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CHAPITRE VI

Ne pat payer.

ous nous sommes imposé une règle d'inuolable neutralité dans la grande lutte entre le créancier et le débiteur. (Je petit livre passera à la banlieue la plus lointaine, comme un témoignage de l'impartialité surhumaine avec laquelle nous avons tenu la balance.

Nous sommes à la fois le glaive et

le bouclier ; comme les maîtres en

faitd'armrs, nous donnons en même temps la théorie de l'attaque et de la parade : l'applique qui voudra.

Après avoir initié le créancier à la manœuvre du recouvrement, nous devons donc instruire le débiteur aux évolutions qui sont propres à son espèce.

Nous marchons sur un sol glissant. Notre pauvre livre est menacé par les foudres des créanciers radicaux. Comm'nt! vont-ils s'écrier, vous allez donner à ceux qui ne les connaissent pa» les moyens'de ne pas nous payer. Vous passez avec nos ennemis nalu-

BIBLIOTHÈQUE POUR RIRE

rds. La position est critique, nous allons la loiirncr eu confiant l'attaque à un autre. Tour entrer en matière , nous eniprunlous quelque; ligues à un spirituel écrivain qui nous a précédé dans la carrière. Notre responsabilité est à couvert.

La perfection do l'art chez certains débiteurs consiste ii f.nire faire au créancier le plus de chemin possible, dit M. Indiert dans ('Art df promener ses Crùutciers.

Un créancier est |)r(iiiiené autant qu'il peut l'être lorsqu'on est parvenu à lui faire faire le tour du globe, sept mille lieues environ. Après un pareil trajet, sa créance est amenée à un état d'atonie (|ui équivaut à une quittance complète. 11 a cessé d'être créancier ; vous ra\ez enlièreiiient désintéressé , et vous pouvez le rencontrer dans un siilcin sans le reconnaître, sans même le saluer. Le sentiment des courses que vous lui avez fait faire , des tracas , des iiisonmies que vous lui avez causés, le détermine à passer d'un côlé dès qu'il vous aperçoit de l'aulre. Ce n'est plus vous qui teniez de vous esquiver, c'est lui (jui cherche h fuir. Votre art et votre persévérance en ont presque fait votre débiteur; il payerait pour que vous ne lui dussiez rieu.

Donc une créance perd en valeur et un créancier s'atténue en courage à mesure que l'une et l'autre parcourent plus de chemin , ou qu'il s'écoule plus de temps entre le moment présent ei l'origine de la dette. Il en résulte qu'on pmt également mesurer la force ou le plus ou moins de validité d'une créance parle chemin fait ou par le temps écoulé. Un troisième terme de comparaison a été fourni par un célèbre économiste, qui a calculé qu'une paire de bons souliers représentait trois cents lieues, c'est-à-dire le vingt-quatrième du globe environ.

De ces données, on a tiré le tableau suivant, que tout débiteur doit sa\oir par cœur comme la table de Pythagore :

DEGRéS DE PATIENCE

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