‹ L'eucharistie intimeChapitre 29 sur 84 · DE MARIE VIENNENT NOS TRANSFORMATIONS EUCHARISTIQUES · texte numérisé non relu

DE MARIE VIENNENT NOS TRANSFORMATIONS EUCHARISTIQUES

Toutes les gn\- Certes, nous croyons que, sous Jésus, toutes par Marie.6— ^cs grâces viennent par Marie, comme nous Application de l'aVons médité ailleurs. Mais il nous est doux

ce principe

aux grâces de de voir ce principe appliqué à l'Eucharistie :

l'Eucharistie. 0 ■ , o • /->

Sacrement et Sacrifice.

Ce n'est pas pour nous faire oublier Jésus. Cause adorable de toutes les merveilles divines, mais, au contraire, pour nous initier mieux et nous faire mieux communier à la grande Source : le Sacré Cœur.

des°1s"cre-e ' ^ q11'011 ne dise point que la causalité des ments Sacrements ne se concilie pas facilement avec

n'est pas une

objection. l'influence universelle de Marie, avec son rôle

l'eucharistie et marie 109

de donatrice de toutes les Communions et de toutes les Messes, et de toutes les grâces eucharistiques.

Dans le plan divin les causes subordonnées, loin de se gêner, agissent dans un harmonieux accord. Marie glorifie les Sacrements purement créés; et les Sacrements révèlent son Cœur en même temps que le Cœur de Jésus.

Dire combien Marie s'intéresse à toute transformation qui nous rend plus dignes de recevoir son Fils, à toute transformation qu'il produit par son Sacrifice et son Sacrement appartient à Jésus seul, parce que seul il connaît bien le Cœur de sa Mère, ses désirs de nous voir toujours plus semblables à lui.

Il y a des transformations préparatoires aux Marie et les

Saerements grâces prépa-

saci emenis . ratoires a l'Eu-

Dans l'admirable institution sacramentaire, charistie. même la préparation a des résultats étonnants. Les Sacrements, sources prodigieusement fécondes, n'agissent pas avant le moment où le prêtre les administre, à la différence de Jésus dont l'influence remontait non seulement aux siècles précédents mais aux premières origines. Pourtant des grâces incalculables nous sont accordées pour nous permettre de nous disposer dans la perfection à leurs effusions.

Mais pour aucun Sacrement les grâces préparatoires ne sont aussi riches que pour Celui qui est Jésus même en personne.

Marie, de par Dieu, Distributrice de toutes Ks grâces, prie et agit pour que son divin Fils soit reçu avec l'amour dont il est digne.

Que n'ai-je, ô très Sainte Mère, profité des grâces dont vous me prépariez l'octroi de la Bonté divine! comme j'aurais mieux reçu votre Jésus! Si mes accueils ont été bien pauvres, si mon hospitalité envers Celui qui vient en moi, pour y prendre avec moi un repas divin, a été souvent bien insignifiante : c'est que je n'ai pas assez songé à vous, pour vous appeler à mon aide, pour m'inspirer de vos exemples dans vos Communions, et adorer, aimer, supplier avec vous, ô Communiante que les Anges admiraient, et à qui toutes les âmes doivent aimer de s'unir à l'heure du ciel où elles reçoivent et possèdent Jésus !

Grâces dans la Hçureuse l'âme, ô très sainte Vierge, qui vous voit auprès d'elle quand elle communie. Votre action, qui s'est parfois manifestée, d'une manière si ravissante, dans vos apparitions, peut bien être, sans aller jusqu'au miracle, admirablement efficace pour nous aider à prier, à aimer Jésus venant en nous.

Heureuse encore l'âme qui vous convie à l'aider dans l'action de grâces : ô Mère, vous pouvez à ce moment mettre en moi quelque chose de votre Magnificat.

Et pendant le Et comme vous pouvez nous aider dans le divin Sacrifice et pénétrer notre âme de votre

i lommunion

même et après.

