‹ L'étudiantChapitre 225 sur 243 · I.IIOMMK DF. I.Ol · texte numérisé non relu

I.IIOMMK DF. I.Ol

De plumer les cllcmssaiia les faire crier.

l'oiir allcliidre il ce biil la niélhoilc osl facile;

Il ii'i'sl , pour y liiudicr. Iiesoiii d'tMrc homme liaMIc ,

l.orsipi'on a , dans rc fait , pour complice assuri'

I t l'hitOrd du thc et son papier limhrO.

II est pounanl des [",1:^3 qui liurknl au scandale Contre un riche avoué ; le faslc qu'il éialc ,

Les liais el les concerts qu'il donne en ses s.ilons,

L'i'quip,i|;e iH'ill.int qui le mi'ne aux r.ouiï<ins.

Tout cet or qu'il proili|;ue et sfuie sans mesure.

De plus duu moraliste exerce la censure.

Sans être Man|;ianitle on le pitre Mondenx ,

On peut faire aisément un calcul non douteux

Des profits (pic rendrait luic étude loyale

Oii l'on ne percevrait que la taxe légale ,

Où, d étic homme de bien, le patron soucieux ,

Fuyant de ses pareils le trafic frauduleux,

Crainilrait, par un scrupule honnête et méritoire.

De charger son client d'un ruineuv crimoire

Et penserait qu'un acte inutile et banal

Est nn acte .... prévu par le Code pénal.

On le verrait alors mener un train pins mince,

Vivre en simple bourgeois an lien de vivre en prince;

A pied , tous les malins, se rendre au tribunal ;

Chez Follet, pour deux francs . faire un repas frugal ;

De sa loge aux Bouffons supprimer la coutume

Et dormir sur la laine et non plus sur la plume.

Mais, hélas ! dilcs-moi, dans ce siècle fatal,

Où d'un pareil ponrait trouver roriRin:d?

Chacun vent aiijourd'linl vivre dans l'opulence,

ht, d un luxe effréné pour payer la dé|>ense,

Quand on n'a pas assez d'un lé|;ilime gain.

On puise sins remords aux poches du prochain;

Ce qui passait jadis pour indélicatesse

Dans le moiule aujourd'hui reçoit le nom d'adresse,

ICI l'on ne flétrit pas du nom d'improbité

Le vol qcn ,»e commet avec habileté.

L'homme qui s'enrichit d'un lucre illéGitimc

i;«t un objet d envie , ou l'encense, on l'estime

Comme un homme de bien; car. dans notre J;;e d'or .

On mesure l'honneur au poids d'un coffre-fort'

CIIAIMTHI': \IV.

Su Notaire.

e.ssieiirs les noiaires sont tIt'S (■k'j;aiits tout liat)ill(''S (le iiuir (|ui portent des cravatcti de inoiisseliiic, des escarpins à rosettes el des lit r|i)(|iiesà letiniiiiiilie.

Ils sont les di'|>ositaires des] sccrels" de famille et de l'arfjint des |ir(iprirlains cl ilrsciifdiiiis lili'iis (|tii font danser l'anse du rahas. ..

Ils gardent fidélcttiunt les srciols (les familles. ..

(hjt'l(|tics - tins gardent aussi l'artîeiil.

Le iiolaire est un ixrsoiiiiage de iliéàtrc (jui paraît dans presque ttms les actes de la nimi'die de la vie , un peu avant le hais'er du rideau...

Dans la cotiiildie du maria^îe, c'est lui qui dresse le conirat du maiciR' par lequel une jeune vierge atlièlc un ipou-i mouiiiiaiil une soiniue (piek()n(|tie qu on appelle une dot. Assis au milieu du salon, entre le bouquet de lleuis d'oranger de la uerge et les gants serin du lianci"-, au centre des parents, amis et connaissances des conlractants , il lit d'une voi\ caverneuse les clauses de l'acte d'achat et de vente . |>uis il |)ivsenle la plume d'oie ù la colombe qui signe sa condamnation à un lijinen à perpéiuiii-.

Si l'on danse après le repas de noces (ce qui commence à pas.ser de mode), le notaire s'assied avec les grands parents h une laide de bouillotte, oij il culti\e le brelan avec un sang-froid de siînateur rumain.

Dans le drame de la mort le notaire vient s'asseoir au chevet du mourant pour recueillir les derniers caprices de cette volonlé (|ui s'élcint.

l'uis, quelque temps après le décès du testateur, les parents du (■■(■■passd' (Xant assembk's en grand deuil dans la maison mortuaire, le notaire païaîi tenant le testament caclielé de cire noire.

Son entrée est des plus théâtrales : une sensation prolongée agite ces inconsolables parenls; un frisson d'espérance et de crainie fait frémir tous les membres.... de la famille éplorée.... l'anxiété fait

couler des larmes et mouiller des mouchoirs

Le garde-notes jouit quelques minutes de ruffct qu'il a produit... il regarde toutes ces figures inondées avec un sourire sarcastique, mais intérieur... il promène son œil terne sur toutes ces têtes.... chacun cherche à lire dans cet œil muet le contenu mjstérieux de l'acte testamentaire.

Enfin , avec une solennité Icnle et cruelle , le notaire brise le cachet noir... il déploie le papier fatal... eL.. se mouche avec émotion!

