‹ L'étudiant micrographeChapitre 12 sur 67 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

(lu (lcsüin et (le la mesure (les objets.

Nous extrayons du Manuel du micrographe de Ch. Chevalier (1839), de son Traite de la chambre claire , tout ce qui regarde l’importante question de la mesure et du dessin des objets. Nous ne saurions mieux faire. Du reste, ces procédés sont suivis maintenant, avec celle différence i que l’image était reportée à 25 centimètres, tandis qu’au-

jourd’liui on adoplc une dislance plus rapprochée, celle où se trouve reportée l’image, distance variable pour chaque personne. A part la distance, les moyens de détermination sont les mêmes.

Itc In (‘Imnilii'c claire nppliiiuéc an miei'ONOopc.

Dans ce chapitre, nous n’aurons à nous occuper que du dessin, de la reproduction des objets soumis au microscope. Peut-être aurait-on préféré nous voir consacrer un seul article à toutes les applications de la chambre claire; dessin, mesure des objets et grossissement. Mais la micrométrie exigeait à elle seule de trop nombreux détails pour qu’il nous fût possible de la réunir aux autres parties, et d’ailleurs nous devons décrire plusieurs procédés de mensuration qui rentrent dans le domaine de la caméra, lucida ; c’est ce qui nous a décidé à donner en premier lieu la description de ceux d’entre ces appareils que l’on associe le plus avantageusement au microscope. Cette manière de procéder nous permettra d’éviter les répétitions, et le lecteur aura acquis une connaissance assez intime des appareils, qu’il suffira de lui nommer, pour qu’il sache à l’instant ce dont il s’agit.

Toutes les chambres claires ne sont pas applicables aux différents microscopes. Les diverses positions de ces instruments exigent encore des changements dans la manière de disposer les caméra. Occupons-nous d’abord de celles qu’on peut appliquer au microscope horizontal.

Dans celle catégorie, nous placerons les chambres claires de Wollaslon, de Sœmmering et d’Amici.

Le premier de ces instruments est assez connu pour qu’il soit inutile d’en donner la description que l’on trouvera d’aillcui's dans nos Conseils ait./: artistes et aux

amateurs sur l' application de la chambre claire à l’art du dessin, etc. (1).

Le même ouvrage contient les premières idées de Wollaslon, Baie et Amici, ainsi que nos propres recherches sur l’application de ces instruments au microscope.

Débarrassés de ces détails préliminaires, abordons de suite le procédé opératoire.

La caméra de Wollaslon, montée sur son support ou fixée à un anneau qui entre à frottement sur le tube de l’oculaire, se place de la manière ordinaire, en observant toutefois qu’il faut mettre sa face antérieure presque en contact avec le premier verre du microscope, surtout lorsqu’on emploie de loris grossissements.

Le reste du procédé ne diffère en aucune manière de celui que nous avons recommandé pour la caméra employée isolément.

Avec cette chambre claire, on obtient facilement les plus beaux résultats; mais les inconvénients que nous avons signalés, en parlant de la position verticale du microscope, se présentent de nouveau, et c’est là une autre preuve des avantages attachés à la posilion horizontale, car l’exactitude de l’instrument et le peu de difficulté que présente son usage n’ont pu le sauver d’une espèce d’oubli, surtout depuis que M. Amici a fait connaître la caméra que nous nommons horizonto-verticalc. Avant de parler de celte combinaison, disons quelques mots de celle de Sœrnme- '! ring.

Elle est composée d’un petit disque d’acier fin et parfaitement poli, dont le diamètre est un peu moins grand que celui de la pupille. Ce miroir est incliné à à 5 degrés et supporté par une tige métallique fort déliée, fixée à un

(îplh'Ocliili’c in-8, nveo iilundlicsj 1838,

anneau semblable à celui dont nous avons déjà parlé. Lorsqu’on veut employer cet instrument, on glisse l’anneau sur le tube oculaire, et en regardant de haut en bas comme dans la caméra de Wollaslon, on voit en même temps l’image de l’objet réfléchie par le petit miroir, le papier et le crayon, car les petites dimensions du miroir permettent aux rayons qui parlent du papier de se rendre à la pupille, en passant sur les bords du petit disque.

Celle caméra lucida est d’un emploi simple cl facile; mais aux inconvénients de la position verticale, elle joint celui de renverser les objets. Voyons comment M. Amici a su vaincre ces difficultés.

Sa caméra est reproduite dans la figure 108, Y oculaire du microscope ; M, miroir plan métallique percé d’une petite ouverture centrale qui correspond exactement à celle de l’oculaire ; P, prisme rectangulaire destiné à réfléchir en cm, les rayons venus du papier; 0, position de l’œil.

Fig. 108.

Si l’on regarde par l’ouverture du miroir M, on distinguera parfaitement l’objet amplifié par le microscope. D’un autre côté, le prisme P agira sur les rayons partis du point C et les renverra en ai sur le miroir plan qui les réfléchira suivant la direction w?0, et conséquemment, on verra tout à la fois l’objet et l’image de la main ou du crayon qui paraîtra venir se porter sur l’objet amplifie pour le reproduire.

La supériorité de cet appareil est incontestable ; parmi tous ses avantages, nous signalerons les principaux.

