CHAPITRE XVI
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE, éléments anatomiques.
Les études microscopiques modernes ont montré que le corps humain était formé à peu près tout entier d’un nombre inouï de corps extrêmement petits offrant des variétés de structure considérables, que l’on a appelés éléments anatomiques.
Il y a bien dans le corps, outre ces éléments, un certain nombre de liquides ou de substances demi-solides ; mais par cela même que ces liquides et ces substances plus ou moins molles n’ont pas de structure spéciale, elles ne tombent pas sous l’observation microscopique et rentrent dans le domaine de la chimie. Nous n’en parlerons pas.
Notre intention n’est pas même de passer la revue entière des éléments anatomiques, de les énumérer et de les décrire tous. Nous renvoyons les personnes qui voudraient étudier sérieusement l’histologie aux traités spéciaux (1), Ce que nous avons voulu, c’est plutôt mettre tout étudiant
(1) Précis cl' histologie humaine d'après les travaux clôt' école française,
par Georges Pouchet. 1 vol. in-8. Paris* 4 864 i
s’occupant de micrographie à même de voir les principales parties constituantes de notre organisation, c’est de l’initier simplement, par une suite d’observations faciles, à l’élude du moi corporel qui doit faire l’objet spécial de son attention, mais qui aussi présente un vif intérêt à toute personne curieuse de voir et de savoir.
Les éléments anatomiques sont très-variables dans leurs formes, ainsi que dans leurs rapports mutuels. Les uns nagent dans certains liquides comme les globules du sang, les zoospermes ; les autres sont aussi régulièrement agencés que les carreaux d’un parquet ou les fils d’une toile. Les masses demi-solides qui résultent de l’arrangement réciproque d’un certain nombre d’éléments anatomiques constituent ce qu’on appelle les tissus organiques, dont l’étude, toujours difficile, ne nous occupera pas immédiatement.
Nous venons de dire que les éléments anatomiques étaient de différentes sortes. Ils peuvent être rapportés aux trois divisions que voici :
Des fibres;
Des tubes;
Des cellules.
11 faut s’entendre sur ce mot cellule. D’une manière générale, on appelle cellule en histologie des éléments arrondis, larges d’une vingtaine de millièmes de millimètre, creusés ou non d’une cavité intérieure et présentant ordinairement un noyau. Celui-ci est un petit corps, mesurant sept à huit millièmes de millimètre environ, rond ou ovoïde, plus foncé que le reste de l’élément et offrant parfois des réactions chimiques tout à fait distinctes, en sorte qu’on peut, dans certains cas, dissoudre la cellule sans que le noyau soit autrement affecté. Le noyau présente parfois un point brillant qui prend le nom de nucléole.
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A U’iIISTOLOCIE. 337
On trouve encore dans le corps humain des cristaux et des granulations de différentes sorLes.
Enfin, signalons certaines substances homogènes telles que l’os, le cartilage, l’ivoire des dents, qui sont creusées de cavités à forme déterminée, et qui ne seront pas les objets les moins intéressants de l’élude dans laquelle nous entrons.
Manuel opéra (oirc.
Nous devons tout d’abord indiquer quelques principes généraux pour l’étude des éléments anatomiques cl même des tissus qu’ils forment par leur agencement régulier. 11 importe de se rappeler que les uns et les autres se laissent facilement attaquer par l’eau, qui modifie plus ou moins la forme de certains éléments. En général, ces modifications sont trop peu importantes pour gêner une observation superficielle. 11 est bon toutefois de savoir comment s’en préserver. Il faudra, autant que possible, observer les éléments anatomiques dans des liquides provenant de l’économie elle-même. Le blanc d’œuf délayé dans une certaine quantité d’eau est une ressource facile. Le mieux, quand on peut, est d'employer du liquide amniotique que l’on se procure facilement dans les maisons d’accouchement. On préviendra pour longtemps la putréfaction de ces liquides organiques en y ajoutant un petit morceau de camphre.
Quant à la préparation des éléments eux-mêmes, il faut tout attendre des hasards heureux. Si le tissu que forment ces éléments est dense, il faudra procéder sous la loupe aune dissection préalable et dilacérer le tissu avec des aiguilles montées (i). C’est en opérant sur les moindres
(1) Les aiguilles plus ou moins fines que l’on monte soi-même dans de
ARTHUR CHEVALIER
îiBS DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A l’iHSTOLOGIE.
parcelles, destrautions plus ou moins heureusement ménagées, qu’on parvient à isoler ou à laisser voir nettement quelques-uns des éléments qui composent ce tissu. Si le tissu est friable, comme la moelle des os, par exemple, il suffira de l’écraser doucement entre deux verres et de l’examiner ensuite. L'important est de ne se lasser jamais et de recommencer avec persévérance ces préparations plus délicates et plus difficiles que ne le sont les autres recherches microscopiques.
Le tissu lui-même, c’est-à-dire l’arrangement réciproque des éléments sera examiné soit sur des parties extrêmement minces, dilacérées avec un soin particulier, soit sur des coupes. La première condition pour pratiquer celles-ci avec avantage est de faire durcir le tissu à observer, en le laissant macérer quelques jours dans un liquide tel que l’alcool ou l’acide chromique étendu de 30 parties d’eau environ. Cette solution, très-usitée dans ce but, doit avoir à peu près la couleur du cognac vieux. C’est un moyen aussi pratique que rapide d’apprécier le degré de dilution où il faut s’arrêter.
Quand le tissu est durci, on procède à la coupe de tranches extrêmement minces à l’aide d’un rasoir emmanché ou même d’un rasoir ordinaire. Celui-ci doit être affilé avec soin sur le pierre chaque fois que l’on va s’en servir, et, de plus, la lame doit être trempée et mouillée d’alcool à 36 degrés afin de mieux mordre. Pour l’étude, les sections incomplètes peuvent parfaitement suffire, elles ont même cet avantage d’atteindre sur leurs bords un degré de minceur qu’il serait impossible de réaliser dans une certaine étendue. C’est à l’esprit à assembler les données
petits bouts de bois, sont infiniment préférables. Voyez, pour tout ce qui concerne la dissection des objets microscopiques, ci-dessus page 229.
nu MICIiOSGOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
que lui a fournies l’observation d’un nombre plus ou moins grand de préparations, toutes incomplètes, et dont lui sait faire un tout homogène, par l’abstraction.
Une coupe très-belle, très-régulière et totale d’un organe est plutôt en réalité un objet de luxe qu’un objet précieux d’étude.
Tous les éléments anatomiques ne montrent pas les mêmes réactions avec les agents chimiques, c’est-à-dire que tel acide, telle base qui dissout un élément, est sans action aucune sur un autre. On a su mettre à profit cette particularité et en tirer le plus grand parti dans l’élude des éléments qui concourent ensemble à former un seul et même tissu par leur enchevêtrement réciproque. Par exemple, que certains de ces éléments unis, groupés dans une trame commune, soient solubles dans un réactif donné, il est évident que l’action de ce réactif sur la préparation sera favorable à l’observation des autres éléments constitutifs de ce tissu. Par les réactifs on peut donc agir individuellement sur un élément donné au milieu de plusieurs autres, soit qu’on veuille le faire disparaître pour rendre ceux-ci plus visibles, soit qu’on veuille opérer précisément le contraire.
Certains réactifs sont d’un emploi journalier dans les recherches histologiques, parce qu’ils jouissent de la propriété de rendre la plupart des tissus plus transparents. Ce sont la soude et l’acide acétique très-dilués tous deux, la glycérine et Peau sucrée. Ces deux derniers agents ont de plus l’avantage de conserver quelque temps les préparations en raison de leur fixité.
Il peut être parfois intéressant de suivre sous le microscope même l’action d’un réactif; pour cela on en dépose doucement une goutte avec un agitateur sur le porte-objet près des bords du verre mince. Ce liquide ainsi ajouté
pénètre par capillarité entre les deux lames, et l’on peut suivre son action qui se communique de proche en proche et souvent avec assez de lenteur, dans le champ du microscope. Pour activer sa marche aussi bien que pour remplacer le véhicule de la préparation par un autre, sans la déplacer, on met simplement de l’autre côté du verre mince, au contact du liquide, un fragment de papier buvard qui pompe instantanément le premier véhicule et laisse la pièce s’imbiber du nouveau liquide sans .que les parcelles organiques maintenues entre les deux verres aient été en rien dérangées.
Il faudra se servir ordinairement, pour étudier les éléments anatomiques du corps humain, d’un grossissement de 250 à 300 diamètres ; ce sera le plus souvent suffisant. Il n’est jamais mauvais toutefois de soumettre la préparation observée, sans la changer de place si cela est possible, à des grossissements de plus en plus forts jusqu’au maximum. Pour les tissus, les trames organiques, il est nécessaire de toujours commencer par les plus faibles grossissements pour arriver successivement à celui de 250 à 300 diamètres que nous appellerons grossissement moyen. Il ne faut pas oublier non plus de varier pour chaque préparation l’intensité de l’éclairage afin de s’arrêter au plus favorable, qui n’est pas toujours le plus intense.
(Granulations.
Nous ne signalerons ici que trois sortes de granulations qu’il importe de connaître et qu’on rencontre à chaque instant dans les observations histologiques. Ce sont les granulations grises, les granulations graisseuses et les granulations pigmentaires.
Granulations grises. — La plupart des éléments analo-
iniques que l’on porte sous le microscope, laissent voir dans leurs intérieurs un nombre infini de points pâles dont les dimensions sont à peu près inaccessibles à nos moyens de mensuration.
Ce pointillé est plutôt favorable à l’observation que nuisible, il permet de voir, en impressionnant les rayons lumineux qui traversent le corps observé. Si, en effet, ces rayons arrivaient à l’œil sans être modifiés, ils ne pourraient nous donner la notion d’aucun corps interposé. Ceci est le cas pour certaines membranes et en particulier pour les cristalloïdes que nous étudierons plus loin.
Granulations graisseuses. — Si les granulations grises aident à l’observation, il n’en est pas de même d’autres granulations plus grosses que les précédentes, mesurant parfois jusqu’à 0mm, 002 de diamètre, à bords foncés, noirs, et que l’on désigne d’une manière générale sous le nom de granulations graisseuses , quoiqu’elles ne soient pas toujours solubles dans l’alcool et l’éther.
Ces granulations, quand elles sont quelque peu abondantes dans un tissu, gênent considérablement l’observation microscopique. On essaye alors de les dissoudre en portant successivement sur la préparation débarrassée du verre mince un certain nombre de gouttes d’éther avec l’extrémité d’un agitateur, à mesure qu’elles s’évaporent. On peut aussi plonger la préparation, quand elle est cohérente, dans un tube contenant de l’éther et mettre celui-ci à son tour dans de l’eau qu’on aura fait un peu chauffer et qu’on aura ensuite éloignée du feu. L’éther entre en ébullition et nettoie l’objet de toute la graisse qu’il peut contenir.
La présence de granulations graisseuses à l’intérieur des éléments anatomiques annonce en général que ceux-ci avancent en âge. Aussi laut-il toujours avoir soin de choisir
3Zl2 DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
pour les études histologiques, des tissus provenant de sujets le plus jeunes possible, parce qu’ils sont plus transparents.
Granulations pigmentaires. — On sait que le fond de l’œil est tapissé par une membrane noire, appelée choroïde, qui le met dans les conditions d’une chambre obscure.
Quand on porte sous le microscope une parcelle de cette membrane noire, on voit qu’elle doit sa couleur à une infinité de granulations extrêmement foncées : ce sont des granulations pigmentaires. Elles peuvent même se déposer sous forme de poudre noire dans l’eau où l’on a agité une membrane choroïde, et se prêter encore mieux à l’observation.
Mouvement brownien.
Quand on examine au microscope des granulations en suspension dans un liquide peu dense, tel que l’eau, et qu’on les regarde avec soin, on ne tarde pas à voir qu’elles sont animées d’un mouvement particulier et continu : elles semblent danser sur place. On a donné à ce phénomène le nom de mouvement brownien de l’observateur Brown qui le premier l’a décrit. Le mouvement brownien n’appartient pas en propre aux granulations organiques : on l’observe également très-bien sur des parcelles minérales en suspension dans l’eau, pourvu qu’elles soient assez fines. Gomme il peut se trouver en même temps sous le microscope des animalcules, tels que certaines monades qui soient elles-mêmes aussi petites que des granulations organiques, il importe de savoir les distinguer.
Pour cela, on choisit à observer un groupe de deux ou trois de ces particules microscopiques dont il reste à déterminer la nature. Si elles n’obéissent qu’au mouvement brownien, on verra bien ces points s’agiter, se rappro-
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A l’HISTOLOUIK. 3Z|3
cher, s’éloigner pour se rapprocher encore; mais le cercle d’action de leurs mouvements restera toujours éminemment restreint, et les particules constituant le groupe que l’on a sous les yeux, conserveront toujours, en définitive, leur position réciproque.
Si ce sont des animaux, ils pourront bien, pendant quelque temps, demeurer dans le voisinage l’un de l’autre, mais il y a toutes chances pour que l’on voie le groupe se diviser, et un au moins des individus qui le composaient, s’éloigner peu à peu dans une direction propre. On a alors affaire à un acte de volonté qui indique la vie dans ces points animés.
Oistnux.
On trouve dans l’économie, à l’état normal, deux espèces de cristaux, ceux de l’oreille et ceux de la bile. On peul aussi en rencontrer une troisième espèce extrêmement remarquable par sa couleur et qui provient du sang. Il faut joindre à cette nomenclature les cristaux de l’urine qui sont ordinairement remarquables par leur volume et la netteté de leurs formes.
Cristaux de V oreille. — Pour bien voir ces cristaux, on se procurera l’os temporal encore frais de quelque enfant nouveau-né.
Dans ce qu’on appelle le vestibule de l’oreille interne et dans les canaux demi-circulaires flotte une membrane délicate qui reproduit à peu près la forme de ces anfractuosités. En portant sous le microscope une parcelle de cette membrane, on y découvre de petits cristaux ; leur volume varie de O"1'", 010 à 0mm, 060 de long. Les plus gros ont 0mni,0/i0 de large. Ils sont pâles, jaunâtres, un peu allongés; leurs angles sont émoussés, en sorte qu’ils ont
3/i/| DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
plutôt l’aspect de petits cylindres; pendant qu’à chaque extrémité ils sont terminés par deux ou trois facettes à arêtes vives et nettement taillées. Si l’on ajoute une goutte d’acide, ils se dissolvent en produisant des bulles de gaz, réaction qui montre que l’on a affaire à un carbonate.
Cristaux de la bile. — Les cristaux de la bile sont tout différents et formés par une substance grasse, la cholestérine. Ils sont très-abondants. 11 suffit de porter sous le microscope une goutte de bile pour les voir en grand nombre. Ils ont la forme de lamelles rhomboïdales ou rectangulaires. Ces tables , comme on les appelle, sont extrêmement minces; leurs arêtes sont pâles, très-fines, déliées, régulières. Elles sont de grandeur très-variable, souvent imbriquées de manière à former des amas un peu confus, mais qui deviennent, en raison de leur volume, visibles à l’œil nu, et qui alors scintillent comme des paillettes dans le liquide où elles nagent.
Parfois, ces cristaux s’imprégnent de la substance colorante de la bile et prennent une couleur jaune.
Cristaux du sang. — Nous ne mentionnons ces cristaux que pour mémoire. Ils ne se présentent que très-rarement à l’observation dans le champ du microscope. Mais quoique toujours très-petits, ils fixent immédiatement l’attention par leur belle couleur. Celle-ci est éclatante; elle varie du rouge-orange au ponceau et au carmin.
Cristaux de l'urine. — Les urines sont tantôt acides et tantôt alcalines. Les dépôts des urines acides sont ordinairement colorés en jaune rougeâtre ou en rose plus ou moins foncé. Ils sont cristallisés ou pulvérulents. Les premiers, composés d 'acide urique, se présentent sous la forme de lames rhomboïdales parfaitement transparentes, parfois groupées et souvent de couleur jaune; ces cristaux, qui ont depuis 0,n‘",010 jusqu’à 0mm, 100 de diamètre et
plus, sont solubles avec effervescence clans l’acide nitrique concentré et insolubles dans l’acide hydrochlorique.
