‹ L'étudiant micrographeChapitre 5 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DU MICROSCOPE

On désigne sous le nom de microscope (1) un instrument d’optique destiné à grossir ou à amplifier les objets.

Il y a deux espèces de microscopes : le simple et le composé.

Comme ces deux instruments s’emploient dans des cas différents, nous allons en donner la description en signalant les avantages particuliers à chacun d’eux, et en indiquant les différentes formes qu’on leur donne, suivant l’usage auquel on les destine.

Du microscope simple.

Le microscope simple se compose ordinairement d’une seule lentille, ou d’une combinaison de lentilles, agissant immédiatement sur les rayons lumineux, ou, en d’autres termes, grossissant les objets, et transmettant directement à l’œil l’image amplifiée.

Expliquons par la théorie comment cel effet se produit, et nous verrons qu’à l’aide du microscope simple, nous ne jugeons du grossissement d’un objet que parce que ce der-

(1) Le mot microscope est formé de doux mots grecs : 1/.1 apo;, petit, et moftgeo, voir.

DU MICROSCOPE

nier csl vu par l’instrument sous un angle beaucoup plus grand qu’à la vue simple, quoique avec la même netteté et à la même distance où nous le placerions pour l’apercevoir distinctement.

Ainsi, soit un petit objet cib (fig. /i3). Pour être vu d’une manière distincte, cet objet aurait besoin d’être placé près de l’œil, afin que la lumière qu’il envoie puisse produire une impression sensible sur la rétine ; mais alors les rayons qu’il émane étant très-divisés, leur réunion ne peut s’opérer, et la vision n’est pas distincte. En plaçant alors une lentille convexe oo entre l’objet et l’œil, les rayons émanés sont ramenés à un degré de divergence tel, que l’objet est perçu avec netteté, et, de plus, l’observateur, recevant la lumière sous la même inclinaison sous laquelle elle lui arriverait d’un objet placé en dU , distance ordinaire de la vision, croira voir l’objet en db' .

D’après ce qui vient d’être énoncé, il est facile de concevoir que plus la lentille aura la propriété de faire converger les rayons , ce qui arrivera lorsque nous augmenterons sa courbure, plus alors nous aurons l’objet agrandi.

Quoique toujours construit sur le même principe, le microscope simple peut subir de nombreuses modifications dans sa forme et sa disposition, suivant qu’il est destiné a

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faire un examen général et passager des objets, ou qu’il doit servir à observer d’une manière complète et suivie.

Dans le premier cas, on lui applique généralement le nom de loupe. L’instrument se tient ordinairement à la main, et se compose d’une ou de plusieurs lentilles convergentes disposées et maintenues dans une monture appropriée.

Dans le second cas, l’instrument, ayant une destination beaucoup plus étendue, se compose d’un support muni d’un spéculum ou miroir et de divers accessoires. Les loupes ou lentilles que l’on emploie sont construites d une façon particulière, et se nomment doublets. L’instrument ainsi disposé porte le nom de loupe montée ou de microscope simple.

Comme nous venons de le voir, on applique plus particulièrement le nom de microscope simple à l’instrument agencé pour les observations complètes, bien que toute loupe soit un microscope simple, depuis le globe de verre rempli d’eau jusqu’aux doublets les plus parfaits employés aujourd’hui; tous ces différents systèmes de verres s’accordant avec la théorie énoncée au commencement de ce chapitre.

11 nous reste maintenant à développer ce que nous n’avons que jusqu’alors indiqué.

Occupons-nous d’abord des différentes espèces de loupes et de la manière d’en faire usage.

La loupe de la plus simple construction, employée poui l’observation générale, se compose d’une lentille biconvexe enchâssée dans une monture à recouvrement; elle est d’un usage assez fréquent, mais on emploie plus généralement, en histoire naturelle, deux ou trois loupes réunies dans la môme monture, afin d’avoir des grossissements de différents pouvoirs.

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AO

Lorsqu’on emploie ensemble (leux loupes biconvexes, on peut les fixer aux dpux extrémités d’une monture appropriée (fi g. AA). De cette façon, l'instrument porte le nom de loupa à deux bouts. On peut aussi les placer dans une monture qui permet de les superposer; on a alors l’avantage d’augmenter la série des grossissements que l’on obtenait en employant séparément chaque lentille , auxquelles , dans ce cas , on donne généralement la forme piano-convexe, comme étant préférable à celle biconvexe. C’est ainsi que sont construites les biloupes et les triloupes (fig. A 5 et A6).

Afin d’obtenir plus de netteté, on intercale souvent entre les loupes des diaphragmes d’une ouverture appropriée.

Il est excessivement important que les loupes que je viens de citer soient bien construites, pour obtenir un effet désirable. Le verre em-

Fig. 45. Fig. 4G.

ployé doit être parfaitement limpide cl exempt de bulles et de stries; la monture, qui se fail ordinairement de corne,

DU MICROSCOPE. Al

doit être légère et organisée de façon à protéger les verres du contact des objets extérieurs.