1° Ce n’est plus l’image de l’objet amplifié qui frappe l’œil, c’est l’objet amplifié lui-même. Il en résulte une plus grande netteté, et l’on n’a pas à craindre de voir cette image subir la moindre altération en passant par un nouveau milieu ou en se réfléchissant sur une nouvelle surface.

2° C’est la main qui paraît se porter sur l’objet pour en suivre les contours, et celte combinaison est préférable, car si l’un des deux a besoin d’être vu bien distinctement, l’objet doit sans contredit avoir la préférence.

Quelques personnes éprouvent, en commençant, une certaine difficulté à se bien servir de cet appareil, mais il en sera de même pour le plus grand nombre d’instruments; il faut en tout faire son apprentissage. Aussitôt que les premières difficultés sont vaincues, on est amplement dédommagé par les beaux résultats que l’on obtient.

Nous plaçons la chambre claire horizonto-verticale d’Amici au-dessus de toutes les autres combinaisons applicables au microscope horizontal.

Pour le microscope vertical , nous avons été obligés de modifier l’appareil, et, de toutes les dispositions, voici celle qui nous a paru la plus avantageuse :

On pose sur l’oculaire le miroir percé d’Amici, fixé sur un disque de cuivre. A quelque distance du microscope et à la même hauteur que le miroir, on ajuste un prisme rectangulaire parallèlement au papier sur lequel on veut dessiner. Alors, si l’on regarde dans le microscope par la petite ouverture du miroir, on verra simultanément l’objet et le crayon (voy. fig. 109) (1).

(1) J'ai dernièrement modifié cct arrangement qui était peu commode;

ARTHUR CHEVALIER. 11

On comprend sans peine que l’effet produit est semblable à celui que l’on obtient avec la caméra du professeur Amici. On a encore proposé plusieurs combinaisons optiques pour dessiner les objets microscopiques, nous avons dû choisir les meilleures.

Il est certainement possible de modifier les appareils, et nous en avons déjà construit plusieurs d’après les indi-

je conserve toujours le miroir percé d’Amici, mais j'ai modifié les angles du prisme de façon à pouvoir le placer près du miroir. De cette façon, le petit instrument est facile à employer et peu embarrassant. Cette caméra

Fig. MO.

permet de voir entièrement le champ, dont |le bord vient se peindre à côté du microscope. Dans certaines caméra, l’image empiète sur la platine, ce qui est très-incommode. La figure MO fera comprendre nia disposition.

cations des personnes avec lesquelles nous sommes en relation, ou suivant nos propres idées, lorsqu’on s’en rapportait à nous. Dans le nombre, nous citerons une caméra microscope à faibles grossissements, destinée au dessin des préparations anatomiques.

Ainsi que nous l’avons dit dans la notice déjà citée, ce n’est que dans le cas où la lumière est également répartie qu’on peut employer l’appareil avec le plus d’avantage et de facilité. Nous allons donc donner quelques renseignements sur ce point, auquel nous attachons une grande importance.

Si l’objet est très -éclatant, ou plutôt si l’on ne peut le rendre visible qu’à l’aide d’une très-vive lumière, il est possible qu’on ne voie pas la main et le crayon. Il faut placer l’appareil ou la table dans une position telle, que le jour puisse tomber sur le papier, et, lorsqu’on sera parvenu à établir en quelque sorte l’équilibre entre l’éclairage de l’objet et celui du crayon, on apercevra distinctement les deux objets, et l’opération n’offrira plus la moindre difficulté.

Est-il nécessaire d’indiquer le procédé à suivre quand il y a excès de lumière sur le papier?

L’objet qu’on veut dessiner présente fréquemment des parties obscures et d’autres très-brillantes. Après avoir disposé l’appareil comme pour dessiner les points les plus lumineux, et lorsqu’on a obtenu les premiers traits, on place devant le papier la main gaucbe, qui projette des ombres plus ou moins fortes, suivant le plus ou moins d’éclat des différentes parties du corps soumis au microscope.

Si l’objet est faiblement éclairé, qu’il offre beaucoup de points obscurs, on trouvera de grands avantages à dessiner sur du papier noir avec du crayon blanc. Nous

IG/l DU GROSSISSEMENT DU MICROSCOPE.

avons aussi obtenu de bons résultats en dessinant avec le crayon ordinaire sur un morceau de papier végétal, dont la transparence permet de voir le fond d’une autre feuille noire placée sous la première. On pourrait, au besoin, avoir des papiers de couleurs variées, et dessiner tantôt sur une feuille bleue, tantôt sur une verte; en un mot, sur les couleurs qui laissent voir simultanément et avec netteté l’objet et la main du dessinateur.

Pour le microscope horizontal, nous employons toujours la caméra d’Amici ; mais le lecteur appliquera sans peine nos raisonnements aux autres appareils de ce genre (1).

Micrométric.

Mesure de l’amplification des microscopes et de la grandeur réelle

des objets.

La micrométrie fit longtemps le désespoir des observateurs : elle semblait exclusivement réservée aux hommes versés dans la connaissance des sciences exactes; c’était une partie du mystère cachée derrière le voile que ne pouvaient soulever les néophytes. La détermination du pouvoir amplifiant des microscopes présentait surtout de nombreuses difficultés ; car, pour établir un calcul exact, il

(1) Nous ne parlerons pas du mégagraphe de MM. Percheron et Lefebre, car cet appareil n’est plus employé, mais nous indiquerons ici une disposition due à Charles Chevalier, et dont les anatomistes pourront tirer profit pour les dessins de leurs objets.

