I.A LOnKTTi
l'poiiscr (les hcrgi^rcs , elle sail (|iic rnnli(|iii' usage élail (l'ciivoji'r
le portrait d'iiiii' jciiiii' fille à un Iront couronné et (|iic ce front pcr-
(lait innncdiatcnicnt la lè-
te; la l.orctti' dont s'agit jeta les yeux sur Sa Majesté le roi d'Angleterre , c'està-dire tiur monsieur le mari de Sa Majesté la reine d'Angleterre (nous tenons même en matière de contes, il rester dans la \i'iilé r -, du langage constitniion - A '.''i^ ml); une nécromanciemie , — — ■ lui a prédit qn'elle aurait ')w"jM'^^'~" les pins hantes destinées; la L(iri tie traduit cet arrêt de la bilijlle par ces phrases : Je dois convertir mon argi literie et mes nieiiljlis en délicieux chapeaux et en rohcs exquises; (piiitcr les fiacres parisiens pour le paipiehdt aii:j;l,iis, premliep'ace dans une lo^je au théâtre le plus pré-i possible du mari de la reine , et l.'i , alleiidre (iti'il tombe il la renverse frappé par l'éclat de mcsyeux. (le ne sera paslimjj. I.a I.oreite partit. Les chapeaux se fanèrent , le mari de la reine brava l'éclair connue s'il eût été assuré par la coiiipa;^iiie du parayrèle. liien plus, la l(i,;^e de la Loretle seiiilila aux oiiibiageiix insulaires \m lazaret de pestiférés, on s'en isola, parce <iu'd circula un soupçon sur l'étrangère : les faiseurs de cancans de Londres se dirent que la dame avait une mission de basse diplomatie, et qu'on l'avait envojée h Uuidres non pas pour ses beaux mais pour ses bons yeux. Quand cette épigramme est en anglais, lecteur, on dit qu'elle est fort agréable : mais je la donne comme je la sais.
Au bout de deux mois de stage, l'ambitieuse Lorette fut obligée de renoncer à la conquête qu'elle avait préiiiédiiée; elle n'avait pas inêine mis en résirvc les frais de retour , croyant revenir à (Valais dans un yacht royal: elle en était à blasphémer contre la sibylle.... Enfin un (juaker la prit en pitié et lui dit :
« Ma fille, tu as fait une boulette; quand on s'aventure dans un climat où l'on peut manger jusipi'à .son dernier denier, il faut choisir un pays d'où il soit possihle de revenir à pied. »
Cet aphorisme est encore très-a2;ré;d)le en langue britannique. J.e quaker lit un demi-tour à droite et dispaïut. Heureusement un marchand de savon de M'iiulsor ramena la Loretta sur le sol natal a lit les frais de retour, à condition qu'elle
tiendrait pondant six mois, coHiine demoiselle (le coniiitoir, son magasin de parfumerie.— L'aumône. — la Loretle est charitable par supc rstiiion , elle dit que l'aumênie porte bonheur. Dix niilleaff.imésdaiveiità ce préjugé de ne pas se coucher il jeun. Il y a des croyances qui font plus (le mal que cclle-lii. La Lorette devenue riche envoie 20 francs au piéfct de son département pour rcxtinction de la mendicité, et parc l'église de son village.
ILei médecins de laorettes.
Nous avons pense que ce chapitre ne devait pas figurer ati budget des dépenses , et qu'il rentrait plutôt dans la section des recettes.... voilh pourquoi nous l'avons placé sous un tiire spécial.
La iikdeeiiie appliquée aux soiiiïranres de la Lorette doit être considérée romtne un mandat purement oflirienx. La spéculation lui est totalement êirangère. La clientèle d'im iiiédei in «h- Loreltes se gid.ssii par la filiation mm interronipiie de malades (pii considèrent le doiteiir c<imiue un ami. On viiiit muser avec (iii mtitU ou maladie connue on causerait promenade ou théiltre. « Docteur,
je suis chargée, de In part de Mathilde , de vous remercier dî vos soins.... — Il y a longlem|)s qu'elle n'est venue.— nilen'a plus l«ssoin de venir, docteur...