Les sédiments pulvérulents sont ordinairement formés par Yurate d’ammoniaque, auquel peut quelquefois se mêler du phosphate calcaire, très-soluble sans effervescence dans les acides et précipité par l’ammoniaque sous l’apparence d’une matière blanche et amorphe; Yurate d’ammoniaque, soluble avec effervescence dans les acides concentrés, se transforme en acide urique par l’action des acides étendus, et une dissolution de ce sel traitée par l’ammoniaque donne des lames rhomboïdales transparentes, ou de petits cristaux grenus.
L ’oxalale de chaux se présente aussi, mais rarement, sous la forme de cristaux grenus; on le distingue du phosphate en ce qu’il est insoluble dans l’acide acétique et que l’ammoniaque le précipite de sa dissolution dans les acides minéraux, sous cette même forme grenue.
On reconnaît le chlorure de sodium ou sel marin à des cristaux en octaèdre dont les faces présentent des degrés. Pour les obtenir, il faut faire évaporer une partie de l’urine en observation.
Les urines alcalines ont également des sédiments tantôt cristallisés, et tantôt pulvérulents; nous ne citerons que deux espèces de ces cristaux :
Le phosphate ammoniaco-magnésien est en cristaux de formes variées, mais dérivant, en général, du prisme droit rhomboïdal. La solution de ce sel dans un acide étendu donne par l’ammoniaque une multitude de petits cristaux diversement groupes.
Le phosphate de soude et d’ammoniaque, que l’on ne rencontre qu’après l’évaporation de l’urine, forme de beaux cristaux en larges pyramides à quatre faces et à sommet tronqué.
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«inyloïilcs.
On a décrit depuis ces derniers temps dans l’économie certaines concrétions organiques qui se rapprochent un peu par leur apparence de l’amidon végétal; on les a même appelées corps amyloïdes. Le moyen le plus facile de les observer est de porter sous le microscope une goutte du liquide laiteux qu’on fait suinter à la surface d’une prostate en le comprimant latéralement. Dans ce liquide on distinguera immédiatement un certain nombre de corps amyloïdes. Les plus petits sont pâles et souvent tout à fait transparents. Les plus gros, qui peuvent atteindre jusqu’à 0mra,100 de diamètre, laissent ordinairement voir des couches concentriques très-nettement marquées et qui justifient dans une certaine mesure l’analogie que l’on a cru remarquer entre ces corps et les grains de fécule. Ces couches sont parfois diversement colorées en jaune ou en brun ; elles sont friables et se brisent en éclats quand on les soumet à la moindre compression.
Snns.
Quand on porte sous le microscope une goutte de sang humain, on s’aperçoit tout d’abord que celui-ci est constitué par un nombre considérable de petits corps jaunâtres plutôt que rouges à la lumière transmise, nageant dans un liquide transparent. On a donné à ces corps le nom de (/lobules du sang. Nous verrons bientôt qu’il y a dans le liquide ou sérum du sang d’autres éléments anatomiques, mais la proportion des globules rouges est telle qu’ils fixent seuls d’abord l’attention.
Quand le sang tiré d’une piqûre faite à la peau est mis entre deux larges de verre, c’est un phénomène
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d’altéralion que le micrographe voit en premier lieu se produire sous ses yeux. Nous y reviendrons dans un instant. Pour le moment contentons-nous d’étudier les globules du sang tels qu’on les voit quand ils sont à l’état normal. On peut au reste les préserver de cette altération rapide et les observer plus à l’aise, en mêlant à la goutte de sang qui est sur le porte-objet, une goutte d’urine fraîche. Celle-ci les conserve, pendant que l’eau active au contraire leur décomposition.
La forme réelle des globules du sang n’est pas sphérique comme pourrait le faire croire le nom qu’on leur a donné. C’est celle d’un disque à bords arrondis et à faces excavées.
Ceci se voit très-bien quand un de ces courants qui se produisent toujours entre le porte-objet et le verre mince, vient à entraîner un globule rouge et à le faire rouler sur lui-même; il offre de profil un aspect tout particulier : il ressemble à une sorte de bissac ou de biscuit avec deux renflements extrêmes séparés par un étranglement. Cette image est à peu près celle que donnerait, en la regardant par le travers, une lentille biconcave.
Cet exemple montre bien que c’est seulement en combinant par la pensée, en analysant les différents aspects offerts par les objets microscopiques, qu’on peut en déduire leur forme véritable. En général l’image perçue au microscope doit toujours être analysée avant que l’esprit conçoive la forme de l’objet qui a produit cette image. Avec l’instrument il ne suffît pas de regarder et de voir: il faut savoir voir, c’est-à-dire analyser la sensation reçue.
Le grand diamètre des globules du sang excède un peu 0mm,007, leur épaisseur vers les bords est de 0,nm,002 environ. De face, leur bord est un peu plus clair, et leur centre est plus foncé, quoique ce soit, comme nous venons de le
voir, la partie la plus mince. Leur couleur à la lumière transmise n’a rien de cette richesse de ton qu’ils ont à la lumière réfléchie, et qu’ils donnent au sang.
La substance des globules est aussi d’une grande élasticité, en sorte qu’ils se déforment sous la moindre pression mais pour reprendre aussitôt leur première apparence.
L’eau, avons-nous dit, fait très-rapidement perdre aux globules du sang leur forme normale, elle les rend vraiment sphériques et les pâlit considérablement. On obtiendra, au contraire, un curieux résultat en agitant quelques gouttes de sang frais au contact du gaz oxyde de carbone. Les globules du sang deviendront plus brillants, plus visibles, et pourront même se conserver un certain temps sans rien perdre de leur forme. On dirait que l’oxyde de carbone a pour effet immédiat de les momifier (1).
Mais en dehors de l’action de l’eau, dans le sérum luimême on voit la forme des globules du sang, comme nous l’avons dit, s’altérer rapidement, en même temps qu’ils présentent un curieux phénomène de groupement dont aucun autre élément anatomique n’offre d’exemple. A peine a-t-on mis sous le microscope une goutte de sang pur, qu’on voit les globules se disposer en séries régulières, que l’on a comparées à des piles de monnaie dressées, ou renversées sur une table de telle sorte que chaque pièce ne soit en contact avec scs voisines que par une portion de sa surface.
Globules blancs. — En cherchant attentivement dans le champ du microscope ou des globules du sang viennent de se disposer en piles, on découvre çà et là, au milieu d’elles, d’autres globules plus petits, granuleux, tout à fait inco-
I) C'est le même phénomène qui se passe daus 1 économie dons i empoisonnement par le charbon, et dont la conséquence fatale est la mort.
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE. 3Ü9 lores et qui ont reçu le nom de globules blancs, par opposition aux premiers.
Ces éléments anatomiques au lieu d’être discoïdes, comme les globules rouges, sont régulièrement sphériques. Leur diamètre dans le sang n’excède pas en général 0,nn,,006; mais on peut en trouver de beaucoup plus gros dans le pus frais par exemple. Celui-ci est uniquement formé de globules blancs en suspension dans un sérum spécial.
Les globules blancs offrent avec l’eau une réaction toute particulière et qu’il' est important de connaître. Au bout de quelques instants, on s’aperçoit que l’élément a un peu grossi, qu’il est devenu beaucoup moins granuleux, et que, enfin, il présente à son intérieur un, deux ou trois petits noyaux excentriques qu’il ne montrait pas quelques instants auparavant. Celte réaction est encore plus rapide, au contact de l’acide acétique étendu.
Fibrine. — Le sang sorti de l’économie et recueilli dans un vase subit un travail particulier qui a reçu le nom de coagulation. Il se forme un caillot qui nage ordinairement dans une proportion plus ou moins grande de sérum. Ce caillot est formé par tous les éléments du sang emprisonnés dans la fibrine qui a pris consistance au milieu du liquide épanché. Quand on soumet une parcelle de ce caillot à l’examen microscopique, on découvre la fibrine sous l’aspect de très-minces fibrilles généralement fïexueuses, entrecroisées, plus ou moins adhérentes l’une à l’autre et parsemées dans leurs interstices de fines granulations. Ces fibrilles enlacent dans une sorte de réseau les globules rouges et les globules blancs. C’est même un spectacle assez curieux que de suivre sous le microscope la formation de ce réseau dans une goutte de sang qui se coagule entre les deux lames de glace.
Vaisseaux capillaires.
Les vaisseaux clans lesquels circule le sang, ont des parois d’une structure très-complexe, au moins pour ce qui est des gros. Nous ne nous y arrêterons pas. Les plus fins, au contraire, sont très-nettement visibles au microscope, quand on les a convenablement préparés. Le moyen le plus simple d’arriver à ce but est d’enlever une portion de la membrane mince ou pie-mère qui enveloppe le cerveau. On la laisse macérer pendant trois jours ou quatre au plus, dans de l’eau à laquelle on a ajouté un dixième d’acide nitrique du commerce. Au bout de ce temps tous les capillaires sont comme disséqués et forment un chevelu délicat autour des vaisseaux un peu plus gros. En suivant sous le microscope quelqu’un de ces troncs que l’on distingue à l’œil nu, on arrive à ses branches les plus fines, totalement invisibles sans l’aide d’un fort pouvoir amplifiant.
Ce sont les véritables vaisseaux capillaires bien autrement déliés que ne sont les cheveux les plus fins, comme le montre la mesure de leur diamètre. Celui-ci est ordinairement de 0mm,007, y compris la paroi. Celte paroi est formée d’une substance homogène, et contient, de place en place dans son épaisseur, des noyaux ovoïdes dont le grand diamètre est dirigé dans le sens même du vaisseau.
Injection*.
Nous ne saurions trop recommander aux personnes qui jouissent d’un microscope l’examen de pièces anatomiques injectées (1).
Presque tous les tissus offrent une disposition spéciale de leurs capillaires. Tantôt les mailles qu’ils forment, sont
(1) Voy., pour la manière de pratiquer les injections, p. 328 et sniv.
étroites et tantôt très-larges, tantôt elles sont arrondies et tantôt anguleuses. Dans d’autres régions, les artérioles se divisant tout à coup en un nombre plus ou moins grand de capillaires forment d’élégants bouquets ; ailleurs, ce sont des festons. Que l’on joigne à cela l’éclat de l’injection ordinairement faite en rouge, et l’on imaginera facilement que ce spectacle des injections capillaires du corps humain intéresse par ses variétés toujours élégantes les personnes les plus étrangères à l’anatomie.
Cii'ciilntion «lu sang.
Un autre spectacle encore plus intéressant auquel on peut assister avec le microscope, est celui de la circulation du sang.
Nous avons déjà parlé, au chapitre Accessoires (1), de l’étude microscopique de la circulation chez le têtard, chez les très-petits poissons, et enfin chez la grenouille, de tous les animaux peut-être celui qui se prête le mieux à ces expériences. En effet, chez cet animal on peut voir la circulation dans la membrane interdigitale, et encore mieux dans la langue. M. Donné a tracé ainsi la marche à suivre pour y arriver :
Une plaque de liège, large de 5 à 6 centimètres et longue de 16, est percée, à l’union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs, d’un trou de 15 millimètres de diamètre. Dans cette partie, la plaque de liège est doublée d’épaisseur au moyen d’un morceau de liège plus petit, collé sur le premier; sur cette plaque est couchée une grenouille, préalablement emmaillottée dans une bande de linge, ou mieux encore fixée et comme crucifiée au moyen d’épingles enfoncées dans les quatre membres, de
(1) Voyez page 145.
manière que l’animal 11e puisse pas faire de grands mouvements avec son corps ou avec ses pattes; il est placé sur le dos, le bout du museau venant affleurer le bord du trou.
On commence alors à lui tirer la langue hors de la bouche; pour cela, on passe les lames d’une paire de ciseaux mousses sous la langue, et l’on va saisir avec une pince la pointe de cet organe qui chez lagrenouile est, comme on sait, dirigée en arrière; la langue se trouve ainsi renversée et l’animal étant couché sur le dos, c’est la face supérieure de l’organe que l’on voit en dessus ; sans quitter le point saisi avec la pince, on tire doucement la langue, qui se prêle et s’allonge, jusqu’à ce qu’on ait dépassé le bord supérieur du trou; on fixe ce point sur la plaque au moyen d’une épingle qui perce la langue et qui s’enfonce dans le liège.
Un autre point de l’extrémité de la langue est également saisi avec la pince et fixé de même par une épingle; puis on étend cet organe au devant du trou, en le tirant des deux côtés par ses bords, dans lesquels on implante deux épingles, une de chaque côté, ce qui fait en tout quatre épingles. Dans cet état la langue présente l’aspect d’une membrane demi-transparente, qui permet de voir à travers sa substance au moyen d’une lumière un peu intense.
Si la grenouille est par trop vive et qu’elle tire énergiquement sa langue, au risque de la déchirer par des contorsions et de brusques mouvements de la tête, 011 rend celte partie immobile par une cinquième épingle qui s’enfonce dans le liège en traversant le museau, dans un point mince aux environs de l’œil ; il est, au reste, des grenouilles qui se prêtent beaucoup mieux les unes que les autres à cette expérience, soit parce que leur langue est plus extensible, soit parce qu’elles n’exécutent pas de tiraillements violents capables delà déchirer.
Les choses étant ainsi disposées, il ne s’agit plus que de fixer la plaque de liège, munie de la grenouille, sur la platine du microscope, la partie la plus transparente de la langue correspondant à l’objectif; les moyens à employer dans ce cas dépendent de la conformation de l’instrument ; les valets adaptés sur la platine des microscopes sont trèscommodes pour cet objet : ils retiennent suffisamment la plaque de liège, tout en permettant les mouvements nécessaires pour examiner la langue dans toutes ses parties et faire passer ses différents points sous l’œil de l’observateur.
On observera la langue ainsi préparée, d’abord au microscope simple, avec un grossissement de quinze à vingt fois, afin de bien saisir l’ensemble des vaisseaux et du mouvement circulatoire ; on sera frappé de la magnificence de ce spectacle, surtout si l’objet est bien éclairé : qu’on se représente, en effet, une carte de géographie, dont tous les fleuves, toutes les rivières et tous les ruisseaux viendraient h s’animer et à circuler à la fois, et l’on aura une imparfaite image de ce qu’offre le réseau vasculaire de l’organe dont nous parlons; la lumière du jour suffit bien pour cette observation, mais M. Donné préfère beaucoup le foyer d’une bonne lampe. Si on ne possédait pas de loupe montée en forme de microscope simple, on réussirait de même, quoique moins facilement, avec une loupe ordinaire à la main, en plaçant l’objet entre l’œil et la lumière du ciel ou celle de la flamme d’une lampe.
Entrons maintenant dans le détail de ce qui est à remarquer dans cette observation. On apercevra du premier coup d’œil les gros troncs artériels et veineux, que l’on pourrait d’abord confondre ensemble, mais que l’on distinguera sûrement à l’aide des caractères suivants : 1° dans les troncs artériels, le cours du sang est beaucoup plus rapide que
Aimirn ciievaueii.
dans les veines; 2° les artères se divisent dans le sens du cours du sang, tandis que dans les veines la division et la ramification des branches marchent en sens contraire du mouvement; en d’autres termes, les troncs artériels se divisent pour former des branches, tandis que dans les veines ce sont les rameaux qui se réunissent pour donner naissance aux branches, et celles-ci aux troncs. Ce caractère ne permet pas de se tromper un instant.
On remarquera que les artères sont moins nombreuses et d’un plus petit calibre que les veines ; les artères d’un certain volume sont en outre accompagnées d’un cordon flexueux, grisâtre, peu distinct au premier abord, mais que l’on finit par apercevoir, avec un peu d’attention, sur le côté du vaisseau ; ce cordon n’est autre chose qu’un nerf. Les troncs artériels se divisent en branches, puis en rameaux, en artérioles de plus en plus fines, jusqu’au poinl où elles ont à peu près le diamètre nécessaire pour admettre les globules sanguins un à un, à la suite les uns des autres; les petits vaisseaux artériels ne paraissent plus alors diminuer de calibre. C’est là que commence, si l’on veut, ce que l’on nomme le réseau capillaire, qui ne se distingue en rien des dernières ramifications des artères ni des premières radicules veineuses. On y voit les globules se suivre à une certaine distance, en laissant entre eux un intervalle appréciable, lorsque le cours du sang n’est pas trop précipité.