Nous extrairons le passage qui va suivre du Traité de la chambre claire par Charles Chevalier (1838) : «Souvent on veut reproduire, soit avec la caméra seule, soit avec celte dernière et une loupe, des objets contenus dans un vase, ou des pièces anatomiques placées sur une table, et plus ou moins éloignées de l’observateur, vu la nécessité où il se trouve d’avoir devant lui le papier sur lequel il dessine.

» Avec la caméra ordinaire seule il était impossible d’v parvenir. J’avais

fallait connaître parfaitement la théorie des foyers, et se livrer ensuite à une série d’opérations qui exigeaient l’étude préalable des mathématiques.

Le physicien, habitué à résoudre les problèmes les plus difficiles, pouvait se faire un jeu de ces recherches dont la complication et l’aridité paraissaient insurmontables à l’amateur avide de résultats prompts et faciles.

Aujourd’hui encore on considère la micromélrie comme

déjà construit plusieurs appareils qui remplissaient plus ou moins bien le but que l’on se proposait, lorsque je conçus l’idée de ce dernier instrument : » PB, PC (fig. 111), sont deux prismes triangulaires, de grandeurs différentes, disposés de la manière indiquée dans la ligure, au moyen <j une monture mobile fort simple ; ABCD indiquent la marche des rayons qui viennent se rendre à l’œil en D.

» On peut, ii volonté, placer des lentilles de divers foyers, soit au-dessus du prisme PC, soit au-dessous du prisme BP, ou bien même dans les deux points, et l'on obtiendra des amplifications de deux à dix fois et plus, avec un vaste champ visuel. »

Cet instrument, qui estl e chalcographe de Charles Chevalier , est, comme on le voit, un instrument qui peut rendre de grands services aux anatomistes. (A. C.)

une partie difficile de la science microscopique. Celte opinion est basée principalement sur une idée fausse. On s’imagine que pour mesurer la grandeur réelle d’un objet, il faut connaître le pouvoir amplifiant du microscope.

Disons tout de suite que cette connaissance est absolument inutile. D’ailleurs, quand bien même elle serait nécessaire, nos procédés pour mesurer l’amplification sont tellement simples, que la difficulté n’existerait plus pour les personnes qui les mettraient en usage.

Examinons rapidement les méthodes de nos prédécesseurs.

Le premier moyen qui dut se présenter à l’esprit pour mesurer les corps fut la comparaison d’objets inconnus avec d’autres objets dont la grandeur avait été déterminée à l’avance. Ainsi Leuwenhoeck employait le sable de mer, dont il mesurait les grains en en plaçant un certain nombre dans une étendue d’un pouce; il posait ensuite quelques-uns de ces grains auprès des objets soumis au microscope, et les comparait ensemble. Le docteur Jurin remplaça les grains de sable par de petits fragments d’un fil métallique. Pour déterminer leur grosseur, il enroulait ce fil sur une épingle, et comptait le nombre d’anneaux compris dans un pouce; puis il coupait le fil en très-petits morceaux, qu’il mettait sur la platine avec l’objet. Ces deux procédés, et surtout le premier, ne pouvaient fournir que des résultats inexacts.

On doit accorder plus de confiance au procédé dont le docteur Ilooke faisait usage pour mesurer le grossissement. Ce physicien célèbre plaçait à la hauteur du porteobjet une règle divisée en fractions du pouce, et, tenant les deux yeux ouverts, il regardait en même temps cette échelle et l’objet amplifié par le microscope; il transportait,

pour ainsi dire, ce dernier sur la règle, et comptait le nombre de divisions qu’il occupait.

Mais, quoique bien simple en apparence, ce moyen exigeait une grande habitude, et n était pas sans difficultés pour quelques observateurs. Il faut, en effet, une certaine pratique pour voir avec les deux yeux, simultanément et d’une manière distincte, deux objets différents ; on ne peut compler sur une grande exactitude, car la moindre circonstance peut faire naître une illusion au moment où l’on s’efforce de transporter l’image de l’objet sur la règle. Cette méLhode a été remise en lumière, il n’y a pas longtemps, par M. Raspail.

Les astronomes s’occupaient activement de la recherche d’un bon micromètre applicable à leurs lunettes. En Angleterre, Gascoigne construisit le premier instrument de ce genre antérieurement à I6/1O, et cette tentative donna naissance à un grand nombre d’inventions nouvelles. Les réseaux métalliques, les cheveux, les fils d’araignée, etc., furent successivement mis en œuvre pour la confection des nouveaux instruments; ensuite on traça des divisions sur des plaques minces de nacre de perles, de corne et de verre. Tantôt l’indicateur du micromètre était mobile et mù par une vis dont les révolutions étaient indiquées sur un cadran; tantôt l’appareil était immobile.

Plusieurs de ces mensurateurs astronomiques étaient applicables au microscope, et dans le nombre nous citerons principalement les micromètres à vis. Mais aussitôt que l’on fut parvenu à tracer sur une lame de verre des divisions bien nettes et égales, on put reconnaître que ces derniers instruments l’emporteraient sur tous les autres.

