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MICROSCOPIQUES

’e présenté figure 134, est branche dans une place

ad hoc ; on règle la hauteur à l’aide d’une vis, puis à l’aide

du rasoir on obtient des tranches égales et aussi minces

DISSECTION DES OIM ETS MICROSCOPIQUES.

qu’on le désire. Une vis de pression maintient les objets en place.

Charles Chevalier à imaginé pour cet usage une machine très-précise, permettant de faire des sections à toutes les inclinaisons et d’en mesurer l’épaisseur.

M. Follin, savant anatomiste, a, de son côté, fait construire par MM. Robert et Collin, habiles fabricants d’instruments de chirurgie, une excellente machine pour couper

Fie. 1 35.

les tranches de bois à des épaisseurs déterminées. La figure 135 représente celle ingénieuse machine.

Maintenant que nous connaissons les instruments que

l’on emploie pour la dissection, donnons à ce sujet quelques directions générales, car il est impossible de préciser et. de donner des règles exactes.

Si l’on a affaire à des objets un peu volumineux, desquels on veut mettre en évidence certaines parties, soit dans la dissection des tissus animaux ou végétaux, c’est par l’usage alternatif du scalpel et des ciseaux, ou du tranchoir de Strauss, en pratiquant des incisions ou des sections, que l’on commencera les dissections. On emploiera nécessairement des scalpels et des ciseaux d’une forme appropriée suivant l’objet que l’on dissèque. Il ne restera plus qu’à séparer les parties incisées, à les fixer à l’aide d’épingles ou autres moyens.

Si l’on veut ensuite extraire de petits objets pour les soumettre à d’autres dissections, à l’aide des aiguilles emmanchées on les mettra en évidence, puis les saisissant avec despresselles fines, on les séparera à l’aide des ciseaux à ressort ou de petits scalpels. Si l’objet est mou, s’il s’agit d’une larve d’insecte, ou autre corps de même nature, c’est par déchirements et à l’aide des aiguilles droites et courbes que l’on opérera les dissections, car la nature du corps permet, par sa consistance, d’isoler tous les organes que l’on veut étudier. Certains corps compactes, tels que la graisse, le cerveau; d’autres encore, tels que les glandes, seront examinés en pratiquant des coupes, à l’aide d’un bon rasoir imbibé d’eau, ainsi que l’objet sur lequel on opère. D’autres fois, les coupes se font à sec, mais les corps ont besoin d’être plongés préalablement dans une solution d’acide chromique, puis desséchés ensuite à l’air. Les tissus et corps végétaux sont généralement plus faciles à disséquer que les autres. Dans ces opérations, on retire de grands avantages en laissant macérer quelque temps les objets que l’on veut disséquer.

C’est, en grande partie, par déchirements, que l’on obtient les meilleurs effets, et que l’on met en évidence dans les tissus végétaux les objets qui présentent de l’intérêt. Les coupes en tranches minces des différents bois devront être aussi nécessairement consultées. Comme nous l’avons déjà dit, on obtient ces coupes à l’aide des machines dont nous avons parlé. Un excellent moyen de faire des coupes consiste à placer l’objet entre deux lames de moelle de sureau . Le tout est maintenu dans un étau à main (fig. 1 36). Il ne reste plus. qu’à se servir du rasoir, pour obtenir des tranches parfaites. Pour les coupes d’os, de dents, il faut les scier, les user et les polir; on fait mieux pour cela d’acheter des préparations faites.

Fig. 136.

Pour examiner les poils des animaux, il faut suivre le procédé indiqué par M. Dujardin, qui consiste à fixer sur une baguette de bois sur laquelle on a pratiqué une rainure longitudinale, un faisceau de poils à observer, et à couper le tout en tranches minces, à l’aide du rasoir ; on délaye ensuite les tranches dans l’eau, et l’on obtient des coupes parmi lesquelles on cherche celles qui paraissent les plus parfaites.

Si l’on veut étudier des bois fossiles, des coquilles, des pétrifications, il faudra en extraire des lames minces, qui, une fois polies, seront fixées sur des lames de glace à l’aide du baume du Canada, et seront alors prêtes à être observées.

Ces lames ne peuvent être extraites -que par un ouvrier

habile, el les amateurs feront bien de ne pas se livrer à ces manipulations, qui rentrent dans les attributions du lapidaire et de l’opticien.

Examinons maintenant les précautions à prendre pour la dissection des petits objets; il nous suffira de peu de mots pour les indiquer, car elles se pratiquent sur la platine du microscope simple, sur un disque de glace que l’on y adapte à cet effet. On se sert des doublets de Charles Chevalier, avec des grossissements variables depuis dix fois jusqu’à soixante et plus; mais, dans ce cas, il faut une certaine habileté, qu’on n’acquiert qu’après de nombreuses manipulations. On peut aussi, sur la platine du microscope simple, avec de faibles pouvoirs, disséquer d’assez gros objets ; mais lorsqu’ils sont trop volumineux, l’emploi du porte-loupe et de la loupe achromatique est bien préférable.

Les instruments qui servent à disséquer les petits objets sur la platine du microscope se résument en général par l’emploi des aiguilles droites et courbes, soit emmanchées dans du bois, ou mieux dans les petits manches à coulisse dont j’ai parlé. Les petits scalpels et les presselles fines seront aussi employés. C’est par leurs belles dissections et observations à l’aide du microscope simple, que les Swammerdam, les Lyonnet.les Leuwenhoeck, ont immortalisé leur nom. C’est dans leurs ouvrages que l’on trouvera les conseils les plus précieux, dictés par le savoir et la persévérance. Voici, du reste, comment Swammerdam procédait.

