‹ L'EucharistieChapitre 4 sur 31 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

sophismes et les mensonges de l'hérésie? Donc la raison, laissée à elle-même, confond la liberté avec l'arbitraire et s'en va à la dérive.

Dans le même article, un peu plus bas, M. Janet ajoute : « Il est très-singulier que l'on conteste l'examen comme un « droit, tandis qu'en même temps on l'impose comme un de-

« voir Écoutez les prédicateurs dans les chaires, ils vous

« diront que, si on ne croit pas à la religion, c'est qu'on ne « l'a pas étudiée, qu'on n'y a pas appliqué son examen. Ils <( vous invitent à cet examen et vous garantissent que si vous

« vous y mettez de bonne foi, vous serez convaincu Com-

« ment se fait-il que ce même examen, s'il tourne contre vous, « devienne tout à coup une méthode criminelle ou folle, née « de l'orgueil, ennemie de la société et de la morale ! Il « m'est permis, il m'est ordonné d'examiner, mais à la con- « dition que je sois de votre avis '. »

M. Janet confond avec une singulière légèreté les principes et les motifs ou les préambules de la foi. Est-ce que nous invitons les savants ou les fidèles à l'examen de ces principes ? Est-ce que nous rapetissons le catholicisme à la taille d'un problème de la science? non, car les principes d'une science s'imposent et ne se démontrent pas. La musique s'appuie sur des principes qui sont les conclusions du mathématicien ; si on les nie, la musique renvoie au mathématicien, et en dernier ressort, à la métaphysique.

« Si les sciences inférieures, dit saint Thomas d'Aquin, ne « prouvent ni leurs axiomes, ni ne disputent contre ceux qui « les nient, chargeant de ce soin les sciences supérieures, « la métaphysique, science suprême dans l'ordre des connais-

' Revue des Deux-Mondes. Liberté de penser. 1" sept. 1866.

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