Le moyen le plus simple, et que l’on employa en premier lieu, n’était guère applicable qu’aux objets excessive-

ment minces, bien transparents et non suspendus dans un liquide. On plaçait d’abord la lame divisée sur la platine, et sur cette lame l’objet à mesurer ; le nombre de divisions couvertes par ce dernier indiquait exactement ses dimensions. Mais, ainsi que nous l’avons dit, la moindre épaisseur, une goutte de liquide, etc., entravaient l’opération à l’instant, car l’objet et le micromètre n’étaient plus situés sur le même plan et ne pouvaient se trouver placés tous deux au foyer de la lentille. Malgré son imperfection, ce procédé était encore employé par Le Baillif en 1824. Cependant B. Martin, dans son Système d’optique, imprimé en 1740, décrivit son micromètre oculaire associé au micromètre objectif. Ce moyen est celui que l’on emploie encore aujourd’hui, et la description que nous en donnons plus loin nous dispense de nous y arrêter davantage. Ce fut encore Martin qui inventa le micromètre à aiguille et à cadran. Cet instrument était composé d’une vis dont on connaissait exactement l’écartement du pas, terminée à l’une de ses extrémités par une aiguille déliée , à l’autre par un indicateur qui parcourait les divisions tracées sur un cadran fixe et donnait la mesure exacte de la progression de la vis. On fixait l’appareil sur l’oculaire en faisant pénétrer l’aiguille déliée qui terminait l’une des extrémités de la vis dans le tube, exactement au point où venait se former l’image de l’objet. En tournant alors la vis, la pointe de l’aiguille traversait l’image, tandis que l’indicateur marquait sur le cadran le point de départ et celui d’arrêt ; un calcul fort simple donnait enfin un résultat assez exact. Cette méthode a été proposée il y a quelque temps pour mesurer les laines. Frauenhofer construisit d’après ce principe un micromètre qui a joui d’une grande réputation. Il plaçait cet instrument sur la platine du microscope, cl la vis faisait marcher l’objet; un

fil placé dans l’oculaire servait de point de repère. Au reste, le duc de Chaulnes appliquait à son microscope la plupart de ces micromètres, dont on trouvera la descrip-

tion dans son ouvrage.

Il nous paraît inutile de nous occuper plus longtemps de ces différents moyens, presque tous abandonnés aujourd’hui, surtout par les personnes auxquelles nous avons communiqué nos procédés. Nous ne parlerons pas davantage des graines de lycopode, du Lycoperdon bovista , du cristallin des poissons, des pelures d’oignon de Dellebare, etc., qui, loin de nous faire faire le moindre progrès, nous ramèneraient infailliblement aux premiers temps de la micrométrie et aux grains de sable de Leuwenhoeck.

Depuis longtemps on faisait des recherches dans le but de simplifier les procédés micrométriques ; mais il fallait en même temps conserver ou plutôt augmenter leur exactitude. M. Amici publia un mémoire {De’ microscopî catadiottrici, memoria presentata ed inscritta nel tomo XVIII délia Socielcl italiana delle scienze residente in Modena), traduit en français et publié dans les Annales de chimie et de physique (tome XVII, août 1821).

Notre curiosité fut vivement excitée par cette publication, qui contenait de bons renseignements sur l’application de la caméra à la micrométrie. Nous devons dire toutefois que pour nous ces instructions manquaient peut-être de clarté.

Ceux de nos lecteurs qui seront curieux de connaître la méthode du savant professeur de Modène pourront consulter les mémoires indiqués plus haut : il nous eût été impossible de les reproduire ici.

Des expériences répétées nous mirent bientôt en possession des procédés que nous allons décrire. Pour plus de certitude, nous les avons communiqués à un grand

nombre de personnes qui ont bien voulu les vérifier, et les emploient exclusivement aujourd'hui.

Il faut remarquer que M. Ainici n’avait pas déterminé d’une manière précise la distance de l’oculaire au papier sur lequel on dessine. Cette détermination élaiL cependant importante, et nous devons en dire quelques mots avant de commencer notre description.

Les physiciens varient dans leurs estimations de la distance de la vue moyenne. Cette variation amène nécessairement des différences dans les calculs, et, si l’on n’en tient pas exactement compte, on s’expose à commettre de grossières erreurs. Nous croyons qu’on pourrait faciliter les opérations en admettant un terme moyen représenté par une mesure décimale. Ainsi donc, nous avons depuis longtemps adopté une distance de 25 centimètres, sans prétendre en aucune manière cpie ce soit la véritable distance , mais parce que cette mesure décimale simplifie encore les calculs , déjà fort simples, de nos procédés, et que d'ailleurs elle ne s'éloigne pas trop des différentes évaluations indiquées par les physiciens.

Nous avons déjà parlé plusieurs fois de micromètres divisés sur verre; il devient indispensable d’en donner une courte description.