Pour en faire usage, il suffît de les tenir près de l’œil avec la main droite, tandis que la gauche tient l’objet qu’elle approche ou qu’elle éloigne, afin de mettre au foyer, et qu’elle fait mouvoir dans toutes les positions, afin d’en étudier exactement la structure.

Ces loupes sont excessivement utiles, pour avoir une idée générale des objets, en entomologie, en botanique, en minéralogie, pour déterminer les caractères spécifiques des insectes, des plantes, les formes des petits cristaux. Elles sont indispensables pour les personnes qui s’occupent d’histoire naturelle, et qui doivent toujours porter sur elles un de ces petits instruments.

La loupe rodée de Brewster, dite de Coddington, représentée figure 47, est aussi une des loupes les plus parfaites et les plus précieuses pour les personnes qui s’occu-

pent d’histoire naturelle. Elle se compose d’un cylindre de verre pris dans une sphère; le milieu du cylindre est rodé de manière à former diaphragme (fig. 47). La monture qui tient la loupe se fait d’argent ou de maillechortet avec ou sans recouvrement.

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Les avantages que présente cetle construction sont nombreux et incontestables : le petit volume de l’instrument, son grossissement considérable (30 fois), la netteté avec laquelle il permet de voir les objets, la facilité de s’en servir, le rendent applicable à une foule d’observations sur les corps transparents ou opaques de petit volume.

Cette loupe sert aux mêmes usages et s’emploie de la même manière que celles précédemment citées ; on peut la tenir dans toutes les positions, l’objet sera toujours vu avec netteté, l’axe visuel ne pouvant passer que par le centre de la sphère.

On construit des loupes de Brewster de différents diamètres et pouvoirs. Quelques anatomistes l’emploient pour leurs dissections, mais la loupe biaebromatique et les doublets sont bien préférables.

Une autre loupe employée pour l’examen des corps transparents est celle de lord Stanhope. Elle se compose d’un cylindre de verre, dont l’une des surfaces, la plus plate, est au foyer de l’autre. Le petit cylindre est maintenu dans une monture d’argent munie d’un anneau qui permet de tenir commodément l’instrument.

La manière de s’en servir est excessivement simple : il suffit d’appliquer sur la surface la plus plate un corps transparent, tel que des écailles de papillon, des pollens, et de placer l’œil près de l’autre surface. En dirigeant alors l’instrument sur le ciel ou sur un corps éclairé, on aperçoit l’objet amplifié.

L’instrument est d’un très-petit volume et donne de fortes amplifications, environ ZiO fois en diamètre, mais il existe dans celte construction des défauts qui l’empêchent de devenir d’un usage général. En effet, les deux surfaces du cylindre, la plus bombée faisant l'office de loupe et la

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plus plaie celui de porte-objel, sont fixes, de sorte que l’instrument ne peut s’approprier à tous les genres de vues. Outre ce grave inconvénient, il existe celui de ne pouvoir observer que des corps transparents. Malgré cela, lorsque la lentille Stanhope est appropriée à la vue de la personne qui l’emploie, on peut encore, avec ce petit instrument, observer quelques-unes des merveilles que la nature prodigue à chaque pas.

On construit aussi des lentilles Stanhope donnant de plus fortes amplifications que la précédente, et qui sont munies d’un écran et d’un tube pour diriger la lumière. On emploie ordinairement la première construction.

Ces deux loupes ont été importées d’Angleterre par Charles Chevalier, enlS38.

La loupe dite compte-fils, généralement employée dans le commerce, se compose d’une simple loupe biconvexe enchâssée dans une monture de cuivre, laquelle monture porte à son extrémité une petite plaque percée d’une ouverture d’une grandeur déterminée (1).

Ce petit instrument, d’un usage si répandu, se construit de deux manières : soit cylindrique, dans ce cas il se renferme dans un petit étui ; soit à charnières, pour mettre dans la poche. Dans la première construction, la lentille est maintenue dans une pièce capable de se visser ou de se dévisser; et dans la seconde, la charnière adaptée à la pièce qui tient la loupe permet de mettre parfaitement au point de vue.

Pour s’en servir, il suffit de placer la petite plaque sur une étoffe et d’appliquer l’œil près de la lentille. Ayant

(1) On construit aussi dos compte-fils dont la plaque inférieure est percée de deux ouvertures de grandeurs différentes. On peut aussi faire d’excellents compte fils, soil à un seul verre, ou à deux verres ncliromnliques.

DU MIGROSCOTE.

ajusté le point de vue, on aperçoit , amplifiés, les fils compris dans le petit espace, et il devient facile d’en connaître le nombre. On donne ordinairement à la petite ouverture 5 à 6 millimètres.