Sacri fice.

L EUCHARISTIE ET MARIE

amour, de vos adorations, de vos réparations pour nous!

L'àme remontant le cours des bienfaits

de Marie, dans sa vie, surtout par" l'Eucharistie.

Quelle âme ne s'attendrirait en remontant le cours des bienfaits de Marie dans sa vie surtout par l'Eucharistie? « O ma Mère! ô ma Mère! je vois comme des fils d'or qui sillonnent çà et là la trame de ma vie passée. Ils apparaissent partout, il n'est pas un coin du tissu où je n'en voie briller.

« Il me semble que depuis mon berceau... jusqu'à l'âge mûr, les fils d'or reproduisent souvent en s'entrelaçant le doux nom de Jésus. Et de quelque manière que je regarde, de quelque côté que je tourne le tissu, je lis Jésus, Jésus, toujours Jésus, rien que Jésus. Et à qui le dois- je si ce n'est à vous? Je n'ai jamais fait une communion sans vous en être redevable, ô tendre Mère. Le tabernacle, le ciboire, l'ostensoir, tout est votre œuvre. La bonté même de ce mystère consiste en ce que c'est Jésus, et nul autre, que la Consécration reproduit : oui, le corps même qui a été formé de votre sang, et non point un

COrpS nouveau *... » * Léon Gau-

O Mère, je n'ai point assez songé à cette histoire du p. fvber, si touchante de vos bontés par l'Eucharistie. pp" 113, 114' Après Jésus et avec Jésus, je vous dois ce mystère incomparable de grâces. Le Corps de Jésus me vient de vous. Son Sang me vient de vous. Il vient de vous dans la Crèche, sur le Calvaire, à la Cène, à l'Autel, dans la Communion.

L'âme aime à se redire combien L'Eucharistie puise profondément ses origines en Marie.

Cette origine si chère à

Jésus, est aussi très

chère a sa Mère.

L'âme songe combien Marie désire nous donner l'Eucharistie tant iiimée d'elle.

Il me semble qu'après avoir réfléchi à la transsubstantiation je saisis mieux combien son origine est puisée profondément en vous, par la maternité divine.

Le changement du pain et du vin au Corps et au Sang de votre Jésus ne veut pas dire qu'une partie du pain et du vin fait partie de son Corps et de son Sang.

Mais à l'origine le Corps et le Sang de votre divin Fils viennent, au contraire, entièrement de vous, de vous seule. Ils passent de vous en Jésus et dès le premier instant ils sont adorables, parce qu'ils cessent d'être une partie intégrante de votre Corps et de votre Sang, pour être son Corps et son Sang, par l'union hypostatique.

Et il me semble, encore, que votre divin Fils a voulu mettre en relief ce rôle de votre maternité, par la Consécration. A la Cène et à la sainte Messe, il ne dit pas : Ceci est mon Ame, ceci est ma Personne, bien que l'Ame et la Personne tout de suite soient présentes; mais : Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang. Dans sa pensée ce Corps et ce Sang regardent leur origine, leur source : votre sein maternel, immaculé.

Et je ne comprendrai jamais à quel point ce Corps et ce Sang, qui viennent si bien de vous, vous sont chers. Vous vous intéressez à tout bien divin, à tout mystère de votre Fils; mais comme vous vous intéressez à son bien suprême sur la terre et à notre bien suprême à nous-

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mêmes, ici-bas, qui est la sainte Messe et la Communion !

Et si je savais aussi combien vous désirez me donner ce Bien suprême !

Je vais donner, me dirais-je, à ma Mère la plus grande joie qu'elle puisse recevoir de moi en m 'unissant à son Fils, en le faisant l'Hôte, le Dieu de mon cœur. Et je songerais que par là, en même temps, je contracte avec vous la plus étroite affinité qui puisse être.

