acte de Souve- acte de Souverain Prêtre seulement dans le
dansifpassé Passe\ mais que vous le faites encore tous les
mais il le fait jour s. Je crois que vous n'avez pas seulement
dans le pré- J , -1 . . , ,
sent, par une fois pour toutes institue le sacerdoce et ordonné à vos prêtres de continuer la Cène jusqu'à la fin des siècles.
Je crois que vous n'avez pas seulement connu, à l'avance, même comme homme, toutes les transsubstantiations pour les approuver toutes et chacune d'elles.
Mais je crois que, aujourd'hui même, partout où une messe se célèbre, vous êtes le premier
l'eucharistie et le sacerdoce 89
Çonsécrateur, je crois que votre Humanité, au-dessus du Prêtre, par lui, et avec lui, accomplit réellement chaque transsubstantiation. Il faut que de T adorer comme exerçant son Sacerdoce actuellement soit un des actes, au moins implicites, les plus chers à mon cœur dans l'assistance au saint Sacrifice.
Objectera-t-on que l'Humanité de Notre-Sei- objection. gneur n'est pas réellement présente à tant de consécrations qui tous les jours s'accomplissent? Elle sera présente tout à l'heure, mais elle n'est pas présente avant la consécration. Puisque Jésus est prêtre par son Humanité, il n'est donc pas, comme prêtre, présent pour consacrer.
Je réponds qu'il ne s'agit pas d'une présence substantielle de Xotre-Seigneur, mais d'une présence par sa vertu, comme parlent les théologiens, c'est-à-dire par sa puissance, son action.
Un enseignement aussi magnifique qu'autorisé Magnifique nous dit que l'Humanité de Xotre-Seigneur est ^u^ta sainte le grand Instrument par lequel la Divinité Humanité. opère tous les miracles, distribue toutes les grâces sur la terre, et toute gloire dans le ciel.
Elle est le Soleil adorable de l'ordre surnaturel, qui n'absorbe pas en lui toute la lumière et la chaleur, mais, au contraire, donne à tout ange, à tout homme ce qu'il veut recevoir de vie divine et qui communique aussi aux Sacrements leur prodigieuse efficacité.
Que vous êtes bien avec nous, Jésus ! Vous comme Jésus
■st avec nous!
Présence sacerdotale.
êtes présent comme prêtre par votre vertu pour consacrer. Et par la Consécration vous changez, comme prêtre, le pain et le vin en votre Corps, en votre Sang. Vous faites, du même coup, passer votre Corps et votre Sang de l'état de gloire à l'état eucharistique. C'est, par-dessus tout, à votre Sacerdoce que nous devons votre présence réelle et votre Sacrifice. Et c'est vous qui, comme prêtre, vous donnez à nous par la Communion mieux que le prêtre ne saurait le faire.
Et c'est vous, Prêtre, qui agissez en nous par votre Corps et votre Sang, qui nous changez en vous.
Et vous demeurez comme prêtre au Tabernacle pour adorer et prier avec nous.
Il s'en faut que je songe, comme je le pourrais et comme mon cœur devrait m'en faire une loi, à votre rôle sacerdotal actuel, ô Jésus Souverain Prêtre, à votre présence sacerdotale si précieuse et si bonne à méditer pour l'âme marquée du divin caractère des prêtres.
LE PRETRE MINISTERIEL
Le prêtre, instrument véri-
En même temps que Jésus intervient dans les Sacrements par son action supérieure, le prêtre,
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qu'il a choisi comme son sublime et glorieux table des sainstrument, parle et agit en son nom et en union crements. avec lui. La plume et l'écrivain qui la conduit, le pinceau et l'artiste, ne sont pas plus unis que le prêtre et Jésus ne le sont dans la confection des Sacrements.
Instrument de Jésus pour opérer avec lui des Prendre con-
,. , ,, , .„ science de ce
prodiges plus étonnants que toutes les merveilles rôie d'instrunaturelles — j'entends les Sacrements — le ment. prêtre doit le premier être touché, saisi de cette idée. Un instrument, bien fidèle à son rôle, ne sait qu'obéir à la main qui le dirige. C'est une grande leçon, non seulement pour l'heure des Sacrements, mais pour toute la vie. Le prêtre n'est-il pas, dans un sens moins rigoureux, toujours l'instrument de Jésus, sa voix par la prédication, son coopérateur par l'exemple et les œuvres?
Et l'union du prêtre et de Jésus est beaucoup instrument plus parfaite que celle du pinceau et de l'artiste, libre-
Jésus traite le prêtre en instrument libre. Il ne se sert de lui que s'il le veut et quand il le veut.
Du reste il ne lui demande que de consentir librement à son rôle, quand même, par malheur, il serait bien coupable, quand même, chose plus horrible, il n'aurait pas la foi, du moment qu'il a l'intention de faire ce que fait l'Eglise, ce que veut au fond Jésus, cela suffit et le prodige s'accomplit.