Une autre loupe, employée particulièrement pour l’examen des soieries, se compose de deux loupes biconvexes, placées à distance dans une monture qui se visse dans une bague de cuivre portant trois petits supports. L’instrument étant placé sur une étoffe et l’œil étant appliqué près de la loupe, il suffit, pour mettre au point de vue, de visser ou de dévisser la pièce portant les lentilles. Cette loupe se nomme généralement loupe à réchaud.

Le microscope dit à graines est fort attrayant pour les enfants, car il permet d’observer, amplifiés, des insectes vivants. Sa construction est fort simple. Un cylindre de verre est maintenu dans une petite cage de cuivre ; à la partie supérieure de cette dernière , se trouve une loupe biconvexe , maintenue dans une pièce capable de se visser ou de se dévisser pour mettre au foyer; à la partie inférieure , deux petites plaques de glace forment le fond de l’instrument. Le tout se visse sur un petit cylindre de cuivre qui sert de pied, et dans lequel on renferme l’appareil, afin de le protéger. La manière d’en faire usage est très-simple : ayant dévissé la pièce tenant la loupe, on introduit l’objet dans la petite cage; ayant remis tout en place, il ne reste plus qu’à mettre au point et à observer.

On peut encore examiner des corps par transparence, en les plaçant entre les deux lames de glace dont j’ai parlé; on retire l’instrument du tube qui lui sert de pied, et on le dirige vers un objet éclairé : on a donc de la sorte un instrument pour les corps opaques et les corps transparents.

DU MICROSCOPE

Le microscope à main, pour les corps Iransparents, se compose d’un petit cylindre de cuivre fixé sur une tige de cuivre munie d’un manche. A l’une des extrémités du cylindre, tenant à la tige, se trouve une loupe biconvexe, maintenue par une petite pièce de cuivre percée d’une ouverture formant diaphragme; à l’autre extrémité, se visse une petite pièce tenant deux petits disques de glace, entre lesquels on met l’objet que l’on veut observer. Pour en faire usage , il suffit de diriger l’instrument vers un endroit éclairé , ayant appliqué l’œil près de la lentille ; il ne reste plus qu’à mettre au point, ce qui s’obtient en vissant ou en dévissant la pièce tenant les deux petits disques de glace entre lesquels se place l’objet.

Ce petit instrument est fort agréable; on peut y observer avec facilité des écailles de papillon , de petites plantes aquatiques, des infusoires , les vibrions du vinaigre, etc., etc.

C’est dans ce genre qu’étaient construits les microscopes de quelques-uns des anciens' observateurs, ainsi que nous le verrons plus loin.

On peut faire d’excellents instruments de ce genre en employant les doublets perfectionnés et en modifiant la monture. Ces petits instruments peuvent rendre de grands services aux naturalistes, pour l’examen général de certains objets.

Les microscopes que Wilson construisit en 1702, étaient des microscopes à main ; ils avaient plusieurs lentilles de rechange, et la monture était construite d’une façon fort ingénieuse. Le microscope de Wilson, muni de doublets, deviendrait un instrument parfait.

En construisant un instrument semblable avec miroir concave, on obtient le microscope à main pour les objets bpaques.

Fig. /i8.

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I.u loupe employée par les graveurs et les horlogers, pour leurs travaux délicats, est représentée figure /18. Elle se compose ordinairement d’une simple loupe biconvexe maintenue dans une mon l ure de corne.

Cette loupe, dont l’usage est journalier, est souvent employée en histoire naturelle, pour faire des dissections sur les corps un peu volumineux.

L’usage auquel on la destine ne permet pas de l’employer en la tenant à la main ; il faut la monter sur un support, dont je donnerai plus loin la description, et qui a reçu à juste titre le nom d e, porte-loupe.

Les horlogers et les graveurs ont une telle habitude de se servir de la loupe, qu’ils la tiennent près de l’œil, et, par ce moyen, se passent de' supports, tout en gardant leurs mains libres ; mais cet expédient, très-fatigant, devient impraticable lorsqu’il s’agit de faire des dissections, et dans l’un et l’autre cas le porte-loupe est préférable.

La loupe biconvexe, employée pour les divers usages ci-dessus mentionnés, grossit ordinairement de 3 à 5 fois. Ce grossissement ne doit pas être dépassé, car si l’on employait des pouvoirs plus considérables, la lentille se rapprochant de l’objet, et son diamètre diminuant en raison de son foyer, non-seulement le champ deviendrait trop limité, mais l’espace compris entre la lentille et l’objeL deviendrait infiniment trop petit pour permettre aux mains de diriger les instruments que l’on emploie.

Du reste, on ne se sert de la loupe à faibles pouvoirs que pour les objets d’un certain volume, et pour lesquels de fortes amplifications ne seraient pas en rapport avec le but qu’on se propose.

