‹ L'EucharistieChapitre 11 sur 31 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

« daienl la vie aux morts, el les hérétiques donnent la mort « aux vivants. » Les rationalistes n'échappent point aux reproches de Tertullien, car ils s'acquittent en conscience, dans les chaires, dans les revues, dans les journaux, de cette horrible besogne. « Illi autem de mortuis vivos faciehant, « isti de vivis mortuos faciunt *. »

Que disent les rationalistes ? ils disent que la foi catholique est l'ennemie acharnée de tous les progrès et qu'elle enchaîne, sans pitié, les élans et les investigations de l'esprit humain.

Cela n'est pas. La foi catholique, en effet, est l'adhésion de notre intelligence à une vérité révélée. La science est l'adhésion de notre intelligence à une vérité que la raison de l'homme découvre et formule. Or, la vérité ne se constitue pas l'ennemie de la vérité, et si, dans son passage, elle rencontre des mains barbares qui la retiennent et l'étouffent, elle se débat, mais sous les étreintes de l'erreur et de la passion. La vérité est la lumière de l'entendement, et encore qu'elle vienne de sources différentes, elle n'apporte point des contradictions et des ruines.

Est-ce que la foi cathohque interdit à l'homme l'exploration des mondes que nous habitons et qui nous entourent? Est-ce qu'elle brise impitoyablement les ailes et les élans de la science, la condamnant à végéter dans Tignorance et la sottise? Mais la foi catholique tient à toutes les sciences, emprunte à chacune d'elles ses conclusions, et confirme nos dogmes et nos mystères. Elle tient à l'histoire, puisqu'elle s'appuie sur des faits et des événements qui se sont passés en ce monde; à la philosophie, puisqu'elle affirme Dieu, son existence, ses

1 Deprœscript., c. xxx.

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