On est parvenu, à l’aide du diamant et d’une machine, à tracer sur une lame de verre un grand nombre de divisions égales dans un très-petit espace : ainsi nous obtenons aujourd’hui le millimètre divisé en cinq cents parties. Plusieurs artistes et quelques amateurs exécutent ces divisions avec une grande perfection. Parmi ces derniers, nous citerons Le Baillif, qui avait lui-même construit une machine à tracer que nous possédons aujourd’hui. M. le baron Séguier grave des micromètres pour ses expériences, et il serait difficile d’obtenir des instruments exécutés avec plus

de netteté et d’exactitude. Le Baillif eut le premier l’heureuse idée de donner des longueurs différentes aux traits de ses divisions ; on ne saurait s’imaginer combien cette disposition est avantageuse. Ainsi, par exemple, cet habile observateur indiquait distinctement cinq ou six divisions par des traits plus ou moins longs, semblables à ceux que l’on trace sur les échelles métriques ordinaires.

Quoiqu’on soit parvenu à diviser le millimètre en cinqcentièmes, on fait rarement usage d’une échelle aussi délicate, et, si l’on comprend bien nos procédés, on reconnaîtra qu’elle est tout à fait inutile, puisqu’on peut à volonté obtenir des fractions aussi petites que l’on veuL en reculant la mire à une distance plus ou moins considérable.

Les micromètres objectifs sont ordinairement fixés dans l’ouverture d’une réglette de cuivre (1).

(1) Les micromètres oculaires, divisés ordinairement en dixièmes de millimètre, quelquefois en millimètres, sont sertis dans une petite bague de cuivre j on dévisse la lentille supérieure de l’oculaire, et l’on place le micromètre sur le diaphragme qui se trouve dans le tube. On remet le tout en place, et l’on voit dans le champ du microscope les divisions du micromètre oculaire.

Mais cette disposition est défectueuse, et, dès l’origine, Charles Chevalieï rendit mobile le premier verre de l’oculaire, de façon à permettre de mettre au point les divisions du micromètre. En Angleterre, on imagina de fendre l’oculaire au niveau du diaphragme, et d’introduire par cette ouverture le micromètre placé dans une monture ad hoc. Les Anglais emploient même leur micromètre oculaire monté au centre d’une petite plaque munie d’une vis de rappel, pour mouvoir le micromètre et mettre les t divisions en contact avec celles du micromètre objectif.

Notre mouture de micromètre oculaire consiste simplement dans le tube I à frottement pour mettre au point le micromètre. Ce dernier se place dans i l’oculaire à l’aide d’une fente spéciale. Le tube du microscope est fendu suile côté pour laisser passer l’extrémité de la plaque portant le micromètre.

1 Ce dernier retiré, ou referme l’ouverture de l’oculaire à l’aide d’une petite portion de tube qu’un mécanisme fort simple fait mouvoir. Cette construl-- 1 ti'tn est d'un usage facile et ne nécessite aucune étude. (A. C.)

Il faut distinguer deux choses dans la micrométrie : 1° l’évaluation du pouvoir amplifiant du microscope; 2° la mesure de la grandeur réelle des objets. Commençons par le pouvoir amplifiant, et, pour aller du simple au composé, prenons d’abord le microscope solaire.

Lorsque l’écran sera placé à la distance convenue (0ra ,25), on introduira dans le porte-objet, ou platine, un micromètre divisé, par exemple, en millimètres, dont l’image ira se peindre sur l’écran. Avec un compas, on mesurera exactement la grandeur de cette image ou d’une de ses parties; ensuite on portera les pointes du compas sur une échelle métrique, et l’on obtiendra tout de suite l’évaluation du pouvoir amplifiant des lentilles. Supposons, par exemple, qu’un millimètre du microscope occupe sur l’écran un espace égal à 1 décimètre, nous aurons une amplification de 100 fois, et l’opération sera toujours aussi facile, quelles que soient les quantités.

Nous avons dit qu’on pouvait augmenter la puissance du microscope solaire, soit en changeant les lentilles, soit en éloignant l’écran. 11 arrivera donc que, plus on éloignera ce dernier, plus l’image du millimètre paraîtra amplifiée.

On peut employer le même moyen pour estimer la force du microscope simple ordinaire, en fixant la lentille ou le doublet à la place des lentilles achromatiques; cependant nous allons indiquer un procédé tout aussi simple, et qui donne des résultats très-exacts.

Notre petit microscope horizontal peut être converti en microscope simple, et par conséquent ce dernier peut prendre la position horizontale. On aurait donc la faculté d’y adapter la chambre claire horizonto-verticale de M. Amici ou le miroir de Sœmmering.

Plaçant alors le papier à 0m,25 de l’axe de la lentille,

et sur la platine un micromètre divisé, par exemple, en centièmes de millimètre, on marquera sur le papier deux points correspondants à une ou plusieurs divisions amplifiées du micromètre, et la comparaison de cet intervalle avec les divisions d’une échelle métrique donnera pour résultat la mesure exacte du pouvoir amplifiant.

Exemple. — Soit un micromètre divisé en centièmes de millimètre. Si l’image amplifiée de cinq centièmes, ou un vingtième de millimètre, correspond à un centimètre de la règle, le pouvoir amplifiant de la lentille sera égal à 200. Si l’on pose alors la règle métrique à la place du papier, et que l’on fasse concorder ses divisions avec celles du micromètre vu au moyen de la lentille, on pourra faire l’opération avec la plus grande rapidité.

Mais tous les microscopes simples ne sont pas disposés de manière à pouvoir prendre la position horizontale; il fallait donc modifier le procédé, ou plutôt renverser le système.

