I.e mcitrr. — Quinze fois à copier
Zidore «claie en sanglots. — M'sieu , m'sieu, papa est malade... c'est pas moi... c'est papa qui est malade.
Le maître. — Je n'entre pas h dedans... Buccpiet, Tévangile?
Bocquet. — .M'sieu, ça n'est pas dedans le mien.
Le maître. — Quatrième dimanche après la Passion.
Bocquet. — C'est Kilipot qu'en a fait des cocottes.
Le maître avec irriialiun concentrée. — Vous 1rs- copierez quinze fois, ces cocottes.
Bocquet. — Alais, m'sieu...
Le maiire. — Silence, cl obéissez... Vinel , la leçon?
Viiiei chirchc sa casquette, ramasse une piiiinc el demeure longtemps sous son banc.
Le maître. — Vinci , je t'altends.
Vinet sous le banc. — M'sieu, je ne troure pas le colsn do mon encrier.
Le maître. — Tu n'as que faire de coton dans cette circonstance, il me semble. Récitez.
Vinct d'un ton Irès-haut. — En ce temps-là à, à à...
Le maîirc. — l'ius bas, nous avons le temps.
Vinet plus haut. — En ce temps-là. à... Jésus...
Le maître. — .l'ai dit plus b:is. .. parlé-je allemand?
On entend le chant d'nn grillon sous les bancs. — Cricricri-cri.
Le maiire. — Qu'est-ce qui souffle par là? J'vas le souffler, moi.
Vinci. — C'est chose qui m'empêche de réciter avec Siin cri-cri... il me le met dans le dos... Eélisque, nà.
Le 7naitre. — Qu'on m'apporle cet animal.
Félix. — M'sieu, c'est pas moi , c'est lui.
Le maître. — Ap|)ortez-l^ioi cet animal , vous dis-je.
Félix en pleurs. — M'sieu....
Le maître impatienté. — Faut-il que j'aille le chercher?...
Félix se cache sous son -banc, Vinel vient déposer le grillon sur le bureau du maîirc.
Le maîirc. — Pauvre bête... hourreauv... sans-cœurs... Qui est-ce qui lui a introduit ce papier dans le corps? Barbares!... (A Félix) Scrais-lu coulent, si l'on t'en faisait autant?... Si vous profitiez, savoyards, de ce que je vous montre... si vous écoutiez, cancres (il appuie sur les mots) : Jamais faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît... ça dit tout, ça... au lieu qu'ils ne savent qu'imaginer, ces renégats .. il faut queje le dise , pour lonniientLr, la, pour tourmenter à plaisir... SoiiflYe, souflre si in veux... Mercenaires que vous êtes... Un maître qui consacre sa vie cl leur donner des soins, une bêle innocente qui ne leur a jamaÎ!) fait de mal... tout leur est bon... ça leur est égal... Mais, si petit que soit un animal, îl souffre comme vous: ce papier, qui vous semble peu de chose, c'est comme une bûche pour vous... Parce que ça ne se plaint pas, n'est-ce pas... vauriens... ça n'en soulTre pas moins... Ça se plaint, ça crie, ça pleure, ça hurle comme vous... C'est vous qui n'entendez pas, bourreaux... Pauvre bêle!... ils lui ont coupé la tête... les chena|)ans... Rendez-lui la liberté... tout de suite... {On jette l'insecte par la fenêtre).
Tonnellier. — .M'sieu, Zidore m'appelle roi/ou!
Le maître. — Silence !... Vous avez pu voir par l'évangile de ce jour coudjien il est difiicile...
Tonm Hier. — M'sieu , Zidore me doime des calottes.
Le maître. — Vous venez de voir par l'évangile de ce jour....
Tonnellier \ Zidore. — Ah ben, Unis, toi, je ne joue plus... .M'sieu!
Le maître. — ... combien il est diffirile...
Tonnellier allant h lui. — M'.sieu, Zidore ne finit pas do me donner de grandes pichenettes sur le nez.
Le maîirc lui allonge un soufilet en appuyant sur ces mots — dif-fi-ci-le de pardonner les offenses... Tiens, vermine, cl à genoux! ( Tonnellier fond en larmes. ) Vous avez vu par l'évangile de ce jour coniliien... Mais ils ne savent rien, les cancres... el je nré|)uise (il tousse) hum! hum! hum (violent accès)! Vous voulez donc m'avoir les poumons, miséialiles .. Ils veulent m'assa^-siner!... AIi mon Dieu !...