‹ L'EucharistieChapitre 12 sur 31 · PREFACE. XIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XIX

perfections, sa vie intime ; anx sciences, puisqu'elle invoque les lois des mondes célestes, les mers et les montagnes, le vêtement de la fleur, les splendeurs et les harmonies de la nature. Et la foi catholique agissant contre elle-même, au mépris de ces deux ordres de vérités, poserait une main glaciale sur la bouche de l'homme et de la nature, et les réduirait au silence !

L'homme a faim et soif de la vérité. Il sait peu de choses, et son esprit interroge le monde, la plante, les créatures, les soleils de l'espace; il cherche, il étudie, il sue sang et eau, et, plus rapide que le Rhône, il ne veut pas qu'on arrête se marche hardie. Un grain de poussière, une montagne, una distance, un problème, un siècle peut s'opposer un instant à son passage, mais le lendemain, il sui)prime les montagnes, il découvre dans les couches de la terre l'histoire et la vie des peuples qui ne sont plus, il formule, en présence d'un fruit mûr qui se détache de l'arbre, sa loi d'attraction, il court sur des pieds de feu d'une frontière à une autre frontière, et la foi catholique ne refoule point,ces grands et nobles efforts de l'intelligence de l'homme. Elles'aUie à la raison, sacre le génie, étend ses connaissances, et amie de la science, des docteurs, des savants, de saint Augustin etde Descartes, de saint Thomas d'Aquin et de Newton, elle se sert de leurs découvertes et de leurs formules. Est-ce que cette foi, le don de Dieu, et assise, ici-bas, sur la raison et la science dont elle emprunte les ai" guments, a intérêt à les étouffer? Sans doute, la foi catholique conduit la raison à travers les sentiers de l'incompréhensible, et qui s'en plaindra? La raison, livrée à elle-même, est sujette à bien des défaillances, et si quelqu'un ne la mène pas sûrement, comme parla main, elle ne tardera pas à s'égarer, et, pleine de vanité, à s'évanouir dans ses propres pensées*

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