Si l’on a eu soin de laisser le bord de la langue libre dans un point compris dans l’ouverture de la plaque de liège, on peut suivre le cours du sang jusqu’aux dernières extrémités artérielles, et le voir revenir par les veinules, pour se réunir dans les veines et retourner au cœur.
Il n’est pourtant pas toujours facile de suivre ainsi, dans toute son étendue, le cercle circulatoire, ou du moins de
ne pas perdre de vue une même portion du fluide sanguin, un globule (ce dernier point est absolument impossible) , depuis le moment où il arrive par une artère jusqu’au moment où il revient par une veine, après avoir accompli son circuit. Le mouvement du sang est, d’une part, trop rapide, et de l’autre la division et la subdivision du système vasculaire ne permettent pas de suivre ainsi les globules pas à pas : ils subissent souvent dans leur marche de nombreux détours, tantôt passant directement d’une artère principale dans un gros tronc veineux, au moyen d’une petite artériole qui va de l’une à l’autre, tantôt pénétrant dans des organes sécréteurs au centre desquels le sang tourne si rapidement dans des vaisseaux reoliés sur eux-mêmes qu’on ne peut distinguer que l’entrée et la sortie du fluide sanguin dans celle espèce de tourbillon.
Mais au moyen d’un simple pouvoir amplifiant on embrasse parfaitement l’ensemble de ce mouvement circulatoire, que l’on ne se lasse pas de considérer et d’admirer, et dont aucune description ne peut donner une idée juste; c’est pourquoi on doit commencer par l’observer au microscope simple, à l’aide d'un faible grossissement, insuffisant, il est vrai, pour voir distinctement les globules circulant dans l’intérieur des vaisseaux, mais qui comprend une certaine étendue de l’organe dans le champ de la vision.
Aujourd’hui que la pisciculture est pratiquée à peu près partout, on peut encore observer mieux ce phénomène en prenant une jeune truite, par exemple, ou un jeune saumon dont la vésicule ombilicale fait encore saillie au dehors de l’abdomen. On met l’animal dans un verre de montre avec un peu d’eau et l’on observe directement la vésicule ombilicale, où l’on découvre aussitôt les globules rouges courant à travers les capillaires.
* 'l'issu cellulaire.
Les anatomistes ont longtemps appelé ainsi ce tissu humide, un peu gluant, ordinairement plus ou moins chargé de graisse, qui sépare les muscles et en général tous les organes du corps humain. Ce tissu est constitué par l’agencement d’un certain nombre d’éléments anatomiques qui se présentent ensemble dans le champ du microscope, mais qu’il est très-aisé de distinguer et d’isoler par les moyens chimiques que nous avons indiqués, c’està-dire en mettant à profit les réactions spéciales de ces éléments (1).
Fibres lumineuses. — Quand on étend sur une plaque de verre une parcelle de ce tissu cellulaire ou muqueux, comme on l’a parfois appelé, on découvre au premier abord une sorte de trame formée de fibres extrêmement déliées, mesurant moins de Oinm ,00 1 de diamètre, trèslongues et onduleuses. Ce sont des fibres lumineuses. La plupart sont réunies en faisceaux élégants qu’on ne saurait comparer à rien mieux qu’à des écheveaux de la soie la plus fine.
Fibres élastiques. — Si maintenant on ajoute à la préparation quelques gouttes de soude ou d’acide acétique, toutes ces élégances disparaissent, les fibres lamineuses sont dissoutes et on se trouve en présence de deux autres éléments que l’on ne pouvait voir jusque-là parce qu’ils étaient masqués par les stries délicates des faisceaux de fibres lamineuses.
Ces deux éléments qu’on découvre ainsi après avoir fait agir la soude ou l’acide acétique sur le tissu cellulaire, sont les fibres élastiques et les noyaux embryoplastiques .
(I) Voyez page 339.
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’illSTOLOGlE.
Les fibres élastiques offrent un tout autre aspect que les fibres lamineuses, elles sont plus foncées, plus larges, elles ne sont pas réunies en faisceaux, et elles sont en général plutôt contournées sur elles-mêmes qu’ondulées. Elles décrivent mille arabesques capricieuses qui constituent un des spectacles les plus élégants que présente l’étude microscopique du corps humain.
Si l’on désire observer cà la fois une certaine quantité de fibres élastiques, on peut faire bouillir dans la soude un fragment de peau. Il sera seulement nécessaire de suivre l’opération de près, parce que le tissu de la peau disparaîtra presque entièrement dans cette opération, ne laissant de lui-même qu’un très-léger flocon qui s’agite dans le liquide en ébullition. Ce flocon est uniquement constitué de fibres élastiques, comme on peut le voir en le portant sous le microscope. Elles sont contournées, enlacées, et offrent tout à fait l’aspect d’un tissu feutré.
'Noyaux embryoplastiques. — Le second élément que l’on aperçoit à la place des fibres lamineuses traitées par la soude ou par l’acide acétique, est une espèce spéciale de noyaux allongés et ovoïdes. Ce sont les noyaux embryoplastiques. Leur longueur varie de 0'"m,007 à 0m“,010; et leur largeur de 0mra,005 à 0mm,006. Il faut pour les découvrir une certaine attention, parce qu’ils sont assez pâles.
Ces noyaux jouent dans l’économie un rôle extrêmement important, leur naissance dans le fœtus précédant celle des autres éléments anatomiques.
Graisse.
Si l’on porte sous le microscope une parcelle de graisse, on aperçoit un réseau très-compliqué, à mailles polyé-
driques pouvant mesurer 0"un,030 à Ü“‘U1,100 et même plus de diamètre. L’apparence qu’on a sous les yeux, se rapproche un peu de ces masses de bulles d’air que font les enfants quand ils soufflent avec un pipeau dans de l’eau de savon. Ces bulles, aplaties de même les unes par les autres, sont des cellules adipeuses. Quand elles se trouvent isolées, elles reprennent leur forme arrondie qu’elles n’avaient perdue que par la pression de leurs voisines.
Les cellules adipeuses sont remarquables en ce qu’elles constituent, à proprement parler, de petites vessies remplies de graisse. Il y a une paroi propre eL un contenu. L’une est toujours difficile avoir, l’autre frappe immédiatement les yeux en raison de ses propriétés dioptriques. En effet, chaque fois que l’on observe au microscope une sphère formée d’un liquide ou d’un gaz dont l’indice de réfraction est très-différent de celui du liquide ambiant, cette sphère revêt un contour noir très-épais et très-marqué. Ceci a lieu aussi bien pour les bulles d’air qui nagent entre les deux glaces, que pour les cellules adipeuses, par la même raison que l’indice de réfraction des corps gras aussi bien que celui de l’air atmosphérique est très-grand, comparé à celui de l’eau. Le centre des cellules adipeuses, au contraire, est jaune et brillant.
Ces éléments sont donc très-faciles à observer, mais à la condition qu’ils ne soient pas en trop grand nombre dans la préparation, parce que les manœuvres que l’on fait pour les isoler, ont toujours pour résultat d’en détruire quelques-unes; alors leur contenu se répand dans le véhicule et l’on est exposé cà confondre les gouttes d’huile échappées des cellules adipeuses dont l’enveloppe a été déchirée, avec les éléments eux-mêmes. 11 faut dans les commencements une certaine attention pour éviter de s’v tromper.
ÜU MICKOSCOPE APPLIQUÉ A L HISTOLOGIE.
Une des opérations les plus ingénieuses qu’aient inventées les histologistes, est assurément celle qui consiste à vider les cellules adipeuses de toute la graisse qu’elles contiennent, sans intéresser leur paroi. Il suffit pour cela de traiter une parcelle de graisse par l’alcool et par l’éther à 25 degrés. On fait bouillir quelque temps la préparation dans ces liquides qu’on ajoute goutte à goutte, en plaçant la plaque de verre sur du sable chaud, et l’on ne trouve plus alors que les parois des cellules adipeuses plissées sur elles-mêmes et comme recoquillées.
Le liquide contenu dans leur intérieur est un simple mélange d’oléine, de stéarine et de margarine. Après la mort, quand la température du corps s’abaisse, la margarine qui cesse d’être soluble à la température de 15 degrés environ, se sépare de la stéarine et de l’oléine, et se précipite dans chaque cellule en très-fines aiguilles qui se disposent en petites houppes sphériques. Si l’on chauffe un instant la préparation à la flamme d’une lampe à alcool, ces houppes disparaissent et les cellules reprennent leur limpidité. Quand un certain nombre de celles-ci se sont détruites, leur contenu se répand entre les deux lames de verre, et les houppes de margarine se déposent sur la grande plaque et sur le verre mince.
Ces houppes mesurent environ 0"’m,020 de diamètre; l’épaisseur des aiguilles qui les forment, n’est guère appréciable.
moelle «les os.
La moelle des os présente, quand on l’observe au microscope, des cellules adipeuses (ce sont elles qui lui donnent sa couleur jaune), eL une autre espèce d’éléments anatomiques très-abondants. Ce sont les noyaux de la : moelle des os. Us ont àjpeu près le diamètre des globules
du sang, c’est-à-dire O"1'", 006 à 0mm,008. Ils sont sphériques, finement granuleux, à bords foncés, surtout quand le sujet est mort depuis quelque temps.
Un caractère important de ces petits corps est leur résistance à l’acide acétique ; l’eau ne les modifie en rien non plus. Ces réactions négatives semblent rapprocher un peu ces noyaux des corps gras, en même temps qu’elles ne permettent pas de les confondre avec les globules blancs du sang et du pus, qui laissent voir immédiatement, comme nous l’avons dit, un ou plusieurs noyaux sous l’influence des mêmes agents.
Cartilage.
Le cartilage présente, ainsi que les os et l’ivoire des dents, cette particularité, dont nous avons déjà parlé, d’être constitué par une substance solide, homogène, creusée de cavités à forme spéciale et définie; en sorte que la forme de ces cavités suffit à caractériser chacune de ces substances.
Rien n’est plus simple à faire en général qu’une préparation microscopique de cartilage. Il sufiîl d’en couper avec un scalpel une très-mince lamelle et de la porter sous le microscope sans autre préparation que de la plonger dans de l’eau entre les deux lames de verre. Alors le champ de la vision est rempli tout entier par la matière amorphe du cartilage et l’on voit se dessiner, çà et là, des cavités plus ou moins nombreuses, et plus ou moins régulières. Ces cavités ne sont pas vides : dans la plupart on distingue un noyau très-apparent qui en occupe le centre. D’autres fois ce noyau est remplacé par un amas do granulations qui elles-mêmes peuvent ne pas exister.
Les cavités offrent un volume et une forme différente,
suivant qu’on les observe sur les cartilages de l’adulte ou sur les cartilages des os en formation.
Cartilage fœtal. — Dans le cartilage des os en formation chez le fœtus ou chez le jeune enfant, les cavités sont serrées les unes contre les autres. L’œil en découvre à la fois un grand nombre. La matière amorphe où elles sont creusées, est claire, hyaline, à peine granuleuse; ellesmêmes sont étroites, longues, fusiformes ou triangulaires à angles très-aigus, et mesurent 0""n,010 à 0nim,080 de large selon le diamètre que l’on considère.
Cartilage permanent . — L’autre variété de cartilages comprend ceux qui persistent toute la vie comme ceux des côtes, du larynx, de la trachée artère et de toutes les articulations. Ce sont les cartilages de la trachée-artère ou du larynx pris chez de jeunes sujets qui se prêtent le mieux à l’étude, parce que la matière amorphe qui les constitue, est moins granuleuse que dans les autres régions où elle revêt même parfois un aspect fibroïde qui gêne considérablement l’observation.
Les cavités de cette espèce de cartilage sont arrondies et ovoïdes au lieu d’être anguleuses comme chez le fœtus. Elles sont aussi beaucoup plus grandes, et mesurent de 0,nra,020 à 0mm,080 de diamètre. A leur intérieur existent ordinairement plusieurs cellules que l’on distingue trèsnettement et qui ont chacune un noyau arrondi, souvent brillant. Ces cellules sont simplement en contact avec les parois de la cavité ; elles peuvent en sortir par des accidents de préparation qui deviennent ainsi très-favorables à leur étude. On peut trouver de ces cellules à moitié engagées dans une cavité et faisant saillie au-delà des limites de la subsianee propre; on en retrouve aussi parfois qui nagent libres dans l’eau où plonge la préparation.
Oh.
Quel que soit le point du squelette que l’on observe, on trouve partout la substance des os d’une homogénéité parfaite. Comme le cartilage, elle est partout creusée de petites cavités de forme spéciale, mais celles-ci offrent en plus celte particularité de communiquer toutes les unes avecles autres par de petits canaux. Les cavités elles-mêmes sont en général ovoïdes, un peu aplaties, comme lenticulaires. Elles mesurent en moyenne 0'nin,020 à 0"un,030 de long, quoiqu’elles puissent atteindre, principalement dans les os du crâne, jusqu’à 0in"',050. Leur largeur varie entre 0nun,006 et 0'"m,016.
La périphérie des cavités osseuses, observée convenablement, apparaît comme dentelée. Au fond de ces dentelures viennent s’aboucher des canalicules extrêmement fins, qui rayonnent en tous sens autour de la cavité; ces canalicules sont souvent llexueux et partout d’un diamètre à peu près égal. Celui-ci est en général inférieur à O””, 001 . Ils se ramifient souvent à quelque distance de la cavité et s’anastomosent avec les canalicules des cavités environnantes, en sorte que toutes ces cavités et leurs canalicules forment à travers l’os un système lacunaire continu.
Malgré la finesse extrême des canalicules, rien n’est plus facile que de les observer au microscope. On peut pour cela se servir indifféremment d’os secs ou d’os frais. Si l’on a un os sec, il suffit de le gratter légèrement à sa surface ou sur une coupe polie pratiquée à l’avance. On obtient ainsi de petits copeaux ou de petites papillotes de subslance osseuse qui se redresseront aussitôt qu’elles seront plongées dans le véhicule que l’on doit employer. Celui-ci, pour les parcelles d’os sec, devra être de l’huile ; les cavités osseuses
apparaîtront comme autant de points foncés et les canalicules qui s’y abouchent en rayonnant, comme autant de lignes noires. Cet aspect est dû à ce que toutes ces cavités infiniment petites ne se laissent, pas remplir par l’huile et l'estent pleines d’air.
Sur les os frais, tous ces vides contiennent un liquide aqueux qui en rendrait l’observation très- difficile, si le hasard n’avait indiqué un réactif spécial ayant cette propriété singulière de développer instantanément, par son simple contact, un gaz dans toutes les cavités microscopiques de l’os. Ce réactif d’un genre tout particulier est la glycérine dont l’action sur les lamelles d’os frais est une des plus curieuses que l’on connaisse. Les cavités et tous les canalicules, difficiles à voir dans leur état normal, passent à celui de parties noires faciles à suivre dans tous leurs détails. Il est important toutefois, pour provoquer cette précieuse réaction, d’agir sur des os trèsfrais, et il ne faut pas oublier non plus que ce gaz, instantanément développé au contact de la glycérine, se retire avec le temps, et qu’après deux ou trois jours, il a partout fait place au véhicule qui l’avait fait naître. Le séjour de la lamelle osseuse pendant quelques minutes dans l’eau, avant qu’on remplace celle-ci par la glycérine, ajoute encore à l’intensité du phénomène. La réaction devient presque instantanée.
On peut facilement se procurer dans le commerce, des tranches pratiquées sur toute la largeur d’un os, comme par exemple une coupe horizontale extrêmement mince d’une phalange ou même d’un os plus gros. Ces préparations, outre qu’elles se prêtent à l’étude des cavités osseuses et de leurs canalicules, peuvent servir de plus à montrer la disposition réciproque de toutes ces cavités; mais pour
cela, il ne faut pas avoir recours à des grossissements plus forts que 70 à 80 diamètres, qui permettront de saisir l’ensemble de la préparation.
Supposons que nous ayons sous les yeux une tranche coupée en travers dans le milieu d’un os long, voici ce que nous verrons : d’abord un certain nombre d’orifices trèsgrands régulièrement taillés, ronds ou un peu ovales, puis, entre eux, des zones de substance osseuse, mesurant en général 0m,",007 à 0“m,009 d’épaisseur, disposées parallèlement les unes aux autres et séparées par des lignes de démarcation qui peuvent être d’une grande netteté. Ces orifices appartiennent aux canaux sanguins de l’os appelés du nom de canaux de Havers. On peut fort bien se rendre compte que leur direction est cà peu près parallèle à l’axe de l’os.