La loupe biconvexe dont je viens de parler a de graves

DU M1C110SCOPE.

défauts, qui résultent de sa forme, cl qu’il est, important de connaître. Toutes les personnes qui en font usage savent fort bien que l’objet qu’on examine avec elle n’est perçu avec netteté que par la partie centrale de la lentille, et qu’à mesure que la vue se rapproche des bords, les objets deviennent troubles, plus ou moins en rapport avec les courbures données à la loupe ; de plus, on remarque autour des objets les couleurs de l’iris. Ges graves défauts tiennent, d’une part, à l’aberration de sphéricité, et de l’autre au manque d’achromatisme.

D’après ce que je viens de dire , il est facile de concevoir que les observations que l’on peut faire avec la loupe biconvexe fatiguenl considérablement l’organe de la vue ; le tiraillement d^s objets résultant de l’aberration, les couleurs provenant du manque d’achromatisme, sont autant de causes qui viennent entraver l’observateur dans ses recherches : delà, la nécessité d’avoir un instrument qui permette de distinguer les objets avec égale netteté, sans couleurs, sans fatigue, et pendant un temps assez long.

Une loupe dont on fait souvent usage, en remplacement de celle biconvexe, se compose de deux lentilles pianoconvexes, dont les convexilés se regardent.

Celle construction, improprement appelée achromatique, est de beaucoup préférable à la précédente; cependant elle ne concilie pas encore tous les avantages qu’on doit exiger.

On peut faire aussi des loupes formées d’un seul verre achromatique planû-convexe. Celte construction est déjà préférable à celles indiquées.

La figure Zi9 représente une loupe Fig. 49.

achromatique double : c’est à cette construction que je donne la préférence, comme étant la plus parfaite de toutes.

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Quelques mois suffiront pour la décrire et pour faire comprendre toute l’importance qu’on doit y attacher.

La loupe que je viens de citer est formée de deux verres achromatiques piano-convexes de diamètres inégaux, le plus grand des deux verres faisant face à l’objet.

Les deux verres sont maintenus dans une monture de cuivre ou de corne, et placés de manière que leurs convexités se regardent; ladite monture est susceptible de se diviser, afin d’isoler les lentilles lorsqu'on veut les nettoyer.

Celte disposition est, sans contredit, la plus parfaite de toutes, car elle permet d’obtenir un achromatisme parfait et de faire disparaître l’aberration de sphéricité.

En effet, cette loupe est achromatique, parce qu’elle est formée de deux verres séparément achromatiques; de plus, elle est exempte d’aberration de sphéricité, car les deux verres que l’on emploie étant eux-mêmes formés chacun de deux lentilles, conséquence de l’achromatisme, il en résulte qu’en donnant à ces divers verres des courbures fort peu prononcées, on arrive, par leur réunion, à produire le même effet qu’avec des loupes dont les courbures seraient plus fortes, sans avoir les graves défauts particuliers à ces dernières.

D’après ce que nous venons de voir, il est facile de se rendre compte de l’utilité de cet instrument. Aussi je ne saurais trop insister sur son emploi ; car, avec celle loupe ainsi disposée, on peut continuer des observations pendant des heures entières, sans éprouver la moindre fatigue de l’organe visuel, ce qui n’arrive pas avec les autres. Je crois donc rendre service à toutes les personnes qui ont besoin d’amplifier les objets, en leur conseillant de se servir delà loupe achromatique double, telle que je viens de la décrire : elles y trouveront des avantages réels sur celles ordinaire-

DU MICROSCOPE. 49

ment employées. Pour l’histoire naturelle, la gravure, l’horlogerie, cette loupe est indispensable.

Ainsi que je l’ai dit, les loupes que je viens de citer ont besoin, pour l’usage auquel on les destine, d’être maintenues sur un support approprié, auquel on a donné le nom d q porte-loupe. Occupons-nous donc de la construction do ce support.

Le porte-loupe le plus généralement employé est celui dont se servent les horlogers et les graveurs (fig. 50). Il se compose d’un pied sur lequel se visse une tige d’acier;

Fig. 50.

sur cette dernière glisse à frottement une pièce de cuivre munie d’un ressort qui empêche la pièce de retomber quand on l’a amenée au point désirable; à celte pièce est fixée une tige qui en reçoit une autre qui se meut à frottement. A l’extrémité de cette dernière se trouve une double

ARTHUR CIIEVAUER.

L>U MICROSCOPE

coquille dans laquelle se meut une boule portant une pince où peuvent se placer les différentes loupes.

On voit que ce porte-loupe a la stabilité convenable. La loupe, étant fixée par la pince qui se trouve â l’extrémité de la branche, peut aisément être levée ou baissée au moyen de la pièce à ressort, sans aucune déviation possible, de sorte qu’il est très-facile de mettre au point de vue; la boule, convenablement disposée, permet encore de faire mouvoir la loupe et de la diriger sur les différents points de l’objet.

