‹ L'EucharistieChapitre 13 sur 31 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

L'indépendance absolue, d'ailleurs, est une chimère, et encore que la science ait ses coudées franches et ses libres allures, elle n'en est pas moins subordonnée à la foi surnaturelle qui la commande, la dirige et la pousse en avant.

La foi catholique, disent encore les rationalistes, brutalise et tue la liberté, caria foi est de nécessité absolue. Or, ce qu est absolument nécessaire n'est pas libre.

Dieu reste notre souverain bien, et, enchaînés à lui par la foi, nous tirons de ce commerce notre vie et notre perfection. « Sans la foi, dit l'apôtro, il est impossible de plaire à Dieu *. « Sine fide autcm impossibile est placcre Dco. » L'àme, comme la plante, douée d'une sève abondante, produit des rameaux vigoureux, des vertus qui défient ia tempête. Or l'homme entrevoit ce bien absolu, sans mélange, et la liberté, qui n'est autre chose que le mouvement de notre être vers le bien, loin d'étouffer sous un acte de foi, pousse spontanément et généreusement notre vie vers cet infini que nous voyons de loin. Nous ne sommes point une poignée de boue, et rien que cela, attirés par Dieu comme la bête par un lambeau de chair ; maîtres de nos désirs, affamés d'une félicité qui n'est point delà terre, si Dieu nous sollicite, nous presse, nous passionne, la liberté ne périt point dans ces actes de foi et ces élans de notre âme.

Ah ! si la liberté n'était que la simple faculté de choisir le bien ou le mal, et le choix légitime de l'un ou de l'autre, je comprendrais les scrupules des rationaUstes, mais il n'en est rien. La liberté qui pousse au mal, tout en laissant l'homme responsable, est une imperfection, car le péché nous détache de Dieu ; s'il grandit, de l'imperfection il passe à la licence,

1 Ép. aux Hébreux, ch. xi.

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