Les zones sont de deux ordres : les unes sont concentriques à ces canaux de Havers, les autres, surtout vers les faces internes et externes de l’os, sont parallèles à ces faces.
On verra de plus sur ces coupes que les cavités microscopiques des os sont précisément disposées autour des canaux de Havers et au voisinage de la surface de l’os absolument comme les zones de substance osseuse ellesmêmes.
Cellules nerveuses.
Les éléments qui forment le système nerveux, s’altérant très-vite après la mort, il est très-difficile de les étudier au microscope. Cependant, nous ne saurions trop engager les étudiants micrographes à rechercher sur les cervelles d’animaux, qu’ils pourront se procurer fraîches (1), ccs élé-
I ) La souris csl particulièrement favorable à celle recherche.
monts anatomiques, les premiers entre tous, auxquels appartiennent la volonté et la pensée.
Ce sont les cellules nerveuses.
Celles-ci n’existent que dans la substance grise du cerveau et de la moelle. Si on écrase doucement une parcelle de ce tissu très-frais entre deux lames de verre, on peut arriver à découvrir sans trop de difficulté ces éléments d’où découle la vie et qui se ressemblent beaucoup chez l’homme et chez les animaux, parce que chez l’un eL chez les autres ils remplissent les mêmes fonctions.
. Ce sont de petits corps, tantôt assez régulièrement sphériques ou ovoïdes, tantôt irréguliers, comme polyédriques ou étoilés. Leur diamètre n’est guère plus constant que leur figure : ils mesurent en général de 0mm,020 à 0ra'”,050. La substance qui les compose, est uniformément granuleuse, quelquefois elle contient des amas de granulations foncées. Ordinairement ces éléments ont un noyau sphérique ou légèrement ovoïde, de 0mni,0P2à 0mm,020 de diamètre, avec un nucléole jaunâtre, brillant, que l’action de la glycérine semble encore faire ressortir et rendre plus transparent.
De la périphérie des cellules-nerveuses sphériques ou ovoïdes, des angles de celles qui sont polyédriques, parlent des expansions en nombre variable; rarement moins de deux, rarement plus de cinq. Ces expansions paraissent en général aplaties, rubanées, plutôt que cylindriques. Leur nombre pour une seule cellule nerveuse est ordinairement proportionnel au volume de celle-ci. Il en est de même de leur diamètre qui peut varier de 0,nm,002 à 0nim,00S. Quant à la longueur de ces cylindres-axes, — c’est le nom qu’on leur donne, — il faut se souvenir que certains d’entre eux s’étendent jusqu’aux limites de l’économie pour porter le mouvement ou rapporter la sensation.
L’élude des cellules nerveuses n’a d’intérêt réellement
que quand on étudie celles-ci en place a(in de juger de leurs rapports et de leurs dispositions mutuelles. Celte étude ne peut être faite que sur des coupes transparentes habilement pratiquées. Nous ne saurions mieux faire que d’emprunter au grand ouvrage de M. Luys sur le système nerveux, la description du procédé qu’il emploie pour arriver à obtenir ces coupes dans le baume du Canada et par conséquent à les conserver indéfiniment.
Le premier soin doit être de faire durcir les fragments de substance cérébrale. On y arrive en les plongeant dans une solution d’acide chromique. Les proportions qu’emploie M. Luys, sont les suivantes :
Acide chromique cristallisé k grammes.
Eau 100 —
On laisse les fragments de cerveau ou de moelle épinière macérer dans celte solution pendant deux ou trois jours. Au bout de ce temps on les visite et on enlève avec un instrument les parties qui ont été trop saisies par l’acide et qui ne donneraient que des coupes défectueuses. La portion sous-jacente qui a été imprégnée plus lentement, doit être seule réservée.
On replonge de nouveau les fragments dans le même bain, et l’on attend encore deux ou trois jours. Au bout de ce temps ils sont en général dans un état de solidification convenable ; on les met dégorger dans un bain d’eau simple et on procède à l’opération délicate de la coupe.
L’instrument sera un bon rasoir qui sera passé chaque fois sur la pierre, et dont la lame devra toujours être trempée d’alcool, quand on s’en servira.
Les tranches ainsi obtenues sont opaques ; on peut les rendre transparentes soit à l’aide d’une dissolution faible
de soude (mais alors la préparation ne se conservera pas), soit à l’aide de la glycérine.
Les cellules nerveuses offrent la propriété, même après avoir passé dans l’acide chromique, de se colorer en rouge quand on les traile pour une solution ammoniacale de carmin. Si l’on veut avoir une préparation à la fois ainsi colorée et susceptible de se garder indéfiniment dans le baume du Canada, voici à quelle série d’opérations il faudra soumettre les tranches minces, pour les solidifier et les conserver :
La tranche, qui doit être le plus mince possible, sera trempée successivement dans l’ammoniaque pour neutraliser ce qui reste encore d’acide chromique, puis dans l’alcool ordinaire, puis dans l’alcool absolu. Après l’avoir essuyée, on la met dans de l’essence de térébenthine jusqu’à ce qu’elle devienne complètement diaphane; on recommence alors à la faire passer dans l’alcool absolu, puis dans l’alcool ordinaire, puis dans de l’eau alcoolisée. A ce moment on la plonge dans la soluLion de carmin, et quelques minutes après on verse dessus quelques gouttes d’acide acétique, pour fixer la couleur. On recommence alors la série des opérations antérieures : on la plonge successivement dans l’alcool, puis l’alcool absolu, puis l’essence de térébenthine, et en ce moment on peut la fixer entre deux verres et la conserver indéfiniment dans un vernis quelconque on dans le baume du Canada.
La solution de carmin peut également s’employer sur des pièces fraîches pour colorer les cellules nerveuses. L’acide acétique sert ensuite à fixer la couleur, et l’on peut conserver ainsi des cellules colorées, entre deux verres, pendant quelque temps, pourvu qu’elles baignent dans la glycérine.
Noyaux de la substance grise. — En recherchant les
368 DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’illSTOLOGIE.
cellules nerveuses sur des pièces fraîches, on découvre toujours au milieu d’elles un grand nombre d’éléments particuliers qu’on ne rencontre que là. Les noyaux de la substance grise, comme on les a appelés par opposition aux noyaux de la moelle des os dont nous avons parlé plus haut, sont granuleux, sphériques, et mesurent 0mn’,005 0"’m,006, rarement 0m,n,008 de diamètre. Par ces caractères, ils se rapprochent assez des premiers, mais leur contour est beaucoup plus fortement accentué. Enfin, l’acide acétique les Pesserre en rendant leurs granulations encore plus noires pendant que le même acide ne modifie pas les noyaux de la moelle des os.
Tulics nerveux.
Veut-on étudier les éléments anatomiques qui apportent des extrémités aux cellules nerveuses les sensations reçues, ou qui portent du centre aux extrémités notre volonté pour effectuer les différents mouvements? c’est dans les racines de la moelle qu’il faudra rechercher ces sortes de fils électriques qui font ainsi communiquer toutes les parties de notre être les unes avec les autres, comme le plus vaste réseau télégraphique qu’il soit possible d’imaginer. Ces organes de transmission sont les tubes nerveux. En dissociant avec précaution, au moyen de deux aiguilles emmanchées, quelque filet d’une racine nerveuse, on arrivera facilement à les voir. Ils sont parfaitement cylindriques, à bords très- nets et mesurent en général de0"un,00/i à0'un,,012 de diamètre.
Ce que nous allons dire de leur structure doit être surtout recherché sur les plus gros.
Quand ils n’ont subi aucune préparation, ils offrent un aspect grumeleux particulier. Toutefois, on peut déjà
soupçonner l’existence d’une membrane propre, à 1 intérieur de laquelle est contenue la matière ainsi réduite en gouttes irrégulières pressées les unes contre les autres.
Mais, pour bien voir toutes les différentes parties qui constituent les tubes nerveux, il importe de recourir a certaines préparations. La plus simple est, sans contredit, de les laisser quelques jours plonger dans la glycérine. Au bout de ce temps, on découvre très-bien cette enveloppe particulière dont nous venons de parler, et qui est une membrane hyaline extrêmement mince. Elle contient, une matière demi-solide, la même qui sur les tubes nerveux frais se réduit en gouttes confuses, mais celle-ci, dans la glycérine, perd son aspect grumeleux et laisse voir au milieu du tube une petite bandelette aplatie qui a reçu des anatomistes, en raison de sa position, le nom de cylindre-axe. La matière amorphe environnante a reçu le nom de substance médullaire. Quant au cylindre-axe, ce n’est que la prolongation des expansions des cellules nerveuses dont nous avons parlé.
Faisceaux striés «les muscles.
L’élément anatomique qui constitue les muscles, est un de ceux dont l’étude estle plus facile, et qui présente en même temps aux yeux de l’observateur une des apparences les plus harmonieuses de l’économie.
La première préparation à faire subir au tissu musculaire quand on l’étudie, est de le soumettre «à la coction. On fait bouillir un fragment de muscle, qu’on aura choisi de préférence sur une femme ou sur un sujet trèsaffaibli. Les meilleurs sont les muscles qui, connue le psoas, ne semblent jamais appelés à déployer une grande énergie. C’est précisément sur eux qu’on trouvera les
ARTHUR CHEVALIER
caractères des éléments musculaires le plus nettement accentués.
La chair musculaire de l’homme bouillie, aussi bien que celle des animaux, se réduit en fibres toutes parallèles. Si l’on porte une de ces fibres sous le microscope, on voit qu’elle est elle-même formée d’un certain nombre de cylindres ou de prismes parallèles, striés en travers et qui ont reçu le nom de faisceaux striés.
Nous n’avons pas à dire ici les raisons qui ont fait prévaloir ce nom de faisceau ; il nous suffit de savoir que leur longueur est celle même du muscle qu’ils constituent, en sorte qu’on ne voit jamais dans le champ du microscope qu’une partie infime de l’élément tout entier. Leur diamètre varie de 0mm,020à Om,n,1 50, et l’on peut trouver ces deux extrêmes côte à côte dans la même préparation.
Ils sont irrégulièrement cylindriques ou prismatiques, mais le caractère dominant de ces éléments anatomiques est celui auquel ils doivent leur nom. Ils apparaissent en effet admirablement striés en travers par des lignes foncées, espacées de moins d’un millimètre. La lumière joue sur ces lignes ou stries de telle façon que la même est ici très-fine, à peine visible; là, plus large et plus foncée. Si l’on vient à détruire par une légère pression sur le verre mince le parallélisme de ces lignes, l’état strié disparaît et est remplacé par une sorte de pointillé confus.
Myolemme. — Certains réactifs jouissent de la propriété de faire disparaître l’apparence normale des faisceaux striés. Telles sont les solutions étendues de soude, de potasse ou d’acide acétique. En soumettant une parcelle de muscle à l’action de ces agents, on arrive à voir trèsbien que chaque faisceau strié est entouré d’une gaine extrêmement mince qui a reçu le nom de myolemme. C’est une membrane transparente, élastique, beaucoup plus
DU MICROSCOPE ArrLIQUÊ a l’iiistologie. 371
résistante que la masse qu’elle contient, et offrant de place en place, dans son épaisseur, de grands noyau'ovoïdes, allongés, comme les noyaux embryoplastiques.
Épithélium*
On donne le nom d’épithélium à des éléments anatomiques très-répandus dans l’économie, et dont le caractère assez général est de résister à l’action des réactifs employés ordinairement dans les études histologiques; en sorte que pour les observer sur place, le moyen le plus simple est presque toujours de soumettre les fragments du tissu ou on les recherche, à l’action de l’acide acétique. Les éléments du tissu lamineux seront ainsi dissous et réduits en gelée transparente pendant que les éléments épithéliaux resteront sans altération et, par conséquent, nettement visibles.
On donne indifféremment en anatomie le nom d’épithélium soit aux tissus formés de cellules épithéliales, soit à ces cellules elles-mêmes.
On distingue plusieurs sortes d’éléments épithéliaux :
1° Les noyaux épithéliaux ;
2° Les cellules épithéliales cylindriques et vibrnlilcs;
3° Les cellules épithéliales pavinienteuses ;
é° Les cellules épithéliales lamclleuses ;
5° Les cellules épithéliales polyédriques.
1° Noyaux épithéliaux.
Ces noyaux sont toujours sphériques ou ovoïdes, larges ordinairement de O"'”', 005 à 0n'"’,008, finement granuleux, à bords fins et très-nets.
Pour observer des noyaux épithéliaux, il suffira de regarder au microscope la pulpe que l’on obtient en passan
la. lame d’un scalpel sur une coupe pratiquée à travers une glande lymphatique, un thymus. On en trouvera également beaucoup en grattant profondément la muqueuse de l’estomac ou celle de l’intestin.
2° Cellules épithéliales cylindriques.
Ces éléments ne représentent jamais parfaitement un cylindre; ce sont plutôt des cônes allongés devenus un peu prismatiques vers leur base par pression réciproque. Le sommet du cône, plus ou moins tronqué, plonge dans la profondeur du tissu ; la base du cône, au contraire, regarde l’extérieur. Un épithélium ainsi constitué représente quelque chose comme un plancher formé de chevilles enfoncées les unes à côté des autres dans la terre.
Ces cellules mesurent en général de 0mm,008 à 0nun,010 de diamètre transversal et 0mi,1,030 à 0inm,0/i0 de longueur; elles ont toujours un noyau ovoïde dont le grand axe se confond avec celui du corps de l’élément.
C’est dans l’intestin et dans l’estomac qu’on trouve les cellules épithéliales cylindriques les plus faciles à étudier. Il suffit, pour s’en procurer, de gratter légèrement la surface d’une de ces membranes fraîches et de porter la pulpe ainsi recueillie sous le microscope. On trouve toujours par ce moyen, dans la préparation, un certain nombre de cellules encore adhérentes les unes aux autres. En enlevant un très- petit fragment de la muqueuse, il pourra même arriver qu’on voie très-nettement cet épithélium en place, comme des quilles rapprochées à se loucher. — On retrouvera aussi très-bien cet aspect sur le bord des franges delà toile choroïdienne d’un enfant, en regardant par le profil l’épithélium prismatique qui les revêt.
Cellules vibrcililes. — Chez l’homme, les cellules épi-
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théliales vibratiles offrent les mêmes dimensions et la même forme générale que les cellules cylindriques. Mais, de plus, elles portent sur leur côté libre des prolongements appelés cils, qui sont animés, pendant toute la vie de l’élément, d’un mouvement particulier. Ces cils sont larges de 0"’m,001 au plus, et longs de 0œm,005 à û'nm,006. Ils sont ordinairement un peu penchés.
Les cellules épithéliales vibratiles sont abondamment répandues chez l’homme. On les trouve dans les voies lacrymales, dans les canaux biliaires, dans les trompes de Fallope, enfin dans les fosses nasales et dans les bronches.
Grâce à la présence de ces éléments dans les voies respiratoires, il est toujours loisible de les observer. On peut en effet toujours s’en procurer sur soi-même. Voici ce que l’on fait pour cela. On choisit une plume d’oie dont l’extrémité du côté des barbes soit bien flexible et bien entière. On la dépouille de ses barbes, à l’exception de cette extrémité même sur une étendue de deux à trois millimètres. 11 suffit, pour avoir des cellules vibratiles, de promener doucement celle sorte de pelle flexible sur la partie la plus profonde des fosses nasales. On enlève ainsi un peu de mucus, et avec lui des cellules vibratiles ; seulement il faudra employer comme véhicule le sérum du sang ou de l’eau additionnée de blanc d’œuf, si l’on veut prévenir leur altération rapide.
Mouvement vibratile. — Les cellules vibratiles que l’on se procure par le moyen que nous venons d’indiquer, ne sont plus vivantes; on ne les arrache pas de la muqueuse; elles ôtaient depuis quelques instants déjà tombées dans le mucus nasal. Elles sont mortes. Mais pendant toute leur vie les cils de ces cellules ont été animés. Pendant tout le temps qu’a vécu l’épithélium, ces cils se sont agités sans cesse, jour et nuit, d’un mouvement spécial d’oscillation.