J'ai dit que cette union se retrouve pour tout Prendre con-
science de ce sacrement qu'administre le prêtre. Et quel "ment '"i bi' e thème à notre admiration, à notre reconnaispour tous les sance, à notre piété affective et effective!
Sacrements. L
Comme il nous faudrait prendre conscience de ce rôle d'instrument libre du sacerdoce de Jésus pour tous les Sacrements! Si les astres comprenaient leur rôle, ils se réjouiraient d'éclairer le monde et glorifieraient Dieu par la reconnaissance. Nous savons, nous, notre rôle. Et de même que l'instrument, s'il se rendait- compte de son rôle, tâcherait de se prêter pleinement au vouloir de la cause qui le meut, nous nous prêterons sans réserve à Jésus, en le bénissant de nous honorer à ce point et de faire tant de bien par nous.
ce rùie dMns- Mais jamais l'union n'apparaît plus claire-
trument libre . -,
à regard de ment, m pour un acte plus grave, que pour
i-Eucharistie. l' Eucharistie.
Quelle merveille de penser comment, sans prévenir à peine l'auditeur, Jésus et le prêtre s'identifient pour la Consécration! « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang » : c'est le prêtre qui prononce ces paroles ostensiblement, mais au fond c'est Jésus qui les dit par la bouche du prêtre. Le prêtre y laisse le rôle d'historien qui rapporte la Cène et pour un instant voici Jésus qui parle. Quoi de plus noble et de plus grand que cette substitution de Jésus au prêtre? Il nous faut travailler courageusement pour en devenir moins indignes, par notre humilité, par
L EUCHARISTIE ET LE SACERDOCE
notre sainteté, par notre religion,... par notre dévouement à Jésus dans l'Eucharistie.
Instrument de Jésus, le prêtre l'est pour consacrer, c'est-à-dire pour le Sacrifice et le Sacrement.
Il l'est d'abord pour le Sacrifice. Et nous trouvons là pour nous une grande leçon morale. Si nous prêtons notre ministère à Jésus pour L'immoler, d'une immolation vraie, bien que non sanglante, tous les jours, à l'Autel, ne faut-il pas être prêts, tous les jours aussi, à être immolés, nous-mêmes, avec lui? Et ne faut-il pas d'abord entrer dans ses vues par l'union de tous les sacrifices de notre vie à son Sacrifice de chaque jour? Imitamini quod tractatis *.
Le prêtre est aussi l'instrument de Jésus pour le Sacrement de l'Eucharistie. Les paroles de la Consécration confectionnent le Sacrement, en même temps qu'elles accomplissent le Sacrifice.
Et le prêtre touche le Sacrement d'Eucharistie, il le manie, il l'élève, il l'abaisse. Comme en tous ces gestes il ressemble à Marie! Comme elle, avec quel respect et quel amour il doit manier Jésus!
Il se le distribue, d'abord à lui-même, à lui le consécrateur, puis aux fidèles. Il faudrait, par la charité et le zèle, imiter Jésus se communiant le premier et communiant ses apôtres. Avec un immense désir, il faut, en recevant et en donnant Jésus, nous souhaiter à nous-mêmes
Instrument de
Jésus pour
le prêtre l'est
d'abord pour
le Sacrifice.
* Ponlificul.
Ordin. des
prêtres.
Il l'est pour le
Sacrement.
Outre qu'il le
confectionne
en même
temps que le
Sacrifice, il le
manie, il le
distribue... etc.
et souhaiter aux fidèles que son Corps et son Sang gardent notre âme pour la vie éternelle.
Une âme de foi en communiant pensera que, non seulement elle reçoit, de la main du prêtre, Jésus, mais que c'est Jésus lui-même qui se donne à elle.
Un prêtre croira, d'une foi profonde, et avec un ardent amour, que lorsqu'il se communie lui-même, c'est Jésus en définitive qui le communie : qui peut, en définitive, donner -Jésus, sinon Jésus lui-même!
Grand Dieu, avoir affaire si intimement et si profondément à vous et vous aimer si peu!
voir toujours Loin de nous étonner de voir le Sacerdoce
au-dessus de .
notre action de rsotre-beigneur et le notre ainsi lies que ce^Cede°jésus. n°tre sacerdoce n'agit pas sans que le Sacerdoce de Jésus agisse et n'agit au fond que sous son influence; nous devons admirer combien cette hiérarchie continuelle est parfaitement dans les données du plan divin.
Nous voyons partout la hiérarchie des causes régner dans la nature. Dieu agit dans le monde, d'ordinaire, par les créatures.
