XIV PRÉFACE
La théologie s'appuie sur les principes supérieurs et indiscutables de la foi catholique, mais elle ne répudie pas, pour cela, la raison humaine. « Elle s'en sert, dit saint Thomas « d'Aquin, non pas, sans doute, pour prouver la foi (ce serait « lui enlever tout mérite), mais pour mettre dans un plus « grand jour les vérités qu'elle enseigne. Comme la grâce ne « détruit pas la nature, mais la perfectionne, il faut que la « raison serve sous les ordres de la foi, de même que l'afTec- « tion naturelle concourt à la charité. » C'est dans ce sens que saint Paul a dit : « Réduisant en captivité toute intelligence, « sous l'obéissance du Christ. In captivitatem redigentes « omnem intellectum, in obsequium Christi '. »
La théologie catholique est une science qui dérive des principes certains de la foi ; et parce qu'elle argumente, applique les forces logiques de la raison sur les principes et se sert des découvertes, des lois et des harmonies de la science, se voit-elle dans la dure nécessité de subir le despotisme des sectes, des systèmes, des interprétations qui se croisent et se confondent?
Est-ce qu'elle va caresser de la même main l'erreur, les opinions, les sophismes et la vérité? Est-ce qu'elle peut saluer Bossuet et Luther, saint Thomas d'Aquin et M. Cousin? La théologie catholique frappe à la porte des Académies, rend les mystères plus croyables, plus faciles avec les investigations de la raison, reçoit les conquêtes de la science, et , assise sur ces axiomes immuables qui sont « la science de Dieu et des bienheureux », elle n'erre point par les rues comme ces philosophies indigentes et affamées, ces systèmes misérables qui se couchent sur le seuil de toutes les portes
1 Somme Ihéol., l p., q. 1, a. 8.