PRÉFACE. XV
et tendent la main à tous les passants. Ces philosophics et ces systèmes, sortis du cerveau de l'homme, nourris par lui, défaillent sous le poids de quelques siècles, de quelques années, et souvent de quelques semaines d'existence. La théologie catholique ne meurt point.
M. Vacherot parle bien « des deruièVes provinces » que la science dispute à la théologie catholique; mais il se hâte un peu trop. Que M. Vacherot me montre l'Église catholique brisée dans son unité, un mystère sacrifié à la raison, une brèche, après ces assauts répétés de tous les siècles, faite à notre Credo. On ne cède une province qu'après une bataille perdue. La raison combat la fui catholique, nous le savons, et les rationalistes, ces souverains impuissants à fonder une école, un dogme, font une guerre acharnée à nos dogmes, à nos mystères, à notre symbole. Est-ce que la sagesse humaine a jamais vaincu la foi catholique? et où donc? sur quel champ de bataille? Oh! sans doute, on le dit dans un cabinet de physique, on l'affirme dans un livre, mais on dit, en ce monde, et on affirme bien des mensonges. Où sont les sages qui ont démontré l'absurdité d'un seul de nos mystères, la fausseté d'un seul des miracles de Jésus-Christ ? Ah 1 que M. Vacherot a de la chance de se réfugier dans « l'obscurité des origines » et de s'y cacher comme dans un trou, cela le dispense de bien des choses.
Nos mystères et le surnaturel sont viaiment comme uti cauchemar qui agite le sommeil des rationalistes. Et pourtant, M. Vacherot, imprégné d'un certain mysticisme, devrait sentir le besoin intime de Dieu, et de Dieu vu non pas seulement à travers les négations de ce monde, béni du bout des lèvres et aimé comme à la surface de l'àme, mais de Dieu reçu dans la réalité et les jouissances vives d'une amitié divine. La re-