se moque d'un homme , c'est qu'elle est sur le point de l'ainier.
— Kn fait de scmiinent, les femmes de Paris ne sont pas plus fortes qu'une romance.
— I. 'amour 5 Paris n'es; que de la curiosité; il lui faut à chaque instant de nouveaux aliments.
— Les femmes de Paris ne médisent plus ; elles ila quent.
— Même dans les moments de la plus grande intimité , les amants parisiens sont séparés par une in\isilile barrière : on n'éprouve jamais le bonheur d'être un et de se sentir deux.
— Kn province ou dit le premier baiser ; ;t Paris , la première nuit.
— La plupart des mariages à Paris sont des jeux de hasard où il y a toujours un fripon et une dupe.
— Les Parisiennes jouent à l'amour avec des dés pipés.
— En province, le grand triomphe de la passion est de rem-
porter sur les préjugés dans le ae." des femmes ; à Paris , sa plus dilHcilo victoire i si de dominer l'intéici.
— Le regard des femmes de Paris est loiijums s;iii iluel , ira''? jamais tendre : elles savent faire passer l'inlcUigeucc dans leurs yeux , mais non le ccrur.
— A trente ans, la Parisienne n'emploie le regard que dans les circonstances décisi\es; elle ne se sert plus (|ue du sourire ; on dirait (pi'elle voit a\ec les lèvres.
--La pi ovine iale pardonne, la Parisienno oublie,
— Les femmes de province se passionnent aiwii volontiers pour l'iiicoiinu. A l'aris il faut toujours se faire coiuprendie.
— Il y a certaines coquettes à Paris qui ressemblent beaucoup à (les fats.
— Jupiter sortant des bras de Vénus retournait plus amoureux vers Junon. La beauté ne sudit pas pour ailacher ; il faut encore l'expérience. Les Parisiennes en ont beaucou|>.
— La science des Parisiennes est autant dans ce qu'elles ignorent (pie dans ce (pi'elles savent.
— Une Parisienne dit plus finement les choses qu'elle ne les écrit.
— Le .louvcnir est la piété de l'amour. De ce côté les Parisiennes sont athées.
— Lorsqu'on fait la cour à une femme de province, il faut toujours lui lJi^ser cioirequ'elle ti( nt le lil de votre destinée entre ses mains : alors elle ne se donne pas, elle vous sauve la vie. *
— Si \ous savez tout de- ' mander à une Paiisie/nie, elle vous refusera peu do chose; si vous voulez prendre la moindre chose , elle vous refusera tout.
— deux qui ont dit que l'audace sullisait en amour se sont trompés : la mode
des assauts est passée; les protocoles ont reiniilacé Ks sié'ges; ou n'emporte plus les femmes, l'amour à Paris n'est plus qu'une capitulation.
— Les femmes de province sont tristes ; les femmes de Paris soin ennuyées.
— Les Parisiennes n'ont que la fantaisie de l'amour , la coquetterie.
— On a vu souvent des provinciales devenir Parisiennes, mais
jamais une Pari -
■ ri sienne devt*iir en- \ '^-
tièremeui provin -
ciale. ^,
— UneParisienne ' se reconnaît partout à la chaussure.
— Le mot Parisienne n'est point une désignation de pays; c'est un grade honorifique , un titre de noblesse qui ne se gapne qu'à Paris.
— Parmi les Parisiennes, beaucoup sont étrangères.
— L(s Parisiennes les plus distinguées sont des Russes.
— Une Anglaise ne deviendra jamais Parisienne , une Allemande non plus; une Espagnole pourra le devenir à la troisième génération.
— Il y a des femmes jeunes, belles , riches , qui habitent Paris depuis longtemps , et qui n'ont |)u encore passer Parisiennes.
— Les Italiennes sont Parisiennes de droit après trois mois de séjour, le tenips d'oublier le mol siqnor!
— La Parisienne ne se donne pas ; elle vous prend.
— Les pro\iiiciales ont (pichiuefois de la grâce; ce n'est que chez les femmes de Paris qu'on trouve le goût.
BIBLIOTHÈQUE POUR lURE.
— Choï 1rs Parisiennes , la jalousio n'est pas une passion : c'est une ucciipaiion.
— l'no l'arisioiine ()iil)lic de l'iioiniiie (|ii'ollo n'aiine plus jus- (|u'.iii\ faM'iirs <pi'il a n'ciies d'elle.
— La ^al■i^it•luu• (pii n'a (]ii'iiii amant croit n'Oli-e point coquette ; celle qui en a plusieurs croit n'Otre que coqueiic.
— La femme do province veut Olre ainiùc ; il sullit à la femme de Paris d'être trouvée aimable : l'une cherche Ji engager, l'autre se conienie de plaire.
— La plupart des femmes mariées de Paris ont un double engagement h souieiiir et à dissimuler : il ne man- (]ue à l'un ([ue le contrat , il l'antre que le cœur.
— Soyez vain , indiscret, bavard , mauvais plaisant , sans jugement , sans esprit ; pour l'Ire aimf de bien des Parisiennes il ne vous manquera qu'une jolie ligure. — Les femmes de Paris tombent ordinairement dans la pauvrctù par les niùincs défauts qui les avaient menées à la fortune.