Comment éclaire -t-il le monde? Par les astres. Dieu est la Cause illuminante supérieure, les astres et, par exemple, le soleil, sont les causes subordonnées mais véritables.
Selon les leçons de la Bible, nous devons toujours voir Dieu agissant au-dessus de toutes
l'eucharistie et le sacerdoce i)5
les causes secondes et. par elles, nous donnant la lumière, la vie, le pain, le vin, tous les biens du ciel et de la terre.
Et de même au-dessus des Sacrements et du prêtre et de toutes les actions sanctificatrices, faut-il voir Jésus Souverain prêtre.
Il faut, nous les premiers, le voir, mais il faut aussi le montrer. Les fidèles soupçonnent ce mystère, nous devons le leur exposer et le leur rappeler souvent.
N'oublions pas, en effet, que parallèlement à Et la montrer ce rôle plus rigoureusement sacerdotal : d'ad- tout dans ministrer les Sacrements, de consacrer et de l Eucharistledistribuer l'Eucharistie, nous en avons un autre très important à remplir, toujours à l'exemple et sous l'influence de Jésus : c'est d'éclairer les âmes sur l'Eucharistie (Sacrement et Sacrifice), sur Jésus, prêtre dans l'Eucharistie, sur l'union de notre sacerdoce au sien.
Aussi bien, si l'Eucharistie agit par elle-même, ex opère operato et d'une manière très riche, cependant son action sacramentelle se proportionne à nos dispositions, et cette thèse est de foi. Or combien l'instruction peut contribuer à développer dans les communiants, la foi, les ardents désirs, la charité, la confiance, l'humilité, la prière,... toutes les dispositions qui ouvrent les portes plus grandes à la sainte invasion des grâces que nous apporte, tel un océan calme et profond, le Saint-Sacrement!
VINGT-NEUVIÈME ÉLÉVATION
L'EUCHARISTIE ET MARIE
* Je vous same, vrai Corps ne de la Vierge Marie. » Antienne de l'Église.
• Je n'ai jamais fait une communion sans vous en être redevable, ô tendre Mère. Le tabernacle, le ciboire, l'ostensoir, tout est votre œuvre. La bonté même de ce mystère consiste en ce que c'est votre Jésus, et nul autre, que la Consécration reproduit; oui le corps même qui a été formé de votre sang, et non point un corps nouveau. »
P. Faeer, v. fin de cette Élévation.
VINGT-NEUVIÈME ÉLÉVATION L'Eucharistie et Marie.
Le ministère du prêtre a de glorieuses analogies avec le rôle de la Très Sainte Vierge. Marie attira sur la terre et conçut le Fils de Dieu; le prêtre l'attire encore et le produit à l'état eucharistique, par la Consécration, sur l'Autel.
Il porte en lui Jésus par la Communion, il le porte dans ses mains, pour le donner aux fidèles; • Marie l'a porté dans son sein et dans ses bras.
Où donc est le rôle à part de Marie? Déjà, même dans ces ressemblances, il est facile de saisir d'immenses différences essentielles. Marie forme Jésus d'elle-même tandis que le prêtre le produit du pain et du vin. C'est comme Fils aussi qu'elle le porte et le manie.
Il faut nous rappeler ici les relations incoin- Relations inparables, uniques, que Marie a contractées, de unTqut^ ' enu.
par l'Incarnation, avec Jésus: et songer que ces Marie et Jésus, ■ . i11' se retrou-
relations la suivent partout, dans sa vie eucha- vent dans sor.
• , ■ -, j • • -, rôle à l'égard
ristique, comme dans sa vie ordinaire et dans sa de
Vie glorieuse. l'Eucharistie.
Nous avons médité, ailleurs *, comment Dieu a * cf. notre voulu réaliser sous son Fils, et avec son Fils -A/arie intime. incarné et Rédempteur, une Créature qui serait sa Mère, son Amie plus que toutes les autres
créatures, sa Coopératrice sans pareille, l'Eve de l'Adam nouveau pour la Rédemption et pour toutes ses applications ; qui serait, par là même, associée au rôle de la bonté et de la miséricorde de Dieu; qui ne représenterait pas sa justice, mais serait toute miséricorde, toute compassion, toute bienveillance maternelle, et par les mains de laquelle les grâces, sans exception, nous viendraient du ciel.
Et c'est vous, ô Marie, que le monde, depuis tant de siècles, et à jamais, salue, admire, vénère et chérit avec tendresse, comme notre Mère toute de bonté et de grâce, en même temps que comme Mère souverainement glorieuse de Dieu.
Le Pain divin dont se nourrit le genre humain vient de vous. Vous êtes sa Mère, qui l'avez conçu, enfanté, alimenté, et, par votre sacrifice, préparé pour la manducation; et qui, nourrie la première de cet Aliment bien aimé, nous dites comment il faut le recevoir, et nous le distribuez.