CHAPITRE III
Dm «!lle« qui prodoïient le< grïicttef le> plut rcDoroméet.
I en est do la (;riscUe coiniiii' (In inisiii , (il' l;i |H)ii'i' et iriiiic l'dule (i'aulrcs bonnes clioses : — loulos Iv»
provinces de l rame ne les produisent p;is ét;ali'incnl agn'ahlosj ri cert.iincs villes s(int mut à fait privilc'piécs sous ce rapport.
l'ar une bizarrerie de la natu^e, telle ville produit de dt'-lirienx cii;issel.is et de non moins délirienscs yriselies; — el dix lieues plus loin , absolnuieni sous le mcMue degré de latitude, le raisin ne vaut pas le diable , el les femmes peuvent Cire mises sur la ligne du raisin.
Nous plaignons vivement les sous-pnîferlures qui sont ainsi maudites du ciel, el qui, si le baron Chartes Dtipin dresse jamais une carte <;yv'.vc/i«/'c de la France, seront marquées avec les teintes les plus noires de son ( ncre de Chine.*
Cela nous f.iit songer qu'une carte g(?02;ra|iliiqne de ce genre est encore à faire; et pourtant elle offrirait au moins aiila!Ud'inl(!'rèt que toutes les caries g(;'(igrap!iii|ues, siatisticpies, astri)non)ii|iics el gastronomiques qui ont dli dressées depuis longtemps.
On verrait des voyageurs se mettre en route et se diiiger vers telle ou telle province pour admirer ici de grands jeux unirs, làbas de grands yeux l)leib; de ce c(Jlé , de ravissantes blondes; de l'autre, de non moins rawssantes brunes, — points de vue qui, en déliniiivc, valent bien des cascades, des montagnes ou des précipices : — car toutes les cascades du monde se ressemblent, et la plus grande partie des muntugnes sont taillées sur le même patron , — taudis que les femmes ont le rare avantage d'être touti s jolies d'une manière différente, — ipiand elles sont jolies, bien entendu. Ainsi, pour ne pailer que des grisclles el citer quelques-unes des villes en répulaliuu [wm- ce genre de produit , quel esl le f^^h,
voyageur qui, en passant par Bordeaux, ne se S'iii laissé aller à admirer, quelquefois pendant deux ou trois mois , ces jolies grisettes aux larges bandeaux noirs, aux yeux non moins noirs (|uc les bandeaux, Je tout surmonté d'un foulard noué coquettement sur l'oreille ?
O grisettes de Bordeaux, je vous préfère de beaucoup au vin de votre patrie, bien qu'il ait aussi son agrément, mais ce n'est pas le même genre.
A Strasbourg, c'est tout différent ; la grise! le va toujours léic nue, et sescbeveux sont retenus par un large peigne imitant plus ou moins l'écaillé; — du reste, jeunes fdies bien fraiclies, et faisant boimeur à l'Alsace par leur bonne mine et par leur bon cœur. On a raison de dire que c'est un excellent pays que l'Alsace. Jl ist à remarquer que les suicides causés pur les rigueurs d'une grisetle cruelle sont excessivement rares à Strasbourg. — l ne seule fois, en 1825, les journaux du pays annoncèrent (|u'un malheureux étudiant s'était brûlé la cervelle par suite de sa folle passion pour une jeune lingèrede la rue de la Cathédrale; — mais, après vérification plus exacte, on reconnut qu'il était mort d'une QuxioD du poitrine.
Vivent les grisettes de Strasbourg aimantes, compatissantes et bonnes \alseuses !
Du reste, iiavaillanl \eiiueuseinent pendant toute la semaine
sans la moindre distraction, — excepté ipiand il passe KUis les fenêtres im étudiant ou iMi ollicier d'artillerie, — et , par malheur, à Strasbourg fl y a toujours une foule d'artilleurs et d'étudiants (pii passent sous les fenêtres.
S'il n'est pas beaucoup |)ardonné im jour à la grisetle de Strasbourg, on ne devra plus avoir la moindre foi aux proverbes en général cl à un certain proverbe en particulier, car elle a prescjue toujours beaucoup aimé!
A quarante lieues de Strasbourg so trouvent Melï et Nancy , villes voisines dont l(\s grisettes ont cependant un type tout différent.
A >lelz, le vieux sang lorrain, ou même ausirasirn , se recoimaîl aux cheveux d'une nuance châtain clair et à une charmante carnation d'une peau fine et triiiispaienie ; — un petit bonnet coquet, orné (le rubans roses, vient parfaitement s'harmoniser a\ec ces leinies agiéabies; eidin une petite taille bien prise concourt encore ù un heureux ensemble, et ferait de la grisetle de Metz l'une des plus parfaites du beau royaume de t'rance, si par ujalheur les pieds et les m:iiiis ne laissaient beaucoup à désirer à l'amateur. A Nancy, toutes les femmes se resscnteiu encore
lieureusemeiil du séjour de la cour du roi Stanislas : — elles ont conservé un CHcliet de distinction tout particulier; et là les |)ieds sont émineimuent aristocraii ques, ainsi que la tournure el l'ensemble de la toilette.
Aussi les brodeuses de Nincy ne sont-elles pas moins occupées à se faire fin pied que fine taille, et le tout au profil des heureux élèves de l'École forestière.
Si de l'est de la Franco nous sautons au midi, nous devons admirer les brunes ArléMeniies aux yeux fiiidiis en amande et à la chevelure d'ébène. Enfin, pour finir, (ilo- s, avec tous les éloges qui leur sont dus, les célèbres <•'/'*".'/''«'■''* de Toulouse, ainsi nommées non parce qu'elles font des épingles, mais parce qu'elles en ont toujours une très-grande pour faire leur broderie; — puis les gantières de Greuoble. — Et que les villes que nous oublions nous pardonnent; car nous serons toujours prêt à faire toutes les rectifications, corrections et additions possibles toutes les fois qu'elles voudront bien nous adresser />rt/>c^, rue Notre-Dame-de-Lorctte, ùi . un échaiir tillon de leurs charmants produits.
Ceci posé, noui arrivon» i la grisetle de Paris, qui offre un
niRiiornËQUE pour ï\v.\e.
iieunMix itu^Iangc (1rs qualités de toutes les autres grisoltcs de
Frnnro, — et ([u'eti conséquence nous n'hésitons pas à proclamer
la ilElNE DES GRlSETTESl