Vous oublierais-je, ô saint Joseph, en ce mys- Elle n'oublie

, , • • i ti • i i • Pas >ci saint

tere, vous que jamais la Providence, depuis Joseph, qu'elle vous a introduit dans la sainte Famille, ne veut séparer de Jésus et de Marie? Quand je songe comment vous mangiez le divin Enfant par vos regards, par vos baisers d'amour et d'adoration..., j'ai le modèle parfait de la Communion.

TRENTIÈME ÉLÉVATION

L'EUCHARISTIE ET LES FIDÈLES

« Nous vous olirons. Seigneur, ce Calice du salut, en suppliant votre clémence, qu'il s'élève devant votre divine majesté, pour notre salut et celui du monde entier... »

Ordinaire de la Messe, offertoire du calice.

« O Mémorial de la mort du Seigneur! Pain vivant, qui donne la vie à l'homme : Donnez à mon àme de vivre de vous. Et que toujours vous ayez pour elle une douce saveur. »

S. Thom., Hymne Adoro te.

« Corps de Jésus-Christ, sauvez-moi.

« Sang de Jésus-Christ, enivrez-moi. »

Prière Anima Chrisli.

TRENTIÈME ÉLÉVATION L'Eucharistie et les fidèles.

La différence entre ceux qui croient à l'Eu- Ames ou charistie et ceux qui n'ont pas cette foi est possèdent immense. Au fond, le Protestantisme est une p.?i.Je,sus.d,ans

1 Eucharistie.

religion désolée : c'est l'absence de Jésus, c'est Jésus consigné dans le seul Évangile ou, tout au plus, dans le pain de la Cène, pour un moment.

Hélas! il y a, parmi les Protestants, des âmes pour songer peut-être que cette désolation est compensée par plus de liberté et de jouissance du côté des biens de la terre. Consolation misérable !

Mais des cœurs plus élevés et plus délicats se rencontrent partout. De quel secours, de quelles joies, de quelles riches vues, de quels élans, ces cœurs sont privés quand Jésus n'est pas là : qu'ils puissent traiter en ami, en ami intime, en confident, en consolateur, — parce qu'on l'a relégué bien loin, là-bas, en Palestine, à dixneuf siècles de distance, dans la lettre refroidie du Nouveau Testament.

Même cette lettre pour nous s'anime et s'échauffe divinement par la présence de Jésus; mais il n'en est pas de même pour ceux qui ; passent ici-bas « sans Christ * » présent. Eph. u. 12.

on ne possède Heureuses les âmes, heureuses les nations qui

'nhi'i' <r ' '' possèdent Jésus! En réalité, ce sont elles qui

quand on pos- possèdent Dieu. Pratiquement les peuples ou

Bède Jésus. l ^ T,

les individus qui ne pensent pas a Jésus ne pensent pas à Dieu, ou leur pensée de Dieu n'est ni complète, ni bien vitale, ce que c'est Car j'entends par la présence de Dieu, non pas

que la pensée , , ,

du vrai Dieu, une pensée abstraite et vague, sans grande prise sur les actions, les souffrances et les joies; mais la pensée qui se traduit par une foi vive, par une espérance ardente, un vrai et filial amour, une religion profonde, le désir de servir en même temps que d'aimer.

Les âmes plus délicates sont capables de cette pensée vitale de Dieu, mais ne la trouvent pas là où Jésus n'est pas. Je n'ai pas assez songé au secours immense que vous me donnez dans l'Eucharistie, par l'habitation réciproque de Jésus dans le communiant, et du communiant dans Jésus, pour m' élever vers vous, Déité éternelle, immense, trois fois sainte, pour m'accoutumer, ô Dieu vivant, ô Très Sainte Trinité, à l'idée ravissante de votre présence, vraie inhabitation mutuelle, intimité ineffable entre l'âme justifiée et vous.

Quelle doit être l'attitude des fidèles à l'égard de ce mystère par excellence de la vie? Offrir l'Eucharistie, — se nourrir d'elle, — la désirer.

L EUCHARISTIE ET LES FlDLLE.s

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