Sur l’homme il est difficile de voir ce mouvement, dit vibratile. 11 faut attendre l’occasion de quelque opération chirurgicale. Mais les animaux viennent ici à notre secours : l’organisation des grenouilles nous permet de l’observer merveilleusement bien, comme elle nous a déjà donné l’occasion d’observer la marche du sang dans les capillaires. Il suffira d’enlever sur les côtés de la langue vers le pharynx de l’animal, avec une paire de bons ciseaux, un fragment de muqueuse aussi petit que possible; on le mettra dans l’eau entre deux verres, et toute la préparation sera faite. Ce sera grand hasard si l’on n’aperçoit en un point ou en un autre ce curieux mouvement qui a de tout temps excité l’attention des physiologistes. On verra les cils de l’épithélium qui tapisse le pharynx de la grenouille, s’incliner et se redresser successivement, produisant ainsi des ondulations tout à fait comparables à celles d’un champ de blé dont un léger souffle de vent courberait les épis, sans que jamais ils aient un moment de repos.
3° Cellules épithéliales pavimenteuses.
Certains endroits de l’économie sont revêtus de cellules épithéliales tellement conformées et tellement disposées, qu’on les a tout naturellement comparées au pavage de nos rues et qu’on leur a même donné un nom qui rappelle cette ressemblance. Les cellules épithéliales pavimenteuses sont toujours rangées les unes à côté des autres avec une régularité parfaite. Au milieu de l’élément on voit presque toujours un noyau à contour circulaire. Les surfaces ainsi revêtues ressemblent à des sortes de mosaïque dont chaque pièce, taillée à quatre, cinq ou six pans, serait de plus enrichie d’un dessin circulaire dans son centre.
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Les points de l’économie où l’on peut avoir l’image la plus nette de ces pavages microscopiques sont la partie antérieure de la capsule du cristallin et la surface de la choroïde.
Cristalloïdes. — Dans l’œil le cristallin est revêtu en avant aussi bien qu’en arrière par deux membranes, dont une seulement, l’antérieure, est tapissée d’un magnifique épithélium pavimenteux. Pour le voir, on prend un œil aussi frais que possible, et on l’ouvre de manière à arriver au cristallin par sa face postérieure. Celte opération devra être faite sous l’eau, afin que ces fines membranes se laissent mieux distinguer, nageant dans un liquide qui les porte et qui leur permet d’onduler sous le regard.
A la face postérieure du cristallin on trouvera une membrane cassante et d’autant plus difficile à voir qu’elle est absolument transparente. C’est la cristalloïde postérieure.
Si l’on réussit à en porter un large fragment sous le microscope, il sera impossible de se rendre compte de sa présence non plus que de celle des deux lames entre lesquelles elle est placée, tant elle est hyaline et d’une transparence absolue. C’est par ses bords seulement qu’on aura la notion de son existence. Ces bords eux-mêmes, au lieu de rappeler, les apparences d’une déchirure, offrent des arêtes et des angles d’une netteté telle, qu’on croirait avoir devant les yeux le morceau d’une glace de miroir cassée. Les plis que font parfois les fragments de la cristalloïde entre les deux lames de verre, permettent d’apprécier son épaisseur qui est de 0m,",030 à 0mm,035.
Après s’être débarrassé du .cristallin, on arrive à une autre membrane également transparente qui se trouve au
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devant de lui, en arrière de l’iris. C’est la cristalloïde antérieure.
En l’examinant au microscope on voit qu’elle est formée d’une membrane tout à fait analogue à la cristalloïde postérieure, mais de plus, avons-nous dit, recouverte par un épithélium pavimenteux.
Les cellules de cet épithélium offrent à peu près le même diamètre dans toutes leurs dimensions. Elles sont régulièrement rangées les unes contre les autres. Elles mesurent environ 0mm,020 de diamètre. Elles sont pâles, ainsi que les lignes qui les séparent. Au centre elles ont un noyau généralement sphérique ou un peu ovoïde, plus granuleux et plus foncé que le reste de la cellule. Ce noyau laisse voir un ou deux nucléoles; quelquefois il n’en a pas.
Ce revêtement épithélial, vu en- dessus dans le champ du microscope, est un des tissus les plus élégants de l’économie. Sa disposition toute géométrique et d’une observation relativement très-facile, rappelle les mosaïques les plus régulières dé l’histologie végétale ou les alvéoles les mieux dessinés des rayons de miel.
Choroïde. — Un autre épithélium pavimenteux encore plus remarquable est celui qu’offre la surface de ce tapis noir qui revêt tout le fond de l’œil. On essayera d’enlever celui-ci avec de grande précaution et en opérant sous l’eau. Il est d’autant plus remarquable que les cellules sont noires et leur noyau central blanc ou plutôt incolore.
Ces cellules épithéliales, légèrement aplaties, ont des contours parfaitement réguliers. Elles sont taillées à six pans, comme certains carrelages de nos appartements et l’on peut les comparer à cette autre variété de pavage avec une) précision rigoureuse. Les éléments eux-mêmes
mesurent de 0mm,01/i à 0mm,01S de diamètre; ils sont complètement remplis de granulations pigmentaires, à l’exception du noyau qui reste transparent. Ses contours, quand on examine l’élément de face, sont seulement un peu perdus au milieu des granulations qui l’environnent.
Quand on traite par l’acide acétique plusieurs cellules encore réunies de la choroïde, on voit leurs contours s’accentuer vivement. Ils se manifestent par des lignes blanches extrêmement nettes, qui donnent tà l’ensemble l’apparence de la mosaïque la plus régulière, et qu’on ne saurait comparera rien mieux qu’aux lignes de ciment qui séparent les différentes pièces d’un de ces carrelages auxquels nous faisions allusion.
Chez les albinos , les granulations pigmentaires n’existent pas dans les cellules épithéliales du fond de l’œil, et celui-ci apparaît alors coloré en rouge par le sang qu’il reçoit.
Épithélium cle la cornée. — Les épithéliums pavimenteux que nous venons de signaler, ne sont disposés que sur un seul rang. Pour en voir un où trois ou -quatre étages de cellules pavimenteuses se recouvrent l’un l’autre, il faut observer l’épithélium qui revêt en dehors la cornée transparente de l’œil. On peut faire des coupes sur des yeux frais, mais il est préférable de laisser durcir ceux-ci dans l’acide chromique étendu d’eau. Alors, sur des coupes obliques à la surface de la cornée ou perpendiculaires à elle, on verra très-bien la disposition spéciale de l’épithélium. Les éléments qui le forment, sont rangés en trois ou quatre couches, ils ont environ 0m,n,020à 0m"’,030 de large et sont, comme presque toujours, munis d’un noyau.
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4° Cellules épitheliales lamellpuses.
Rien n’est plus aisé que de se procurer des cellules épithéliales lamelleuses pour l’étude microscopique. Il suffit pour cela de passer une lame mince sur sa langue en appuyant un peu fortement et d’examiner le mucus ainsi récolté. Il faudra employer un éclairage assez faible, parce que les éléments que l’on a à observer sont d’une extrême transparence. Ils se présentent sous l’aspect de plaques très-minces, diaphanes, offrant seulement vers leur centre quelques granulations un peu jaunâtres et un petit noyau ovoïde allongé, clair et brillant. Ces éléments mesurent de 0m“,030 à 0uun,0/i0 de large, mais il ne faut pas oublier qu’étant lamelleux, ils peuvent s’offrir au regard par la tranche, et dès lors se présenter comme une ligne sinueuse ayant pour longueur celle de l’élément, avec une largeur à peine appréciable. Souvent on voit plusieurs de ces cellules encore adhérentes par les bords les unes aux autres, conservant leurs rapports mutuels comme un fragment de carrelage enlevé d’un plancher.
Leptothrix buccalis. — Dans la salive ainsi récoltée sur la langue, on trouve encore d’autres corps dignes de fixer l’attention. Les premiers sont de petites sphères pâles, finement granuleuses et mesurant environ 0"’m,005 à 0mD,,00(l de diamètre. Ce sont les cnrpuscules muqueux , d’ailleurs très-analogues aux globules blancs du sang que nous avons décrits plus haut.
On verra souvent aussi dans le champ du microscope, de longs filaments très-déliés, mais réunis en grandes masses et formant par endroits des sortes de queues chevelues extrêmement remarqualbes. Ces corps filamenteux, mesu-
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rant toujours une très-grande longueur pendant que leur diamètre est à peine appréciable, ne font point, à proprement parler, partie du corps humain. Ce sont des parasites.
C’est une sorte d’algue qui pousse dans la bouche et même avec une faciliLé telle qu’il est peu de personnes qui en soient totalement exemples. Ces filaments ne se ramifient pas; on peut seulement les voir par places se bifurquer de telle manière que les deux divisions et le tronc d’où elles émanent, forment trois rayons également espacés les uns des autres. Ce végétal a reçu des botanistes le nom de Leptothrix biicccilis. Il n’est pas même très-rare de voir au milieu de ces filaments de leptothrix, de petits animaux très-courts, linéaires, s’agiter en se tordant sur eux-mêmes. Ce sont des vibrions qui vivent ainsi à l’intérieur de la bouche, au milieu des forêts de leptothrix. La bouche est un monde avec ses végétaux et ses animaux.
5° Cellules épithéliales polyédriques.
Cellules du foie. — Il convient de réserver le nom cellules polyédriques à une espèce particulière d’éléments épithéliaux dont le foie nous offre en quelque sorte le type. Ce sont des cellules 'épithéliales taillées à facettes comme les épithéliums pavimenteux, mais sans la régularité qui fait le caractère de ceux-ci. Les épithéliums polyédriques, au contraire, toujours accumulés sans ordre, se regardent mutuellement par autant de facettes que séparent des arêtes quelquefois très-vives. Le nombre de ces facettes et de ces arêtes n’a rien de fixe, non plus que la dimension de l’élément. Le noyau sphérique ou plus rarement ovale, est simple ou double; il peut aussi avoir un nucléole.
Les cellules du l'oie sont finement granuleuses, mais de plus elles contiennent ordinairement un certain nombre de granulations graisseuses. Leur présence est le commencement 'd’un état qui est morbide chez l’homme, mais que l’on produit artificiellement chez certains animaux, pour rendre leur foie plus lourd et plus savoureux. Cet état a reçu le nom de foie gras. 11 est caractérisé dans une première période par l’appariLion de ces granulations graisseuses au milieu des cellules hépatiques. Mais la dégénérescence commençante peut continuer sa marche et se traduire bientôt par une lésion plus avancée: La substance de la cellule se creuse d’une cavité et celle-ci se remplit d’une gouttelette d’huile. Cette cavité peut même prendre une telle extension que le corps de l’épithélium est alors réduit à l’état d’une simple membrane ayant toutefois conservé son noyau, et enveloppant une grosso goutte de graisse.
(.'clltilcn épithéliales hypertrophiées.
Cette sorte de maladie graisseuse que nous venons de décrire dans les cellules épithéliales, nous amène directement à parler d’autres altérations que l’on rencontre encore chez ces éléments et qui ont longtemps donné le change aux médecins sur les affections appelées cancers. On croyait autrefois que celles-ci étaient dues à l’apparition, dans le corps de certains éléments, anatomiques d’une espèce particulière qui venaient à se développer dans nos organes comme de véritables animaux parasites. Des recherches plus attentives ont montré que ces cellules, que l’on croyait spécifiques , étaient tout simplement des cellules épithéliales ordinaires qui, placées dans certaines conditions, avaient pris un accroissement anormal et s’étaient hyper-
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trophiées 6t déformées tout u la fois. El, en clfel, leurs caractères, en tant que cellules épithéliales, ne sont pas tellement masqués qu’on ne puisse les reconnaître. Elles ont d’aborcl les mêmes réactions et la même résislance aux agents chimiques. Enfin, on peut trouver ces prétendues cellules du cancer dans certaines régions du corps où elles existent toujours à l’état normal. Il suffît de prendre un délivre de femme en couche et de porter sous le microscope une parcelle de la gelée grise qui sépare les cotylédons du placenta. On y trouvera sans peine et de suite un certain nombre de cellules hypertrophiées qui répondront à toutes les descriptions que l’on a faites autrefois des cellules du cancer.
Le corps de la cellule peut arriver jusqu’à mesurer 0'nm,100 de diamètre, c’est-à-dire que ces petits éléments deviennent visibles comme des points flottant dans le liquide ambiant. Leurs contours revêtent en même temps les formes les plus capricieuses et les plus bizarres. Beaucoup sont allongées, d’autres ont une partie plus large et une autre partie plus étroite qui se prolonge en queue. C’est ce qu’on avait appelé les cellules fusiformes , les cellules en raquette du cancer. Beaucoup sont remplies do granulations graisseuses. Tantôt celles-ci sont éparses dans le corps de l’élément, tantôt elles sont groupées seulement autour du noyau. Certaines cellules montrent à la fois deux, trois, quatre noyaux ou plus. Ces noyaux mêmes sont altérés, très-gros, avec un nucléole et quelquefois deux dans leur intérieur.
Enfin, parmi toutes les variétés que présentent ces cellules hypertrophiées, il en est une qui mérite surtout de fixer l’allenlion. La cellule devenue énorme peut, sous l’influence qui favorise son développement, se creuser d’une cavité plus ou moins grande. C’est ce que l’on a appelé des
cellules excavées. Dans celle cavilé cxisle ordinairemcnl un liquide tenant en suspension des amas de granulations animées du mouvement brownien. Mais d’autres Ibis ce sont des noyaux épithéliaux ou même de petites cellules épithéliales qui naissent ainsi à l’intérieur d’une autre. Les épithéliums où se produit ce phénomème, ont reçu le nom de cellules mères.
Enfin il peut apparaître dans ces cavités des globules blancs du sang, dont la naissance en de telles conditions est sans contredit un des faits les plus remarquables qu’il soit donné au micrographe d’observer.
Peau.
L’élude microscopique de la peau devra être faite sur des coupes habilement pratiquées et intéressant les parties profondes. On verra en effet, dès le début, que le derme, cette partie solide et résistante que l’on appelle le cuir, envoie au-dessous de lui, à sa face profonde, une foule de cloisons qui le rattachent aux autres organes. Ces tractus sont constitués par du tissu cellulaire tel que nous l’avons décrit, c’est-à-dire par un tissu formé de fibres lumineuses, de fibres élastiques et d’une proportion plus ou moins grande de matière amorphe.
En remontant vers la surface de la peau, on verra les fibres lumineuses et les fibres élastiques de tous ces Iraclus s’enchevêtrer les unes dans les autres et se feutrer de manière à former la masse compacte du derme. Celui-ci est plus ou moins épais suivant les régions. Mais pendant que sa limite profonde est mal accentuée avec tous ces prolongements fibreux qui l’attachent, sa face externe offre une ligne de démarcation sinueuse à la vérité, mais nettement tranchée. Ces sinuosités sont dues
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à la présence d’éminences appelées papilles. Enfin celle face esl recouverte elle-même d’un lissu tout différent appliqué sur le derme de manière à en dissimuler toutes les irrégularités : c’est l 'épiderme, entièrement formé d’éléments épithéliaux.
L’épiderme lui-même, comme le derme, varie beaucoup d’épaisseur selon l’endroit observé. A la plante du pied, il atteint souvent un millimètre.
Ceci dit, nous supposerons que nous avons à la fois sous les yeux un certain nombre de coupes de la peau pratiquées sur différents points du corps. Les unes traitées par l’acide nitrique, les autres traitées, ce qui est une excellente préparation, par l’acide tannique, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut (1); d’autres enfin injectées et permettant de voir la distribution des capillaires dans les papilles du derme, dont ils ne franchissent jamais la limite.
Pannicules adipeux. — En reprenant par la partie profonde l’étude de la peau et spécialement celle du derme, oh voit d’abord ces tractus dont nous avons parlé, enfermer çà et là des amas de cellules adipeuses formant ce que les anatomistes ont appelé les pannicules adipeux.
Glandes de la sueur. — Dans les dernières excavations de ces tractus, tout à fait à la limite de la substance compacte du derme, on peut très-bien voir sur des coupes de peau, prises surtout à l’aisselle et traitées par l’acide nitrique, de petits organes particuliers qui apparaissent dans ces préparations comme des tubes jaunes pelotonnés sur eux-mêmes : ce sont les glandes de la sueur.