Placez à 0m,25 de l’axe, et à la hauteur de la lentille, une mire ou tableau sur lequel on aura collé préalablement une feuille de papier blanc. Posez sur la lentille le miroir percé d’Amici, en dirigeant sa surface réfléchissante vers la mire. Si vous mettez alors le micromètre sur la platine et que vous regardiez par l’ouverture centrale du miroir, vous verrez en même temps la mire et les divisions amplifiées du micromètre qui sembleront tracées sur le papier. Si vous prenez sur l’écran la distance d’une ou de plusieurs divisions du micromètre avec un compas, vous n’aurez plus qu’à comparer celte distance aux divisions de 1 échelle micromélrique, et vous obtiendrez le résultat par la même opération que ci-dessus. On conçoit aussi qu’il est également possible de placer la règle sur la mire, ou de tracer sur cette dernière des divisions correspondantes.

Nous pensons qu’il esl, impossible d’employer des procédés plus simples et plus à la portée de toutes les intelligences. Ainsi donc, sans nous arrêter davantage sur ce point, nous passerons tout de suite aux méthodes dont nous faisons usage pour déterminer la grandeur réelle des objets soumis «à l’action du microscope simple.

Et d’abord, nous engageons de nouveau le lecteur à bien se pénétrer de la vérité de ce fait, qu’zY est absolument inutile de connaître le pouvoir amplifiant du microscope pour déterminer la grandeur réelle des objets.

Débarrassées de cette complication, les opérations suivantes seront tout aussi simples et aussi facilement comprises que celles dont nous venons de nous occuper.

Pour le microscope solaire, il faut agir comme pour mesurer son pouvoir amplifiant; il est évident que si un millimètre du micromètre vient se peindre sur le tableau sous les dimensions d’un décimètre, tout objet mis à la place du micromètre devra se peindre avec des proportions relatives; donc un corps qui occupera sur l’écran un espace correspondant à 0"’,1 aura nécessairement pour grandeur réelle 0ra,001, et ainsi de suite. Lorsqu’on a tracé sur l’écran les points correspondants à 0m,001 du micromètre, il faut donc retirer ce dernier, et glisser à sa place l’objet dont on veut trouver la grandeur réelle. Mais il peut arriver que l’objet ne remplisse pas exactement l’intervalle indiqué sur le tableau; celle difficulté n’arrêtera nullement l’opération, car il suffit d’employer un micromètre divisé en centièmes de millimètre et de tracer sur le tableau toutes ces divisions. Nous verrons tout à l’heure qu’il est un autre moyen d’arriver à connaître la grandeur réelle des plus petits corps.

Emploie-t-on le microscope simple dans la position horizontale, voici la manière de procéder.

On dispose l’appnreil comme pour mesurer l’ampli fica- 1 ion ; après avoir dessiné sur le papier l’image amplifiée du micromètre, que l’on enlève, on met, sur la platine l’objet à mesurer, et l’on compare son amplification avec l’éclielle obtenue préalablement.

Nous devons parler ici d’une importante modification que nous avons fait subir à ce procédé.

Lorsque les objets sont infiniment petits, dans le cas où l’on veut mesurer des détails d’une grande finesse, alors même qu’ils sont amplifiés, on éprouve le besoin d’avoir une échelle divisée en parties presque insensibles. Mais l’exiguïté de ces divisions les rendrait imperceptibles à l’œil nu, et l’on ne pourrait obtenir une évaluation exacte. Notre procédé fait disparaître tous ces obstacles, et donne à la micrométrie une puissance en quelque sorte illimitée. On nous pardonnera donc des détails et des répétitions indispensables.

L’appareil est disposé de la même manière que dans l’opération précédente; mais, comme il ne s’agit pas de chercher le pouvoir amplifiant de la lentille, on ne sera point tenu de placer le papier à une distance de 0m,25. On pourra donc l’éloigner autant qu’on voudra, et celte faculté constitue toute l’importance du procédé micrométrique.

Supposons que le papier soit placé à 0m,50 de la lentille; admettons encore que le micromètre objectif soit divisé en centièmes de millimètre, et que la lentille amplifie cent fois (1). 11 est évident que si le papier était placé à 0'",25, un centième de millimètre amplifié correspondrait sur le papier à un millimètre; donc, si le papier

(1) Nous sommes forcés ici de mentionner l’amplification, par la nature même du problème, qui sans cela eût été tout à fait inintelligible.

est placé à 0m,50, ce centième de millimètre correspondra à 2 millimètres. Mais on sait que ces 2 millimètres en représentent toujours qu’un centième de millimètre. Quand on aura établi cette proportion, on retirera le micromètre pour glisser à sa place l’objet qu’on veut mesurer, et dès lors il sera facile de connaître la grandeur réelle d'une de ces parties, quand bien même elle ne serait que d’un cinq-centième de millimètre; car, aussitôt que l’on a obtenu sur le papier une image du centième de millimètre du micromètre, on pourra la diviser en cinq ou dix parties, et cela avec d’autant plus de facilité que celte mesure sera plus étendue. Ainsi donc, 2 millimètres seront plus faciles à diviser en cinq parties que ne le serait un seul, et de plus ces divisions seront visibles à l’œil nu.

