‹ L'EucharistieChapitre 2 sur 31 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

distances qui séparent l'homme de l'ange, et le pâtre du savant? « Multoque amplius intellectus divinus excedit Ange- (( licum, quam Angelicus humanum. »

Dieu seul, en effet, se comprend adéquatement, car il voit, d'un coup d'oeil, les profondeurs de son être les plus intimes et les plus inaccessibles à la science de l'homme et de l'ange, et, ajoute le docteur angélique, si le paysan ne peut nier, sans faire hausser les épaules de pitié, la marche et les découvertes de la science, les rationalistes ne sont-ils pas plus insensés quand ils accusent de fausseté et traitent avec mépris nos mystères catholiques, sous le prétexte qu'ils échappent à leur raison? « Siciit igitur maximae amentise esset idiota, « qui ea qux a philosopha proponuntur falsa esse assereret, (( pr opter hoc quod ea capere non potest ; ita et multo amplius « nimiae stultitiae esset homo, si ea qux divinitus ministerio « Angelorum revelantur, falsa esse suspicaretur, ex hoc quod « ratione investigari non possunt *. »

Donc, par le fait que quelque chose défie les sueurs et les rêves de notre esprit, ce quelque chose, caché daus le sein de Dieu ou dans le sein de la nature, constitue les mystères du catholicisme ou les mystères de la science.

Quelle est l'attitude du rationalisme en face des mystères catholiques? son attitude est hostile.

Le rationaliste veut voir, ouvrir, comprendre les mystères du catholicisme, comme il ouvre et comprend les mystères de la science; et ne pouvant arriver, par ses propres efforts, à cette claire vue, il attaque, i! insulte, il supprime.

« Au reste, dit M. Janet, si j'affirme avec Descartes que « l'homme a le droit d'examiner ce qu'on lui propose de croire

• Somme contre les Gentils, 1. I, ch. m.

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