Llle est Ruéiie. — (/est juste. —.le voudrais bien être comme elle.... Je soulli c aiïrcusemeiit , docteur. — (;ontez-moi > cela , mon petit ange. • (Ici le récit plus ou moins (léiaillê des maux 'f'^"' *''" '•' ''"""Cite, et la prescription de rilippo cr.ite.) « Merci, docteur... Je dirai bien di-s choses de votre part ii Mailiil.le, n'est ce pas?... Dites donc, doclenr , vous seriez bien aimable de me confier votre parapluie. Le temps se couvre. »
La Loivile prend le pirapluie le plus co(|uet qu'elle trouve près de la cheminée. A la seconde visite, la malade ne rapporte pas le parapluie, mais elle emporte un llaconou uneaqneielle, ou unestatueite qu'un client a donnée au docteur; elle part en s'écriant : Oocteur , c'est pour me rappeler ipie je vous dois deux visites.
A la iroisième visite , la Loroiie arrive en cabriolet , et dit en entrant : Docteur, prêtez-moi donc de quoi renvoyer mon ver rongeur. La Lorette prend vingt francs sur la cheminée , elle en soustrait un quart pour le cocher, et met le reste, par distraction, dans sa bourse. C'est le médecin qui paie au malade sa visite.
Au jour de l'an , la Loretle éprouve le désir de témoigner au docteur sa reconnaissance; elle lui envoie la gravure d'Hippocratc refusant tes préscnls d'Ai-tnxerce. Ce jour-là le docteur reçoit ce inêoie tableau de vingt-cinq clientes.
Quand la maladie condamne la Loretle ;i garder le logis, et qu'elle craint de couvirtir .son boudoir en infirmerie, elle a recours à son médecin ordinaiie pour obtenir admission dans un des temples ouveits aux infirmités humaines.
Lllese fait conduire au l'arvis-Noire-Danie, entre sans façon au bureau do médecin de service, et fend la foule des prolétaires.
«Docteur, je viens, au nom d'un de vos confrères, solliciter pour moi un des trente mille divans gratuits que la philanthropie
entretient pour ceux qui n'aiment pas à mourir à doniirilo. — .Mais vous n'êtes pas inscrite à l'indigence? — J'ai le droit d'y figurer. J'ai tout perdu hier à la houilloite. — (,'estdiff' rent. Nous allons vous t| faire adnielirc à l'IIôtcl- Dieu. — A l'ilôtel-Dieu...
Diable!... j'aime mieux autre chose. — A la Charité.
— La Charité? Je n'en veux pas pour deux sous. Beaujon, à la bonne heure : la galanterie administrative en a fait une clinique parfumf'P, C'est un champ d'asile de Loreltes, une Al)ba\e-au\-Bois de viveuses. On y meurt Ci» buvant de la bourrache dans des verres 5 Champagne 1
ir.
RIKLIOTHÈQUE POUR lURF,.
•/iii^j(
Ce nue deviennent les vieilles Iiorettes.
icillir, ou plutôt savoir vieillir csl un arl que les I.orelles, mieux qu'aucune femme du monde , ont le secret de mettre à profit. Quand le papillon se fait vieux, il loinhe en liiliai sic sur la (leur où il a butiné , et puis il iiicurl sans faire aucun effort pour essayer encore la vie. La Loretle voit le temps avancer sans s'effrayer. Aquaranteans, la Lorelle se n'vcillc un malin auihi-
tiense. Elle se rappelle le nom de vinçjt Arihurs qui sont devenus
préfets, procureurs du
roi , députés ou minis -
1res. Elle se met en
citasse de bureaux de la-
bac, de bureaux de papier timbré, do bureaux
de poste anx lettres. I\lle
obtient tout, sous cou- \^ >» ;
dition de ne pas publier ^ra(|' xi';^ \
ses mémoires et de brù- t^a '" '*' '
1er les anciennes lelin | À
d'amour. Les lioniiiii ^y^
en place ont une peui
atroce des souvenirs de
jeunesse. La ^ieille Lo-
reite est très-recliercliéc
des hypocondriaques comme dame do compagnie, son liabilude des
vicissitudes de la vie lui a donné une égalité d'bumeur que rien ne détruit.