La partie de l’objet mise à la place du micromètre paraîtelle remplir sur le papier une, deux ou trois de ces divisions, la grandeur réelle sera de un, deux ou trois cinqcentièmes de millimètre.

Est-il besoin d’ajouter que, plus l’écran sera éloigné, plus on obtiendra de subdivisions, et plus il sera facile de mesurer exactement des objets infiniment petits, ou même leurs moindres détails.

Si l’on éprouve quelque embarras à tracer les mesures sur un papier placé trop bas, on peut y dessiner à l’avance une échelle divisée en millimètres, centimètres, etc. On établira sa concordance avec le micromètre, et après avoir remplacé ce dernier par un objet, on agira comme nous l’avons dit.

Quand on se sert du microscope simple vertical, on le dispose comme pour la recherche de l’amplification, et, lorsque le miroir d’Amici est placé sur la lentille et le micromètre sur la platine, on porte la mire à une certaine

distance, à deux mètres par exemple; puis on opère comme ci-dessus.

Dans le cas où l’on porte la mire trop loin pour pouvoir mesurer l’amplification avec un compas, il est avantageux d’y tracer préalablement une échelle divisée en , centimètres ou en parties égales qu’on pourra toujours faire concorder avec les traits du micromètre, en approchant ou reculant la mire.

CetLe dernière manœuvre est nécessaire toutes les fois que les traits du micromètre ne coïncident pas exactement avec ceux de l’échelle. On nous permettra de citer un exemple de cette opération. Soit un micromètre divisé en dixièmes de millimétré. Soit une échelle tracée sur la mire et représentant des centimètres; si l’on recule cette mire à une distance de deux mètres, les dixièmes de millimètre, vus au moyen du microscope avec un certain grossissement, correspondront exactement aux centimètres, et, par suite, un millimètre à 0m,10. Si l’objet qui remplace le micromètre remplit une division de J’écbelle, sa grandeur réelle sera égale à un dixième de millimètre. Mais quand on veut mesurer quelque détail de cet objet, comme on peut facilement diviser les centimètres de l’échelle en millimètres, si cet objet correspond à un millimètre, sa grandeur réelle sera égale à un centième de millimètre.

Nous allons maintenant passer au microscope composé; toutefois nous observerons que ces premières explications aideront beaucoup à l’intelligence de la seconde partie de notre travail.

Mais avant d’aller plus loin, il est important de répéter qu’il n’est nécessaire de placer le papier ou la mire à 0"',25, distance que nous avons adoptée pour la vision

A nT 11 U II CIlEVALtEIl. 12

moyenne, que lorsqu’il s’agit d'obtenir l’évaluation du pouvoir amplifiant du microscope.

Cet instrument est horizontal ou vertical ; il faut donc examiner séparément les procédés applicables aux différentes positions.

Mesure «le l'Amplification.

1° Microscope horizontal.

On fixe sur l’oculaire la chambre claire horizonlo-verticale d’Amici. Sur la platine, on place un micromètre objectif, et sur la table, h 0m,25 de l’axe de l’instrument, une feuille de papier. En traçant avec un crayon deux traits correspondant à une ou plusieurs divisions du micromètre, il sera facile ensuite de mesurer l’intervalle avec un compas et de le comparer aüx divisions d’une échelle métrique. On peut encore tracer d’avance cette échelle sur le papier; le rapport de ses divisions avec celles du micromètre indiquera positivement le grossissement du microscope.

Exemple. — ■ Soit un micromètre objectif divisé en centièmes de millimètre; si une de ses divisions correspond à Un millimètre de la règle, le millimètre, le microscope grossira cent fois, et ainsi de suite.

Voici maintenant une autre méthode beaucoup moins Simple, car il faut faire trois opérations pour arriver au résultat que nous obtenons avec une si grande facilité.

11 faut ! 1° trouver la puissance de l’oculaire;

2° Celle de l’objectif;

Multiplier l’une par l’autre.

En premier lieu, on met sur le diaphragme, à l’intérieur du tube de l’oculaire, un micromètre divisé, par exemple, en millimètres, et qui doit se trouver exactement au foyer

ÎDU GROSSISSEMENT Î)U MlCROSCOrE. 179

du verre oculaire; ensuite on replace dans le microscope le tube oculaire arme de la chambre claire d’Àmici (1). Au-dessous de la caméra , et à la distance convenue, se trouve le papier ou l’échelle. Si un millimètre du micromètre égale un centième de l’échelle, l’oculaire grossira dix fois.

Il s’agit maintenant de connaître la puissance de la seconde partie de l’appareil , c’est-à-dire de l’objectif et du verre de champ réunis.

Enlevez la caméra , placez sur la platine un micromètre que nous supposerons divisé ert centièmes de millimètre, mettez au point et cherchez, en faisant tourner la pièce de l’oculaire, ou bien au moyen du support, cà chariot, à faire concorder les divisions supérieures avec les inférieures, entin faites votre calcul proportionnel.

Ex. Si une division ou tin centième de millimètre du micromètre objectif correspond à un millimètre du micromètre oculaire, vous aurez pour résultat un grossissement de cent fois.

11 vous reste enfin à faire la troisième, ou, en d’autres termes, à multiplier la deuxième quantité.

Grossissement de l’oculaire = 10 fois.