Si l’on tient à avoir un appareil plus simple, on pourra se servir d’une loupe sur pied, telle que celle qui convient pour éclairer les objets opaques (fig. 51).

Fig. 51.

On peut à la rigueur se servir de cet instrument pour les dissections.

La même loupe munie d’un engrenage (fig. 52) est encore plus commode. Cependant le porte-loupe des horlogers vaut mieux que les deux instruments précédents. Si l’on adapte un engrenage au support représenté figure 50, on lui donne une précision fort utile dans certains cas.

Le porle-loupe de Charles Chevalier est représenté figure 53. Il se compose d’un pied solide muni d’une tige

DU MICROSCOPE

d’acier sur laquelle glisse une presse à ressort; les articu-

lations verticales donnent une grande stabilité.

Les loupes

se placent

a volonté dans un tube fendu qui se trouve à

l’extrémité des articulations. Une boule à pince donne tous les mouvements à la loupe.

DU MICROSCOPE

Le porte-loupe de Strauss , représenté ligure oÆ, est un des plus précis. Sur un pied solide A se fixent les deux mon-

tants B, C, à l’aide des boutons L, M. Le montant B est muni d’une charnière à boule D. Il existe de semblables charnières en N, G, II, I. La tige E porte un engrenage qui se meut à l’aide du bouton F, de sorte que, par cet ensemble de charnières et du bouton F, la loupe Iv monte et descend parallèlement pour la mise au point. La loupe est mobile et se remplace à volonté. Ce porte-loupe a l’avantage de se démonter du pied ; mais son principal mérite consiste dans la facilité avec laquelle on peut disséquer sur de larges surfaces sans être gêné, la loupe se trouvant très-loin du pied. En résumé, le porte-loupe de Strauss est un instrument d’une utilité incontestable. M. Deshayes, savant naturaliste, l’a modifié en ce sens que la lige E glisse à frottement sur le montant B, et que l’engrenage se trouve supprimé. On comprend, du reste, que le porte-loupe peut sc modifier de beaucoup de manières, et qu’il est

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facile de créer de nouveaux modèles. Ceux que nous avons décrits renferment tous les éléments de précision et d’utilité.

Maintenant que nous avons passé en revue les différentes espèces de loupes et leurs supports, occupons-nous du microscope simple, tel qu’il est employé aujourd’hui pour l’histoire naturelle.

Mais, avant d’en donner la description, disons quelques mots sur la partie historique de l’instrument.

L’origine du microscope simple remonte aux premiers siècles. Une sphère creuse et remplie d’eau fut le premier instrument de ce genre. Pline, Sénèque, Plutarque, en parlent dans leurs ouvrages. On parvint ensuite à travailler les lentilles; la forme première qu’on leur donna fut celle biconvexe. L’époque de celte construction est difficile à déterminer. Cependant, d’après le savant François Redi, on peut la reporter au xme ou au xive siècle, entre 1280 et 1311 ; car c’est dans cet intervalle que surgit l’invention des lunettes à lire. Ce furent deux Italiens, Eustachio Divini à Rome, et Campani à Bologne, qui excellèrent les premiers dans l’art de travailler les verres. Ilaiisoeker nous apprend qu’en l’année 1066, il se forma un excellent microscope dont la partie optique consistait en un petit globule de verre fondu.

C’est en badinant à la flamme d’une chandelle avec un fil de verre, qu’il remarqua que l’extrémité de ce fil s’arrondissait ; et comme il savait que les sphères amplifiaient les objets, en maintenant entre deux petites plaques de plomb le petit globule formé, il eut tout de suite un microscope.

Le savant le Baiilif excellait clans la fabrication de ces petits globules. Charles Chevalier a publié, dans son Manuel du micror/raphe , le mémoire que ce savant a écrit sur ce sujet.

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Le microscope à lentille biconvexe fut alors employé avec succès ; car les belles observations qui ont immortalise les Leuwenboeck, les Swammerdam, les Lyonnet, ont été faites à l’aide de cet instrument.

Les instruments de ce genre datant de cette époque se tenaient à la main. Ce n’est que plus tard qu’on imagina de fixer l’instrument sur un support stable.

La lentille biconvexe paraît être la première lentille travaillée par l’opticien. Les microscopes simples de Wilson, vers 1702, de Joblot, en 171(5 (fjg. 55), et ceux de

Cuff, munis de cette lentille, furent les instruments les plus employés. Le microscope de Cuff se trouve décrit dans X Histoire des Corallines , publiée par Ellis en 175(5. Cet instrument, muni d’un support, est employé encore aujourd’hui; seulement, au lieu de dire microscope de Cuff, on dit microscope de Raspail. Vraiment, on ne comprend pas pourquoi cette substitution de nom. On doit

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donc appeler microscope de Cuff, le microscope simple ordinaire, muni de lentilles uniques biconvexes.- La figure 56 représente cet instrument. A est la lentille biconvexe, et G, le doublet que nous décrirons plus loin.

