‹ L'eucharistie intimeChapitre 26 sur 84 · I. EUCHARISTIE ET MARIE · texte numérisé non relu

I. EUCHARISTIE ET MARIE

en des âmes ardemment aimantes des désirs ineffables : « Je désirerais d'être pain, disait l'une d'elles, pour être converti en Notre-Seigneur (1). »

Mais si nous ne pouvons être pain pour être changé en Jésus, il est une autre transformation en lui que nous ne saurions jamais assez apprécier et désirer : c'est le changement de notre vie pauvre et languissante en sa vie très sainte et très aimante.

Et quelles autres origines, que ces origines Notre Aliment matérielles, m'apparaissent, qui ne contredisent cj pas celles-là et sont incomparablement plus merveilleuses! Je pourrais remonter au sein éternel du Père. C'est de là, en définitive, que descend notre Pain céleste : « Ego sum panis vivus qui de cœlo descendi *. » Le sein du Père, voilà le Ciel des cieux que j'adore comme la source suprême de l'Eucharistie. O divine origine, et combien faite pour nous inspirer l'estime et l'amour de notre hostie!

.Et votre sein, ô Marie, est l'autre ciel où, n vient du sein

de Marie.

vient du Ciel es cieux : le sein du Père.

Joan. vi, 51.

(1) « Comme aussi d'être de la nature de l'huile, pour pouvoir toujours me consumer devant le très saint Sacrement, et je me souviens que lorsque j'arrivais tard de la campagne à Paris, et que j'allais selon ma coutume, saluer Notre-Seigneur à Notre-Dame, trouvant les portes fermées, au moins je me consolais en regardant au dedans au travers des fentes des portes, et, voyant les lampes allumées, je disais : Hélas ! que vous êtes heureuses de vous consumer toutes à la gloire de Dieu et de brûler perpétuellement pour l'éclairer! » Vie de M. Olicr. par Faii.lon. t. I, p. 140.

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venant du sein du Père, notre Aliment divin, le Verbe, a voulu être élaboré dans son Humanité. Sans doute ce ciel est à l'infini du Ciel éternel qu'est le sein du Père. Mais il est aussi comme à l'infini des Saints et des Anges eux-mêmes, et c'est de ce ciel qui est votre sein, ô Marie, que Jésus vient à nous.

Je trouve une grande joie à songer que cette

vérité est de foi. Que j'aime à saluer le Corps

de Jésus comme né de vous! Ave verum Corpus,

natum de Maria Virgiiw!

cette origine Le Corps de Jésus a été conçu, uniquement

conception et et virginalement, de votre chair par l'action du

par une vraie saint-Esprit. Il s'est développé dans votre sein,

naissance est * rr

de foi. et, après neuf mois, il est né de vous. Et c'est ce Corps né de vous que je reçois par la sainte Communion. Et cette vérité, est-ce que je devrais jamais l'oublier quand je consacre ou que je communie ?

Je veux bénir, avec toutes les ardeurs de mon cœur, le Père, source dernière, incréée, de mon Hostie, mais je ne veux jamais vous oublier, ô Marie, sa source créée, immaculée...

C'est vous, vous seule et virginalement, qui l'avez donnée au monde.

Et je sais bien que votre cœur me la redonne à chaque communion, aussi véritablement, aussi réellement qu'il l'a donnée au monde et qu'il me l'a donnée à moi-même par l'Incarnation et par la Croix.

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