Grossissement de l’objectif = 100 fois.

Donc 100 x 10 ou 1000 r= la puissance amplifiante du microscope.

Il arrive quelquefois qu’il n’y a pas concordance parfaite entre les divisions des deux micromètres, et que, pour l’obtenir, on est obligé d’allonger plus ou moins le microscope, au moyen du tube oculaire. Nous pensons, en con-

(1) On doit luire abstraction de l'objectif et du verre de champ qui pourraient être enlevés, mais qu'on laisse en place parce qu’ils dirigent les • rayons lumineux sur le micromètre oculaire.

séquence, que lorsqu’on emploiera le procédé que nous venons de décrire, on devra commencer par établir la concordance des deux micromètres, puis retirer l’inférieur, sans Loucher au tube oculaire, et procéder comme nous l’avons indiqué plus haut.

2° Microscope vertical.

Les deux moyens applicables au microscope horizontal le sont également à l’appareil vertical.

Pour le premier, on remplace la chambre claire d’Amici par son miroir percé ; plaçant ensuite un micromètre objectif sur la platine, et une mire ou écran à on

opère comme avec le microscope horizontal ; il en est de même pour le second procédé.

Mesure de In grandeur réelle (le<s objet*.

1° Microscope horizontal.

L’excellence des opérations que nous avons indiquées pour le microscope simple devient surtout évidente lorsqu’on emploie l’instrument composé.

Disposez l’appareil horizontal comme pour mesurer le grossissement, mais éloignez votre papier autant qu’il vous sera possible, et vous aurez une échelle qui représentera l’amplification considérable suivie par le micromètre objectif, La facilité avec laquelle vous pouvez diviser cette échelle en parties plus ou moins petites, vous permettra de mesurer la grandeur réelle des objets les plus déliés.

Si vous n’employez pas la chambre claire, il suffit de remplacer le micromètre objectif par l’objet à mesurer, et son rapport avec le micromètre oculaire donnera la mesure de sa grandeur réelle.

Ex. Soit un micromètre oculaire divisé en millimètres. Si le micromètre objectif est divisé en centièmes et qu’une de ces divisions corresponde à un millimètre de l’oculaire, un objet mis à la place du micromètre objectif, et qui remplira une des divisions du micromètre oculaire, aura une grandeur réelle d’un centième de millimètre.

2° Microscope vertical.

Avec un microscope vertical, on remplace encore la caméra d’Amici par son miroir ; mais ici, comme pour le microscope simple vertical, on peut reculer la mire aussi loin qu’on le jugera convenable.

Ex. Soit un micromètre objectif divisé en centièmes de millimètre, soit une mire divisée en centimètres et placée à trois mètres de distance. Supposons que le pouvoir amplifiant soit tel que deux divisions du micromètre inférieur correspondent à cinq divisions de l’échelle tracée sur l’écran, il est évident que ces cinq divisions représenteront deux centièmes ou un cinquantième de millimètre. Si je subdivise les cinq parties de la mire en deux parties chacune, j’aurai dix divisions représentant des cinq centièmes de millimètre. On conçoit, qu’en augmentant la distance de l’écran au microscope, on obtiendra une échelle représentant des millièmes, etc., de millimètre.

Si l’on a bien conçu toute l’importance de ce procédé, on pardonnera volontiers la répétition de cet exemple, que nous avons déjà donné en parlant du microscope simple, et nos lecteurs conviendront sans doute avec nous que ce moyen donne à la microscopie une puissance presque illimitée.

Nous doutons fort que les personnes qui auront une fois employé notre procédé aient jamais recours à l’emploi du

double micromètre; néanmoins, nous devons en dire deux mots.

L’appareil est le même que pour la mesure de l'amplification du microscope vertical, moins la mire et Je miroir d’Amici. On substitue l’objet au micromètre objectif, dont on a préalablement déterminé le rapport avec le micro* mètre oculaire.

Avec la chambre claire appliquée au microscope on mesure très- facilement les angles des cristaux; il suffit de dessiner l’angle et, de mesurer avec un rapporteur. Ce moyen dispense nécessairement de goniomètre. On pourrait encore employer le microscope solaire qui amplifie considérablement ces angles.

Malgré cela, nous donnerons la description du goniomètre. Cet instrument représenté figure 112 est fixé dans un oculaire AB, au foyer du verre supérieur. La pièce CC, est

Fig. 112.

composée d’un cercle de cuivre CC, dans lequel tourne le disque DD, percé à son centre d’une ouverture circulaire qui reçoit un disque de verre, sur lequel on a tracé au diamant le petit trait ac. La circonférence extérieure de la pièce DD est dentée et le boulon F terminé par un pignon qui permet d’imprimer un mouvement circulaire à DD. IJn second disque de verre sur lequel on a tracé au diamant le trait bd, est maintenu immobile sur la pièce CC. Après avoir fait concorder les traits des deux disques, si l’on tourne le boulon F, le mouvement sera

DE LA POLARISATION

communiqué à la pièce DD, et, les traits se croiseront en formant des angles plus ou moins ouverts qifon mesurera sans peine au moyen des degrés tracés sur le cercle CC. L’idée première de çet appareil appartient à M. Raspajl ; la partie mécanique a été modifiée par Charles Chevalier,

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