Fig. 56.

On est étonné de voir la quantité de belles observations faites à l’aide du microscope à lentille biconvexe, malgré toute son imperfection, car le verre biconvexe avait de graves défauts inhérents à sa forme. Plus la courbure était prononcée, plus les aberrations étaient manifestes.

Pour remédier à ces défauts, on employa des diaphragmes qui diminuaient considérablement l’ouverture et forçaient l’observateur à ne se servir absolument que du centre de la lentille. On s’aperçut bientôt que l’on n’avait fait que remplacer un défaut par un autre non moins important ; car, d’une part, l’étroitesse de l’ouverture ne permettait de voir qu’une très-petite partie de l’objet, et, de l’autre, la faible quantité de rayons lumineux qui traver-

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saient l’ouverture était insuffisante pour que la vision fût distincte.

M. le baron Séguier, dans un rapport qu’il fit à la Société d’encouragement, s’exprime à ce sujet d’une manière aussi ingénieuse que parfaite, « On ne songeait pas, dit-il, qu’en circonscrivant la vision, ce moyen ne faisait que soustraire à l'œil des défauts auxquels il ne remédiait pas. »

L’instrument en était là, lorsque les savants Wollaston et Ilerschel entreprirent de le perfectionner.

En Angleterre, les docteurs Brewster et Goring firent des essais avec des lentilles en pierres précieuses , et ce dernier en fit construire plusieurs en diamant, en saphir, par M. Prilchard. M. le docteur Brewster pensait que c’ctait le seul moyen d’obtenir de bons résultats; car les substances que je viens de citer, ayant un très-fort pouvoir de réfracter la lumière et un léger pouvoir dispersif, il suffirait de donner de très-faibles courbures aux lentilles pour obtenirun grossissementconsidérable. Maisleprix énorme, joint à la difficulté du travail, ainsi qu’à des défauts inhérents aux substances elles-mêmes, fit rejeter les lentilles en pierres précieuses.

Charles Chevalier, d’après les idées des savants que je viens de nommer, construisit des lentilles en grenat, en topaze, lesquelles produisirent un assez bon effet; mais les lentilles de verre vinrent bientôt détruire, par leur clarté et leur prix modique, toutes les autres constructions.

Ce fut l’immortel Wollaston qui résolut le problème. Cet illustre savant, près de descendre au tombeau, légua à la science son mémoire sur le doublet du microscope. Nous étions alors au 27 novembre de l’an 1820.

Le doublet de Wollaston se composait de deux lentilles piano-convexes, dont les deux parties planes étaient tour-

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nées vers l’objet. L’idée de sa construction lui fut suggérée par l’examen des oculaires astronomiques d’Huygens, et il résolut d’appliquer au microscope la même combinaison en sens inverse, afin d’éviter les aberrations de sphéricité et de réfrangibilité.

La monture de son doublet était construite de manière à faire varier l’écartement des lentilles, afin de leur faire produire le meilleur effet possible.

Mais leur écartement plus ou moins considérable devenait un obstacle très-grand lorsqu’il s’agissait de faire des dissections. Le foyer devenant très-rapproché des lentilles, il était impossible de faire agir les instruments et d’employer de forts grossissements.

C’est alors que Charles Chevalier, profitant de l’idée de Wollaston, construisit son doublet, qui, en conservant les avantages de celui désigné, remédie aux. défauts que j’ai signalés. Ce doublet, représenté figure 57, se compose de deux verres piano-convexes, l’un trcs-large, B, placé du côté de l’objet, l’autre plus petit, A, et supérieur.

Les deux faces planes sont tournées vers l’objet; entre les deux lentilles fixées dans leurs montures, se trouve un diaphragme cl dont l’ouverture varie suivant le foyer du doublet. La disposition de ce doublet permet de laisser entre lui et 1 objet une distance assez grande pour faire agi* les instruments de dissection , les verres peuvent se démonter, afin de les nettoyer, et l’on peut ainsi dédoubler le grossissement dudit en n’employant que la lentille supérieure. Dès son apparition (1 830) , ce doublet fut adopté

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par les savants français et étrangers et tous les constructeurs le copièrent.

La figure 58 représente un microscope simple d’une construction économique, et qui remplit parfaitement le

Fig. 58.

but désiré. Le pied est stable et de fonte de fer ; la platine, très-solide. La mise au point s’obtient au moyen d’un engrenage. Le doublet peut se mouvoir en tous sens, à l’aide d’une vis de rappel et d’un pivot. Enfin, le miroir, large et mobile, permet d’éclairer l’objet suivant toutes les incidences.

Le microscope simple de Charles Chevalier est représenté figure 59.