Enfin, la voix du notaire se fait entendre... Impassible comme le chef du jury tpii i)ionoiice la vie on l'arrêt de mort d'un accusé, le notaire jette à celui-ci une fortune, un avenir doré , des

rentes, des maisons, des terres, des châteaux à ceux-là le dés-

appoinlement d'une cupidité frustrée

Après cette lecture, les pleurs redoubienu Le légataire éclate en

sanglots... , mais ce sont des sanglots de jubilation Il se précipite

dans les bras du garde-notes..., qui l'élreini conmic un client dou-

veau Les collatéraux oubliés fondent on lartnes..., mais ce sont

des larmes de dépit , de rage, d'envie. Ils sortent sans saluer le notaire, qui rit mentalement de leur fureur.

Voulez-vous acheter tin fonds d'épicier , ou de marchand de bric-à-brac? — Il faut que vous passiez par-devant nniaire. Voulez-vous vendre une forêt ornée de son gibier ci de son garde

BIBLIOTHÈQUE POUR RIRE

champcirt' , ou biiii un janliu poiagcr rapporlaiil six botles d'asperges et trois douzaiuos de carottes? — rar-de\aiU notaire.

Aiiriez-vous, ô heureux lecteur! des foiiils siiiH-rflus que vous seriez bien aise de prêter sur bonne et solide iiypotliè(|iii' '.' — \o\\l{ le notaire, apporlez-bii vos fonds... et ne doi niez pas sur vos deux oreille.s.

Inventeur d'une mine de Saint-Macairc , fondateur d'une fonderie de Sainl-Iieitrand... (pi i désirez expbnier léf^alenienl (b's actionnaires ... — courez aux panonceaux.

i:t xous, candidis rilouns, (|ui avrz placé voire esliine, votre conliance et mis fonds dans les ruains d'un notaire mi/nl niais délowil.... — allez l'aliendre sur la roule de Bruxelles — ou sur icllu de la Sui>se. On appelle cela

Ine charge du iio.aiie 1

Après cela, quand bien même vous par\iendriez à rattraper le fugitif, vous ne rattraperiez pas votre argent.

Et si vous alliez voir juger votre lloueui-, \\n avocat prouvera, clair coniine le jciir , en se servant du inouvenunt oratoire qui con-.iste à produire un petit bruit sec en retirant vivement l'ongle de dessous une dent canine, — i\n' on n'a pas ça à lui reprocher.

CHAPITRr. XV.

De l'homnae de loi proprement dit.

iMAJs. VHuzrirK^cE 'est un èlre difficile à déliiiir

fi^t jiniAOE e.t;;,w,c6 f.o«ji..*.tt que l'Iioninie de loi proprement

dit ; ce personnage-là n'est ni avocat , ni majjislral , ni huissier, ni greffier, ni avoué, ni

notaire, ni garde national

Il n'est pas bien certain qu'il ait un domicile... S'il lui arrive ])ar aventure de loger quelque part , c'est au boid d'une gnuttière quelconque, au-dessus de toute espace de toits , dans la région élevée où vivent les tuyaux de cheminées et les chais romantiques et pas.sionnés. Ce sont quelquefois d'anciens

saute-ruisseaux qui ont ramassé dans les études d'huissiers ou dans les antichambres d'avoués quelques bribes de jurisprudence, ou de routine de procédure. Nantis de ce fonds de science et d'un vieux (;o(le crasseux qu'ils ont commenté à leur manière, ils se font un jargon judiciaire, et donnent des consultations sur une table de marchand de vin.

Le client paye le jurisconsulte en chopines et en salades d'œufs rouges.

Ce titre d'homme de loi cpii n'appartient |)lus à personne, il l'a ramassé el s'en est paré, lui cpii n'est rien par lu fait.

Tous les petits procès de justice de paix et de police municipale sont de son ressort ; il est le protecteur du chien errant mis en fourrière, et du cahaielier (pii n'a pas fermé sa boutique à l'heure voulue par la loi el par le sergent de ville.

Il faut le voir à la haire de ces petits iribunaux, se poser en défenseur ollicieuxet plaider pour ses pralit/iies. Pour mieux jouer son rôle d'avocat, il tient un dossier volumineux , il prend ses notes au crayon pendant que le greffier lit le procès-verbal du crime, il feuillette son Code en h: mouillant le pouce pour tourner les

feuillets gras qui se collent entre eux. Puis , il plaide , il plaide

Allez l'enlendie , il est superbe ! son discours est hérissé de mouvements oratoires magnifiques.... Chaque période commence par ce prétentieux solécisme : » J'observerai au tribunal... '^ et finit par un violent coup de poing frappé sur la barre qui lui sert de barreau.

Les citations ne maïKpieni pas dans son éloquente improvisaiion: h propos d'un verre d'eau jeté par une fenêtre, il parlera de Rome et de Cartilage, il citera sans peine vingt arrèis de la cour de cassation, et trouvera même moyen de larder de lalin cette capilotade de paroles en s'écrianl ii tout propos : Non bis in idem.

Quel Iribunal pourrait résisler il une logique si eniraînante! Le malheureux officieux a la douleur de perdre invariablement toutes ses causes et d'entendre condamner tous ses clients à vingt ou trente sous d'amende ; ce qui les rend furieux.

Dans un ordre plus élevé, l'homme de loi est moins inolTensif, il n'a éliiilié la loi que pour découvrir les moyens de l'éluder, de s'v soustraire par mille combinaisons a Iroiles mais frauduleuses.

Certaines sociétés en commandite pour l'exploitation des action-

Page 1