CII.APITRE XI
X>e mercredi deiOeoJrei et la dracenle de I* Oouriilte.
L'almanachdu cariia\al de\rait subir une réforme. Le mercredi des Cendres et la (Icscvnto de la Courtillc arrivent trenle-huil jours trop tôt. C'est le jour oii la divinité succond)e qu'on aurait dû mettre l'époque où si souvent l'humanité chancelle.
CUAPIiRE XII.
Ce que devienncot les cottumea de débardeurf.
c carnaval a amené le déficit dans \ei caisses; le fournisseur connaît si bien cette époque néfaste, que jamais il ne se hasarderait à venir chez la Lorelte ou l'Arihur solliciter le plus modeste àcompte.
Tout être qui n'a pas de revenus périodiques est réduit à commencer le carême par une méditation plus ou moins saturée d'amertume.
L'Arthur, avint remarqué que la vie horizontale envoie des pensées plus riantes que la vie perpendiculaire, se met à plat ventre, et, dans cette position, passe en revue la liste de ses vieilles tantes de France qu'il pourra invoquer à défaut d'oncles d'Amérique.
« Si j'écrivais à ma tante que je suis pris de nostalgie, que j'appellerai tout bonnement, pour être plus à portée de son intelligence, le mat du pays... Je suis autorisé par le fait à réclamer de quoi prendre la malle-poste; et quand les capitaux arriveront, j'aurai bien d'autres clioses à prendre avant de penser à la locomotive de M. Comte, qui fait cinq lieues à l'heure les roijes en l'air, s'il faut en croire l'auteur de la Physiologie du l'oi/ageur.
La lettre sera deux jours en route; la tante réfléchira une heure, et la réponse me parviendra le quatrième jour. Jusque-là je peux faire diète; l'homme, qui est le plus noble animal de la création, peut bien se permettre un acte de contrefaçon aux dépens du chameau, qui est d'une sobriété Irès-connue dans le désert.
Si j'écrivais à mon autre tante pour lui dire que je réserve aux auteurs de mes jours une grande surprise, et que je veux à leur insu quitter la lancette pour le Code , et que mon intention est d'être très-éloquent, aGn de devenir un peu député, ce qui me donnera l'occasion, à l'époque des élections, de rapporter de Paris à ma tante de vieux feuilletons pour lire et un Gloir pour remplacer son vieux rouet moyen âge avec lequel elle s'obstine à Gler malgré les conquêtes que l'instrument de M. Ouvelleroy a faites sur la rou-
BHtLIOTHÈQUE rOUU liIRE.
liiii'... Il y a espoir que, |>our avoir un jour gratis un filoir de 18 francs, l.i bonne tanle m'enverra 200 francs pour prendre mes inscriptions , que je ne prendrai pas plus que la nialicpostc. . . •
Sur un autre point de l'horizon parisien , la Lorcltc se livre au monologue suivant :
a Tiens, je croyais avoir dans ma commode une piôce de 20 francs de reste, et ce n'est qu'une piî-ce de 20 sous... Fichtre! ii qui demander des fonds à cette gueuse d'époque?... »
"C'est drôle, au carnaval on a toujours de l'argent et on n'en a jamais en carême. On devrait abolir le carême. Oli! il n'y a pas à dire, il m'en faut; d'abord , moi , je ne pcuv pas sortir sans argent , ça me rend lourde... et ça me fait casser des carreau.\ dans lesl)ouii(iucs. 0
Elle prend une feuille de papier encadrée d'un filet de deuil et écrit :
• Mon cher Edouard ,
» Mo trouvant pour quelipies jours seulement dans la gêne , obligez-moi de remettre à ma bonne cinquante francs que je promets de vous rendre sous huitaine. Vous êtes le seul à qui je puisse faire sans façon cette petite demande. »
DEtXliiME LF-TTHE.
• Mon cher Alfred, me trouvant pour (|uclqucs jours
etc. (même formule que ci-ilessus). Vous êtes le seul à
qui je puisse faire sans façon celle petite demande... »