L’instrument est fixé sur un pied de cuivre A; il se compose des pièces suivantes :

R, tige ronde creusée, servant h recevoir la tige R, dont la face postérieure porte une crémaillère qui se meut au moyen du bouton à pignon L.

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Au sommet de la tige B est placée à angle droit la tige N, mobile sur son axe dans la boîte G.

Fig. 59.

Celte excellente disposition permet de faire parcourir la lentille sur l’objet et d’en examiner toutes les parties.

La lige N porte une crémaillère qui se meut au moyen ~ du boulon à pignon S. A l’aide de ce mouvement, on fait avancer ou reculer la lentille X.

Tout microscope simple qui n’est pas muni d’un mécanisme pour faire mouvoir la lentille en tous sens, doit être rejeté.

A l’extrémité de la tige N, un anneau est disposé de manière à recevoir le doublet X, qui s’y place à frottement. Ce dernier moyen est préférable à l’ancien, qui consistait à visser la lentille.

O, platine percée à son centre d’une large ouverture. Cette dernière est destinée à recevoir une pièce de cuivre

CO

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portant un diaphragme, on bien un disque de glace, lorsqu’il s'agit de faire des dissections.

M, pièce de cuivre portant deux miroirs, l’un plan et l’autre concave. Ladite pièce est mobile en D, afin d’obtenir, dans certains cas, la lumière oblique.

Les différents mouvements du miroir permettent de lui donner toutes les inclinaisons, afin d’éclairer convenablement l’objet. Nous parlerons de ce point important dans un chapitre spécial.

Voyons maintenant comment on se sert de l’instrument.

L’objet, convenablement disposé (voyez les chapitres relatifs à la dissection et à la préparation des objets), est placé sur la platine. La lentille étant maintenue dans l’anneau, on approche l’œil du doublet, puis on incline le miroir de manière à faire tomber la lumière sur l’objet; celui-ci étant éclairé, on fait mouvoir le bouton à pignon, qui entraîne la crémaillère placée sur l’arbre qui porte la lentille, et l’on arrête lorsque l’objet est devenu net ou au point.

On règle ensuite la lumière au moyen du miroir et du diaphragme placé sur la platine.

Pour les objets opaques, on se sert d’une loupe qui se fixe sur la platine.

La figure 60 représente un microscope simple d’une construction plus précise, quoique servant exactement aux mêmes usages que ceux ci-dessus décrits. Les tiges rondes à crémaillère sont remplacées par des tiges carrées, ce qui donne aux mouvements une très-grande précision; la platine est très-large et munie d’un diaphragme variable, qui peut s’enlever à volonté. L’instrument peut recevoir deux doublets qui peuvent se présenter simultanément audessus de l’objet au moyen du pivot, placé à la tige qui les supporte.

DU MICROSCOPE

La table anatomique de le Baillif est tout simplement le microscope simple ordinaire, fixé sur un support plus

Fig. 60.

solide et muni d’une table servant à poser commodément les mains pour les dissections. Cette ingénieuse construction est parfaite; elle a seulement le défaut d’être un peu volumineuse.

Pour arriver à connaître d’une manière complète la structure d’un corps, il faut d’abord employer une lentille capable de donner l’idée de son ensemble, puis arriver graduellement, par l’emploi de lentilles plus fortes, à la perception de ses moindres détails.

Lorsqu’on veut disséquer un objet, on enlève le diaphragme placé sur la platine et on le remplace par un disque de glace. Les bras étant posés sur la table où se trouve l’instrument, les doigts tenant les outils de dissection viennent se placer sur les bords de la platine. Les autres doigts leur servent alternativement de point d’appui, suivant les

DU MICROSCOPE

exigences relatives à la disposition du corps que l’on dissèque.

Si le corps est un peu volumineux, on emploiera un faible grossissement, ou mieux la loupe achromatique double, que l’on peut fixer sur le microscope simple ; mais poulies corps d’une certaine étendue, on sera forcé de recourir à l’emploi du porte-loupe, car il devient très-gênant d’opérer, dans cette occasion, sur la platine du microscope. Cependant, pour les gros objets, dans la plupart des cas, outre les loupes que je viens de citer, les doublets à faibles pouvoirs produisent un très-bon effet.

Si les corps sont petits, on emploiera nécessairement des doublets plus forts, mais on dépassera rarement un grossissement de 60 fois pour les dissections; car l’amplification augmentant, la lentille se rapprochera de plus en plus de l’objet, et il deviendra très-difficile de faire manœuvrer les instruments qui servent à disséquer. Néanmoins certains observateurs emploient pour leurs dissections des pouvoirs beaucoup plus considérables; mais alors l’habitude et l’habileté viennent suppléer aux inconvénients que je viens de signaler.

S’il s’agit simplement d’observer, on fera usage du diaphragme, afin de régler la lumière.

