LE SACRIFICE EUCHARISTIQUE
« Par lui, avec lui et en lui, ii vous Dieu Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, est tout honneur et touto gloire. »
Ordinaire de la Messe, canon.
« O Jésus, connaissance infinie des grandeurs de votre Père et de toutes ses bontés, fournaise d'amour, source inépuisable de gratitude et d;' reconnaissance, victime consommée à sa gloire sur nos autels, rendez-lui l'amour, les adorations et les remerciements dont nous lui sommes redevables, et auxqueis nous ne pouvons satisfaire, étant des abîmes de néant et d.péché. »
M. Oi.ier : Pensées choisies (G. Letourneau), p. 57. (Paris. Lecofïre.)
VINGT-SIXIÈME ÉLÉVATION
Jésus adore et remercie par le Sacrifice eucharistique.
Les effets du Sacrement, nous l'avons médité, visent directement l'âme. Mais comme pourtant, en définitive, au-dessus de l'âme, ils regardent Dieu !
Les effets du Sacrifice regardent tous directement Dieu. Mais en même temps, comme ils refluent sur nous pour suppléer à nos insuffisances, réparer nos offenses, nos ruines, et nous enrichir d'une multitude de grâces!
Ce double bien immense, de Dieu, et des âmes, nous allons le retrouver, en réfléchissant sur les effets du Sacrifice. Mais puisque la gloire de Dieu doit nous être infiniment plus chère que notre bien et notre gloire, à nous-mêmes, nous serons heureux de voir ici la gloire de Dieu venir la première et dominer tout d'emblée. Les bienfaits eux-mêmes dont le Sacrifice nous comble la chantent magnifiquement.
Voilà donc que la gloire de Dieu, si souvent exilée, repoussée, outragée par les hommes, a sur la terre un refuge absolument divin, assuré, d'où elle rayonne vers le ciel et vers le monde.
Beaucoup d'âmes, hélas! ne savent pas ou ne
Tout, dans le
monde de
l'F.ucharistie,
a pour but
définitif la
gloire de Dieu :
le Sacrifice f
cette gloire
pour but
direct.
Comment le Sacrifice eucharistique assure la gloir* de Dieu sur la terre.
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veulent pas remarquer ce mystère. Mais pour les âmes attentives et aimantes, rien, sinon le ciel, de plus beau que la terre glorifiant Dieu par l'Eucharistie.
Si les cieux matériels et la terre, le jour et la nuit, en racontant la gloire de Dieu enchantent leur oreille, ce Ciel des cieux, cette Terre nouvelle, cette nouvelle Création qui s'appelle l'Eucharistie, la raconte infiniment mieux; ni le jour, ni la nuit ne cesse l'hymne divin de l'Autel et du Tabernacle.
Une étoile nouvelle, mille fois plus belle que le plus beau de nos astres, s'allumerait, chaque jour, sur chaque point où se célèbre le Sacrifice de la Messe, elle glorifierait infiniment moins Dieu que cette voix de l'Autel et du Tabernacle.
C'est la Cène et le Calvaire qui continuent sous une forme nouvelle jusqu'à la fin des siècles. La gloire infinie de Dieu plane sur l'Autel, comme sur la Croix ou sur le pain et le vin transsubstantiés de la Cène.
Nous adorons, en effet, le même Prêtre principal à l'Autel qu'à la Cène et à la Croix. C'est la même Victime. Et si l'immolation de l'Autel, qui renouvelle celle de la Croix, n'est plus, ne saurait plus être sanglante, elle n'est pas moins réelle, actuelle, ni moins éloquente pour adorer, remercier, crier grâce et prier.
Une Revue chère aux Prêtres adorateurs ramène presque tout sujet à l'adoration, à la
JESUS ADORE PAU LE S AC KIFICE EUCII A 1USTIQUE O*
reconnaissance, à la propitiation, à la prière. Si cette méthode peut avoir l'inconvénient de la monotonie, elle a le grand avantage d'être on ne peut plus solidement fondée. Le Sacrifice de Notre-Seigneur va se résoudre en ces quatre fins. Et tout sacrifice que nous unissons au sien, toute notre vie, et notre mort elle-même, ne doit-elle pas revêtir ces quatre caractères essentiels (1)?
jesus, a la sainte messe, adore par l'immolation
L'adoration *, a dit le sixième concile général, L'adoration et
ses signes.
Salmant.,
est « l'emphase de l'honneur » et de la louange.
Elle n'est pas seulement un honneur rendu, t. vu, pp. 567
puisqu'on peut rendre un honneur à un égal
ou même à un inférieur, mais un honneur rendu
à quelqu'un qui nous dépasse.
Ce qui la constitue c'est la soumission qu'on lui témoigne pour son excellence et sa dignité supérieures, c'est l'honneur par lequel on reconnaît cette supériorité. Dans le langage des théologiens, et souvent dans la langue des peuples,
(1) On sait qu'une des méthodes excellentes d'assister à la sainte Messe, c'est la méthode du bienheureux Léonard de Port-Maurice, qui consiste à méditer sur les quatre fins du Sacrifice.
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par exemple en espagnol, le mot adorer peut regarder une créature, ou Dieu. Dans notre langue ce mot est réservé à l'adoration qui ne s'adresse qu'à Dieu. Cette adoration rend honneur et hommage à la suprématie absolue, au souverain domaine de la Divinité. Par quels * ibid. signes * pouvons-nous dire devant Dieu notre petitesse et « notre distance » de l'Infini? îignes en Nous n'avons pas à chercher bien loin pour dans^a Htur- trouver presque tous ces signes. Ils se reprofié de rÉgiise. duisent souvent, plusieurs sans cesse, dans la liturgie de l'Église. Soyons-y attentifs et animons-les de toute notre religion et de tout notre amour : qu'employés par nous ils soient pleinement vrais, et cela, pour notre perfection, ira loin.
D'abord la génuflexion. Par la génuflexion nous voulons prosterner tout notre être devant Dieu. Que notre âme entre à fond dans ce mouvement. Ce prostemement serait souvent plus prononcé que la génuflexion, si la difficulté matérielle n'obligeait dé réserver la prostration proprement dite pour des circonstances extraordinaires. Et quand elle se produit, la prostration complète du sous-diacre, du diacre, du prêtre, dans l'ordination, ou du religieux ou de la religieuse à l'entrée de leur vie vouée désormais à Dieu, ne regarde-t-ellc pas l'Eucharistie, Jésus immolé et présent parmi nous et centre de la vie sacerdotale et de la vie religieuse?