Chacune constitue une petite masse arrondie ou ovalaire selon les régions, et mesurant O"1"’, 200 à 1 millimètre
(1) Voyez page 312.
3S/| nu MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
tle diamètre. Le tube lui-même est large en moyenne de 0"nn,060. On le voit très-bien se détacher du peloton glandulaire pour former le canal excréteur de la glande qui porte à l’extérieur le produit de la sécrétion, c’està-dire la sueur. Cette portion du tube traverse le derme en ligne droite et pénètre dans l’épiderme. Quand celui-ci est peu épais, le tube n’offre à ce niveau aucune particularité; mais quand l’épiderme forme une large couche, comme à la paume de la main ou à la plante du pied, on voit alors le tube décrire en le traversant une élégante spirale à la manière d’un ressort à boudin. Enfin, il vient se terminer à la surface de la peau par une sorte de petit entonnoir très-visible à la loupe. Sur la face palmaire de la main on peut très-bien distinguer avec le moindre verre grossissant ces orifices des glandes de la sueur; ils sont régulièrement alignés sur la crête des éminences circulaires que présente la peau de la main ; et dans les chaleurs de l’été il est même facile de voir une toute petite gouttelette de liquide perler à chacun de ces orifices.
Pour étudier spécialement les glandes de la sueur, les meilleures coupes de peau seront celles qu’on aura pratiquées à la paume de la main ou à la plante du pied, après que la peau aura été durcie et rendue diaphane par une solution de carbonate de potasse. Mais la mejlleure préparalion est de faire macérer un fragment de peau pendant vingt-quatre heures dans l’acide azotique étendu, puis de le laisser dans l’eau pendant le même temps: ce traitement a l’avantage de donner aux glandes une couleur jaune qui les fait parfaitement ressortir sur les tissus ambiants.
Papilles. — Nous avons vu que du côté de l'épiderme, c’est-à-dire en dehors, la limite du derme, au lieu d’être indécise comme à la région profonde, est nellc et ondu-
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leuse quand on l’étudie sur une section assez mince. Ces ondulations sont dues à la présence à la surface du derme d’un nombre considérable de petites éminences plus ou moins espacées, plus ou moins élevées, plus ou moins régulièrement disposées, qui portent le nom de papilles. On les divise au point de vue de leur conformation en papilles simples et en papilles composées.
Les papilles simples se trouvent sur presque toute la surface du corps, elles sonL généralement coniques avec un sommet arrondi. Leurs dimensions peuvent varier depuis 0mm,030 de long jusqu’à plus de 0mm,300, comme à la matrice de l’ongle par exemple. — Leur largeur égale à peu près leur hauteur ou se trouve être un peu moindre dans les plus longues.
Les papilles composées existent surtout à la langue où leur étude présente un certain intérêt. Elles offrent une base plus ou moins large portant plusieurs saillies dont chacune est semblable à une papille simple. Audessus, l’épithélium vient encore exagérer ces saillies, et se prolonge même en forme de filaments minces et flottants qui onL été comparés aux pièces d’un éventail, et qui ont fait donner à ces papilles le nom de flabelliformes. Ce sont ces longs prolongements épithéliaux formés de cellules pavimenleuses qui, tombant en masse dans les fièvres, forment l’enduit blanchâtre auquel la médecine, il y a trente ans, attribuait une si grande importance.
La distribution des papilles ne paraît être soumise à aucune règle sur la plus grande partie de la surface du corps. Mais partout où se montrent ces lignes contournées si manifestes à la face antérieure des doigts, elles offrent une disposition exactement correspondante. Chacune de
AHTIM'K CHEVALIER.
ces éminences linéaires visibles au pied ou à la main renferme deux rangées parallèles de papilles.
Sous l’ongle, les papilles sont aussi en séries régulières, mais toutes rectilignes et disposées suivant l’;ixe du doigt. C’est entre ces séries que s’enfoncent les crêtes que laisse voir l’ongle à sa face profonde, quand on l’arrache.
Un petit nombre de papilles reçoivent un ou deux tubes nerveux. Alors aucun vaisseau n’y pénètre. Cette disposition se rencontre surtout à la main, au pied, aux lèvres. La plupart des papilles, au contraire, n’ont pas de tube nerveux à leur intérieur et présentent un nombre plus ou moins grand d’anses vasculaires, selon leur dimension. Il est remarquable que l’endroit qui peut être justement regardé comme ayant la sensibilité la plus exquise, tellement qu’elle est le sujet des plus affreuses douleurs dans les opérations chirurgicales, la matière des ongles, ne présente aucune papille nerveuse : toutes sont vasculaires.
Quand on étudie ces papilles sur des pièces injectées, tantôt on voit une anse capillaire seulement émerger du réseau vasculaire du derme, monter dans da papille, se recourber près de son sommet et revenir sur ses pas en suivant une direction inverse; tantôt, dans les plus grosses papilles, une artériole vient s’épanouir au centre en une sorte de bouquet élégant, dont chaque branche se courbe en anse pour retourner aux veines de la peau. Mais un caractère invariable de la distribution des capillaires dans la papille, c’est qu’ils en occupent toujours le centre, tandis que dans les villosités intestinales, spécialement destinées à l’absorption, le réseau sanguin est tout superficiel et situé immédiatement au-dessous de l’épithélium.
Épiderme. — L’épiderme est constitué par deux couches superposées de cellules épithéliales de nature différente. Elles comblent l’intervalle que laissent entre elles les
papilles, et, dépassant leur sommet, engendrent ainsi la surface à peu près lisse et unie qui limite le corps humain dans l’espace. L’épiderme s’adapte exactement h toutes les dépressions et à toutes les éminences du derme, en sorte que sa face profonde est le moule exact et l’empreinte fidèle de celui-ci. A chaque papille répond une petite anfractuosité où elle est logée.
Les deux couches qui forment l’épiderme, sont au reste assez nettement délimitées. C’est entre ces deux couches et non entre l’épiderme et le derme, que se dépose la sérosité des vésicatoires. La plus profonde porte le nom de couche de Malpighi, la plus externe s’appelle la couche cornée.
La couche de Malpighi est formée par plusieurs rangs des cellules épithéliales irrégulièrement polyédriques, disposées autour des papilles et entre elles. Ces cellules sont assez difficiles à voir, an moins sur la peau des hommes appartenant à l’espèce blanche. Chez le nègre, chez les individus très-bruns, surtout aux régions du corps qui sont habituellement de couleur foncée, les cellules de la couche de Malpighi se distinguent immédiatement, parce qu’elles sont remplies de granulations pigmentaires, abondantes principalement dans la couche de cellules la plus profonde, au contact du derme et de ses papilles.
Si l’on imagine une première coupe de la peau, parallèle à sa surface, et faite dans de telles conditions qu’elle intéresse les papilles du derme vers le milieu de leur hauteur; si l’on vient maintenant à pratiquer une seconde coupe parallèle à la première, qui intéresse le derme audessous de la hase des papilles, on obtiendra une préparation qui a joui d’une certaine célébrité. Supposons qu’elle ait été faite avec la peau d'un nègre : il est évident qu’au microscope la lumière passera sans encombre à
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travers la substance transparente des papilles, pendant qu’au tour d’elles les rayons transmis seront arrêtés en chemin et colorés par l’épithélium pigmenté qui remplit les espaces interpapillaires. On aura l’apparence d’un réseau dessiné par cette substance pigmentée, tandis que la section même des papilles figurera autant de mailles. Telle est l’origine du nom de réseau de Malpighi donné à cette préparation.
Pour préparer le réseau de Malpighi, le plus simple est d’enlever, avec un rasoir trempé d’alcool, de très-minces couches à la surface d’une peau foncée que l’on aura tendue sur un corps un peu sphérique.
La couche cornée passe uniformément au-dessus de la couche muqueuse et offre cà peu près dans tous les points la même épaisseur. Elle est formée de cellules épithéliales lamelleuses superposées et très-adhérentes.
Elles sont extrêmement minces, comme flétries, sans noyaux, au moins dans la couche tout à fait extérieure, et leurs dimensions varient de O’1"", 01 3 à 0"‘m,036. Quand on fait agir sur un fragment de cet épithélium une goutte de potasse étendue, on voit toutes ces cellules lamelleuses se gonfler. Alors chaque élément représente non plus une lamelle, mais un corps de forme presque ovoïde. Ce changement se fait en quelques instants sous l’œil même de l’observateur.
On peut toujours donner aussi aux éléments delà couche cornée une teinte jaune foncée et très-appréciable au microscope, en traitant un fragment d’épiderme par l’acide azotique.
Le cal aux mains, les cors, les durillons sont constitués par un épaississement de la couche cornée de l’épiderme. On y retrouvera la même structure lamelleusc et la même intrication des mêmes éléments.
li’acui'iiM <i<‘ la g;alc.
La peau de l’homme a un hôle qui se creuse dans son épaisseur de longues tanières. Cet hôte est l’animal de la gale, appelé dans les traités scientifiques Acarus scabiei, et qui jouit d’une trop fameuse réputation, voire même depuis le temps où un ancêtre de Gargantua, au dire de Rabelais, apprit aux hommes à se retirer ces cirons de la peau des mains.
Nous voudrions raconter ici toute la longue histoire de l’insecte de la gale; le lecteur aurait peut-être suivi avec intérêt les nombreuses vicissitudes que ce petit animalcule . dut subir avant d’être admis définitivement au nombre des êtres existants, les mystifications auxquelles il donna lieu, ses mœurs et ses formes; mais nous devons simplement indiquer la manière de le découvrir et les sources où l’on trouvera des renseignements étendus.
Lorsqu’un galeux n’a encore été soumis à aucun traitement, si l’on cherche attentivement sur le dos des mains, sur le poignet ou entre les doigts, on remarquera que plusieurs vésicules, peu après leur développement, présentent à leur sommet ou sur le côté un petit point pareil à celui qui résulte d’une très-petite piqûre de puce, moins l’auréole rouge. Quelquefois ce point s’allonge un peu en demi-cercle et se trouve situé sur une petite tache blanchâtre.
Sur d’autres boutons plus avancés on apercevra, à partir du point, une trace ponctuée, noirâtre ou blanchâtre, tantôt allant du sommet à la circonférence, tantôt traversant la vésicule, suivant son diamètre.
La trace ponctuée paraît être l’origine d’un petit chemin couvert, improprement appelé sillon ou caniculus. En se plaçant au soleil on peut voir cà l’extrémité de la trace,
opposée au petit point et sur le côté de la vésicule, une petite tache blanche et un point brunâtre. En soulevant l’épiderme en cet endroit avec la pointe d’une épingle, on peut, sans percer la vésicule, en extraire un petit insecte, qui est Vacants ou sarcopte. Toutes les vésicules ne donnent pas naissance à un sillon.
Notre insecte, placé dans Je genre Sarcopte de Latreille sous le nom de Sarcopte de l’homme , est blanc, opalin, transparent, de forme arrondie et presque circulaire ; sur son dos on aperçoit plusieurs rangées de petits tubercules surmontés de poils. 11 n’existe ni tête ni corselet, mais une sorte de bec ou museau rouge, court, un peu aplati en forme de palette, arrondi au bout, hérissé de plusieurs poils et inséré dans un angle dont le sommet se prolonge sur le thorax en une ligne d’un rouge doré. Les pattes sont au nombre de huit, leur couleur est d’un rouge foncé; on distingue les quatre pattes antérieures, placées de chaque côté de l’organe de la manducation ; elles sont formées de quatre articulations et d’une pièce basilaire oblique, qui offre comme un triangle dont l’hypoténuse est tournée du côté de la partie postérieure du corps. Chacune de ces articulations est hérissée de poils, et la dernière est armée en outre d’une sorte de tige ou article très-long, fragile, mince, terminé par une petite caroncule ou godet, qui sert à la progression, et que M. Raspail désigne sous le nom d ’amhulacrum.
Les quatre pattes postérieures sont éloignées des antérieures; elles sont beaucoup plus courtes, mais présentent, au reste, la même organisation, si ce n’est que Vambulacrum manque et se trouve remplacé par un poil aussi long que le corps; l’abdomen les couvre aussi presque entièrement, et l’anus, tantôt saillant, tantôt effacé, se montre a la partie postérieure de l'animal. Toute la surface de son
corps est tapissée, suivant M. Raspail, d’un réseau cellulaire très-résistant ; en écrasant sur l’ongle l’insecte vivant, on entend très-distinctement un petit craquement. Sa longueur n’excède pas un demi-millimètre, et l’on en trouve qui dépassent à peine la moitié de cette longueur.
Si l’on examine le mode de progression de cet insecte sous l’épiderme, il est facile de se convaincre qu’il ne se fraye pas son caniculusix la manière des taupes : les pattes ne sont nullement disposées pour cela; il agit plutôt en soulevant l’épiderme au moyen de son bec aplati; les poils qui hérissent son dos, et qui sont dirigés en arrière, l’aident dans son travail, en rendant, comme l’a remarqué M. Raspail, tout recul impossible. Cette manœuvre fait éprouver au malade une assez vive démangeaison, qu’il diminue en se frottant. ( Recherches sur l'acarus ou sarcopte de l’homme , par Albin Gras, docteur ès sciences, élève à l’hôpital Saint-Louis, aujourd’hui professeur de pathologie interne à Grenoble. 11 octobre d 83Zi ; chez Béchet.)
On peut lire également le Mémoire comparatif sur i histoire naturelle de la gale, par M. Raspail; les Recherches microscopiques sur l'acarus , etc., par MM. Leroi et Vandenhecke, et les articles de MM. D. Duparc et Beaude dans le Journal des connaissances médicales du 15 juillet 183/L
Dans sa traduction de la Revue générale des écrits de Linné , par Pulleney, M. M illin de Grand maison fait mention de Y Acarus scahiei et de celui de la dysenterie {Acarus dy sentence).
Linné a consigné dans les Arncenitates academicæ , une thèse de J. G. Nander, publiée en 1757 ; cet auteur adopte 1 opinion de Kircher, qui attribue les maladies contagieuses à des animalcules. 11 dit que leur existence a été démontrée dans la gale et la dysenterie, dans la ladrerie
des cochons par Langius, dans la peste par Kircher, dans le mal vénérien par Ilauptman (1), dans les pétéchies par Sigler, dans la petite vérole par Lusitanus et par Porcellus, ainsi que dans le serpigo et d’autres maladies cutanées. Barlholin avait remarqué que les matières évacuées pendant la dysenterie é.laicnL pleines de petits insectes.
On Irouve dans le même recueil la dissertation de C. F. Adler ('1752) sur la Noctiluca marina.
Ce fut pendant son voyage fait en Chine, en 17/i8, que ce chirurgien reconnut l’existence des insectes phosphorescents qui rendent le sillage des navires lumineux; il soumit au microscope et lit dessiner ce petit individu, qui n’est pas plus gros que la seizième partie du pouce. Baker a également donné quelques détails sur cet insecte. On le rencontre au commencement de l’été, et principalement parmi les plantes marines.
Ongles.
Les ongles sont formées d’une matière spéciale homogène, finement striée. Mais pour qu’elle apparaisse avec ces caractères, il est nécessaire de pratiquer les coupes à étudier, dans un sens déterminé. Il faudra que ces coupes soient faites dans le sens de la longueur de l’ongle et sur sa tranche, c’est-à-dire perpendiculairement à ses deux faces. On découvrira très-nettement des lignes fines, serrées, droites ou courbes, un peu inclinées sur ces faces, et allant de l’une à l’autre avec une certaine élégance.
Cheveux.
Les cheveux étudiés au microscope sont loin d’être des
(i) Les expériences microscopiques de M. Donné sur les affections vénériennes confirment les assertions de Hauptman.
filaments simples, comme ils apparaissent au loucher et à l’œil nu. Leur structure est complexe : ils présentent à étuclier une substance propre , une moelle dans le centre et un épithélium extrêmement délicat à la surface. Ce que nous dirons des cheveux, peut également s’appliquer aux poils des autres régions du corps, et même aux poils follets du jeune âge.
