PRÉFACE. XVII
sérable apostasie, d'un siècle dont on subit les corruptions, ces préjugés enchaînent les rationalistes à mille erreurs.
Cramponnés à ces préjugés, d'un orgueil implacable, ils se révoltent à l'idée de renier leur jeunesse ou leur siècle, et de se déjuger en face du monde. On leur dit que, depuis dix-huit siècles , l'Église catholique enseigne , baptise , prêche, ramène les peuples à Dieu, et les nourrit de mystères, de certitudes, d'une parole divine, et ils trouvent cet enseignement insensé. On leur dit que, depuis dix-huit siècles, l'Église catholique se dévoue, fonde des hôpitaux, soigne les pauvres et les incurables, multiplie les bonnes œuvres en dépit des climats, des mers, des montagnes, des persécutions, et ils jugent ces dévouements absurdes. On leur dit que, depuis dix-huit siècles, l'Église catholique se passionne pour Dieu, le prie, le chante, le loue dans ses temples, verse son sang pour lui, et qu'il est au moins étonnant que Dieu ait laissé les peuples s'en aller à la dérive jusqu'à l'arrivée de M. Janet ou de M. Vacherot, et ils taxent de folie les pricres, les vertus et le sang de l'humanité catholique. Et où est donc la puissance de ces rationalistes? Où est leur mission ? Où sont leurs titres et leur mandat ? Qui les envoie ? Au nom de qui enseignent-ils ? « Que les héré- « tiques, s'écrie Tertullien, nous prouvent donc qu'ils sont « de nouveaux apôtres; qu'ils affirment que Jésus-Christ est « descendu une seconde fois sur la terre, qu'il a de nouveau « enseigné, que de nouveau il a été crucifié, qu'il est mort « et de nouveau ressuscité, et qu'enfin ils ont reçu le pouvoir « d'opérer les prodiges qu'il faisait lui-même. Qu'ils nous « montrent donc à leur tour les miracles qui confirment leur « mission. Pour moi, j'en connais un très-grand, par lequel « ils ont imité les apôtres en sens contraire : ceux-ci rea-