Swammerdam disséquait les petits insectes sur une table de cuivre construite par Musschenbroeck. Sur cette table, deux bras mobiles étaient destinés l’un à maintenir l’objet, l’autre à porter la lenLille ou le microscope construits avec le plus grand soin. Leurs foyers ainsi que leurs dimen-

siens étaient variables. Swammerdam commençait ses observations avec les plus faibles amplifications dont il augmentait progressivement la puissance.

11 paraît avoir excellé surtout à construire de très-petits ciseaux et à leur donner un tranchant parfait; il en faisait usage pour les objets très-déliés, préférant leur manière nette de trancher les corps, à l’action des scalpels et des lancettes qui, bien qu’excessivement fins, altèrent souvent les substances délicates et tiraillent les organes. Ces scalpels, lancettes, aiguilles, etc., étaient si déliés, qu’il ne pouvait leur donner le tranchant nécessaire qu’en les examinant à travers une loupe, mais aussi faisait-il avec ces instruments l’anatomie d’une abeille aussi nettement qu’auraient pu le faire les plus fameux anatomistes sur de srands animaux. Il maniait avec une adresse infinie des petits tubes de verre effilés, aussi minces que des soies de porc. Ils lui servaient à insuffler les plus petits vaisseaux pour la démonstration, à les isoler dans leur marche ou à les injecter avec des liquides de différentes couleurs ; il faisait périr ses insectes en les plongeant dans de l’alcool, de l’eau ou de l’essence de térébenthine qui empêchaient la putréfaction, augmentaient la solidité des parties molles et facilitaient leur dissection.

Quand il avait divisé le petit individu avec les ciseaux et nolé attentivement tout ce qu’il remarquait d’abord, il enlevait avec soin et patience les divers organes après les avoir préalablement isolés avec des pinceaux fins, de la graisse abondante qu’on rencontre chez les insectes et dont la dissection entraîne souvent l’altération des parties voisines. Cette manœuvre est plus facile lorsqu’on la pratique sur les insectes à l’état de nymphe.

Parfois il plongeait les viscères dans l’eau et les agitait doucement pour mettre en évidence les conduits aérifères

qu’il parvenait, parce moyen, à isoler des parties environnantes sans les altérer. 11 nettoyait souvent les viscères en dirigeant sur eux le jet d’une seringue, puis il insufflait les trachées et les faisait sécher pour de nouvelles observations. Plusieurs fois il lit les recherches et les découvertes les plus importantes, sur des insectes conservés dans du baume pendant des années. II lui arrivait aussi de les ponctionner avec une aiguille très-fine et après avoir chassé tous les fluides par une légère pression, il insufflait avec des tubes très-fins, faisait sécher les individus à l’ombre et les enduisait d’une couche d’huile d’aspic tenant en dissolution une petite quantité de résine ; ces préparations retenaient longtemps leurs formes naturelles. Swammerdam connaissait un moyen secret de conserver aux nerfs, leurs formes et leur souplesse.

Il reconnut que l’essence de térébenthine dissolvait entièrement le tissu graisseux des insectes et dès lors il put découvrir nettement les organes : après cette dissolution, il soumettait les pièces à des lavages répétés dans l’eau. Souvent il passa des journées entières à nettoyer ainsi des chenilles, pour découvrir la structure du cœur.

Nous devons mentionner son procédé ingénieux pour enlever l’enveloppe extérieure des chenilles au moment où elles se disposaient à filer. Il les suspendait par leur fil et les plongeait subitement dans de l’eau bouillante d’où il les retirait aussitôt. L’épiderme se détachait alors avec la plus grande facilité et il enlevait sans peine les débris de l’enveloppe, en plaçant la chenille dans un mélange à parties égales d’esprit-de-vin et de vinaigre distillé, qui augmentait la solidité des parties. Au moyen de ce procédé, il démontrait évidemment l’emboîtement du papillon dans la nymphe et de celte dernière dans la chenille.

Lyonet avait toujours coutume de noyer les insectes

ARTIll’R CHEVALIER.

qu’il voulait étudier; il leur conservait ainsi la transparence et la souplesse. Ce naturaliste disséquait de préférence avec deux aiguilles fines fixées dans de pelils manches.

Le docteur Hooke avait reconnu combien il est difficile de dessiner certains insectes doués d’une grande mobilité et notamment la fourmi. Il imagina de les plonger dans de l’esprit-de-vin rectifié où ils trouvent une mort inslantanée. Lorsqu’on les en retire, l’alcool s’évapore et le petit individu reste parfaitement sec et dans une position naturelle.

On pourra pour les dissections se servir de la table anatomique de le Baillif, car c’est le microscope simple, supporté d’une manière différente.

Pour le même usage, on pourra employer le microscope composé redresseur, fort utile pour les dissections d’une extrême finesse, telles que celles relatives à la réLine, et autres objets délicats, mais dans le plus grand nombre de cas, la loupe montée suffit.

Notre intention était de donner une liste d’objets microscopiques les plus curieux, mais nous y avons renoncé, car M. le docteur Robin a publié une notice fort intéressante sur ce sujet (1). Nous ajouterons aussi que pour se procurer de beaux spécimens d’objets préparés, il faudra recourir à M. Bourgogne père, dont l'habileté est connue de tous les micrographes.

(1) Mémoire sur les objets qui peuvent être conserves en préparations microscopiques transparentes et opaques, par le docteur Ch. Robin. Paris, J. B. Baillière, rue Hautefeuille, 19 (1856).

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