Substance propre des cheveux. — Elle forme la masse dominante du poil, auquel elle communique ses qualités physiques. C’est une substance dure, homogène, plus ou moins colorée ; elle montre des stries longitudinales interrompues çà et là ; elle se déchire facilement dans le sens de sa longueur ; elle est très-élastique, en sorte qu’un cheveu de femme peut subir une traction qui l’allonge de plusieurs centimètres et revenir à ses dimensions primitives. — Elle est très-hygroscopique, et s’allonge sous l’influence de l’humidité. C’est à celte propriété que les cheveux ont dû d’être employés par de Saussure à la confection des hygromètres. — Traitée par la soude bouillante, et soumise à une légère pression entre les deux glaces, elle se laisse diviser irrégulièrement dans le sens de sa longueur comme ferait une matière molle et fibroïde.
La substance fondamentale des cheveux paraît être par sa nature pâle ou seulement un peu jaunâtre. Les différentes nuances que présentent les cheveux selon les individus, tiennent à une matière colorante spéciale qui imprègne plus ou moins abondamment cette substance. Avec l’âge cette matière colorante disparaît, et alors les cheveux, réduits en quelque sorte à eux-mêmes, restent blancs. 11 peut arriver aussi que celte matière colorante manque pendant toute la vie avec les granulations pigmentaires du fond de l’œil. Alors toute la vie les cheveux sont blancs
3W/l DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
comme s’ils avaient été vieux en naissant. Ori voit cela chez les albinos.
Les cheveux ne sont pas toujours cylindriques comme on pourrait le croire. M. Pruner a montré qu’ils étaient parfois ovales à la coupe, ou triangulaires avec des angles mousses. Pour se rendre compte de-ces différences, il faut de toute nécessité couper les cheveux que l’on étudie en tronçons d’une longueur inférieure à leur diamètre, et observer ensuite ces tranches à plat dans de l’eau ou dans tout autre véhicule.
11 existe plusieurs moyens de se procurer ces coupes. On peut d’abord les recueillir sur un rasoir avec lequel on vient de repasser une barbe fraîchement faite. Mais dans ce cas elles sont ordinairement obliques. Un meilleur procédé est de maintenir immobiles quelques cheveux entre deux lamelles de liège, et de pratiquer alors des coupes régulières à travers le tout, aussi minces que l’on veut. Un moyen encore plus simple est le suivant : Sur une mèche de cheveux on fait avec des ciseaux quelques coupes successives très-rapprochées. Dans tous ces fragments ainsi taillés, il n’est pas qu’on ne découvre quelque tranche régulière, mince, bien perpendiculaire à l’axe des cheveux eL très-propre à l’observation.
Moelle. — Quand on regarde au microscope un poil ou un cheveu, on voit en général le centre occupé par une substance plus foncée, c’est la moelle.
Le diamètre de cette moelle est environ au diamètre du poil, comme 1 est à 3 ou à 5. La cavité qui la loge, commence à peu près au niveau de la surface de la peau du côté de la racine et se termine en pointe vers l'extrémité du cheveu. Elle est souvent interrompue par places, variqueuse dans d’autres. Celle cavité renferme de petites cellules qu’on voit très -nettement chez quelques sujets,
pendant que chez d’autres on ne trouve qu’une masse commune remplissant la cavité. Pour voir ces cellules, quand elles existent, le procédé le plus simple est le suivant : On choisit des cheveux blancs, on les l'ait bouillir dans la soude caustique jusqu’à ce qu’ils se gonflent et se crispent. Alors, si l’observation directe à travers la substance fondamentale ne suffit pas, on déchire délicatement avec des aiguilles le poil traité de la sorte, et l’on isole sans trop de peine des séries tout entières de cellules médullaires, entassées les unes au-dessus des autres avec une certaine régularité. A leur intérieur on voit tantôt des granulations pigmentaires, et d’autres fois des granulations brillantes à contour foncé.
Épithélium des cheveux. — L’épithélium des cheveux forme à leur surface une membrane transparente excessivement fine, et qui adhère à la substance fondamentale. 11 s’en détache cependant quelquefois sur une étendue plus ou moins considérable. C’est ainsi qu’on ne le retrouve plus sur les longs cheveux des femmes, où le peigne et tous les soins de la toilette finissent par l’enlever. Quand il existe, il se manifeste sous l’apparence d’un réseau analogue à celui que dessinent des écailles se recouvrant en partie l’une l’aulre. Les mailles de ce réseau sont polygonales, limitées par des lignes minces, pâles, délicates; elles enveloppent le cheveu et sont parfois très-visibles.
On peut enlever cet épithélium directement. Il suffit de traiter un cheveu par un alcali. En le grattant ensuite légèrement on sépare l’épithélium de la substance corticale en plaques plus ou moins grandes, ou même en cellules isolées. Ce sont de petites lamelles plates, assez semblables à des cellules épithéliales lumelleuses, larges de ()""", 030 a 0""",0â0, longues de 0mm,050 à 0""",060, sans épaisseur appréciable.
396 DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’iIISTULOUIE.
Elles soril généralement transparentes, à bords clairs, quadrilatères ou rectangulaires, reproduisant à peu près la lorme des mailles du réseau que l’on voit à la surface des cheveux. Toutefois les éléments de cet épithélium ne sont pas, comme dans d’autres régions de l’économie, simplement juxtaposés les uns aux autres. Ils sont imbriqués comme les tuiles d’un toit. C’est une disposition dont on peut très-bien se rendre compte quand on examine les bords d’un cheveu encore muni de son épithélium. On y distingue des dentelures très-fines dues précisément à l’imbrication de ses éléments, et l’on peut voir que c’est toujours l’élément le plus voisin delà racine, qui recouvre en partie celui qui est du côté de la pointe du cheveu.
Quand on arrache un cheveu et qu’il vient sans ce qu’on appelle vulgairement la racine , les lamelles imbriquées qui le recouvrent au-dessous du niveau de la peau, et qui sont moins coriaces que les autres, se relèvent sur leurs bords par le frottement qu’on leur fait subir contre les parois de la petite gaine d’où se dégage le cheveu. Il en résulte que tout autour de lui, dans une certaine étendue, ces lamelles ainsi relevées bgurent — au lieu du réseau à lignes très-minces que nous avons décrit — un réseau à mailles pareilles, mais à lignes de démarcation très-grosses, larges 0“nu‘,001 à 0mm,003, offrant deux bords foncés et une partie moyenne plus brillante. Ces lignes rompues, continues ou anastomosées forment ainsi un ensemble que l’on a comparé, non sans quelque raison, à un treillis de fil de fer plus ou moins régulier. Cette apparence disparaît au contact de l’eau, prolongé une heure ou deux, et l’on peut alors se rendre parfaitement compte qu’elle n’est due qu’aux lamelles de l’épithélium du cheveu, retroussées sur leurs bords; l’eau les étale de nouveau, et le cheveu reprend l’aspect qu’il a dans tout le reste de son étendue.
Follicule pileux.
Quand on étudie au microscope une coupe mince du cuir chevelu pratiquée normalement à sa surface sur un fragment soumis à l’action de l’acide azotique étendu (10 parties pour 100 d’eau), on peut très-bien suivre les rapports du cheveu avec les régions d’où il émerge. On le voit sortir d’une petite excavation qui a reçu le nom de follicule , sorte de cul-de-sac en forme de dé à coudre, qui se prolonge au-dessous du derme au milieu des glandes sudoripares.
C’est au fond de ce cul-de-sac que le cheveu prend naissance sur une espèce de renflement ou de bouton arrondi qui a reçu le nom de bulbe. Le bulbe est formé d’une substance qui contient toujours un nombre plus ou moins grand de noyaux et de granulations pigmentaires; celles-ci lui donnent, le plus souvent, un aspect foncé. Souvent il arrive qu’on arrache le bulbe en même temps que le cheveu. Il ne se continue en effet avec le follicule que par une sorte de pédicule, pendant que toute sa surface libre tournée vers l’extérieur donne implantation au cheveu.
Le poil s’élevant à travers la cavité du follicule, en occupe le centre mais ne la remplit pas entièrement. L’espace qui le sépare des parois du follicule, est rempli par des cellules épithéliales continues avec celles de l’épiderme de la peau d’une part, et de l’autre avec les lamelles épithéliales du poil lui-même.
Végétaux vivant sur l'homme.
Nous avons vu un animal, le sarcopte de la gale, causer par sa présence dans la peau de l’homme une maladie
398 DU Mlf.ROSCODF. APPLIQUÉ A L’iIÎSTOLOGIE.
contre laquelle ont échoué naturellement tous les traitements, jusqu’au jour où l'on a su au juste à quel ennemi la médecine avait affaire dans ce cas. De même il existe un certain nombre de végétaux microscopiques qui , en se développant dans les follicules pileux, donnent naissance à certaines maladies, telles que la teigne et la mentagre . Ces végétaux, comme tous les autres, ont leurs semences, et de là vient que la maladie est contagieuse, ces séminules pouvant de mille manières être transportées d’un individu à l’autre, d’autant plus facilement qu’elles ont des proportions absolument microscopiques. Il en est qui n’atteignent même pas le volume des globules du sang.
Tous ces végétaux appartiennent à la classe des algues. Ils sont essentiellement constitués par de minces filaments articulés d’espace en espace, larges quelquefois seulement de 0mm,002 à 0,n,n ,00Zi , et très-longs. D’autres fois ils sont formés d’articles ovoïdes disposés bouta bout comme les grains d’un chapelet.
Pour voir et étudier le champignon de la teigne, il suffit de prendre une des croûtes jaunes en forme de bouton excavé qui la caractérise. On la fendra par le milieu, et l’on fera tomber sur le verre quelques parcelles de la substance pulvérulenLe du centre. En imbibant le tout d’eau ou de glycérine, on découvrira très-facilement les filaments du champignon et ses sporules, mêlés à un grand nombre de cellules épithéliales.
En étudiant la pulpe blanche qui fait le muguet dans la bouche des petits enfants malades, on découvrira des apparences analogues ; ceLle pulpe est aussi constituée par des filaments d’une algue mêlés à une proportion plus ou moins grande d’épithélium de la langue.
Le champignon du muguet est Y Oïdium albicons , celui de la teigne est Y A chorion Schoenleinii.
nu microscope appliqué a l’histologie.
Le champignon de la mcnlagre esl plus difficile à trouver, surtout chez certains sujets. C’est en arrachant les poils de barbe, et sur leurs racines, qu’il faut le chercher. Il se présente sous l’aspect de chapelets formés de grains ovoïdes d’un diamètre bien supérieur à celui des filaments de la teigne et du muguet. Le champignon de la menlagre esl Y A char ion mentagrophytes.
Glandes sébacées.
Chaque poil de l’économie esl accompagné d’une glande spéciale qui a reçue le nom de glande pileuse ou de glande sébacée.
Par une loi constante de l’organisme, les glandes pileuses paraissent, être d’autant plus volumineuses qu’elles servent d’annexes à un poil de moindre dimension. En sorte que celles des poils follets de certaines régions de la face, celles aussi des petits poils roides de la caroncule lacrymale, sont les plus grosses.
C’est sur ce dernier point qu’on pourra le mieux les étudier, à cause de la transparence du tissu ou elles sont plongées. Déjà on les distingue à la loupe, surtout après avoir traité la trame ambiante par l’acide acétique étendu. En recourant au microscope, on découvre que ces glandes se composent essentiellement d’un canal dit canal excréteur s’ouvrant à la surface du corps pour y verser le produit de la sécrétion, et aboutissant par l’autre extrémité à un nombre plus ou moins grand de culs-de-sac plus larges que lui-même.
Celle disposition a fait comparer les organes de ce genre à des grappes; et les glandes pileuses en particulier ont même reçu le nom de glandes en grappe simple , parce qu’il n’y a qu’un seul pédicule pour supporter tous les
culs-de-sac. Ces derniers sont larges environ de 0'n,n,030 à 0""",060 et longs du double. Ils sont formés par une paroi propre, homogène, épaisse, que ne traverse aucun vaisseau capillaire, et qui est remplie en dedans de cellules épithéliales mélangées à une proportion plus ou moins considérable de matières grasses.
f^lamlcs en grappe composée.
Les glandes pileuses viennent de nous servir à faire connaître ce qu’il faut entendre par glandes en grappe simple. Il existe d’autres glandes dans l’économie, toutes construites d’après un type à peu près uniforme et qu’on appelle glandes en grappe composée. Ce sont entre autres : les mamelles, les glandes de la salive, des larmes, etc.
Une glande sébacée, avons-nous vu, est formée par la réunion d’un certain nombre de culs-de-sac s’abouchant ensemble à l’extrémité d’un conduit excréteur commun. Qu’on imagine maintenant plusieurs glandes en grappe simple agglomérées et disposées de telle sorte, que tous les canaux excréteurs s’abouchent les uns dans les autres et finissent par se réunir en un large canal excréteur unique; on aura ainsi le plan général des glandes en grappe composée.
Chacune des glandes en grappe simple dont l’ensemble constitue la glande en grappe composée, porte en anatomie le nom de grain glandulaire ou d’ admis ; ils sont tous la reproduction à peu près exacte les uns des autres. L’étude microscopique d’une glande ainsi constituée se borne donc, en définitive, à la description d’un acinus.
Or, cet acinus est toujours maintenu au milieu d’une quantité plus ou moins considérable de tissu cellulaire qui
gênerait l’observation microscopique si nous n’avions le moyen d’obvier à un semblable inconvénient : c’est de soumettre le fragment que l’on veut étudier, à l’action de l’acide acétique. Celui-ci rend transparent le tissu cellulaire et permet d’observer alors plus facilement la paroi propre et le contenu des culs-de-sac inattaquables par cet agent. Des différences pourront porter sur le volume et la forme des culs-de-sac, sur le nombre de ceux-ci appelés à former un acinus, surtout sur l’épithélium contenu à leur intérieur ; mais le plan de tous ces organes se montrera toujours le même, comme il n’y a qu’un seul et même procédé pour les étudier.
ï.nit.
Le lait, quand on l’examine au microscope, montre une grande abondance de granulations graisseuses en suspension dans un liquide qui prend le nom de sérum. A ces granulations graisseuses sont mêlées des gouttelettes d’un liquide gras complètement fluide à la température du corps. Elles mesurent environ 0mra,010 de diamètre, au moins les plus grosses. C’est à ces gouttelettes que l’on a donné le nom de globules du lait , improprement puisque ce ne sont pas des éléments anatomiques. Le liquid.e qui les forme n’est pas lui-même simple. Avec d’autres principes gras, il contient de la margarine soluble comme eux à la température du corps, mais qui cesse de l’être à 10 degrés au-dessus de zéro. Aussi quand on laisse refroidir le lait, surtout après l’avoir fait bouillir, on voit avec le microscope, dans chaque gouttelette, la margarine se séparer des autres principes gras qui l’accompagnent, et cristalliser au milieu d’eux sous la forme de très-fines aiguilles disposées en houppes soyeuses. C’est le
ARTIim CüEVALÏER. on
même phénomène que nous avons déjà' signalé en parlant des cellules adipeuses (1).
A propos du lait, nous parlerons de la découverte si importante faite par le docteur J. Labourdette, qui est parvenu à produire des laits médicamenteux en faisant prendre à des vaches, soit l’iode, l’arsenic, le mercure, le phosphore, sans que les animaux soient atteints. Le lait obtenu est parfait, et contient en outre des agents thérapeutiques puissants. Aussi les effets du lait iodé, par exemple, sont-ils si efficaces, que bientôt cette médicamentation aura remplacé toutes celles destinées à introduire l’iode dans l’économie. M. le docteur J. Labourdette a donc rendu à l’humanité un des plus grands services qu’il soit possible d’imaginer. Par la même méthode, on obtient encore le lait ferrugineux, etc.
Muqueuses.
La structure anatomique des muqueuses offre certaines analogies directes avec celle de la peau. 11 en est ainsi de la conjonctive, de la muqueuse de la bouche, de celle de l’œsophage, etc., qui présentent: une sorte de derme, seulement plus mou et qu’on appelle chorion; des papilles, parfois énormes comme à la langue (2) ; et enfin un épithélium pavimenteux à cellules aplaties, larges, polyédriques, avec un noyau toujours visible.
Toutes les muqueuses cependant ne répondent pas à celte description; il en est d’autres, comme celles de l’estomac et de l’intestin, qui offrent des particularités dont nous devons dire un mot.
(1) Voyez page 358.