D’après ce que je viens de dire, on voit que le microscope simple est particulièrement employé pour préparer et disséquer les objets. Cependant il peut servir .à faire des observations sérieuses, sans avoir besoin de recourir à l’emploi du microscope composé, car les grossissements qu'il donne peuvent Varier depuis 10 jusqu’à /i00 et même 5ZiO fois.

Celle échelle de grossissements est suffisante pour un grand nombre d’études. Cependant il faut dire qu’il est rare qu’on ait besoin de tous les doublets. Pour les dis-

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sections, deux ou trois doublets suffisent. Aussi on prend de préférence les grossissements de 12, 2/i et 40 fois.

La liste suivante donne les foyers et grossissements des doublets employés :

1 /5e de ligne

amplifie

500 fois.

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11 est une chose regrettable pour la science, c’est que le microscope simple ne soit pas plus répandu en France, car pour les dissections fines, il peut rendre d’immenses services.

C’est surtout pour la dissection des tissus animaux. que le microscope simple est tombé dans l’oubli, car les botanistes lui font grand honneur. Dans ces derniers temps, il a servi aux belles recherches de MM. Payer, Duchartre, Schacht, Montagne, Brongniârt, de Jussieu, Bâillon. C’est assez dire pour la qualité d’un instrument.

Les anatomistes qui s’occupent des tissus animaux préfèrent le microscope composé redresseur, monté d’une manière particulière ; nous décrirons cet instrument en traitant du microscope composé. C’est seulement, à vrai dire, lorsqu’on veut disséquer à l’aide de grossissements assez forts, tels que ceux de 150 à 300 fois, que l’on peut

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employer le microscope redresseur; mais pour le plus grand nombre des éludes, le microscope simple suffit, car il est facile à employer, très-clair, et les images sont redressées.

En voyant nos savants botanistes disséquer sur la platine du microscope simple, à l’aide de deux aiguilles emmanchées, on se rend compte tout de suite des avantages que présente un tel instrument, lorsqu’il est employé par un homme habile et exercé, et les plus belles démonstrations sont souvent faites avec le microscope simple, tout chétif qu’il parait être.

L’inconvénient dans l’emploi de certains grossissements avec l’instrument simple, c’est que la lentille se trouve trop près de l’objet. Le moyen d’y remédier a été indiqué par Charles Chevalier. Dans son Manuel du micrographe , il s’exprime ainsi à ce sujet : « J’ai donc imaginé, en 1835, de placer au-dessus du doublet une lentille achromatique concave que j’avais faite en 1827, et qui peut s’en éloigner ou s’en rapprocher à volonté ; l’effet de cette combinaison est d’augmenter le grossissement et de reculer le foyer. Ainsi disposé, cet instrument sera le plus puissant de tous les microscopes simples, et cependant l’espace destiné au passage des scalpels, pointes, etc., sera plus considérable que si l’on faisait usage du doublet seul. Plus le verre concave sera éloigné de ce dernier, plus le grossissement sera fort; cette puissance sera également en raison directe de la concavité. »

Celle combinaison, appliquée aux loupes qui servent à l’examen des yeux, de la peau, procure une loupe capable d’examiner en conservant une certaine distance indispensable dans ce cas. C’est cette idée qui a présidé à la construction de la loupe de Brückc. Nous citerons ici un passage du Manuel du micrographe (J 839), qui sc rattache à

du microscope.

ce sujet : « Plusieurs ophtalmologistes distingués nous avaient souvent demandé une loupe ou microscope simple assez puissant pour examiner les yeux malades des personnes qui se confiaient à leurs soins. La difficulté n’était point de construire un microscope assez puissant, mais de le disposer de telle sorte que, le grossissement demeurant le même, le foyer ne fût pas trop près de la lentille. En effet, quand on place un corps trop près d’un œil, surtout lorsqu’il est malade, les paupières se ferment à l’instant, et l’on est obligé de les maintenir ouvertes, soit avec les doigts, soit au moyen d’instruments appropriés; mais cette violence, quelquefois très-douloureuse, a encore pour effet d’irriter l’œil, et d’augmenter sa disposition à la mobilité et à la difficulté de suivre ses mouvements. »

Nous avons disposé celle loupe en employant un objectif bi-achromatique D, comme le représente la figure 61 . En G se trouve l’oculaire concave ; A est un tube qui entre à frottement dans celui B, de façon à obtenir des amplifications de 3 à 7 ou 8 fois. On peut aussi adapter cet instrument au microscope simple ou au porte-loupe, et avoir environ de 3 à 8 centimètres de distance entre l’objet et l’objectif. Nous avons aussi disposé de semblables loupes pour l’uréthroscope ou endoscope du docteur Desormeaux.

Pour l’examen des veux et de la peau, en raison du grossissement et de la longueur du foyer, on peut certes recommander cette loupe; mais pour les dissections, nous ne craindrons pas de dire que les dispositions déjà décrites sont infiniment préférables.

ARTHUR CHEVALIER. r.

du microscope composé.

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