La Lorette qui retrouve
QAtSSStK ^HdV^ ^^ étudiant passé à l'état
uill^J^lu ^H^k denotairc se fait comman-
diter et devient marchande à la toilette, ou achète un fonds de table d'hôte, et le notnirc vient dîner en remboursement de ses avances. La Lorette qui a vécu dans l'intimité de jeunes vaudevillistes les trouve directeurs, elle se place sous leur aile et se fait modestement ouvreuse de loges. Vous retrouverez la Lorette de quarante ans à chaque jalon de l'échelle sociale ou matrimoniale. Votre marchand de bois vous envoie sa facture par sa femme, vous reconnaissez un débardeur Musard.
Vous prenez des chevaux pour un voyage ; la maî tresse de poste approche , vous re trouvez en elle un ex - postillon de Lonjumeau de l'Opéra. Les princes étrangers, les sons-préfets français font ausM u
■rrx.
prodigieuse importation et exportation de Loreltes.llya des|ia\s()ù la Lorette est maire, son époux se repose sur elle des soucis nuinicijjaux. La Lorette correspond avec le préfet du département, qui souvent se dit : C'est incroyable, celte écriture-là ne m'est pas inconnue. Dans une tournée de recrutement, le |)réfit arrive dans la commune: <■ Tiens, c'est toi, Élisa! »s'écrie-t-il, oubliant son rôle;... puis, rappelé îi l'ordre par un chut... et par l'écharpe tricolore du magistrat subalterne... il fait trois saints, et dit : n Madame, j'ai !'li(iiMunr de vous présenter mes respects. Oitc commune est des mieux ndminisirées. n V.l il ajoute tout bas : uSitu veux, au carnaval nous irons faire une partie de bal Chicard. « Le maire répond : « Monsieur le préfet, vous me faites beaucoup d'iionneur. »
Un poëme.
Jetons quelques jalons dans le champ poétique c',. gravons le nom de Lorette, afin qu'il dise an poëte touriste qu'il y a encore quelque
chose ici-bas à immortaliser.
Les vers que nous présentons sont une ébauche qu'une jeune musc nous a confiée.
Les vers sont enfants de la !yre; Il faul les chauler, non les lire.
Pour chanter l'air, il faut que l'air existe. Nous appelons donc à notre secours , messieurs les compositeurs ; nous promettons pour prix à la plus suave inspiration unemusettccn fer creux...
Une Lorette émérite qui a fait des éducations en Russie couronnera le vainqueur quel que soil son sexe.
Voici le thème à poétiser, le canevas à broder de notes légères:
AIR A FAlrB.
ENCcllents cœurs , mauvaises têtes , .Sans raison comme sans eliagrin, Du malin jusqu'au soir eu fêles , En noce du soir au malin ; Voili les Lolo , les Lolo , les Lolo , Les Lorellcs.
Vivent les Lorettcsl
Quelles femmes, parfois discrtles.
Afin d'alléger leurs irousscaux, Porlent , dans les jours de disettes.
Leurs bournous ru' des Dlancs-Manleauxî Ce sont les Lolo, les Lolo , les Lolo, Les Lorellcs.
Vivent les Lorellcs!
Qui les premières donnent an\ qnclcs L'exemple de la cliarilé?
Qnel's sont les danseus's toujours prdcs A sauter par liumaniKi ?
Ce sont les Lolo , les Lolo , les Lolo, Les Lorcttes.
Vivent les Loretlesl
L'auteur de cette cliansonnctte
N'est pas un eufaiil d'Apollon;
C n'est pas Béraufjer le poète,
<;' n'est pas ce farceur de l'iron.
C'est un' Lolo , bien Lolo , Irts-LolO,
Ine Lorette.
vive la Lorette I
ne
t'IN DE I.A LOUETTE.
l'aris, . Ty|>. r.3|i|-i, nie Cil le-Cacr. 1.
LE MÉDECIN
Par Lonls HUABT, — 70 Vignettes de TRIMOXXT.