(2) Voyez page 385.
Dans ces muqueuses, le chorion est également mou et peu dense; mais l’épithélium qui les recouvre, au lieu d’être lamelleux à plusieurs étages de cellules superposées, est formé de cellules épithéliales prismatiques, disposées sur un seul rang. De plus, on peut s assurer par un examen attentif, mais toujours délicat, que le chorion même de ces muqueuses contient un nombre plus ou moins grand de culs-de-sac microscopiques extrêmement nombreux, ayant en général pour longueur l’épaisseur même de la muqueuse, et un diamètre qui ne dépasse guère 0m“,070 à 0mm,080.
Les glandes de Lieberkülin — c’est ainsi qu’on appelle ces culs-de-sac — sont en quelque sorte des glandes réduites à leur état le plus simple : une paroi propre mince et délicate, remplie d’un épithélium. Chacune d’elles répond à un cul-de-sac d’une glande en grappe simple ou composée. Ce sont ces organes délicats qui sécrètent les liquides corrosifs de l’estomac et de l’intestin.
Pour les bien voir, on devra les rechercher sur des lambeaux de muqueuse durcis dans l’alcool absolu, dans l’acide pyroligneux ou dans l’acide chromique. On peut encore faire bouillir ces lambeaux dans l’acide acétique étendu, puis on les imbibe de gomme et on les laisse sécher. 11 est alors aisé de tailler sur ces pièces des lamelles trèsminces; si cela est nécessaire, on peut éclaircir la trame du chorion en ajoutant un peu d’acide acétique, ce qui permet de mieux distinguer les glandes.
Toutes les muqueuses, mais principalement celles qui ont un épithélium prismatique, présentent une vascularité considérable. C’est à elle qu’elles doivent leur couleur rouge. Les injections pratiquées sur les muqueuses seront donc toujours extrêmement intéressantes. Pour en bien jouir au microscope, il importe de laisser longtemps ma-
AO/l DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE.
cérer la pièce injectée afin que le tissu interposé aux vaisseaux se détruise presque complètement.
On conserve alors le fin réseau capillaire rempli de matière à injection, dans un liquide sans action sur celle-ci, et rendu imputrescible par l’addition de quelques goutte de créosote.
La muqueuse intestinale présente sur toute sa surface un grand nombre d’éminences qui ont reçu le nom de villosités. On peut très-bien les apercevoir à la loupe et encore mieux au microscope. Quand la pièce est très-fraîche, on peut voir parfaitement, et sans autre préparation, les capillaires gorgés de sang formant à la périphérie même de la villosité, et non dans son centre comme aux papilles, un réseau extrêmement serré.
Dents.
Les dents offrent à l’étude microscopique quatre tissus différents : la pulpe , Y ivoire, Y émail et le cément. La pulpe doit être étudiée sur des dents fraîches ; quant aux autres parties, le meilleur moyen d’apprendre à les connaître sera d’observer des coupes de dents entières, pratiquées dans le sens longitudinal ou dans le sens transversal, assez minces pour être transparentes, et polies à l’émeri. Ces coupes, qui ne peuvent être faites qu’avec l’outillage spécial des lapidaires, se trouvent dans le commerce chez tous les marchands de préparations microscopiques.
Pulpe. — La pulpe dentaire est constituée par une matière amorphe où l’on découvre, avec des fibres lamineuscs, des capillaires, des nerfs, etc., un grand nombre de noyaux ovoïdes longs d’environ 0'n“‘,U07 à 031ni,00S, à contour net et finement granuleux, sans nucléoles.
DU MICROSCOrE APPLIQUÉ A l’iIISTOLOGIE. A05
On trouve aussi dans la pulpe, surtout à l’époque de la naissance, des grains solides, larges de 0‘nm,050à 0mm,060, à surface mamelonnée, très-brillants et formés de substance calcaire.
Ivoire. — L’ivoire est caractérisé par la présence d’un nombre infini de canalicules qui le traversent, et qu’o’n nomme canalicules dentaires. Ce sont dés tubes microscopiques, larges de 0mm,002 environ. Ils ont un orifice ouvert sur la paroi de la cavité dentaire, qu’il est d’usage de considérer comme leur origine ; de là ils s’étendent à travers toute l’épaisseur de l’ivoire jusqu’à l’émail et au cément. — Leur trajet est plutôt onduleux que rectiligne. Chacun décrit en général deux ou trois grandes courbes et un nombre très-considérable de courbes plus petites, plus ou moins prononcées. Ils sont, de plus, tantôt ramifiés, tantôt bifurqués. D’autres fois ils s’anastomosent en anses. Tous viennent aboutir au voisinage de l’émail et du cément à de petites lacunes très-visibles, irrégulières, étoilées, rapprochées les unes des autres et communiquant toutes ensemble.
Émail. — L’émail qui recouvre toute la partie de la dent qu’on appelle la couronne, est plus dure que l’ivoire. Quand on en étudie' la cassure à la loupe, on voit qu’ellt est fibroïde. Il est formé d’éléments anatomiques particuliers qui ont reçu le nom d q prismes.
Les prismes de l’émail ont généralement cinq ou six pans, tout en ne mesurant que 0mm,003 à 0mm,005 de large. Ils ont pour dimension, dans le sens de la longueur, l’épaisseur même de l’émail à l’endroit où on les observe. Chez l’adulte, ces éléments sont assez faciles à voir, tant sur des coupes de dents parallèles à leur grand axe que sur des coupes transversales; mais ils sont toujours difficiles à isoler. Dans le jeune âge on les sépare plus aisément,
A06 DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A l’iIÏSTOLOGIE.
surtout après qu’on a fait agir sur eux un peu d’acide chlorhydrique étendu.
Les prismes de l’email sont immédiatement juxtaposés comme des cellules épithéliales prismatiques, en sorte que le revêtement adamantin, observé par sa surface ou sur une coupe parallèle à elle, offre Pâpparen ce d’une élégante mosaïque, faite de pièces à peu près régulièrement hexagonales. C’est encore un de ces tissus dont l’élégance extrême a de tout temps frappé les anatomistes.
Cément. — Le cément qui enveloppe la racine des dents, est une substance entièrement analogue à celle qui constitue les os et caractérisée comme elle par la présence de cavités osseuses.
Cristallin.
Le cristallin ou au moins la partie plus dense qui en forme le centre et qu’on appelle le noyau, est formée tout entière comme l’émail des dents, par des éléments anatomiques juxtaposés, sans interposition d’aucune matière amorphe. Ils ont également reçu le nom de prismes, et on les appelle denticulés en raison de leur aspect spécial.
Les prismes denticulés sont des éléments transparents, pâles. Ils sont à quatre ou à cinq pans, mais toujours un peu aplatis, en sorte que le môme prisme, légèrement tordu par les accidents de la préparation, peut apparaître plus large dans une place et plus étroit dans une autre, mesurant ici de 0mm,005 à 0mm,010 de diamètre, et là de 0mm,020 à 0mm,030. Les arêtes du prisme sont finement dentelées, mais ces dentelures n’existent ordinairement que sur les deux faces étroites. C’est par elles que ces éléments s’engrènent mutuellement, pendant qu’ils sont simplement en contact par leurs faces larges.
Quant à la direction des prismes denticulés, on peut voir
qu’ils se dirigent tous de la surface antérieure du cristallin à la surface opposée, en suivant assez exactement le plan d’un méridien.
La préparation des prismes denticulés n’offre aucune difficulté, et il suffit de dilacérer un cristallin avec des aiguilles fines pour pouvoir les observer et se rendre compte de leur -mode d’adhérence. On peut au besoin durcir ces éléments par la coction dans l’eau simple.
Reins.
Quand on promène doucement la lame d’un scalpel à la surface d’une coupe pratiquée sur un rein, et qu’on porte sous le microscope ce qu’on a ainsi obtenu, il est facile de voir que le rein est surtout constitué par la réunion d’un nombre infini de petits canaux mous et fïexueux qui, en raison de leurs fonctions, ont reçu le nom de tubes urinipares. Ce sont eux en effet qui sécrètent l’urine.
Ces canalicules ont en moyenne 0mm,030 h 0mm,050 de large, ils sont fïexueux, recourbés sur eux-mêmes et constitués par une paroi propre revêtue à l’intérieur d’un épithélium.
La paroi propre est complètement transparente, homogène, hyaline. Elle mesure moins de0ram,001 d’épaisseur, et cependant elle est solide, élastique, résistante. On l’aper çoit toujours par fragments assez considérables dans le champ du microscope, tantôt vides, tantôt pleins encore de leur épithélium.
Celui-ci est constitué par des cellules molles, friables, faciles à écraser et dont on voit très-bien le noyau. Il est important de savoir que ces cellules au contact de l’eau se gonflent, se déforment, et paraissent remplir entièrement le tube, au milieu duquel elles laissent à l’état
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frais un canal central. Pour bien observer cel épithélium, le mieux sera donc de se servir comme véhicule de sérum du sang, d’une solution d’albumine ou de liquide amniotique, comme nous l’avons indiqué.
A côté de tubes entiers et encore tapissés de leur épithélium, on trouvera dans toute préparation, d’une part, des cellules isolées; et d’autre part, des lambeaux de paroi propre, plus ou moins étendus, mais ordinairement plissés sur eux-mêmes et presque méconnaissables.
Quant au trajet des tubes urinifères, on ne peut l’apprécier convenablement que sur de minces coupes du rein, pratiquées sur des préparations desséchées, ou encore sur des préparations durcies par l’acide chromique ou l’alcool, et rendues transparentes au moyen de l’acide acétique; enfin et simplement sur des coupes minces d’un rein trèsfrais ou d’un rein injecté.
Si l’on a enlevé sur une coupe de la substance corticale du rein, des raclures épaisses de tissu, qu’on les ait agitées dans un tube à expérience avec de l’eau, ou qu’on les ait fait bouillir dans de l’eau faiblement acidulée avec l’acide sulfurique, et qu’enfin on les ait laissé reposer; en lavant ce résidu, on y trouvera, avec un faible grossissement, des tubes urinipares rompus d’un côté et aboutissant de l'autre à une sorte de renflement arrondi, large de 0mm,100 à 0mra,200 et qui porte le nom de capsule de Millier.
Cette capsule qui sert de terminaison aux tubes urinipares, renferme un peloton vasculaire qui la remplit à peu près entièrement et qui a reçu le nom de glomérule de Malpighi. On peut voir quelquefois la paroi propre de la capsule traversée par l’artériole qui fournit les capillaires du glomérule. Cependant celui-ci se présente plus souvent complètement isolé, que revêtu de sa capsule de Millier . Le glomérule est simplement formé par le pelotonnement
DU MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’illSTOLOGlE. ^09 et l’enchevêtrement réciproque d’un grand nombre de fins capillaires.
Sur les reins frais, les glomérules sont toujours naturellement injectés par le sang et on les reconnaît sans peine dans le champ du microscope quand on emploie un faible grossissement; mais on les voit encore mieux suide minces tranches après une injection artificielle.
Œuf liuniaiu.
A l’époque initiale de son existence l’homme n’est qu’un œuf et cet œuf est lui-même infiniment petit. On peut toutefois l’observer sur l’ovaire de la femme sans de trop grandes difficultés.
Quand on pratique une coupe sur un ovaire bien frais, on voit qu’il renferme toujours un certain nombre de cavités closes dont quelques-unes se trahissent, à la surface de l’organe, par une éminence arrondie et lisse. C’est une vésicule cle de Graaf prête à se rompre.
Pour voir l’œuf humain, on percera celle-ci et l’on en recueillera le contenu sur la lame de glace. On recouvrira le tout, avec beaucoup de précaution, d’un verre mince, afin de ne pas crever l’ovule. Un moyen très-pratique est de soutenir le verre mince par des fragments de papier ou de fil qui l’empêchent de presser sur le corps délicat que l’on veut conserver intact.
Au milieu du liquide granuleux qui s’est échappé de la vésicule, on distingue un point plus clair, c’est Y ovule. Observé au microscope, il se montre toujours environné d’un grand nombre de noyaux qui donnent au liquide où il nage, une apparence granuleuse quand on l’observe à un faible grossissement. Lui-même est sphérique et présente un diamètre de 0"'u‘,100 à 0mm,200. 11 est limité à
l’extérieur par une enveloppe hyaline, transparente, élastique, homogène, amorphe, qui mesure 0'n,n,009 à 0mm,010 d’épaisseur, c’est la membrane vitelline. Entre le contenu plus foncé delà membrane vitelline et les noyaux où plonge l’ovule, celle-là forme une zone claire qui avait reçu des anciens anatomistes le nom de zone transparente.
À l’intérieur de la membrane vitelline, le viteflus constitue une masse cohérente, granuleuse, transparente et visqueuse. C’est ce qui deviendra un homme.
Dans le vitellus nage une vésicule claire large de0mm,050 environ. On l’appelle vésicule germinative ; elle est creuse et libre au milieu du vitellus. Avec un peu de soin, en appuyant légèrement sur le verre mince, on arrive à rompre l’ovule, et la vésicule germinative s’échappe avec le liquide ambiant. Elle porte en un point de sa paroi un noyau large de 0mm,007, qui a reçu le nom de tache germinative.
Zoospermcs.
Nous ne saurions mieux terminer ces éléments sur l’application du microscope à l’histologie, que par l’étude la plus curieuse qu’offre l’économie humaine aux yeux et aux réflexions du micrographe. Nous voulons parler des zoospermes. Ce sont de petits corps organisés que l’on rencontre dans le liquide fécondant de l’homme, et qui sont doués d’un mouvement ondulatoire particulier. Certains anatomistes les regardent comme de simples éléments anatomiques. Pour les autres, ce sont de véritables animaux avec une vie propre, et il est certain que tout dans leurs allures rappelle avec une frappante analogie le spectacle que donnent dans le champ du microscope les évolutions de beaucoup d’animaux microscopiques.
Les zoospermes de l’homme ont une partie plus large et
DH MICROSCOPE APPLIQUÉ A L’HISTOLOGIE. l\M
un peu aplatie qu’on nomme tête , corps ou disque , et un appendice filiforme appelé queue. Leur longueur totale est 0mn',050 ; la tête seule mesure environ 0mm,005 de long. Elle est discoïde, aplatie et transparente, surtout en avant.
La queue mesure à son origine moins de 0,nm,00i de diamètre et va s’amincissant progressivement jusqu’à son extrémité : c’est assurément de toutes les parties de l’organisme humain et même de tout le monde microscopique, un des objets les plus ténus qu’il soit donné à l’homme de contempler. Le diamètre de l’extrémité de la queue d’un zoosperme doit être regardé comme pratiquement incommensurable avec les meilleurs appareils micrométriques.
En dehors du rôle, parfaitement inconnu, que jouent les zoospermes dans la fécondation, la physiologie propre de ces êtres présente encore le plus vif intérêt. Nous voulons parler de leurs mouvements, produits par une ondulation totale qui déjette alternativement leur tête à droite, puis à gauche, en même temps qu’en avant.
Diins le premier moment, ces mouvements sont très-vifs et difficiles à observer. Mais bientôt le liquide où les zoospermes nagent, se condense par évaporation. On en a la preuve en voyant des cristaux phosphaliques se déposer dans le champ même du microscope. Les mouvements des zoospermes, gênés par la viscosité croissante du liquide, se ralentissent; et on peut les suivre alors dans un même individu avec plus d’aisance et plus de continuité.
La rapidité avec laquelle les zoospermes se meuvent., est évaluée à 0"’m,060 par seconde, c’est-à-dire qu’ils avancent dans l’espace, en une seconde, d’une quantité linéaire à peu près égale à leur propre longueur. La force de projection développée par ce mouvement ondulatoire est assez puissante, non-seulement pour déplacer l’individu au sein du milieu où il s’agite, mais même pour refouler
APPLICATION DU MICROSCOPE
et déplacer ces cristaux beaucoup plus gros que lui, que l’évaporation a fait naître sur le porte-objet, et qu’il heurte dans sa course.
Quand le mouvement des zoospermes est enfin pour cesser, ils se replient sur eux-mêmes, de manière à former une anse ou une sorte d’anneau, mais ils ne sont pas morts et une solution concentrée d’un sel alcalin peut, pendant une heure ou deux, les ranimer et faire reparaître leurs mouvements, même avec une intensité nouvelle.